vendredi, 07 août 2009

Secret bancaire : stupeur et tremblement ?

Quand le ministre allemand des Finances, le socialdémocrate Peer Steinbrück (quasiment traité de nazi par l'UDC) comparait la Suisse à des Indiens fuyant devant la cavalerie, il osait effectivement une comparaison injurieuse. Pour les Indiens. Mais s'agissant de la Suisse, l'image était tout à fait pertinente : les grandes puissances tapent du poing sur la table, la Suisse s'écrase. Comme elle l'a toujours fait.

NEUTRALI.GIF

 


Grâce à un accord de dernière minute avec les Américains, l'UBS s'est évitée une lourde amende pour ses pratiques douteuses aux USA, dont le fisc retire sa plainte contre la banque, en échange de la livraison de milliers de noms de clients américains soupçonnés de fraude fiscale. Et curieusement, les hautes clameurs des défenseurs du secret bancaire se sont faites, au moins dans l'immédiat, murmures à peine audibles. Ils étaient pourtant bien fiers, nos Artaban : la Lega et l'UDC tessinoises, rejointes par les jeunes UDC, et sans doute par l'UDC suisse, ont lancé une initiative populaire visant à inscrire le secret bancaire dans la Constitution. Pas moins. Juste après le "au nom de Dieu Tout-Puissant"... Belle modestie, d'ailleurs, que celle qui les a incité à ne pas inscrire carrément le secret bancaire dans l'invocation à la Divinité omnipotente : "Au nom de Dieu et du secret bancaire tout puissants", ça vous aurait de la gueule, non ? Peu importent ces gesticulations, après tout : les menaces qui pèsent sur le secret bancaire font office de révélateur -pour celles et ceux qui avaient besoin de cette révélation : notre économie locale et nationale est à ce point dépendante de l'activité de recel assumée par nos banques depuis 1934 (vote de la loi sur les banques, qui fait de la violation du secret bancaire un délit pénal) que toute tentative de restriction du secret bancaire devrait pour le moins être considérée comme une atteinte à la sécurité nationale. Le poids de l'activité des recéleurs, et des affaires liées à la fraude, à la soustraction et à l'évasion fiscale est donc tel que si cette activité devait être réduite ou, horrifique hypothèse, abolie, la fin des haricots, des fèves et des pois chiches surviendrait à court terme... La fin du secret baicaire ? Un cataclysme pour Genève", écrit le raidenchef de la "Julie"...Un cataclysme, vraiment ? Plutôt une catastrophe, au sens étymologique du terme : un bouleversement. Et nous ne demandons qu'à être bouleversés...

00:25 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (27) | Tags : banques, économie | |  Facebook | | | |

Commentaires

Ben... ne serait-ce pas en raison de ce bouleversement probable que les grandes banques se remettent à distribuer des parachutes ?

;o)

Écrit par : Blondesen | vendredi, 07 août 2009

Si on arrêtait de parler de ces cons, franchement, ont ils dit une seule choses intelligente depuis le moment ou ils sont né jusqu'au moment ou des plus débiles qu'eux ont votés pour eux !
Si des débiles ont votés pour eux c'est parce que l'ubs d'ospel et autres chefs de rédactions les ont portés à bout de bras !
Comprend plus rien, on va continuer encore longtemps de compter leurs conneries ?

Écrit par : Karl | vendredi, 07 août 2009

Blondesen, vous vous tromper de forum, on parle de banquiers suisse, pas de banquiers américains !

Écrit par : Karl | vendredi, 07 août 2009

Ah ? Au JT d'hier soir, il m'a pourtant semblé apprendre que l'UBS... non ?
aurais-je mal compris ?

:o)

Écrit par : Blondesen | vendredi, 07 août 2009

Excellente démonstration de la stupidité des défenseurs du secret bancaire, ils ne cesse de beugler qu'ils sont du coté du peuple... Qu'ils défendent les intérêts de celui-ci... et dès qu'un gros banquier lève le petit doigt, ils s'applatissent et fondent devant lui, comme des limaces restées trop longtemps au soleil!

Les UDC sont devenus tellement bornés que pour eux, un pays et sa culture, se contiennent dans les activités de banksters, receleurs et autres avocats et conseillers fiscaux...

