vendredi, 04 décembre 2009

Le CEVA, malgré tout

Accepté, financé, mais pas encore parti :  Le CEVA,  malgré tout

Bon, voilà, c'est fait, le financement cantonal additionnel du CEVA  est acquis. C'est non seulement la première fois que les Genevois votaient sur le CEVA, mais c'est aussi, sauf erreur, la première fois qu'ils votaient sur une infrastructure transfrontalière de transports publics -et donc, indirectement, sur la région elle-même. Et ce vote sonne clair et net : 61,2 % d'approbation, et une opposition confinée dans un parc à bourges du côté de Champel. Une opposition qui s'appuyait, tout en faisant mine de s'en distancer, sur les campagnes antifrontaliers du MCG et l'agitation par l'UDC de la menace d'un déferlement de la " racaille d'Annemasse " sur la paisible Genève... Le comique de répétition a ses limites : en acceptant le CEVA deux mois après avoir fait un triomphe au MCG, Genève accepte sa propre région. La mise en réseau d'une quarantaine de gares en Suisse et en France, l'implantation de cinq gares à Lancy, au Bachet, à Champel, aux Eaux-Vives et à Chêne-Bourg va pouvoir démarrer, une fois que les 57 recours déposés par les opposants auront été levés, traités ou retirés. Le Tribunal administratif fédéral avait refusé de lever leur effet suspensif, retardant ainsi de plusieurs mois les travaux, et les renchérissant de plusieurs millions…


Sonderfall CEVA
La réalisation du CEVA, pour laquelle la Confédération avait accordé son feu vert définitif en mai 2008, sera d'autant plus importante qu'elle s'inscrit dans un paysage ferroviaire suisse dessiné avec beaucoup de prudence, et de restrictions budgétaires. Les CFF avaient mitonné un projet ambitieux, le " futur développement de l'infrastructure ferroviaire " (ZEB, en son sigle tudesque) prolongeant les décisions populaires de 1987 et 1998, ratifiant Rail 2000 et son financement par un fonds (FTP) alimenté par les taxes routières. Mais en 2001 déjà, on savait que cette réserve de 13 milliards et demi allait être épuisée après la première étape de Rail 2000, ce qui allait repousser en 2020 la réalisation de la seconde. Et aujourd'hui, on repousse encore de dix ans, à 2030. Et on élague : la troisième voie ferroviaire entre Genève et Lausanne, le deuxième percement du Jura, le tunnel du Zimmerberg, sont renvoyés aux calendes grecques. Le Conseil fédéral baisse les bras, fait passer l'austérité financière avant la politique des transports, laisse le développement du réseau routier (qui va disposer de 14 milliards jusqu'en 2028) se faire au détriment du réseau ferroviaire, et le trafic exploser sans que les tranmsports publics aient les moyens d'y faire face -à moins que les cantons, les communes et leurs éventuels partenaires publics étrangers (français, dans le cas de Genève) ne suppléent aux carences fédérales. Le Conseil fédéral a beau proclamer, la main  sur le coeur, que " les transports publics doivent absorber la plus grande part possible du volume du trafic ", l'autre main retient le porte-monnaie de s'ouvrir. Et pendant ce temps, le cycle infernal du traic routier se poursuit : plus d'automobiles et de camions sur les routes, plus d'argent pour construire des routes, plus de routes construites, plus de places pour les automobiles et les camions, plus d'automobiles et de camions sur les routes, plus de saloperies dans l'air et les poumons, plus d'argent dans les caisses pour les routes, etc... Quant au transfert de la route au rail, il reste un voeux pie, et la Suisse n'a toujours pas de conception globale des transports, alors que Genève vient de s'en offrir une…  Ce Sonderfall et cette Genferei sonnent juste.


01:39 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : ceva, transports, champel | |  Facebook | | | |

Commentaires

Désolé de foutre un coin dans votre analyse aussi méprisante que haineuse envers les habitants de Champel:

J'ai voté pour le ceva, comme pour la traversée de Veysenaz. Je voterai aussi pour la traversée de la rade et la 3eme voie autoroutière.

Et je ne suis de toute évidence pas le seul. Il n'y a là dessous aucune "fraternité internationale du prolétariat" ni tendance verte, mais simplement un souhait de pallier par tous les moyens possible a l'indigence des infrastructures dont souffre quotidiennement Genève.

PS: En plus j'aime bien les grands chantiers publiques, il y aura surement quelque chose a prendre au passage.

Écrit par : Eastwood | vendredi, 04 décembre 2009

Les Pro-Ceva ont gagné mais il reste encore un problème à régler : En cas, fort probable et malgré les promesses, qui payera l'explosion des coûts ? A mon avis, cela devrait être celles et ceux qui ont oeuvrés pour la construction de ce train et surtout pas les citoyens qui ne sont aucunement responsable des mauvais calculs des défenseurs du tortillard. Il faut que Mettan et autres "décideurs" mettent leurs propres moyens pour réparer leurs erreurs.

Écrit par : octave vairgebel | vendredi, 04 décembre 2009

Là mon cher Pascal je vous sens très mais alors très politiquement correct. Un peu d'audace que diable! Quelques idées ici et là

Écrit par : JF Mabut | vendredi, 04 décembre 2009

Sorry
Ici c'est http://metropolegeneve.blog.tdg.ch/transfert-modal
et là c'est http://metropolegeneve.blog.tdg.ch/pav-praille-acacias-vernets

Écrit par : JF Mabut | vendredi, 04 décembre 2009

Je pense qu'il faudrait revoter. Le peuple c'est brouter, il a mal compris, il est un peu niais! Je ne vois pas pourquoi la Suisse devrait payé! C'est une affaire entre les deux républiques point barre.

Écrit par : lamère machin | vendredi, 04 décembre 2009

Ah, Octave, toujours la même mélodie... Et pourquoi les opposants qui bloquent le projet (malgré l'approbation à 62% du peuple) avec des recours jusquauboutistes ne paieraient pas une partie du renchérissement? Eux qui ont eu 1 million à mettre dans leur campagne pathétique au graphisme d'école enfantine propageant la peur dans nos rues soit disant pour le bien des citoyens... ne pourraient-ils pas user de leurs bas de laine plus intelligemment?
Qu'ils admettent leur défaite, et remboursent au peuple les mois à X millions qu'ils ont fait perdre au développement de la REGION franco-valdo-genevoise. VIVE le CEVA, VIVE le PEUPLE, VIVE la REGION!
PS: JFM, incluez maintenant le CEVA dans vos schémas, et continuez de nous faire rêver.

Cordialement, M.P.

Écrit par : Mickael Progress | vendredi, 04 décembre 2009

à J.-F. Mabut : "Là mon cher Pascal je vous sens très mais alors très politiquement correct."... ben oui, de temps en temps, ça repose d'être majoritaire... mais je suis d'accord, faut pas abuser...

Écrit par : Pascal Holenweg | samedi, 05 décembre 2009

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