jeudi, 24 septembre 2009

Grande braderie fiscale du 27 septembre : A quatre jours de la gueule de bois…

Il vous reste quatre jours pour voter, si vous ne l'avez pas encore fait. Il est aujourd'hui difficile d'ignorer que le Conseil administratif de la Ville a pris position contre la grande braderie fiscale concoctée par les majorités politiques qui nous gouvernent et légifèrent en notre nom, et qui fera perdre chaque année à la Ville à peu près l'équivalent de ce que lui coûte le Grand Théâtre... Celles et ceux qui l'ignoraient encore auront appris la position de la Ville grâce à deux députés libéraux, et à une cinquantaine de Conseillers municipaux de la Ville, qui, en se dressant comme un seul contribuable de la classe moyenne supérieure contre l'exécutif municipal, auront donné à sa prise de position un écho que n'auraient certes pas permis les misérables 70'000 francs que l'exécutif avait prévu de consacrer à sa publicité... ça ne changera sans doute pas le résultat, acquis d'avance, mais ça aura au moins permis d'avoir fait entendre, sur la fiscalité, un discours de gauche, avant un vote de droite.


Champ, contre-champ, hors champ
La contre-réforme fiscale proposée à Genève par la droite et les Verts, et que ses fauteurs présentent comme un " allègement " profitant aux " classes moyennes " et aux familles, ne profitera réellement qu'à la frange supérieure de ces improbables " classes moyennes ", et surtout aux contribuables disposant des revenus et de la fortune les plus élevés. Au passage, elle abolit le système de déductions fiscales le plus juste qui ait été conçu, celui du " rabais d'impôt ", dispositif simple, efficace et équitable (puisque le rabais était le même pour tous les contribuables, et qu'il était donc plus important, proportionnellement à leurs ressources, pour les plus pauvres que pour les plus riches). Toutes qualités qui étaient des défauts pour la droite, qui n'a eu de cesse de vouloir le remplacer par ce qu'il avait lui-même remplacé : un système alambiqué de déductions qui favorisent mécaniquement les hauts revenus. Résultat des courses : plus du tiers des contribuables ne verront pas leurs impôts diminuer… Même le splitting (la division par deux du revenu imposable du couple pour déterminer le revenu imposable de chacun des conjoints), pourtant la mesure la plus acceptable du " paquet fiscal ", est socialement exclusif : il ne favorisera qu'un peu plus du quart des contribuables dans les tranches des plus de 50'000 francs imposables, mais 79 % des contribuables dans la tranche des plus de 200'000 francs imposables... Ajoutez à cela le " bouclier fiscal " (plafonnement du taux d'impôt) sur le revenu et la fortune, et c'est ainsi que la baisse d'impôt promise " pour les classes moyennes et les familles " se résorbera en une baise (bien profond) desdites " classes moyennes "* et de leurs familles par ceux qui ne cessent de compter, à raison, sur leur crédulité et sur leur peur des classes dangereuses.

* Le revenu moyen et le revenu médian genevois se situent entre 65'000 et 70'000 francs par an. Mais pour les organiseurs de la grande braderie fiscale, avec un revenu de 200'000 francs par an, on fait encore partie de la classe moyenne. Ce qui, si les mots ont en sens nous mettrait les gens qui disposent de 100'000 francs par an dans la catégorie des " pauvres "... Mais alors, ceux qui ont un revenu de 35'000 francs, on les met où, dans quelle catégorie ? les Misérables ? Même pas : ils sont carrément hors-champ.

04:45 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : impôts | |  Facebook | | | |

Commentaires

Pascalou, Pascalou... Toujours à défendre les causes les plus incertaines, les plus profondément obscures et les plus vaines... La véritable question, ce n'est pas celles des "misérables 70,000 francs" que la Ville entendait dépenser pour sa campagne (les masses laborieuses et smicardes à 60,000 francs par an apprécieront sans doute l'adjectif "misérable" à sa juste valeur), mais le fait qu'une collectivité publique entre en campagne... ce qui lui est interdit par la loi...

Mais bon, pour vous comme vos semblables gauchistes caviar et inoccupés, il y a deux poids et deux mesures... Et ça se permet de faire la leçon à longueur de blog...

C'est affligeant d'indigence et de pauvereté d'idées.

Écrit par : Déblogueur | jeudi, 24 septembre 2009

Fantastique de mauvaise foi:

"avec un revenu de 200'000 francs par an, on fait encore partie de la classe moyenne."

Mais parfaitement, c'est par exemple un couple d'instits, vous les classeriez dans la haute bourgeoisie eventuellement ?

Et cette initiative n'a jamais rien pretendu d'autre que ramener un peu de justice dans l'imposition de la classe moyenne. (Houhou, on a bien dit CLASSE MOYENNE !) C'est a dire des gens avec un emploi qualifié qui gagnent correctement leures vies sans dependre d'aides sociales. Il n'y a jamais été question de faire un cadeau de plus a la classe precarisé, puisque de toutes façons elle ne paye pas ou presque pas d'impots.

