lundi, 12 octobre 2009

Bon, et maintenant, on fait quoi ?

A Piogre, on a ferré les mouches (xénophobes et drosophiles) et au soir de l'élection du parlement de la République, on ressent comme une impression de " déjà vu ", à tout le moins de " déjà prévu " : le MCG cannibalise l'UDC, le PS recule, les Verts progressent, les radicaux et le PDC continuent de s'effriter, les libéraux se gaufrent malgré les rodomontades de leur commissaire politique, et le retour au parlement de la gauche de la gauche est entravé par le lancement d'une liste parasitaire...  Résultat : le parlement élu est encore plus à droite que le précédent, et encore moins représentatif des rapports de force politiquer réels, avec une gauche parlementaire, réduite au seul PS. Rien de tout cela ne bouleverse, ni la réalité politique, ni la perception qu'on en a. Mais tout cela clarifie, encore un peu, les situations et les choix. Reste à savoir quelles conclusions doivent être tirées de cette perception, et quelles décisions prises -la première de ces décisions portant sur l'élection du Conseil d'Etat, prochaine échéance dans le calendrier politique institutionnel, et donc première occasion pour le PS de dire si la situation dont il sort par une défaite, celle d'un parti empêché de jouer son rôle de parti d'opposition, lui convient à ce point qu'il compte bien y rester encore quatre ans de plus. Pour en ressortir dans quatre ans encore plus affaibli.


Electrothérapie
Il n'y a guère qu'en politique que la thérapie par électrochoc puisse, peut-être, avoir quelque effet. A condition que l'état du patient ne soit pas tel que seule la foi en la résurrection soit encore consolatrice pour ses proches éplorés. Pour la " gauche de la gauche ", la question se pose en termes de survie politique : comme il y a quatre ans, elle s'est révélée incapable de coaliser ses composantes. Or si ce qui s'était produit il y a quatre ans pouvait passer pour un accident,  sa reproduction aujourd'hui ne relève plus que du trouble obsessionnel compulsif. La " gauche de la gauche " genevoise aurait la force de faire élire une douzaine de député-e-s, elle n'en fait pas élire un-e seul-e. Et à l'extrême-gauche du parlement genevois, on retrouve, à nouveau... le PS. Merci, camarades, mais cet honneur est encore immérité. Et tant qu'à placer le PS à l'extrême-gauche faute d'une extrême-gauche capable de se placer elle-même, vous finirez bien par vous demander s'il ne vaudrait pas mieux adhérer carrément au PS plutôt que de continuer à jouer les utilités à sa sénestre. Quant au PS lui-même, faute d'avoir osé présenter trois candidatures au Conseil d'Etat, faute d'avoir osé une campagne offensive, faute de s'être donné un autre objectif que celui de sauver les meubles, il se retrouve face à une question à laquelle on le voit mal donner la seule réponse (négative) qui conviendrait : va-t-on partir en campagne pour le Conseil d'Etat avec pour programme celui de " limiter les dégâts ", pour ligne politique celle du moindre mal et pour objectif celui de rester en place coûte que coûte, même avec un seul siège, même en n'en pouvant rien faire sinon se plomber encore davantage ? Il paraît  que, pris dans les dents d'un piège, des loups s'en arrachent en y laissant leur patte. C'est peut-être une légende, mais ce pourrait aussi être un choix politique : celui d'un Conseil d'Etat sans socialistes, comme lors de la période du gouvernement " monocolore " (nous étions sortis revigorés et renforcés de cette cure d'opposition), et celui d'user pendant quatre ans de toutes les armes de la démocratie directe pour contourner parlement et gouvernement. Ces armes peuvent être diablement plus efficace qu'une présence participation à un gouvernement dont nous aurons de toute façon à combattre les choix politiques, que nous nous soyons ou non épuisés à y placer un, une, ou deux des nôtres.

03:12 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : ps, politique, élections | |  Facebook | | | |

Commentaires

"Et maintenant on fait quoi?" En tous cas on vote Rochat pour le Conseil d'Etat.

Écrit par : Pierre | lundi, 12 octobre 2009

Peut-être devriez-vous lire (ou relire) le billet de JS:
http://zisyadis.blog.24heures.ch/archive/2009/10/11/la-gauche-de-gauche-la-plus-bete-du-monde.html
Ensuite, oui... au lieu de présenter des apparatchiks du PS au CE, réfléchir sérieusement à l'avenir de celles et de ceux qui n'ont pas la vie confortable de ces "nouveaux nantis"...

:o)

Écrit par : Blondesen | lundi, 12 octobre 2009

oups! faute de frappe, désolé: JZ (et pas JS)

;o)

Écrit par : Blondesen | lundi, 12 octobre 2009

"Résultat : le parlement élu est encore plus à droite que le précédent, et encore moins représentatif des rapports de force politiquer réels,"
Est-ce à dire que les gens sont si bêtes qu'ils ne sont pas capables de trouver la liste socialiste dans leur enveloppe ? Il se trouve qu'il n'y a pas plus représentatif qu'un scrutin proportionnel. Plutôt que de chercher à s'en prendre au MCG ou se déchirer avec les Verts, la gauche devrait en tirer les leçons et changer d'optique. Le dogmatisme de gauche ne paye plus. Et si vous commenciez à écouter la population ?

