samedi, 19 septembre 2009

Des prisons comme s'il en pleuvait

Le Conseil d'Etat relance le secteur de la construction

86 places de plus à Champ-Dollon, 150 de plus à la Brenaz, une prison psychiatrique de 92 places (Curabilis), et une nouvelle prison de 350 places à Champ-Dollon, en plus de l'actuelle : d'ici à 2017, le nombre de places de détention aura plus que doublé à Genève ; il y a 500 détenus à Champ-Dollon aujourd'hui, il y en aura un millier dans dix ans si les pulsions geôlières du gouvernement sont suivies d'effet.  Et ça ne sera, évidemment, qu'un début. Parce que si l'histoire des prisons, ici comme partout ailleurs, nous enseigne quelque chose, c'est bien ceci : quand on construit une prison, on la remplit, quand on remplit une prison, on ne s'arrête de la remplir que quand elle déborde et qu'on en a ouvert une autre, qu'on remplira comme les précédentes, la nature carcérale ayant horreur du vide. " Il ne faut pas construire dans le but d'augmenter le taux de personnes incarcérées ", se défend, bêtement, le Conseil d'Etat. Augmenter le nombre de personnes incarcérées, c'est pourtant toujours le résultat qu'on obtient en construisant de nouvelles prisons, sans fermer les anciennes. Mark Muller souligne, tout fier, que " le domaine pénitentiaire est l'un de ceux où (le Conseil d'Etat) a le plus oeuvré durant cette législature ". On a les bilans qu'on mérite.


Huntsville sur Rhône
Genève se distingue déjà par sa propension pulsionnelle à user de la détention préventive (elle est championne de Suisse en cette douteuse matière), en sus de condamnations plus fréquentes qu'ailleurs à des peines privatives de liberté Huntsville sur Rhône
Genève se distingue déjà par sa propension pulsionnelle à user de la détention préventive (elle est championne de Suisse en cette douteuse matière), en sus de condamnations plus fréquentes qu'ailleurs à des peines privatives de liberté (assorties ou non du sursis). Tous régimes et établissements confondus, Genève a donc, en Suisse, la plus forte proportion de détenus par rapport à sa population. On n'en est certes pas (encore) à la situation que connaissent les Etats-Unis, où près d'un habitant sur cent est incarcéré quelque part à un titre ou un autre, mais on en est déjà au double de la moyenne suisse (un détenu pour mille habitant). Ce bel effort méritait sans doute d'être salué et poursuivi par notre gouvernement de centre (pénitentiaire)-gauche. Qui nous propose donc d'implanter du côté de Puplinge et de Thônex une véritable cité de plus de 1000 prisonniers, et à peu autant d'employés pour les surveiller, les encadrer, les soigner, les occuper, les nourrir et assurer le fonctionnement de la prison, à l'image de ces idylliques cités carcérales où la majorité de la population est formée de détenus, d'employés de la prison, de policiers et de leurs familles. On va donc à Genève multiplier les geôles, puis les bourrer. Sans que cet exercice imbécile et coûteux (au moins 240 millions de francs d'investissements, plus une cinquantaine de millions annuels de frais de fonctionnement) ait le moindre effet positif sur le niveau de sécurité ou d'insécurité publique. Le 12 janvier dernier, " Le Monde " publiait une contribution collective, signée notamment par Daniel Cohn-Bendit, Nancy Huston, Albert Jacquard et Bertrand Tavernier " La meilleure façon de mettre un terme à la surpopulation carcérale (...) consiste à n'installer qu'une personne là où il n'y a qu'une place* et de ne pas déroger. Nous avons dit la meilleure façon et, tout aussi affirmatifs, nous disons la seule (...) ". Et d'ajouter : " Force est de constater qu'en prison, et concernant la surpopulation, nous atteignons le degré zéro de la démocratie : les rapports accablent dans le désert, les associations colloquent dans le vide, les médias informent en rond, l'administration pénitentiaire n'en peut plus et les politiques affichent tous les signes de l'impuissance ". En ajoutant à l'impuissance : la démagogie de la droite et l'abdication de la gauche, le décor français est aussi le décor genevois.
(assorties ou non du sursis). Tous régimes et établissements confondus, Genève a donc, en Suisse, la plus forte proportion de détenus par rapport à sa population. On n'en est certes pas (encore) à la situation que connaissent les Etats-Unis, où près d'un habitant sur cent est incarcéré quelque part à un titre ou un autre, mais on en est déjà au double de la moyenne suisse (un détenu pour mille habitant). Ce bel effort méritait sans doute d'être salué et poursuivi par notre gouvernement de centre (pénitentiaire)-gauche. Qui nous propose donc d'implanter du côté de Puplinge et de Thônex une véritable cité de plus de 1000 prisonniers, et à peu autant d'employés pour les surveiller, les encadrer, les soigner, les occuper, les nourrir et assurer le fonctionnement de la prison, à l'image de ces idylliques cités carcérales où la majorité de la population est formée de détenus, d'employés de la prison, de policiers et de leurs familles. On va donc à Genève multiplier les geôles, puis les bourrer. Sans que cet exercice imbécile et coûteux (au moins 240 millions de francs d'investissements, plus une cinquantaine de millions annuels de frais de fonctionnement) ait le moindre effet positif sur le niveau de sécurité ou d'insécurité publique. Le 12 janvier dernier, " Le Monde " publiait une contribution collective, signée notamment par Daniel Cohn-Bendit, Nancy Huston, Albert Jacquard et Bertrand Tavernier " La meilleure façon de mettre un terme à la surpopulation carcérale (...) consiste à n'installer qu'une personne là où il n'y a qu'une place* et de ne pas déroger. Nous avons dit la meilleure façon et, tout aussi affirmatifs, nous disons la seule (...) ". Et d'ajouter : " Force est de constater qu'en prison, et concernant la surpopulation, nous atteignons le degré zéro de la démocratie : les rapports accablent dans le désert, les associations colloquent dans le vide, les médias informent en rond, l'administration pénitentiaire n'en peut plus et les politiques affichent tous les signes de l'impuissance ". En ajoutant à l'impuissance : la démagogie de la droite et l'abdication de la gauche, le décor français est aussi le décor genevois.

