Maîtresse, y'a Poggia, y fait rien qu'à copier sur Maillard ...

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En annonçant le lancement d'une initiative populaire sur l'assurance-maladie, initiative que la gauche ne pourra pas, si elle aboutit, appeler à refuser, le MCG ne prend personne à contre-pied -sinon ceux qui ne savent plus sur quel pied (ni d'ailleurs quelle danse) danser. Politiquement, électoralement, le coup est joli. Et on n'y répondra pas en pleurnichant " prim's, on était là avant, c'était notre idée, Poggia il a copié sur Maillard ". On ne pourra répondre au MCG qu'en avançant à nouveau, et le plus clairement possible, nos propres propositions : pas seulement la caisse unique fédérale (ou des caisses uniques cantonales), mais aussi ce que le MCG se garde bien de proposer, pour ne pas effrayer ces " classes moyennes " dont l'effroi est une seconde nature : la fixation du montant des primes en fonction des ressources, la fin de la " prime par tête " et la couverture maladie des personnes à charge par l'assurance de celles qui en ont la charge...

De trois maux, le moindre
Le système suisse d'assurance-maladie souffre de trois maux, connus, sinon reconnus comme tels : la concurrence des caisses entre elles, la prime par tête, la cotisation indépendante du revenu. L'initiative annoncée par le MCG ne propose un remède qu'au premier de ces maux. Et encore : non formulée ou formulée en termes généraux, donnant mandat au Conseil fédéral de la concrétiser, elle est non contraignante, et même si elle devait aboutir et être acceptée, la majorité politique suisse se gardera bien de la concrétiser. En 2007, le peuple et les cantons avaient largement repoussé une initiative socialiste proposant non seulement l'instauration d'une caisse unique, mais aussi celle de primes en fonction du revenu : attisée par les adversaires de l'initiative, la peur de payer plus s'était emparée des " classes moyennes ". Deux hausses de primes plus tard, les choses sont, peut-être, en train de changer : Selon un sondage effectué pour Le Matin dimanche (et publié le 19 avril), 56 % des Suisses-ses seraient favorables à des primes maladie fixées en fonction du revenu. C'est une bonne nouvelle, à prendre avec de longues pincettes : ça n'est pas la première fois qu'un sondage donne une majorité à une proposition de ce genre, mais à chaque fois qu'il s'est agi de se prononcer lors d'un vote, cette majorité s'est dissoute dans les urnes, et on s'est retrouvé avec des refus secs et sonnants. Parce que des primes fixées en fonction du revenu, ça signifie que les revenus supérieurs à la moyenne ou à la médiane vont payer plus que ce qu'ils paient déjà. Or le taux de participation électorale augmente au fur et à mesure que l'on grimpe dans l'échelle des revenus et dans celle du niveau de formation. Le résultat, c'est que lors même que dans un sondage une majorité s'exprime en faveur des primes selon le revenu, ou de la caisse unique, ou des deux à la fois, dans les urnes une majorité refuse ces propositions... D'ailleurs, le sondage du Matin signale que si 62 % des personnes interrogées ne disposant que de bas revenus sont favorables à des primes selon le revenu, cette proposition tombe déjà à 48 % pour les personnes disposant de revenus supérieurs à la moyenne...

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Commentaires

  • Très bon commentaire: il est plus que temps pour la gauche, d'aller de l'avant avec les propositions que tu évoques. D'ailleurs, je ne suis pas si sûr que la gauche "ne pourra pas refuser" l'initiative du MCG le moment venu: En effet, comme leur idée est de faire payer à tout le monde la prime la plus basse de chaque canton, ils ne disent pas ce qu'il advient du subventionnement des primes pour les personnes à revenus modestes, ni comment ils entendent financer le manque à gagner...

  • La gauche est au bord du gouffre et M. Schwab à raison : Il est plus que temps pour la gauche d'aller de l'avant " ! Un bon pas en avant ! Plus dure sera la chute !

  • Tel rapace fascite Poggia se nourrit du malheur du peuple! et plus pécisément des assurés! Un fonds de commerce comme un autre, pour un affairiste de première déguisé en héros des braves gens. Mais sa naïveté et son manque chronique d'expérience politique nous montre à quel point il est à coté de la plaque!

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