Écrit par : Earl | vendredi, 07 août 2009

Le secret bancaire doit rester pour les Suisses résidents en Suisse.
Je ne vois pas pourquoi la moindre administration pourrait mettre son nez dans ma situation bancaire et financière.
Le propre en ordre est en passe de vouloir fouiner dans la vie des gens normaux dans le but de soit-disant détecter d'évenuels criminels, voire des terroristes dormants. Non, mais des choses pareilles méritent un superbe coup de pied au bon endroit.

Pour les étrangers je n'en ai rien à cirer, ce n'est pas mon problème.

Écrit par : Hypolithe | vendredi, 07 août 2009

Il y a quelques années (lorsque le Maire de Genève s'appelait Hediger, Dafflon ou Magnin,) les gauchos étaient bien content que le secrêt bancaire existe car cela évitait de découvrir d'où provenaient les fonds de la gauche !

Écrit par : octave vairgebel | vendredi, 07 août 2009

Avant de beugler comme des ânes, certains ont vraiment besoin de s'instruire!

www.delaware-corporate.com
www.france-offshore.fr
(et la liste est longue............)

Mais qu'ils continuent après tout, ils démontrent justement leur niveau raz bord caniveau. Chacun a le droit de revendiquer son opinion; ça le situe.....de la gouille au soleil et détermine sa manière de "Briller"!

Que les rayons du jour vous innondent et sèchent les gouilles visqueuses!

Écrit par : Corélande | vendredi, 07 août 2009

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjoru M. Holenweg,

l'idée du secret bancaire est plus vaste que la seule couverture de quelques fraudeurs fiscaux.

Il s'agit d'abord de souveraineté, notre loi protège la vie privée des individus et personne n'a le droti d'avoir accès aux données bancaires pas plus qu'à d'autres...

Ensuite, les banques représentent une part notable de notre PIB et les impôts ainsi payés par ces dernières permettent des investissements publics important. Social compris. Sans l'apport des banques par l'impôt, j'ai bien peur que vos revendications sociales ne trouvent aucun fonds pour les financer...

Pour terminer, si vous trouvez normal qu'une puissance étrangère puissent avoir accès à des données aussi complètes que précises sur vos habitudes : relevé des dépenses, des mouvements, si vous trouvez ça normal, donc, c'est que vous démons du passé sont encore bien présents.

Les Etats n'ont pas à avoir accès aux données personnelles et privées en dehors de procédures judiciaires correspondantes à nos lois.

Alors lorsque j'entends que nous sommes des fachos, alors que nous défendons bec et ongle le secret de la vie privée, les considérations ainsi émises font juste sourire.

C'est pourquoi sans hésiter, je défends l'inscription du secret bancaire dans la Constitution, parce que c'est un droit fondamental. L'Etat n'a pas à mettre son nez dans la sphère privée hors procédures judiciaires.

N'en déplaise à quiconque.

Bien à vous,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | vendredi, 07 août 2009

Fortiche quand même: le plouc SUISSE, qui fait faillite EN SUISSE, se fait vider ses comptes en banque en deux temps-trois mouvements. Et le plouc ETRANGER peut planquer son pognon mal gagné dans une banque SUISSE en toute sécurité, sans que personne n'ai le moins du monde le droit de lui demander rendre des comptes...
Le secteur bancaire suisse est totalement démesuré par rapport à l'économie réelle, il est vital de le réduire à une taille acceptable et non dangereuse. Pensons à ce qui vient de se passer en Islande....

Écrit par : J.C. Simonin | vendredi, 07 août 2009

De toute façon, quoi que l'on dise, quoi que l'on fasse, les Indiens vont perdre quelques plumes.
Mais n'en faisons pas tout un fromage, gardons les tommes... à niaque!

Écrit par : Père Siffleur | vendredi, 07 août 2009

Reste encore à savoir ce qui demeure suisse dans une grande banque suisse. Le bigue bosse de Crédit Suisse ne parle que l'anglais, que je sache. Les affaires de UNION BANK OF SWITZERLAND sont beaucoup plus importantes à l'étranger, particulièrement aux E.U.s, qu'en Suisse. L'honnêteté, l'efficacité suisses ont cédé la place à des magouilles innomables et c'est pourquoi les clients de l'UBS se tirent par milliers. Il n'y a rien é défendre là.

