Après la gueule de bois post-électorale...

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Rire du pire
Roulez tambours, sonnez trompettes, ici l'ombre, les Genevois parlent aux Genevois : la gauche genevoise, du PS aux Communistes en passant par solidaritéS, en appelle à la résistance, après le pire résultat électoral qu'elle ait subi depuis trois bon quarts de siècle... Mais si nous savons bien, ou à tout le moins devrions-nous le savoir, toutes et tous, à quoi résister (à la démagogie, au racisme, à la xénophobie, au démantèlement social, à l'épuration culturelle, et on en passe et des pires), reste à savoir comment... Or il n'est peut être de meilleure méthode d'action politique en temps de résistance que celle qui consiste à tout faire pour délégitimer les institutions politiques par quoi passera précisément ce à quoi il conviendra de résister; tout faire pour introduire dans tous les fonctionnements sociaux, dans chacun et dans le moindre d'entre eux, l'élément de trouble qui non seulement le perturbera, mais permettra d'en rendre évident le caractère fondamentalement arbitraire. Laissant à d'autres le soin de tenter une improbable " résistance dans les institutions ", nous avons à mettre au point, pour chacune des situations dans lesquelles l'individu se trouve confronté à une norme sociale, l'élément -l'acte, le lieu, la structure éphémère, la parole- qui désarticulera et délégitimera cette norme, et l'institution qui l'a produite.

La résistance comme un jeu
Jouer avec les normes, détourner les structures, laisser dériver librement les volontés de changement : la ligne droite est toujours le chemin le plus con pour aller d'un point à un autre, et dans un usage politique de la dérive se trouve une réponse à la programmation, la planification, la détermination des actes et des enjeux politiques (et des méthodes d'action) en fonction d'échéances fixées par les institutions politiques elles-mêmes. Le temps de l'action politique est ainsi capté par les institutions mêmes que nous voulons changer, radicalmente e da capo. Et c'est bien cela qui pèse sur les actions de " la gauche ", courant d'échéances électorales en sessions parlementaires, dépossédée de toute capacité d'initiative autonome, se condamnant elle-même à l'attente (que ce soit pour, ensuite, les soutenir ou les combattre) de propositions tombant des institutions comme les Tables de la Loi sur Moïse ou le Coran sur le Prophète. Entre attentisme et défensive, la gauche a monnayé une illusion d'influence en la payant d'une évidence d'impuissance et de la réduction du rôle des partis de gauche à celui de bureau de placement pour candidats à la haute fonction publique ou à la politique professionnelle -mais ainsi est laissé à l'inventivité politique un champ considérable. Et si nous l'investissions par le jeu et le détournement ? Le pouvoir ne s'exerce jamais si bien, c'est-à-dire si lourdement, que sur des gens tristes. La résistance au pouvoir est chose trop sérieuse pour être laissée à des gens trop sérieux, et si les révolutionnaires avaient été moins tristes, sans doute leurs victoires auraient-elles été plus heureuses. Ce que nous avons à faire, nous avons à le faire en jouant, et en riant. Le jeu et le rire rétablissent les communications perdues, réalisent les liens improbables, libèrent les affinités avilies par le marché et bridées par les normes extérieures aux joueurs. Ils transforment les spectateurs en acteurs n'attendant d'autre récompense à leur jeu que le plaisir qu'il prendront à y jouer, et le déplaisir qu'y prendront ceux qui ne jouent que pour " gagner "... Mais pour " gagner " quoi ?

Lien permanent Catégories : Genève 13 commentaires

Commentaires

  • Bonjour !
    Permettez-moi de suggérer une petite correction:
    "... si les "révolutionnaires" (pouf! pouf!) étaient des gens moins tristes..." au lieu de "avaient été".
    Parce qu'alors dans les genres culs-bénits et coincés, ils font fort !

    :o)

  • Votre correction suppose qu'il y ait encore des révolutionnaires (tristes et culs-bénis, à la Robespierre) ou non. Ou diable en voyez-vous, sous nos latitudes et longitudes ?

  • Où j'en vois ? Mais il y en a plein la Julie, la TSR, Léman Bleu et Radio-Cité !
    Des exemples ?
    Maria Roth-Bernasconi (révolutionnaire assidue), Pierre Vanek (révolutionnaire récurrent), Laurent Moutinot (révolutionnaire assoupi), Véronique Pürro (révolutionnaire bling-bling), Sandrine Salerno (révolutionnaire grammaticale), Carlo Sommaruga (révolutionnaire microphile), Christian Brunier (révolutionnaire abonné), René Longet (révolutionnaire embrouillé), Charles Beer (révolutionnaire déscolarisé), Micheline Calmy-Rey (révolutionnaire voilée) - toutes celles et ceux pour qui porter un carré Hermès ou une cravate en soie rouge, ou boire un rouge millésimé sont des actes hautement révolutionnaires !

    :o)

  • Disons alors qu'on a les révolutionnaires qu'on mérite...

