mardi, 24 novembre 2009

Ouverture dans dix jours du Salon du Capitalisme vert

Conférence de Copenhague sur le changement climatique :
Ouverture dans dix jours du Salon du Capitalisme vert


Le Sommet de l'Onu sur le climat, à Copenhague du 3 au 18 décembre prochain, a été présenté comme une mobilisation mondiale pour nous sauver du réchauffement de la planète. Nous sauver tous ? Disons : sauver ceux qui en valent la peine. Ceux qui ont les moyens d'être sauvés. Pas les clochards du sud. C'est fou ce qu'on veut nous sauver, d'ailleurs, en ce moment : du terrorisme, de l'immigration, de l'islam, de la crise. Et donc, à Copenhague, du réchauffement de la planète. Mais c'est curieux, aussi, comme à chaque fois que s'organise un grand raout pour nous sauver, ce sont précisément les responsables de ce dont on veut nous sauver qui y sont conviés : le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a encouragé jeudi tous les chefs d'Etat et de gouvernement à participer aux derniers jours du Sommet de Copenhague les 17 et 18 décembre, affirmant que leur implication personnelle était cruciale pour conclure un accord " juste, ambitieux et efficace ". Il croit, à ce qu'il dit, Ban, ou comme presque tous ceux qu'il convie à Copenhague, il se fout de la gueule du monde ?


Requiem
La Conférence de Copenhague nous est vendue comme celle où se prendra un " nouveau cap ", vers le " développement durable ", le respect de l'environnement, la mobilisation des énergies pour " sauver la planète ". Changement de cap, vraiment ? changement de discours, tout au plus. Et promotion d'un " capitalisme vert " qui, promis, juré, ne polluera plus le monde où il sévit. Qui ne réchauffera plus l'écosystème. Qui ne désertifiera plus. Qui ne déboisera plus. Qui ne bétonnera plus... Pire qu'une illusion : une véritable escroquerie. De l'écologie à la Hulot et à la Arthus-Bertrand, quelque chose qui est à l'écologie ce que Bernard Madoff est à l'investissement productif. Ce " capitalisme vert " est de la poudre aux yeux, dont la promotion s'accompagne d'une pressante invitation à " surmonter les clivages politiques ", c'est-à-dire à la fin du politique au profit d'une " union sacrée " décrétée par les plus riches et les plus forts, accompagnée, évidemment, d'une répression massive des mouvements de protestation des laissés-pour-compte du capitalisme tout court, et des comportements de survie des victimes des catastrophes naturelles : A la Nouvelle-Orléans, après l'ouragan Katrina, l'appropriation de la nourriture dans les supermarchés abandonnés a été réprimée par des militaires en armes ; à l'Aquila, après le tremblement de terre, il a été interdit de se faire à manger dans les tentes ; au Mexique, la gestion de la grippe A a été l'occasion d'un quadrillage total de la ville. Et à Genève, on promeut l'Agenda 21 dans le même temps où l'on lance la chasse aux mendiants Rroms. Au prétexte de catastrophes planétaires, c'est au quotidien que les gens d'en bas, et les gens de tout en bas plus que les autres, en prennent déjà et vont en prendre toujours plus plein la gueule.  Le " capitalisme vert ", c'est du capitalisme pur sucre, mais labellisé Max Havelaar : comme toutes les crises, la crise environnementale va devenir le moteur de la restructuration économique. On ne produira pas moins de bagnoles -mais elles brûleront de l'éthanol produit à partir de cultures prenant la place de celles qui nourrissaient les peuples. La pax exologica qui va se conclure à Copenhague ne sera rien d'autre qu'une paix des cimetières, négociée entre des croque-morts.

01:57 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : copenhague, onu, climat | |  Facebook | | | |

Commentaires

Tiens. La gauche s'apercevrait-elle enfin que toute cette histoire de réchauffement est une arnaque destinée à financer la reconversion nécessaire des entreprises qui ne pourront bientôt plus consommer de pétrole ? (sans parler du lobby du nucléaire qui se frotte les mains en attendant cette conférence...) Et que cette reconversion ne touchera que les pays riches, les pauvres continueront à brûler le pétrole jusqu'à la dernière goutte, puisqu'ils ne pourront pas s'offrir de coûteuses technologie à grand renfort de taxe carbone ? Ça fait quoi la prise de conscience ? La gueule de bois ?

Écrit par : Kad | mardi, 24 novembre 2009

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