Écrit par : J.C. Simonin | vendredi, 07 août 2009

Bonjour Pascal. Bien vu le dessin.
Un écrivain suisse, dont je ne me souviens plus de son nom, n'avait-il pas osé écrire, "La neutralité suisse est un oreiller de paresse". Ce qui lui a valu l'interdiction de parution en Suisse de son livre intitulé, "Du bonheur d'être Suisse sous Hitler".

Neutralité et secret bancaire font bon ménage pour nos banquiers, UDC et autres plouc aux bras noueux !

Écrit par : Rollmops | vendredi, 07 août 2009

http://www.dailymotion.com/video/x9lbcr_le-saviezvousy-secret-bancaire_news

Un film sur le secret bancaire que je suis très heureux d'avoir réalisé.

Écrit par : Olivier_Perez | dimanche, 09 août 2009

Il est quand même extraordinaire que ce soient les socialistes, désemparés par leur déclin, qui veulent instaurer un Etat fouineur qui aurait un accès illimité aux données bancaires des citoyens. Un Etat qui saurait ce que vous achetez, quel retrait vous faites au Bancomat, quels paiements
vous effectuez, si vous êtes enceinte ou ménopausée car vou sn'achetez plus de tampons.

C'est cet Etat-là dont les Suisses ne veulent pas: Une telle atteinte à la vie privée n'est rien face aux caméras de surveillance contre lesquelles la gauche hurle régulièrement.

Écrit par : j.nizard | dimanche, 09 août 2009

Une question que j'ai soulevée plusieurs fais dans ce genre de discussion et qui n'est jamais répondue:
A quoi sert le secret bancaire suisse, lorsqu'un Suisse fait faillite et ses avoirs bancaires sont immédiatement saisis. Il ne s'agît pas là d'une faillite frauduleuse, mais d'une faillite toute simple. D'où les créanciers tiennent-ils leurs renseignement sur ce sujet ??

Écrit par : J.C. Simonin | dimanche, 09 août 2009

Je suis d'avis que le secret bancaire ne profite qu'aux tricheurs. J'aime bien utilise l'analogie suivante :

La plupart des partis soutenant bec et ongles le secret bancaire, soutiennent également les caméras de surveillance sur le domaine publics, avec souvent comme argument principal que l'honête citoyen n'a rien à craindre de ces caméras.

Et bien pour le secret bancaire, on peut évidemment inverser l'argument : En tant qu'honnête citoyen, je déclare chaque année à l'administration fiscale le solde de tous mes comptes, c'est mon devoir, je le rempli. Ainsi, vu de la part d'un citoyen honnête, le secret bancaire ne peut profiter QU'AUX gens - suisses ou étrangers - cherchants à fuir leurs obligations légales, en language communs: des bandits, des escrocs ... et quand les sommes en jeux deviennent si énorme qu'un pays est en mal de financer ses infrastructures de base, on peut bien les appeller des criminels.

Certains cherchent à justifier le secret bancaire en avançant que la suisse seraient un refuge pour les citoyens étrangers cherchant à fuir les taux fiscaux "confiscatoires" ... c'est argument est scandaleux, car, en tout cas pour un état démocratique, la charge fiscale est choisie par le parlement souverains et une tel argument revient simplement à nier la souverenaité de la majorité de citoyen de ce pays qui a choisi via son parlement ce taux.

Bref, l'évasion fiscal est bel et bien au moins un délit et son recel devrait l'être également.

Écrit par : Djinius | lundi, 10 août 2009

Il faudrait savoir en définitive pour quoi et contre quoi on se défend. Au cours des dernières septante années, la Suisse a été par trois fois mise sous pression: Le 2. Guerre Mondiale, les fonds juifs en deshérence et maintenant le secret bancaire.
J'ai l'habitude de juger une action d'après ses résultats. Et le fait est et demeure que la politique du Gouvernement suisse durant les années 30 et 40 nous a sauvé de la destruction, a sauvé notre communauté juive de quelque 18.000 personnes de l'anihillation, a permis au pays de recevoir 275 à 300.000 réfugiées jusqu'en 1946. La guerre est une immonde saloperie, une obscénité qui souille tout et et tous ce qu'elle touche. Des industries suisses ont coopéré avec les Nazis. Cordiales salutations de Mr. Prescott Bush, père et grand père de deux Présidents américains...

