vendredi, 19 juin 2009

Pinaillages ethnico-linguistiques autour d'une succession au Conseil fédéral

Qu'est-ce qu'un "siège romand" ?
La succession de Couchepin prend une tournure assez amusante : pour en camoufler les éventuels enjeux politiques, un grand rideau de fumée ethnico-linguistique a été diffusé, histoire d'occuper les media avec cette question fondamentale : le siège de Couchepin doit-il revenir obligatoirement à un-e Romand-e, ou a un-e latin-e, et qu'est-ce qui permet de vérifier la romandité ou la latinité d'une candidature ? Alors qu'en réalité, le siège laissé par Couchepin n'est pas plus " romand " que masculin, catholique, valaisan ou macronasal : il est à qui sera capable de s'asseoir dessus.


Pot belge au Tour de Suisse
La Constitution de ce pays prescrit une représentation " équitable " des régions et des langues au Conseil fédéral -mais ça veut dire quoi, " équitable " ? Deux Zurichois et aucun Bernois, comme actuellement, c'est " équitable " ? Aucun italophone, c'est " équitable " ? Deux Genevoises et pas l'ombre d'un-e Vaudois-e, serait-ce " équitable " ? D'ailleurs, ça veut dire quoi, une " représentation " des langues : quelqu'un qui en parle trois les représente-t-il les trois ? Ou est-ce la seule langue maternelle qui doit être prise en considération ? Ou la langue dans laquelle on s'exprime au Parlement ? Pour la gauche, la question devrait être parfaitement secondaire : nous sommes, ou nous devrions être, défenseurs du " droit du sol " : est des nôtres qui vit chez nous. Point à la ligne. Et le critère du choix d'un Conseiller fédéral ou d'une Conseillère fédéral devrait être politique, puisqu'après tout, ce dont il s'agit est de former un gouvernement, pas un échantillon de sondage. Ou alors, créons d'urgence un inspectorat fédéral des racines ethnico-linguistiques, qui déterminera, enfin, la catégorie dans laquelle ranger nos zélus et zélues : Ueli Leuenberger et Jean Ziegler, ils sont quoi ? Genevois ou Bernois ? ? Et Maria Roth-Bernasconi ? Tessinoise, Lucernoise, Genevoise ? Avantage de l'exercice : pendant qu'on se livrera à cet exercice de belgification de la politique suisse, on n'emmerdera personne avec des questions politiques plus pertinentes : un gouvernement, pour quoi faire ? pour mener quelle politique, avec quelle majorité parlementaire et populaire ? Un Vert (ou une Verte) au Conseil fédéral, est-ce que ça s'impose ou est-ce que ça va museler les Verts comme ça a réussi à museler les socialistes (et les Verts eux-mêmes, lorsqu'ils siègent dans des exécutifs -y'a que Mugny qu'on n'arrive pas à tenir…. tiens, d'ailleurs, c'est une idée, pour le Conseil fédéral…) Toutes questions auxquelles on n'a nullement envie de répondre. Peut-être parce qu'on n'a aucune réponse à leur apporter.

01:37 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : suisse, romandie | |  Facebook | | | |

Commentaires

Je ne comprends vraiment pas cette recherche d'un "équilibre" linquistique quelconque!
Allemand, français, italien, romanche? Est-ce important?

La langue unique dans laquelle s'expriment tous les membres du parlement, c'est bien la "langue de bois". Non?

Écrit par : Père Siffleur | vendredi, 19 juin 2009

Ouch! Le gaucho jamais content nous en sort une digne d'être gravée dans le granit de la place Rouge..."Maria Bernasconi Roth? Lucernoise, Tessinoise? Genevoise?"

Mais non Pascalou, juste bête comme ses pieds. Cela n'a pas de nationalité, tant cette qualité est la mieux partagée du monde.

Écrit par : Déblogueur | vendredi, 19 juin 2009

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