jeudi, 10 septembre 2009

Succession Couchepin : Schwalhalter ou Burkwaller ?


Après deux mois et demi d'une précampagne qui n'a guère passionné les foules (un Suisse sur trois se fout de savoir qui va succéder à Couchepin, à en croire un sondage paru dans " l'Hebdo "), les libéraux-radicaux ont formé leur " ticket "(toc) pour l'élection du Conseil fédéral et désigné deux candidats pour un siège : un candidat pour attirer des voix de centre-gauche (Burkhalter), un candidat pour caresser l'UDC dans le sens du poil (Lüscher). Broulis et Brunschwig-Graf sont écartés, Pelli est prié de rester tranquille à sa présidence. Ce sont les suffrages des radicaux alémaniques, globalement plus à droite que les Romands, qui ont placé Lüscher sur le " ticket ", après que Pelli ait, pour faire bon poids, affirmé que l'âge des capitaines devait être un critère prépondérant. Résultat : 22 voix pour Lüscher et 13 pour MBG, au troisième tour. Ça a dû lui faire tout drôle, à MBG, d'être considérée comme trop à gauche...



Mauvais esprit
Dans le dispositif libéral-radical, le candidat naturel ", c'est Burkhalter. Lüscher, lui,  joue le rôle de l'appât pour la pèche aux suffrages UDC : un candidat-asticot dont la fonction est d'éviter que les suffrages de la droite de la droite manquent au candidat radelibe. Une manœuvre cousue de fil brun, mais que la procédure de l'élection rend tout de même assez périlleuse : si aucune voix de gauche ne se porte sur Burkhalter, et que l'UDC vote massivement pour Lüscher, Lüscher (qui n'a, selon Christian Levrat, " ni la stature ni les compétences " d'un Conseiller fédéral) devancerait Burkhalter, ce qui ouvrirait un boulevard à la candidature démo-chrétienne. Les radelibes s'en inquiètent suffisamment pour demander à leurs deux candidats de s'engager à se retirer si le groupe le leur demandait. Lüscher s'y est engagé, pas Burklhalter, qui a annoncé qu'il accepterait son élection même s'il n'était plus candidat, ce qui revient à ne demander qu'à l'asticot de s'extirper du hameçon pour éviter de se faire bouffer par un gros poisson PDC. Car pendant que chez les libéraux et radicaux, fusionnés ou non, la pré-campagne tournait au comice agricole avec défilé du cheptel devant les maquignons, le PDC jouait la carte de la sélection discrète et du calcul silencieux, avant d'adouber à l'unanimité un candidat unique en la personne du Fribourgeois Urs Schwaller. Lequel pourrait être élu contre n'importe quel candidat radical-libéral, pour autant que tous les démo-chrétiens, tous les socialistes et tous les verts le soutiennent. Le PS penche pour Schwaller, mais les petits calculs politiciens étant ce qu'ils sont, il est possible des socialistes ont plutôt envie de soutenir Burkhalter pour ne pas compliquer les successions de Moritz Leuenberger, puis de Micheline Calmy-Rey.... Alors, Schwaller ou Burkhalter ? Que ce soit l'un ou l'autre, le gouvernement fédéral restera " clairement à droite ", constate fort justement le président du PSS. De fort mauvais esprits pourraient poursuivre ce fort juste raisonnement, en se demandant ce que les socialistes foutent dans ce gouvernement " clairement à droite ". Et avouons-le : nous avons mauvais esprit.

02:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : suisse, gouvernement, burkhalter, schwaller, couchepin | |  Facebook | | | |

Commentaires

Avec mauvaise foi, je dis:

Christian Levrat, Christophe Darbellay et Recordon, les fins stratèges de l'éviction de Christoph Blocher feront en sorte que leurs propres intérêts et ceux de leur parti soient tenus.

Je vois mal l'UDC voter Schwaler, vu le complot fomenté par les trois mousquetaires.

Par contre, la petite bande PDB, environ 10% donnera un coup de main à Schwaler de façon à ce qu'Eveline Widmer-Schlumpf soit réélue, sans problème, lors des prochaines élections.

Il est dans l'intérêt de l'UDC de faire profil bas, s'ils veulent un vrai deuxième UDC conseiller fédéral.

Quant aux socialistes et principalement à Christian Levrat, s'ils désirent conserver leur deuxième siège, ils devront la jouer finement. Ils craignent la revanche des Radicaux-libéraux qui mettront à la place de l'un des leurs, un Vert!

Quant à Recordon, il est toujours là où on ne l'attend pas. A se méfier!

Écrit par : oceane | jeudi, 10 septembre 2009

A chacun son analyse, alors voici mon pronostic:

«cote d'amour» Lüscher: PS 0, Verts 0, PDC 0, PDB 2, UDC 3, PLR 2
«cote d'amour» Burkhalter: PS 1, Verts 0, PDC 0, PDB 3, UDC 1, PLR 3
«cote d'amour» Schwaller: PS 4, Verts 0, PDC 5, PDB 0, UDC 1, PLR 0

«Poids» des formations:
UDC 66 = 26.82%
PS 51 = 20.73%
PLR 47 = 19.10%
PDC 52 = 21.13%
VERTS 24 = 9.75%
PDB 6 = 2.43%

Ce qui donne au premier tour:
24.71% Lüscher
22.43% Burkhalter
52.84% Schwaller

Remarques:
Schwaller a quelques «partisans» au sein de l'UDC, ne serait-ce qu'en raison de sa postion claire vis-à-vis de l'UE.

(argument en faveur de la droite)
Une élection Schwallerr barrerait la route aux fribourgeois Levrat, Berset et au valaisan Darbellay.

(argument en faveur de la gauche)
Une élection Schwaller barrerait la route à J-F. Rime en 2011.
A la démission de Leuenberger, Vaud pourra présenter son candidat romand en la personne de Maillard.

Eléments non négligeable, dans leur campagne, les deux PLR se sont montrés pour le moins «faux-culs» vis-à-vis de l'UDC.

Enfin, Schwaller est le seul «poids lourd» de cette élection.

Écrit par : Caglivo | jeudi, 10 septembre 2009

@caglivo...
je suis d'accord avec vous, juste un bémol....il faut espérer que Schwaller sera plus efficace que Leuthard (l'autre PDC)...mais de toute façon...comme vous dites : ¨Schwaller est le seul poids lourd de cette élection..."

Écrit par : CA | jeudi, 10 septembre 2009

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