Braderie fiscale et tonte des communes

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Le silence des agnelles

Le Conseil administratif de la Ville a présenté, mercredi dernier, son projet de budget 2010. Et ça doit être un bon budget, puisqu'il fait hurler la droite. But de l'exercice, pour la majorité de gauche de la Municipalité : sauvegarder les prestations sociales, les investissements et les engagements culturels de la Ville, que les baisses d'impôts (et donc de ressources pour la commune) proposées par la droite soient ou non acceptées le 27 septembre. Si elles étaient acceptées, elles creuseraient de plus de 40 millions un déficit annoncé (et accepté par le canton) de 26,2 millions. Or la Ville ne serait pas seule à payer les pots fiscaux cassés par la droite : toutes les grandes communes seraient dans le même cas. Mais contrairement à la Ville, et à l'exception de leurs magistrats socialistes, elles se taisent. Leur silence d'agnelles est d'or -mais pour qui ?

Mouton noir
En janvier 2010 doit entrer en vigueur une nouvelle péréquation financière intercommunale, supposée améliorer la situation des communes les plus pauvres, ou qui assument le plus de tâches dont le champ, intercommunal, cantonal ou régional, les excèdent. Or si la baisse d'impôts concoctée par la droite et les Verts est acceptée par le bon peuple des gentils contribuables exerçant leur droit de vote (c'est-à-dire une minorité des contribuables) cette nouvelle péréquation ne pourra, dans le meilleur des cas, que compenser la baisse des ressources qui s'ensuivra pour les communes (plus de 100 millions pour l'ensemble des communes). Lesquelles, majoritairement gouvernées par la droite, acceptent de se faire tondre, à une exception et demie près : la Ville de Genève, qui mènera campagne contre la sous-enchère fiscale, et celle d'Onex, qui ne mènera pas campagne mais dont le Conseil administratif a pris position contre la réforme fiscale et interpellé les autres communes sur ce qui risquait de leur arriver. Et ce qui risque de leur arriver, c'est une perte de ressources sans réduction des charges. La nouvelle péréquation devrait rapporter princièrement un demi-million à Lancy, qui perdrait dix fois plus grâce à la baisse d'impôts ; Onex devrait recevoir quatre millions et demi grâce à la nouvelle péréquation, mais en perdrait immédiatement les deux tiers à cause de la baisse fiscale, et le reste à cause de la crise. C'est aussi cet exercice imbécile (reprendre d'une main ce qu'on a donné de l'autre, et si possible reprendre plus qu'on a donné) que la campagne lancée par la Ville de Genève contre la braderie fiscale entend dénoncer. Le plus navrant étant que, noire brebis dans un troupeau d'agnelles silencieuses, elle la seule à ne pas vouloir se laisser tondre, et à le dire. Et qu'elle se bat donc autant pour les autres communes que pour elle, mais sans que les autres communes songent un instant à l'appuyer. Ça doit être ça, le destin du mouton noir.

Lien permanent Catégories : Genève 5 commentaires

Commentaires

  • Et en même temps par sa politique du logement (entre autre) la ville fait aussi tout pour se vider de ses contribuables de la classe moyenne et se remplir d'assistés sociaux.

  • si vous avez un truc pour que les "assistés sociaux" trouvent un logement à Cologny, transmettez-le à la Ville de Genève, ou à celles de Vernier, Onex, Meyrin, Lancy... et apprenez au passage que non seulement la Ville ne se "vide pas de sa classe moyenne", mais qu'elle est la commune où cette "classe moyenne" est à la fois la plus nombreuse (évidemment), et la plus majoritaire dans la population. Ce qui est d'ailleurs une excellente chose, puisque c'est elle qui va devoir subir la hausse des impôts communaux destinée à compenser la baisse des impôts cantonaux que, moyenne en tout y compris intellectuellement, elle aura votée.Il faut bien qu'elle serve à quelque chose, si moyenne quj'elle soit.

  • La ville de genève est remplie de la classe moyenne et en grande majorité faite de fonctionnaires sur-représentés dans le canton qui peuvent se loger dans les immeubles appartenants aux caisses de pension des fonctionnaires, dans ceux de la Ville (ou du Canton) et dans les logements "sociaux" pour ceux qui y ont droit. Le reste de la classe moyenne à moyenne supérieure indépendants ou travaillant du secteur privé se voie livrée à subir des loyers libres scandaleusement élevés ou sous-loué à des tiers peu scrupuleux.

  • Demain,

    MAIS NON ! D'APRES STAUFFER LES FONCTIONNAIRE NE SONT QUE DES FRONTALIERS !

  • demain, je confirme vos explications. Mieux, j'affirme qu'un Conseiller d'Etat de gauche loge dans un appartement, aux Eaux-Vives, qui est géré par la GIM, au loyer très bas. Dans le même immeuble se trouve les locaux administratifs des cuisines scolaires de la Ville de Genève.

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