assurance-maladie : Assurés piégés, racket pérennisé

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Une hausse moyenne nationale de 8,7 % des primes d'assurance maladie pour les adultes ayant choisi une franchise de base ordinaire : c'est un record depuis 2003. Certains assurés voient même leurs primes augmenter de plus de 40 %. A Genève, si les hausses des primes moyennes (+ 4,1 %) sont plus basses que la moyenne nationale, le montant moyen des primes est le plus élevé de Suisse, avec Zurich. Et c'est pas fini : on prévoit déjà des hausses l'année prochaine, et même dans six mois, pour au moins 18 caisses et un million d'assurés, histoire de piéger comme des rats celles et ceux qui ont cru pouvoir changer de caisse-maladie pour une caisse moins chère. Eh quoi ? Il faut bien compenser les pertes en bourse (200 à 300 millions de francs) des assureurs... En attendant, la hausse des primes d'assurance maladie bouffera intégralement les " économies " promises aux " classe moyennes " genevoises par les partisans des récentes baisses d'impôts... qui se trouvent être aussi les adversaires des réformes nécessaires de l'assurance maladie.

De l'autoréduction du racket
Que le système actuel d'assurance-mnaladie ne soit plus viable, même des hommes de droite, comme l'avocat Mauro Poggia, le reconnaissent ; mais ce n'est pas la seule tare dont souffre cette assurance : elle n'est pas seulement financièrement crapoteuse, elle est également, et surtout, profondément injuste: la prime par tête charge les familles, la prime indépendante du revenu charge les assurés à bas revenus. Et même les " classes moyennes " trinquent : entre un célibataire au revenu annuel de 100'000 francs et un couple avec deux enfants disposant du même revenu, on passe, s'agissant des primes, du simple au triple... Où sont donc passés nos illustres défenseurs des " classes moyennes ", qu'on a si souvent entendu lorsqu'il s'agissait de chanter les louanges des baisses d'impôts ? Comment répondre à ce qui s'apparente à un véritable racket (l'assurance-maladie est obligatoire, on ne peut pas négocier ses primes, elles ne sont pas proportionnelles au revenu, et les assurances des parents ne couvrent pas les enfants) ? En ressuscitant une initiative pour la création d'une caisse unique fédérale ou de caisses uniques cantonales, mais sans prévoir des cotisations en fonction du revenu, et en maintenant le système des primes par tête ? On n'instaurerait pas une assurance maladie plus équitable, on ne ferait que rationaliser le racket. La caisse unique fédérale, ou les caisses uniques cantonales se justifient, certes, comme un remède à la concurrence entre les caisses et à la chasse aux " bons risques " auxquelles elles se livrent, mais en maintenant les primes par tête, et en ne faisant pas varier ces primes en fonction du revenu, on maintient ce qu'il y a de plus injuste dans le système actuel, et ce qu'il a de plus douloureux pour la majorité de la population. Et puis, le changement de système, quelle que soit son ambition, prendra du temps. Or le racket va continuer et les hausses de primes vont se répéter, chaque année. Il faut donc y répondre tout de suite. Pourquoi pas par l'insoumission collective, une grève perlée des primes -bref : une autoréduction du racket, organisée par les rackettés eux-mêmes ?

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Commentaires

  • Vous aurez beau tourné dans tous les sens l'argent des primes ou des coûts, non pas de la santé comme on veut le prétendre, mais de l'assurance de base. vous arriverez toujours à des sommes trop importantes.
    C'est la manière de soigner qui est trop coûteuse et le peu de place qui est fait à la conscience de chacun dans sa relation avec son corps et de ce qu'est la santé, état de bien-être global et non pas seulement la régulation de certains paramètres.

  • D'accord avec Pascalou, sur ce coup... Il convient toutefois de me pas oublier que l'origine de ce racket est l'oeuvre de sa camarade de parti, la bonne Ruth Dreyfuss.

    Les socialistes ont donc réussi ce coup magistral de créer ce qu'ils détestent par principe: un système de santé à deux vitesse, voire même davantage, qui ne pénalise qu'à peine les nantits et plombe le budget des bas revenus et de la classe moyenne.

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