mercredi, 18 novembre 2009

Election du Conbseil d'Etat : M'en fous, j'ai la peau dure, ça fait pas mal…

Genève était gratifiée d'un gouvernement de " centre-gauche " avec un parlement très, très à droite. C'était une originalité, une spécialité locale, quelque chose entre la longeole et la marmite de l'Escalade. Pour quatre ans, on est retombé dans la normalité. La question était de savoir qui, des Verts ou des socialistes, allait en faire les frais et perdre, au profit de la droite, le siège qui allait donner la majorité au camp majoritaire. Ce siège perdu au profit des libéraux est un siège socialiste, alors même que le PS a obtenu plus de bulletins que le parti libéral, mais au final, ça s'est joué à 1200 suffrages. Une paille… Ce qui a fait la différence, ce sont les alliances : aux bulletins libéraux se sont ajoutés les bulletins PDC et radicaux, qui présentaient également les deux candidatures libérales, alors qu'aux bulletins socialistes ne se sont ajoutés que les bulletins verts, en l'absence de bulletins de solidaritéS ou du PdT, et d'une recommandation de vote des communistes. Pris en tenaille entre la progression des verts et la division de la " gauche de la gauche ", le PS était la victime toute désignée de la normalisation politique genevoise. Il n'y aurait échappé qu'en la faisant payer aux Verts, dans un jeu à somme nulle : si le siège gagné par les libéraux n'avait pas été celui revendiqué par Véronique Pürro, c'est Michèle Künzler qui aurait fait les frais du basculement de majorité. Il fallait bien que quelqu'un paie l'addition du changement de majorité : c'est le PS qui casque, et ça n'est pas une surprise.


Crise du parti, crise du projet
Le résultat de l'élection du Conseil d'Etat genevois n'est ni une catastrophe (du moins si nous sommes capable d'en faire bon usage), ni un effondrement : il est l'instantané d'une situation politique donnée, transitoire par définition, et remédiable par obligation. Des erreurs tactiques, des erreurs stratégiques, des erreurs rhétoriques ont sans doute été commises par le PS, mais aucune d'entre elle, ni même toutes ensemble, n'expliquent son recul. Et toutes auraient effacées par une dynamique unitaire de l'ensemble de la gauche... Ces erreurs commises l'ont d'ailleurs été le plus démocratiquement du monde : aucun des choix faits par le parti ne lui a été imposé, tous ont été proposés, débattus et ratifiés, à des majorités plus que confortables par des Assemblées générales tout ce qu'il y a de plus représentatives du parti. Au sein du PS, l'heure est à l'introspection, aux états d'âme et à quelques angoisses existentielles. De temps à autre, ça fait du bien. A condition de ne pas s'y éterniser. Car ce ne sont pas seulement des questions de stratégie, de tactique, de positionnement que le PS a à se poser mais d'abord, et surtout, une question d'identité. : De qui sommes nous le parti ? Au nom de qui agissons-nous ? Quel projet politique défendons-nous, et sur quoi le faisons-nous reposer ? Sur l'Etat ou sur un mouvement social ? Sur l'administration publique ou sur les administrés ? Le projet social-démocrate reposait, et repose toujours, sur trois piliers : l'Etat de droit, l'Etat social, l'Etat entrepreneur. Lorsque ces trois piliers sont en crise, il n'est pas surprenant que le projet qui repose sur eux le soit aussi. Il est plus surprenant que la majorité des socialistes semble n'en pas tirer les conséquences, et n'ait pour toute ambition, et tout objectif, que s'accrocher aux places conquises depuis cinquante ans, en oubliant au passage que depuis que les partis socialistes existent, deux cultures y cohabitent et s'y confrontent : celle de gouvernement et celle d'opposition, celle d'administration et celle d'alternative. Aucune de ces deux cultures politiques n'est réellement et durablement majoritaire au sein du mouvement socialiste, ce mouvement gagne quand il les conjugue, perd et se perd quand l'une des deux tente de l'épurer de l'autre.

00:27 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : élections, ps, gauche | |  Facebook | | | |

Commentaires

Le PS devrait sortir des palais gouvernementaux, enfiler une paire de bottes et un bleu de travail!