Écrit par : Eastwood | jeudi, 24 septembre 2009

"Il n'y a jamais été question de faire un cadeau de plus a la classe precarisé, puisque de toutes façons elle ne paye pas ou presque pas d'impots."

Exact! En plus de toutes les subventions auxquelles elle a droit, alors que la classe moyenne paie sans aucune valeur ajoutée. Un réajustement est donc nécessaire, et pas qu'un! Espérons que les Genevois ne seront pas trop bobo sur ce coup là....

"qui fera perdre chaque année à la Ville à peu près l'équivalent de ce que lui coûte le Grand Théâtre... "

So what? C'est peanut! Et je suis sûr qu'il y a bien assez de réformes simples à entreprendre pour réduire les charges de l'Etat. Le devoir de l'Etat c'est de mener une politique budgétaire qui ne passe pas par la nécessité de racketter toujours la classe moyenne. L'austérité devrait être la règle, pas la dilapidation constante sans considération pour les citoyens.

Écrit par : Carlitos de Unmauno | jeudi, 24 septembre 2009

En tout cas l'attrape mouche fonctionne toujours aussi bien.

Écrit par : Djinius | jeudi, 24 septembre 2009

Les personnes qui gagnent 35'000 par an ne paient pas d'impôts et perçoivent en principe des subsides d’assurance-maladie, des allocations de logement et d’autres prestations sociales spécifiques, ainsi que des allocations pour famille monoparentale ou des avances sur pensions alimentaires s'il y a eu divorce et/ou enfants.

Ce qui a permis à la Conférence suisse des institutions d’action sociale de conclure, dans une étude publiée en 2007 ("Impôts, transferts et revenus en Suisse"), qu’il est moins difficile d’être démuni à Genève que dans 22 autres cantons suisses.

A titre d’exemple, dans le cas type de la famille monoparentale avec un enfant, le revenu disponible libre représente, après déduction des impôts, loyer, assurance-maladie et frais de garderie, 58% du salaire en moyenne suisse; dans les meilleurs cas, dont Genève fait partie, il atteint 83% du salaire. Ce chiffre est justement le résultat du versement par l’Etat des aides et avances décrites ci-dessus.

Le moment est venu de s'intéresser à la classe moyenne et supérieure qui finance cette politique sociale de première qualité, et qui étouffe!

Écrit par : Nathalie Chaix | jeudi, 24 septembre 2009

Ahh ces salauds de pauvres qui profitent de la classe "moyenne", vous savez, celle qui gagne >200'000 par an ...

Mme Chaix, du Parti Libéral, qui est si avide de statistique pourra ainsi nous rappeller que est le revenu médian des ménage, en suisse et à Genève ?

Si elle a du mal, je m'en charge.

Écrit par : Djinius | jeudi, 24 septembre 2009

On note également, qu'à partir de 173'000fr de revenu un ménage fait partie de 10% des ménages les plus aisés.

Dur retour à la réalité pour les mouches !

Écrit par : Djinius | jeudi, 24 septembre 2009

Petite exercice, selon le tableau de ce document http://www.ge.ch/statistique/tel/publications/2007/analyses/an-cs-2007-33.pdf page 19, en 2003, un ménage, par exemple un couple marié, qui dispose de 200'000 francs, se situe approximativement dans quel pourcentage des plus aisés ?

Mme Chaix, une réponse ?

Écrit par : Djinius | jeudi, 24 septembre 2009

@Natalie Chaix
"Le moment est venu de s'intéresser à la classe moyenne et supérieure qui finance cette politique sociale de première qualité, et qui étouffe!"

Vous pensez qu'à un revenu imposable de 200'000.- les gens étouffent? Sérieusement?
Et vous oubliez toutes les personnes qui sont dans la médiane justement et qui ne bénéficient d'aucune aide sociale et paient des impôts. Qu'eux étouffent, je le crois volontiers. Un peu de décence tout de même.

Un couple de prof (pour Eastwood) n'aura jamais un tel salaire imposable, ou alors des profs qui ont une chaire à l'Université.

Je fais partie des gens que je considère de la classe moyenne, j'ai un bon salaire. Mais d'année en année, j'ai sucré les escapades d'un week-end, les sorties au restau, les vacances à l'étranger. On rabote on rabote.
J'ai de la chance, je peux encore choisir sur quoi je rabote. Ce n'est certainement pas le cas de la plupart des ménages.

Cette notion de classe moyenne est à proscrire. Pour la gauche, c'est ceux qui ne bénéficient juste pas de l'aide sociale, et pour la droite, c'est ceux qui ne sont juste pas dans la catégorie des hauts revenus. En régle générale, tout le monde est d'accord pour soulager la classe moyenne même si pour chacun elle a une autre signification.

