mardi, 26 mai 2009

Cycle d'Orientation : la 134 est morte, vive la 138 !

De l'hétérogénéité des positions politiques

Le Parti socialiste n'a pas encore pris (ou plutôt repris) position sur " l'initiative 138 " (" s'organiser contre l'échec scolaire et garantir une formation pour tous les jeunes ") qu'une palanquée de socialistes annoncent que finalement, tout compte fait, les choses étant ce qu'elles sont et les élections approchant, le PS ne devrait plus soutenir une initiative dont il a approuvé le lancement par une coordination dont il est membre.  Et ces hérauts de l'hétérogénéité des choix politiques socialistes d'invoquer d'hypothétiques " accords politiques " passés entre le PS et la droite, accords que les socialistes " trahiraient " s'ils soutenaient une initiative dont ils sont co-auteurs. On nous annonce donc que le PS aurait " confirmé aux radicaux qu'il rejetterait les deux initiatives " et que les Verts et le PS " invitent d'ores et déjà les Genevois à rejeter l'initiative 138 cet automne ". Or à ce jour, la seule position que le PS ait prise sur l'initiative 138, c'est celle de contribuer à son lancement et à son aboutissement. Ce qui implique évidemment de la soutenir A moins bien entendu de confondre hétérogénéité et schizophrénie.


affiche138.jpg

Capitulation en rase pré-campagne ?
Le PS  décidera le 17 juin de confirmer son soutien à  l'initiative 138 ou de la lâcher.  Les deux syndicats d'enseignants, la SPG et la FAMCO, auront alors pris position sur le maintien ou le retrait du texte. Leur décision sera déterminante. L'initiative lancée pour " s'organiser contre l'échec scolaire et garantir une formation pour tous les jeunes "  exprime, dans son titre et son contenu, un projet qui est celui que le parti socialiste est supposé défendre. Le retirer ou renoncer à le soutenir serait tenir assez piètre compte des 12'000 signataires de l'initiative, à qui on expliquera sans doute qu'après capitulation des partis en rase campagne électorale, leurs signatures ne valent plus un clou rouillé, que c'est bien gentil de nous les avoir données, mais qu'on en fait ce qu'on veut, y compris les balancer dans la poubelle à compost politique. A quelques mois des élections cantonales, des voix apeurées (mais bruyantes) se font entendre au sein du PS pour que les socialistes renoncent à soutenir une initiative dont le contenu pourrait être intégré tel quel dans le programme du parti (" L'école idéale est hétérogène, mais je soutiendrai le contre-projet ", déclare une candidate socialiste, histoire sans doute de contribuer à clarifier la position du parti). Ces voix apeurées devraient méditer ce vieil enseignement : on ne perd jamais plus sûrement une bataille qu'en renonçant à la livrer. La peur de la défaite, c'est déjà la défaite : cela vaut pour une initiative comme pour l'élection du parlement et du gouvernement. Et on voit mal ce qui pourrait justifier que l'on expédiât siéger dans des institutions démocratiques des gens incapables de défendre leurs propres choix, avec pour seule excuse la vieille sentence d'Edgar Faure -qui il est vrai fut expert en son application : " ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent ".

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03:23 Publié dans Formation | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : genève, école, co, ps | |  Facebook | | | |

Commentaires

Ce que vous appelez "schizophrénie" du PS n'est en réalité que la conséquence de sa coupure en deux ailes, comme tous les partis.

Une aile social-démocrate et une aile gauchiste, comme l'UDC a une aile centriste et une aile dite zurichoise.

Lorsqu'un parti est fort, il peut vivre avec ses deux ailes. C'est le cas de l'UDC, qui s'est sorti avec fort peu de dégâts internes et dans l'électorat après l'affaire Widmer-Schlumpf, qui n'a jamais été une querelle politique mais une petite querelle de personnes n'ayant en rien entamé la force du parti.

En revanche, le PS, qui est en déclin, n'a plus la force d'être un ciment pour ses deux ailes, ce qui, paradoxalement, accélère ce déclin, tant à Genève qu'en Suisse, puisque les querelles portent sur des questions politiques essentielles, ce qui n'a jamais été le cas à l'UDC.

On retrouvera donc de plus en plus de situations dans lesquelles l'aile social-démocrate et l'aile gauchiste s'affronteront, même publiquement, ce qui contribuera au laminage du parti et à l'émigration de son électorat chez les Verts, qui parviennent à conserver leurs deux ailes soudées en apparence.

On verra donc de plus en plus des symptômes des divisions apparaître au grand jour, non seulement à propos de l'IN 138, mais à propos de la plupart des objets futurs nécessitant des prises de position politiques.

Les dindons de la farce, bien entendu, ce sont les initiants, qui doivent être fort marris de s'être alliés avec un parti en pleine déliquescence, à la faiblesse croissante, plutôt qu'avec une force politique de poids. Et cela ne fera qu'accélérer l'exode des enseignants vers d'autres formations politiques, moins fragiles.

Écrit par : j.nizard | mardi, 26 mai 2009

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