jeudi, 21 mai 2009

" Cause toujours ", mode d'emploi

Rire de tout. Et d'abord de nous.

Le pouvoir ne s'exerce jamais si bien, c'est-à-dire si lourdement, que sur des gens tristes. La tristesse isole, et ceux sur qui il s'exerce, le pouvoir doit les isoler les uns des autres, précisément pour pouvoir continuer à s'exercer sur eux -ce qui justifiera d'ailleurs leur tristesse. La politique est chose trop sérieuse pour être laissée à des gens sérieux. Nous ne le sommes donc pas, et tentons de faire en sorte qu'en chacun de nos actes le jeu soit non seulement présent mais déterminant et que l'humour en soit le langage. La libération est une fête, et si les révolutionnaires avaient été moins tristes, sans doute leurs victoires auraient-elles été plus heureuses. Ce que nous avons à faire, nous avons à le faire en riant. De tout, et d'abord de nous-même.

 


La ligne droite est toujours le chemin le plus con pour aller d'un point à un autre

Il n'est pour nous de meilleure méthode subversive que celle qui consiste à introduire dans tous les fonctionnements sociaux, dans chacun et dans le moindre d'entre eux, l'élément de trouble qui non seulement le perturbera, mais permettra d'en rendre évident le caractère fondamentalement arbitraire. Nous ne devrions rien avoir de plus urgent à faire que mettre au point, pour chacune des situations dans lesquelles l'individu se trouve confronté à une norme sociale, l'élément -l'acte, le lieu, la structure éphémère, la parole- qui désarticulera et délégitimera cette norme. Nous savons que la ligne droite est toujours le chemin le plus con pour aller d'un point à un autre. Nous savons que cette règle vaut plus encore pour la politique et dans l'histoire que pour le déplacement et dans la géographie. Nous devrions pouvoir en faire la démonstration publique, sur le terrain de tous les changements possibles. On pourra également y voir une réponse à la détermination de nos actes, de nos enjeux et de nos méthodes d'action par un calendrier fixé par les institutions politiques elles-mêmes. Le temps de l'action politique ne saurait être capté par les institutions mêmes dont nous voulons nous débarrasser -ou, à tout le moins, que nous voulons changer, radicalmente e da capo. Or c'est bien cela, aussi, qui pèse sur les actions de " la gauche ", courant d'échéances électorales en sessions parlementaires, dépossédée de toute capacité d'initiative autonome et se condamnant elle-même à l'attente de propositions tombant des institutions comme les Tables de la Loi sur Moïse ou le Coran sur le Prophète. Entre attentisme et défensive, la gauche a monnayé une illusion d'influence en la payant d'une évidence d'impuissance -sauf bien sûr à considérer comme une "  puissance " notre capacité de propulser quelques un(e)s des nôtres dans les sphères du pouvoir que l'on était supposer combattre -ou changer.

02:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : holenweg | |  Facebook | | | |

Commentaires

Ach, sooo, les situationnistes proposaient ce genre de choses depuis... Nein, trop loin, aber il n'est jamais trop tard pour ne rien faire... pardon bien faire... Faire le bien, quoi! Ja, la ligne droite, che n'aime pas, aber le point et l'autre che n'aime pas non plus! "Errer sans but?" serait l'objektion... Neiin, on peu errer et avoir un but, preuve par le weltansschauunggg aktuel! Aber si le société est démentefolle, accélérant le rythme, le mieux c'est rester chez-soi unt nicht se faire kasser la gueule, mit les armes non-létales unt émietter par les armes létales... "Nicht mehr payer fakturen" dirait Kurt Deroy, s'il n'était pas menotté et bailloné à fond de cale de DR1, "Nicht mehr gehen arbeiten", so ist difficile amener un par un, si en plus les leuten... enfin, c'est du K.D tout craché... Et il ajouterai "so, on voir qui à le pouvoir réel, unt les institutionen, Fok! unt ceux qui en vivent, permettant à la schlechte Weltanschauuunnng de perdurer, Fok!" Jaa, tu vois K.D... Je faire passer le smssage sans tu bousille mein ordi...
Nicht verstehen? P.H?
Bien à vous unt bon week-end... Teufel!