  • Attendez là, Holenweg, quand vous embringuez le PS dans vos délires révolutionnaires, vous êtes sur qu'ils sont d'accord vos petit(e)s camarad(e)s * ? Parce que c'est bel et bien de démontage des institutions, donc de révolution que vous parlez, là. Et si vous vous placez dans cette logique là, vous ne pouvez plus revendiquer le Conseil d'Etat... Faut choisir.

    * : ben oui, quoi, y a pas de raison : un camarad, une camarade...

  • Ah, de 62 on arrive à quoi 64, dans le recueil de l'Internationale Situationniste, Monsieur Hollenweg, mais il est hélas trop tard pour détourner, et mal en plus, ceux-ci! Ils se sont auto-dissous, il y a très longtemps. Certes le temps passe trop vite. Et on sent aussi des réminiscence de Bob Black! Mais celui-ci aussi à dénoncé les "révolutionnaires" de votre genre. A qui? Mais à ceux que vous avez tant méprisé jusqu'ici, Messieurs Hollenweg's

  • @ Blondesen... Ne saviez-vous pas que Pascalou fait partie, comme Grobet (stalinien indécrottable), Vanek (Brejevien de la seconde heure), et autres dinosaures, d'une espèce fossilisée? Le mythe du grand soir, la fraternisation autour des barricades, l'idéal des milices républicaines... Toute l'iconographie pré-soixante-huitarde et post-baba s'y trouve.

    Les agitations nocturnes de Padcalou sont aux idées ce que le vide est à la création.

    @ Trio infernal: faire à Pascalou l'éloge d'un quelconque rapport avec l'IS est passablement démesuré. Car, contrairement à Debord ou Vaneigem, Pascalou vit confortablement dans le système...

  • Comme disait un marchand de Saussures de mes amis, la dialectique ne peut casser des briques que si Bruce les lit...

  • Monsieur Holenweg,

    Vous dites: "Ce que nous avons à faire, nous avons à le faire en jouant et en riant."

    Alors, jusqu'au bout rions! C'est la seule chose qui rest à faire dans ce monde de oufs!... Et comme je l'ai déjà dit plusieurs fois:

    Le rire est le propre de l'homme! Alors rions nous des sales types et des têtes à claques!

    ... Mais que faites-vous encore au PSS? Il ne doit jamais être bien marrant de se retrouver avec ces intellos BCBG coincés qui ne pensent qu'à l'argent de manière encore plus triste que bien des requins de la finance!
    Même si Christian Levrat pense qu'il serait bon de se rapprocher du peuple. Mais pas à bout touchant! Ah les bougres! C'est qu'il y en a qui ne sentent ni "Guerlain", ni "Cuir de Russie"!


    Monsieur Séraphin Lampion,

    Comme disait un marchand de chaussures de mes amis:
    "De quoi il "semelle" en arrivant avec ses gros sabots! La dialectique ne peut que me casser les pieds! Il n'y a que le bruit de bottes qui "raisonnent" dans la bibliothèque du savoir.

    Avec l'ASSURANCE de ma parfaite considération!

    PS: Votre "... si Bruce les lit" aurait été plus compréhensible avec "...si Bruce lit". Là, le jeu de mot aurait pu casser des briques!... Non?

  • "Roulez tambours, sonnez trompettes, ici l'ombre, les Genevois parlent aux Genevois : la gauche genevoise, du PS aux Communistes en passant par solidaritéS, en appelle à la résistance..."

    Dites Holenweg, il ne vous est jamais venu à l'esprit que, plutôt que résister après avoir perdu les élections, il serait peut-être plus judicieux d'offrir aux gens ce qui vous permettrait de remporter les élections ?

  • DÉMENTI! ("cinq glands" et non pas "six pions", même si tout augmente!)

    Contrairement à la rumeur, l'acronyme "PS" mentionné dans le dernier commentaire de Monsieur Scipion ne concerne pas "Père Siffleur". En aucun cas celui-ci n'est impliqué dans l'ARGG (Appel à la Résistance de la Gauche Genevoise).
    Primo, il n'est pas Genevois! Secondo, il n'est ni là où se planquent les socialistes: à gauche de l'UDC qui est lui-même à gauche du MCG, ni là où se retrouvent les Communistes: au fond du trou.
    Il est tailleur! Tailleur de croupière: à la "solde" de TOUS les politicards de la planète.

  • "contrairement à Debord ou Vaneigem, Pascalou vit confortablement dans le système...", nous annonce un des nombreux anonymes sotchés à mon attrape-mite... mais savez-vous que c'est une bonne nouvelle, ça ? Et que de ce pas claudiquant je me presse de l'annoncer à mes huissiers de l'Office des poursuites ? Et qu'on peut même confirmer au passage de Debord ne "vit pas confortablement dans le système". Ni d'ailleurs hors du système...

  • L'"anonyme scotché à l'attrape-mite" de Pascalou... Miséricorde! Que cela est risible et que l'importun se prend au sérieux...

    Pauvre Pascalou... C'est vous qui êtes scotché à votre condition de mite parasitaire... Et pour les huissiers de l'office des poursuites, vous n'êtes qu'un très petit et osbcur débiteur.

    Quant à vos idées elles relèvent de la vacuité totale.

    Bouh! Qu'il est vilain!

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