00:50 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : politique, prisons, champ-dollon | |  Facebook | | | |

Commentaires

Attendons les commentaires indignés...

Et en attendant, je me demande ce qui est fait en matière de prévention à Genève. Sérieusement.
Par exemple quand la police relâche quasi immédiatement un homme imbibé d'alcool qui s'en est allé aussitôt trucider une honnête travailleuse.

Minet?

Écrit par : Johann | samedi, 19 septembre 2009

Il est normal que Genève ait le double de la moyenne suisse de détenus.

Genève a aussi, et ceci explique cela, le double de la moyenne nationale d'étrangers...

Écrit par : j.nizard | samedi, 19 septembre 2009

" La meilleure façon de mettre un terme à la surpopulation carcérale (...) consiste à n'installer qu'une personne là où il n'y a qu'une place et de ne pas déroger. Nous avons dit la meilleure façon et, tout aussi affirmatifs, nous disons la seule (...) "."

Il y en a une autre, de meilleure façon ! Ce serait de ne pas poursuivre les étrangers qui commettent leurs délits et crimes contre d'autres étrangers. Après tout, ce ne sont qu'incidemment nos affaires.

Quand un Anglais - dont on aimerait connaître les origines ethniques - bute une Sénégalaise, on pourrait proposer au Sénégal de le juger et si le Sénégal n'était pas intéressé par le châtiment de l'assassin d'une de ses ressortissantes, on remettrait l'Anglais, expulsé à vie - quelles que soient ses origines ethniques - aux autorités de son pays d'origine, à charge pour elles d'en faire des choux ou des pâtés.

Tout cela en vertu du sain principe "A chacun sa m..." !

Écrit par : Scipion | samedi, 19 septembre 2009

"On va donc à Genève multiplier les geôles, puis les bourrer. Sans que cet exercice imbécile et coûteux (au moins 240 millions de francs d'investissements, plus une cinquantaine de millions annuels de frais de fonctionnement) ait le moindre effet positif sur le niveau de sécurité ou d'insécurité publique."

C'est sûr qu'à ce tarif-là, il serait plus avantageux de multiplier les quartiers sécurisés et là, le contribuable souscrirait des deux mains à l'utilisation judicieuse de ses impôts.

En outre, cette formule aurait l'avantage d'offrir de véritables choix aux citoyens. Ainsi, les humanistes "progressistes" seraient tout à fait libres de résider - à leurs risques et périls, mais libres ! - dans les enclaves racailles, putes, drogues et homicides.

P.S. - Ma proposition est tout ce qu'il y a de sérieuse, puisqu'on constate dans des pays plus modernes et avancés que le nôtre que le quartier sécurisé est le véritable avenir de l'habitat individuel et collectif.

Écrit par : Scipion | samedi, 19 septembre 2009

Pour lutter contre la population carcéral,serait de généraliser les accords internationnaux ou le criminel étrangé puissent purger sa peine dans son pays d'origine.

D.J

Écrit par : D.J | samedi, 19 septembre 2009

"...serait de généraliser les accords internationnaux ou le criminel étrangé puissent purger sa peine dans son pays d'origine."

Compte tenu de ce que sont la plupart de ces pays d'origine, il faudrait prévoir un gros budget "enveloppes", dessous de table et pots-de-vin...

Parce que si on ne leur donne une "bonne raison" de reprendre leurs racailles, ils vont pas se gratter pour nous les laisser sur le râble.

Qu'elles se royaument dans nos cinq étoiles où qu'elles croupissent dans leurs culs-de-basse-fosse exotiques et tropicaux, leur est totalement indifférent...

Écrit par : Scipion | samedi, 19 septembre 2009

Pas besoin de construire de nouvelles prisons, "yaka" les planter là:

46°22'11.50"N
7°30'46.19"E

ou là:

46°20'38.24"N
7°23'3.65"E

avec une ou deux couvertures. Et z'apprendront à respecter ce beau pays!

Écrit par : robert | samedi, 19 septembre 2009

... et retourneront très vite se réchauffer dans leurs belles contrées...

Écrit par : robert | samedi, 19 septembre 2009

@scipion Excellente idée. Ainsi, l'Irakien (prétendu) qui a tabassé un Saoudien durant les fêtes de Genève pourrait être extradé vers le royaume saoudien, qui lui réserverait une justice de qualité, et ce, sans encombrer nos prisons et nos services d'assistance sociale.

La mondialisation ce devrait aussi être cela.

Écrit par : j.nizard | dimanche, 20 septembre 2009

Quand un débordement de prison tous les mêmes. What's next?

Écrit par : Vincent : phone cards | lundi, 28 septembre 2009

Les commentaires sont fermés.