:-B

Écrit par : Pascale | jeudi, 24 septembre 2009

@ Pascale et Djinius: vous vous focalisez sur des tranches de revenus bruts, alors que je n'ai moi-même pas fait référence à une tranche particulière, mais seulement à la classe moyenne et supérieure.
Le revenu médian importe peu, vous pouvez le fixer où vous le souhaitez (Djinius: vos chiffres datent de 2003), le vrai problème n'étant pas le revenu brut, mais ce qu'il reste à la fin du mois.

Et à l'évidence, le pourcentage de 83% de revenu disponible en fin de mois pour la famille monoparentale ne s'applique à un couple marié avec enfants.
Une fois que vous avez payé le loyer fou, les primes d'assurance-maladie surévaluées, les cotisations aux assurances sociales, les impôts, l'électricité et autres frais fixes, je pense que vous commencez effectivement à "raboter", comme le dit si bien Pascale, même si le montant brut qui apparaît sur votre fiche de salaire est confortable.

Crédit Suisse, qui calcule depuis 2006 le revenu librement disponible pour des ménages-type dans les quelques 2'700 communes suisses, classe d'ailleurs Genève dernière dans ce domaine(https://www.credit-suisse.com/upload/news-live/000000021557.pdf)

Écrit par : Nathalie Chaix | jeudi, 24 septembre 2009

Le vice de parler de revenu disponible, c'est que justement on en retire l'élément de solidarité que régit notre société, à savoir les impôts !

Ainsi, comme d'habitude, les Libéraux invente de la novlangue pour mieux raboter la solidarité dans notre société !

Dans vos statistique du crédit suisse qui utilise des "ménage types" et des revenus disponibles font bien fis des inégalités de répartition des revenus, pour en plus établir un "classement" entre cantons qui servira de prétexte à une compétition fiscale entre eux pour mieux baisser le revenu des plus riches !

C'est d'ailleurs bien la l'élément que tient à masquer les partis bourgeois, à savoir discrêtement cacher le fait qu'une petite partie de la population accapare une forte partie du revenu de la nation ... et le cacher derrière de la novlangue !

Je reconnais que votre discours de propagande est bien rôdé, mais en ce qui me concerne votre salle jeu sur le dos des plus pauvres est fort limpide pour moi.

Écrit par : Djinius | jeudi, 24 septembre 2009

"Le revenu médian importe peu, vous pouvez le fixer où vous le souhaitez "

Je suis effarée par une telle désinformation. la médiane est un concept statistique. Je serais bien étonnée que vous puissiez m'expliquer comment on la met où l'on veut à part dans le monde de la philosophie relativiste bien sûr.

"vous vous focalisez sur des tranches de revenus bruts, alors que je n'ai moi-même pas fait référence à une tranche particulière, mais seulement à la classe moyenne et supérieure."

Je dirais qu'il n'y a pas vraiment de quoi se vanter de rester dans des catégories floues, et finalement totalement subjectives, pour cacher des réalités qui existent bel et bien. Chacun se dit membre de la classe moyenne: les pauvres parce que personne n'aime s'avouer pauvre, les riches parce qu'ils ne s'estiment peut-être pas si riche que cela. C'est réducteur, mais finalement pas si loin que ça de la vérité. Alors laissons justement des concepts vides qui ne sont bons qu'à jouer les cosettes comme argument de vente des partis à chaque nouvelle législature.

Finalement le revenu brut reste un indicateur précis. Si les impôts et charges sociales sont facilement calculables pour arriver au salaire réel, il n'en est pas de même avec les assurances maladies et loyers qui peuvent varier dans une fourchette assez importante selon les besoins subjectifs des couples. Certains se contentent d'un 3 pièces pour deux, tandis que d'autres trouvent légitimes de pouvoir disposer chacun de leur bureau séparé. Idem pour la localisation du domicile.

"Crédit Suisse, qui calcule depuis 2006 le revenu librement disponible pour des ménages-type dans les quelques 2'700 communes suisses, classe d'ailleurs Genève dernière dans ce domaine"

Là ça ne m'étonne pas du tout. Mais n'est-ce d'habitude pas les mêmes qui réclament des allégements d'impôts pour la "classe moyenne" qui militent pour un système de santé privatisé, qui serait le meilleur au monde, avec le tout petit désavantage de primes totalement farfelues comme vous le soulignez vous même?

Écrit par : Audrey | jeudi, 24 septembre 2009

Puisque vous êtes si bien informée, il serait utile que vous nous indiquiez quel est ce revenu médian à Genève aujourd'hui. Nous pourrions peut-être tenter quelques calculs sur le revenu disponible en fin de mois de ces contribuables "moyens". Ravie de constater par ailleurs que les chiffres du CS vous conviennent, cela nous fait un unique point d'accord.

Écrit par : Nathalie Chaix | vendredi, 25 septembre 2009

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