Le socialisme c'était la classe ouvirère et ses revendications. Aujourd'hui, ce sont les revendications d'intellos donneurs de leçons, d'étudiants qui n'ont jamais bossé et de fonctionnaires attachés à leurs acquis. Le message est inaudible et élitiste, tel des artistes imcompris. Les couches populaires l'ont bien capté et votent de plus en plus pour la droite populiste, qui semble plus s'intéresser à elles que le PS!

Je pense que le véritable rôle de la gauche n'est pas de placer un ou deux bouffon dans la cour bourgeoise. Mais belle et bien d'être sur le terrain aux côtés des salariés. Le PS est la seule force d'opposition de gauche valable au niveau fédéral et dans bien des cantons! Alors que l'on arrête de dire que tout les malheurs des socialistes sont la faute de l'etrême gauche! S'il devrait avoir un responsable extérieur, je pencherais plutot vers les Verts, qui surfent sur les film catastrophes (Al Gore, Besson, Yann Artus Bertrand, Hulot,...) et se positionne de plus en plus au centre droit. Toutefois, le problème vient plus des personalités engluées dans des éxécutifs et qui se rendent compte que leur théorie n'est pas applicable.

Écrit par : Riro | mercredi, 18 novembre 2009

Est-ce vraiment une crise de parti ou plus gravement la fin d'une idéologie?

Le socialisme à la soviétique s'est effondré sur tous le fronts en 1989.

Aujourd'hui, son petit cousin à visage humain, la social-démocratie, s'effondre presque partout en Europe de l'Ouest. Le enjeux sociaix ont changé, ce que les PS de l'Ouest n'ont pas vu. Attachés à un discours rétrograde et passéiste, conçu alors que la classe laborieuse constituait 70 % de la population, ces PS hagards sont devenus des redistributeurs de deniers publics non aux plus défavorisés, mais à une nouvelle élite de fonctionnaires et d'intellectuels, une nouvelle aristocratie. Quoi alors de plus naturel que les classes défavorisées se tournent vers les courants populistes, qui proposent une autre redistribution des richesses que la social-démocratie ? Genève et ses dizaines de milliers de fonctionnaires est le prototype de cette dérive élitiste du PS, sanctionné par le peuple pour n'être plus qu'une à machine à préserver non les acquis sociaux, mais les acquis de ses membres, disséminés dans cette administration...

Écrit par : Henri Patry | mercredi, 18 novembre 2009

Est-ce vraiment une crise de parti ou plus gravement la fin d'une idéologie?

Le socialisme à la soviétique s'est effondré sur tous le fronts en 1989.

Aujourd'hui, son petit cousin à visage humain, la social-démocratie, s'effondre presque partout en Europe de l'Ouest. Le enjeux sociaix ont changé, ce que les PS de l'Ouest n'ont pas vu. Attachés à un discours rétrograde et passéiste, conçu alors que la classe laborieuse constituait 70 % de la population, ces PS hagards sont devenus des redistributeurs de deniers publics non aux plus défavorisés, mais à une nouvelle élite de fonctionnaires et d'intellectuels, une nouvelle aristocratie. Quoi alors de plus naturel que les classes défavorisées se tournent vers les courants populistes, qui proposent une autre redistribution des richesses que la social-démocratie ? Genève et ses dizaines de milliers de fonctionnaires est le prototype de cette dérive élitiste du PS, sanctionné par le peuple pour n'être plus qu'une à machine à préserver non les acquis sociaux, mais les acquis de ses membres, disséminés dans cette administration...

Écrit par : Henri Patry | mercredi, 18 novembre 2009

Pascalou, Pascalou... Vous pratiquez la langue de bois...

On n'a pas gagné, mais rien perdu... Attendez... Le PS prend une veste mémorable, deux fois de suite - d'ailleurs parfaitement méritée tant sa mollesse et sa paresse à prendre en main les véritables problèmes de société sont flagrantes - et vous prétendez que le résultat n'est "ni une catastophe, ni un effondrement"...

Je suis sur que vos camarades de parti apprécieront cet optimisme béat et un peu niais. La gauche caviar a de beaux jours devant elle.

Écrit par : Déblogueur | mercredi, 18 novembre 2009

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