La Nouvelle Comédie sur les rails du CEVA

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Nouveau théâtre dans un nouveau quartier, si le 29 novembre...

Le 2 novembre, Rémy Pagani et Patrice Mugny ont présenté le projet retenu, au terme d'un concours lancé en janvier, pour la Nouvelle Comédie : sur le site de la gare des Eaux-Vives, quatre modules vitrés accueillant ateliers, restaurant, librairie, salles de spectacle... un projet devisé à 70 millions de francs -un peu moins que les extensions des musées d'Ethnographie et d'Art et d'Histoire, beaucoup moins moins que deux ans de fonctionnement du Grand Théâtre, mais une dépense que la Ville sera pratiquement seule à assumer, alors que tout le monde politique, ou presque, s'accorde, au moins rhétoriquement, à admettre que les grands projets culturels d'importance régionale doivent être cantonalisés, sinon régionalisés. On ne s'en étonnera qu'à moitié. Et on n'aura garde d'oublier que ce projet n'a pratiquement aucune chance de devenir réalité si le 29 novembre le crédit complémentaire pour le CEVA n'était pas accepté…

Le sens du mot "urbanisme"
Le projet de Nouvelle Comédie s'inscrit dans le cadre, bien plus vaste, dessiné par le CEVA: l'actuel quartier de la Gare des Eaux-Vives devrait en affet accueillir le " nœud " central (l'EV de l'acronyme CEVA) de la liaison ferroviaire Cornavin-Annemasse. Autant dire qu'un refus le 29 novembre du crédit complémentaire indispensable à la réalisation du CEVA) entraînerait l'abandon, ou en tout cas la réduction à pas grand chose, ou à presque rien, du projet de redéfinition du site de la vieille gare mélancolique. Le sort de la Nouvelle Comédie se joue donc, comme celui du CEVA, dans les urnes, fin novembre. Matériellement, ce lien est évident; mais son impact sur le résultat du vote est douteux : sans doute les partisans de la Nouvelle Comédie et de son implantation aux Eaux-Vives, qu'ils soient ou non acquis au projet retenu, vont-ils soutenir le crédit CEVA -mais que pèsent-ils dans les urnes, quand on sait qu'aucun grand projet culturel soumis à Genève au vote populaire, du Musée d'Ethno à la Maison de la Danse, n'a obtenu depuis des années le soutien d'une majorité de votants ? " Si le CEVA est refusé, il faudra tout jeter à la poubelle, la Nouvelle Comédie comprise ", a, franchement, déclaré Rémy Pagani; l'évidence est bien celle-ci : le projet de Nouvelle Comédie est lié à la redéfinition du quartier dans lequel il serait implanté, et cette redéfinition est, aujourd'hui, liée au CEVA puisqu'elle s'articule autour de la nouvelle gare. Cette cohérence entre un projet urbanistique, un projet de transports publics et un projet culturel inscrit dans un espace réel, celui des Eaux-Vives, répond à deux nécessités que nous n'avons jusqu'à présent pu qu'exprimer théoriquement : celle de faire sortir les grandes institutions culturelles régionales de l' " hypercentre " urbain où elles sont actuellement concentrées, et celle de concevoir les " nouveaux quartiers " autour d'équipements publics (ici, une gare) et d'institutions culturelles (ici, un théâtre) qui leur donnent une vie, un sens et une structure. Ce qui est proposé pour les Eaux-Vives, c'est ce qui manque au projet PAV : un sens qui aille au-delà d'une accumulation de logements, de routes et de parkings. Un sens qui est celui du mot " urbanisme "…

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Commentaires

  • Si Pascalou a probablement raison sur le lien à faire entre CEVA et nouvelle Comédie, on ne peut par contre que s'inscrire en faux contre son affirmation que seule la Ville de Genève devrait assumer le coût de la construction du nouveau théâtre - et, a fortiori, de son exploitation.

    Il oublie qu'il existe le mécénat qui permet de financer des projets culturels d'utilité publique comme celui-ci. Le Grand Théâtre ne doit d'ailleurs sa survie qu'aux donateurs, petits et grands.

    Cet oubli est-il volontaire? On ose espérer que non.

  • Relisez le texte que vous commentez : je n'ai pas affirmé que la Ville "devait assumer le coût de la construction du nouveau théâtre", mais qu'elle allait le faire parce que le canton n'y participait pas.
    Par ailleurs, je ne sais pas où vous êtes allé pêché que le Grand Théâtre ne devait sa survie au'au donateurs privés : la totalité des dons privés, mécenat et sponsoring compris, je pèse qu'un vingtième de ce que la Ville paie pour le GTG. Le GTG ne doit sa survie qu'aux 45 millions que la Ville y met chaque année. Le dons privés, c'est la petite cerise sur le gros gâteau. Rien de plus.

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