Bon la bonne nouvelle, c'est que la concurrence féroce que se livrent le MCG et l'UDC devrait leur barrer la route du Conseil d'Etat. Enfin on l'espère...

Écrit par : Kad | lundi, 12 octobre 2009

Pascalou... Un conseil d'Etat sans socialistes? Oh oui, oh oui!

Écrit par : Déblogueur | lundi, 12 octobre 2009

Le PS pourrait déjà s'aligner sur l'opinion d'un certain Grobet, qui millite pour plus de protection des travailleurs établis sur Genève...

Écrit par : Riro | lundi, 12 octobre 2009

Ce que je trouve marrant, c'est que lorsque des partis droites ont des idées un peu extrêmes, on appele cela du populisme. Lorsque la gauche fait de même, on dit "proposer des choses". La démagogie, qu'elle soit de gauche ou de droite, reste de la démagogie. Et la gauche, et son extrême, ferait mieux de se rendre compte que la démagogie de droite est actuellement la seule capable de répondre aux attentes d'ouvriers déçus par le manque d'idées contrètes du socialisme !

Écrit par : Pavel | lundi, 12 octobre 2009

Hello Pascal ! Je trouve ton questionnement très pertinent ! Effectivement on peut se demander, dans ces conditions, si il ne vaudrait pas mieux sortir, verts compris ? Cette législature risque fort d'être execrable et de produire une Genève ségrégationiste et délétère, que l'on a peine à imaginer. La politique du pire n'a jamais rien donné de bon. Mon sceptisisme augmente de jour en jour... à l'égard des partis, disons du parlementarisme. Dans les associations on mesure bien le décalage entre la société civile et la société politique... On suit la vie parlementaire comme les économistes sont obligés de le faire avec la bourse, on reste à jamais critique ! Mais en l'état, çà mène a peu près nul part.
Il faut allez vers le 60% des gens qui n'arrivent pas à dire ou qui se taisent. Dans l'intervalle il nous faut reprendre la route de nos engagements respectifs, tisser des réseaux, vivre et construire autre chose. A bientôt sur un col pour voir la vue...

Écrit par : Marcellin Barthassat | lundi, 12 octobre 2009

Absent de tous les débats concrets, incapables de vision stratégique*, avec des élus dont vous faites partie qui s'empiffrent, et tournent la tête sans répondre aux interpellations, verbales écrites ou même en commentaires de blogs, DE GENS QUI SERAIENT DE VOTRE BORD**! Votre absence sur tous les fronts, la défensive (perdante en plus) plutôt que l'offensive, l'opportunisme politique caractéristique, les soumissions aux lois du marché etc., etc., vous n'êtes pas "la gauche la plus bête du monde"***, car pour cela, il faudrait qu'il en reste une dans le monde, de "gauche"...Disparaissez "gauche", enfin le capitalisme y perdra son alibi démocratique.
*ex: Donner comme mot d'ordre le "oui" à la confirmation des accords bilatéraux, alors que les "petits" comme vous désignez le peuple, subissaient déjà LES "dumping" sociauX, c'était il fallait s'y attendre, ouvrir la voie au résultat de genève
**On vous voit souvent ici-même perdre plus de temps à répondre à des gens que vous ne pourrez convaincre, qu'a des gens convaincus, (peut-être les estimez-vous con-vaincus?) mais qui ose discuter vos mugnificiences, vos esprits de gauche éclairés, "sale peuple! sa place est à l'UDC!", tel est le sous-entendu, voilà le résultat! Machez-le, et avalez-le!Et s'il vous plaît n'insultez pas les gens, ce ne sont pas eux qui vous ont déçus, c'est l'invferse. Dès lors ne vous en prenez qu'à vous-même.
*** J.Z sur son blog
K.D+T.I

Écrit par : Trio Infernal | mardi, 13 octobre 2009

Trio Infernal, j'abonde à 100 % dans votre sens.
Une seule solution pour la "Gauche", une solution qui devrait être son mot d'ordre pour demain si elle veut continuer à courir après "des lendemains qui chantent":
IL FAUT DISSOUDRE LE PEUPLE !
Après, il lui sera encore plus aisé de mettre les copines et les copains en (bonne) place.

:o)

Écrit par : Blondesen | mardi, 13 octobre 2009

Blondesen, le pire selon nous c'est que c'est fait! y ayant bien travaillé, il est normal qu'il soient maintenant rétribués à leurs juste mesure par le maître! L'avenir le dira.
Nous avons le redbaron en ligne, il vous transmets une bonne rafale de salutations, et nous les notres.

Écrit par : Trio Infernal | mardi, 13 octobre 2009

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