La deuxième histoire est celle des fonds juifs dans nos banques. Une histoire absolument lamentable, pitoyable, au cours de laquelle nos autorités ont démontré leur imbécilitée et leur lâcheté. Selon mes informations, des Juifs étrangers ont confié à nos banques dans les années trente quelque 5-6 millions de francs suisse à titre de dépôt. Et autant en papiers-valeurs. 15 millions de francs suisses à tout casser. Et nos banquiers et nos politicos rampent devant le Congrès Juif Mondial, se laissent couvrir de boue, se laissent insulter de la manière la plus vile et lâchent en fin de compte 1 1/4 milliard de dollars, dont la plus grande partie finira dans les caisses d'Israel pour l'aider à bousiller les Palestiniens. Aurions-nous eu dans les années trente et quarante la même bande de lâches et de crétins au pouvoir, nous aurions été la première colonie nazie, encore avant l'Autriche.

Et maintenant la présente histoire. Des agissement franchement criminels de la part des grandes banques suisses et c'est le peuple suisse qui risque fort de trinquer, puisque ces mêmes autorités sont incapables d'imposer une réforme du système bancaire et de citer les responsables tels que Ospel et Wüffli et d'autres devant la Justice, suisse ou américaine, pour les délits qu'ils ont commis: Incitation à l'escroquerie, probablement faux dans les titres, gestion déloyale. Des centaines de milliers de clients suisses et étrangers ont réagi sainement à ces histoires en retirant leur pognon de l'U.B.S. et il est souhaitable que beaucoup plus le fassent encore, un moyen d'administrer la Justice que nos instances judiciaires ne sont pas en mesure de rendre.

Écrit par : J.C. Simonin | lundi, 10 août 2009

Encore une fois d'accord avec vous. Il est faux cependant de n'attribuer qu'au gouvernement le fait que la Suisse n'a pas été attaquée en 1940. Cela voudrait acréditer la thèse d'un "accord préalable" entre autorités suisses et allemandes. Or aucun accord de ce genre n'a été établi en tout cas aucune preuve n'a été établie dans ce sens. Par contre il est clair que des liens économiques forts existaient entre les deux pays et Hitler est bel et bien venu à Zurich et a parlé de "ses amis Suisses". Ces liens n'étaient en tout cas pas plus forts que ceux qui unissaient les industriels anglo-saxons aux Allemands et qui n'ont pas empêché la guerre avec l'Allemagne. De tels liens économiques existaient entre l'Allemagne et le Danemark qui là aussi n'ont pas empêché l'entrée des troupes allemandes. Dans les années 1920 à 1941 la collaboration germano-soviétique a été gigantesque et n'a pas empêché la guerre entre-eux. On peut dire avec certitude qu'en 40, lorsque les divisions allemandes étaient à la frontière suisse et avaient en main les plans d'invasion établi par Menges, ce ne sont pas les questions commerciales qui ont stoppé l'opération mais bel et bien la détermination de l'armée et même du peuple à se battre. Tout ceci était discuté en haut lieu en Allemagne et les deux camps s'affrontaient, càd partisans et opposants à une attaque de la Suisse. Certaines phrases de Hitler montrent qu'il tenait a absorber la Suisse dans le Reich, par exemple:
*****
Hitler m'a dit; Hermann Rauschning 1939; entretien en 1932

....en moins de huit heures, nous atteindrons la côte", me dit-il avec une sorte d'enthousiasme cruel. Il envisageait aussi comme possible des conjonctures qui ne lui permettraient de risquer aucune grande guerre. Dans ce cas, il se tiendrait sur la défensive et laisserait à l'ennemi l'initiative de l'attaque. Mais alors il saisirait des gages: la Hollande, le Danemark, la Suisse, les Etats scandinaves.

Passer pour le boucher de la Suisse, ne gênait nullement Hitler. C'est le même Hitler qui avait reçu Carl Burckardt, alors Haut commissaire de la Société des Nations pour Dantzig, et qui lui déclara qu'il respecterait la neutralité de la Confédération. "Les assurances de neutralité que nous avons données à la Hollande, à la Belgique, au Luxembourg et à la Suisse doivent être respectées scrupuleusement". On ne sait que trop comment ces assurances furent respectées lorsque Hitler attaqua la France en mai 1940.

*******

Pour toutes ces analyses stratégiques on doit malheureusement constater que les Américains ont des longueurs d'avance sur les historiens suisses qui ont une peine inouïe à respecter le principe de Rénouvin qui consiste à éudier simultanément l'Histoire avec tous les pays concernés par le même événement.

Deux Américains qui se sont intéressés à cette Histoire:

Angello Codevilla La Suisse; La guerre; Les fonds en déshérence et la politique américaine

Stephen P.Halbrook La Suisse encerclée

Ajoutons que jusqu'à l'invasion de la France la Suisse fournissait la plupart de ses armes à la France et à l'Angletrre et pratiquement rien à l'Allemagne et c'est à ce moment là que la Suisse a risqué le plus. Par la suite les autres arguments, pas seulement commerciaux, ont pris de plus en plus de poids:
- Fonctionnement du CICR
- Puissance protectrice de la Suisse auprès de 43 pays
- Prisonniers de guerre allemands
- Lieu de discussion et de rencontres secrètes

Mais le soutien plus ou moins discret de l'armée et l'aide financière aux mouvements de résistances au nazisme, avait de forte raisons d'inciter les Allemands à pénétrer en Suisse. Egalement l'espionnage soviétique très actif.

Écrit par : Christian Favre | mercredi, 12 août 2009

En un mot comme en cent:
Je vois quatre facteurs qui ont prévenu une attaque contre la Suisse:
1.-L'armée en 1939 n'était pas prête. Elle s'est remise sur pieds durant la "drôle de guerre", alors que les Français et les Allemands se faisaient face sur la ligne Maginot. Elle est devenue passablement efficace ensuite, si l'on prend comme exemple les quelque 250 avions étrangers abattus ou forcés au sol, contre deux avions suisses perdus (Incidemment, le meilleur de nos canons et avions étaient fournis par le 3. Reich...)
2.- Une topographie pour le moins compliquée, empêchant le déployement de forces blindées importantes. Terrain facile à défendre par une guérilla.
3.- Un Gouvernement intelligent, qui connaissait ses limites et qui jouissait d'un immense respect dans la population.
4.- Une population unie face aux problèmes du moment, comme rarement au cours de toute notre histoire.

5.- Et puis aussi une certaine dose de veine de pendu, ou était-ce la protection du Ciel ?

Et comparé à cete démonstration, notre Gouvernement à tous les niveaux a fourni au cours des deux crises subséquentes une prestation pitoyable

Écrit par : J.C. Simonin | mercredi, 12 août 2009

En 1940 toutes les armées occidentales étaient faibles,pas seulement l'armée suisse. Même la française que l'on croyait forte l'était. La raison en était que dès la fin de la Première guerre tous les Occidentaux avaient adopté le pacifisme: pas d'armée, pas de guerre. La petite faille à cette belle doctrine était que l'Allemagne et l'URSS ne l'avait pas adoptée. Bien sûr on peut comprendre que des pays en ruine après la Première Guerre avaient en priorité la reconstruction et non l'armée.

Votre hommage au gouvernement suisse pendant la guerre, conforte mon étonnement, pour ne pas dire plus, qu'aucun historien n'a été capable de faire une biographie de Pilet-Golaz.

Écrit par : Christian Favre | mercredi, 12 août 2009

Dans toutes ces discussions, il y a une certitude: la majorité politique s'en fout complètement à la fois de l'Histoire suisse, moderne ou ancienne, de son enseignement et de sa diffusion. La plupart des professions font l'objet de remarques et critiques: journalistes, médecins, agriculteurs, vignerons, ingénieurs, physiciens, vendeurs, chimistes. L'historien lui échappe à toute critique, personne ne connaît son "cahier des charges" les règles qu'il doit adopter etc. Jamais une discussion à ce sujet dans les médias. En Suisse on a l'impression qu'une seule règle suffit: la liberté d'expression et académique, à partir de là, tout est permis.
Manifestement il est quasiment impossible de décrire l'Histoire sans y ajouter sa propre foi politique, il semble que cela soit une donnée de base. Dès lors qu'une solution: deux enseignements: un à gauche et l'autre à droite. A l'étudiant de chercher lui-même la vérité par ses propres recherches.
Il devrait même exister, comme dans d'autres professions" "une chambre des historiens" pour dénoncer les erreurs manifestes.

Écrit par : Christian Favre | samedi, 15 août 2009

"les erreurs manifestes", ou les trahisons et les manigances ?
Figurez-vous que le rapport Bergier m'est restö en travers de la gorge...

Écrit par : J.C. Simonin | samedi, 15 août 2009

"les erreurs manifestes", ou les trahisons et les manigances ?
Figurez-vous que le rapport Bergier m'est restö en travers de la gorge...

Écrit par : J.C. Simonin | samedi, 15 août 2009

Le seul et unique but des 26 millions que nous avons payé dans ce rapport était le soutien au système bancaire suisse aux EU. Rien à voir avec l'Histoire et surtout pas avec le contexte. Il fallait flatter les Américains: oui nous étions coupables, oui nous avons refoulé des réfugiés oui nous avons commercé avec votre ennemi n° 1. Non nous n'avons pas dit que vous aussi vous avez refoulé des réfugiés et bien plus que la Suisse (Eizenstat l'a dit tout de même), non nous n'avons pas dit que vous aussi vous avez commercé avec votre ennemi et bien plus que la Suisse.

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[…] II est curieux que Morgenthau ait pu faire des affirmations aussi catégoriques. Placé comme il l'était, il aurait dû savoir que durant toute la guerre les monopoles américains avaient mis leurs capitaux à la disposition de l'industrie allemande afin de lui permettre de produire des armements pour l'armée hitlérienne. Les preuves qui le confirment se sont étalées dans toute la presse des États-Unis dés la fin des hostilités, et l'on ne peut guère croire que Morgenthau l'ignorait pendant la guerre. Cependant, les méandres de la politique américaine d'alors étaient si tortueux que certains personnages, même haut placés dans l'appareil gouvernemental, n'ont peut-être même pas soupçonné le degré de collusion entre les États-Unis et l'Allemagne. En tout cas, si l'enquête entreprise par le Congrès au lendemain de la guerre sur cette collaboration a été rapidement close, nul ne saurait s'en étonner.

André Gromyko Mémoires p. 47 (ambassadeur soviétique auprès des USA pendant la guerre)
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A la fin de la guerre, lorsque les EU et la Suisse négociaient âprement justement à cause des achats d'or (dont les Alliés ont largement profité également)il est amusant de constater que le débat faisait rage aux EU concernant les ventes d'armes américaines aux Allemands.

Écrit par : Christian Favre | samedi, 15 août 2009

Il me semble que les scandaleuses vérités que vous répandez là sont de plus en plus connues du grand public, tant en Suisse que dans le reste du monde. Il est reconnu que la grande presse américaine, New York Times, Washington Post, la presse à Murdoch, etc... est largement en perte de vitesse et que de plus en plus d'Américains se trournent vers la presse alternative: whatreallyhappened, the Raw Story, Counterpunch et d'autres. Ce phénomène se retrouve partout.
Avoir de l'autorité, pour moi, c'est être crédible. Et je juge d'une action d'arès ses résultats seulement. Je pèense que beaucoup de gens pensent largement de même.
Donc, un Gouvernment non crédible pert toute autorité. Ce qui lui reste alors, c'est la police secrète et les camps de concentration. Les U.S.A. ne sont pas loin de ce stade, avec leur "Patriot Act".

Écrit par : J.C. Simonin | samedi, 15 août 2009

Bon soyons clair, le financement du réarmement allemand par l'ensemble du monde capitaliste (pas seulement américain) fait partie de la compliquée Histoire de la SGM. La première raison n'était pas forcément une allégeance au thèses raciales nazies mais bien plus pragmatiquement une réaction ou une peur du communisme et au stalinisme en particulier. Et même au début de ce financement il s'agissait d'aider l'Allemagne a rembourser sa dette. Les faits démontrent que cette peur n'était pas entièrement irraisonnée. Mais c'était une alliance avec le diable tout comme par la suite l'alliance avec Staline (Churchill l'a dit: pour vaincre le nazisme il s'allierait avec le diable). Entre parenthèse ce qui complique encore plus cette Histoire c'est qu'en même temps que le monde capitaliste finançait l'Allemagne cette dernière collaborait à fond avec l'URSS tout en déclarant ennemis les communistes et tout opposant.
http://www.livresdeguerre.net/forum/contribution.php?index=38170

J'ai souligné le commerce des EU avec l'Allemagne, principalement parce qu'aux pires moments de la révision de notre Histoire il ne s'est trouvé aucun historien suisse pour montrer ce fait aux Américains, en tout cas cela n'est pas apparu dans les médias. Dès lors j'en reviens à la qualité et à la recherche en Histoire dans nos universités, des doutes sont permis, on paie non ?

Écrit par : Christian Favre | dimanche, 16 août 2009

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