Écrit par : redbaron | jeudi, 21 mai 2009

Quand les jeunes écrivent en sms, on capte rien.
Quand les vieux cons écrivent en humour carambaro-suisse-allemand, idem.

Écrit par : Djinius | jeudi, 21 mai 2009

Monsieur Holenweg,

Bravo!... Le Parti "d'en rire" est effectivement la seule solution!... Mais alors je ne comprends plus la raison qui vous fait rester au PSS !

Monsieur Djinius,
Vous n'êtes peut-être pas vieux, mais alors... ! Et votre remarque à la gomme (à mâcher) le confirme! "Redbaron" n'a rien d'un Suisse-Allemand mais bien d'un Allemand... Une Allemagne et du temps de l'Empire de Guillaume II! En Sous son pseudo en tout cas!

De plus, ce n'est pas une tare d'être Suisse-Allemand!... En fait, ce n'est ni mieux, ni pire que d'être Romand, Malgache, Indien ou même Lunaire.

Écrit par : Père Siffleur | jeudi, 21 mai 2009

Djinius@ Décidèment ce commentaire-là aura été celui de trop dans cette direction. Dans la glauquicité générale des blogs 24 heures - TdG RB amène une touche d'originalité délirante qui nous sort un peu de cette grisaille bien-pensante de dames patronesses de tendance invasive ou de crétins machistes à haute teneur en toxiques "bites-nichons" - selon votre propre expression -.

Écrit par : Géo | jeudi, 21 mai 2009

@Djinius, Jaaaa Teufel!Si votre ramage resssemble, vous êtes assez cultivé pour connaître la suite... Marrant cette contraction de Djiin et de Génius, cher Léo-nanard!Comme il est amusanten de voir que les jeunes djeunes vous capter pas, et les vieux sont affublés d'un con, jaaa, sind sie gérontophile?
So, con peut-être, ch'en axzepte l'insulte, après tout c'est l'Ascencion, unt la bave des crapauds peuvent atteindre les rouges concombres, malgré tous les cumullo-virus... Unt ja, vous êtes dgénial, vous avez inventé la critiquen de komentaturen, métier aussi utile que tous les critiques habituels de la Kulturen!!!
Aber, ein kestion, Kurt Deroy vous avait renvoyé dans la bouteille, vous conseillant d'y attendre qu'une bonne âme vienne la frottieren... Che ne vois pas QUI...
Bien à vous Djinius, n'oubliez pas de remettre le bouchon en rentrant!

Écrit par : redbaron | vendredi, 22 mai 2009

@Géo et P-S, P-S et Géo, Danke, meinen duettisten duelisten* favoriten, Nachste!
*Au sens de la nouvelle de Conrad, et de sa superbe adaptation cinématographique de R.Scott

Écrit par : redbaron | vendredi, 22 mai 2009

Bonsoir Redbaron, vous êtes un blogueur charmant et courtois et vos inventions langagières me plaisent. Continuez ainsi!

Écrit par : Inma Abbet | vendredi, 22 mai 2009

Bonsoir Inma, Je vous retourne les compliments et vous remercie. Bonne soirée nuit journée, looong week-end...
Nachste, Inma

Écrit par : redbaron | vendredi, 22 mai 2009

"Entre attentisme et défensive, la gauche a monnayé une illusion d'influence en la payant d'une évidence d'impuissance"... Jaa, enfin! Laaangzeit pour admettre! Aber, la gauche par sa volonté de faire de "l'économie politique", prouvant par là qu'hormis un humanisme de "bon aloi" (hin!hin!), elle n' jamais compris "le capital", ni même été marxiste... La gauche*, n'a toujours fait que trébucher dans la monnaie...
*Déjà ce terme vague, gauche,sinistra en italien... Destra pour droite, weiss nicht moi, comment il s'est installé! En arrière plan linguistique en français "gauche" signifie ausi "maladroit", alors sinistre, sehensie? So destra, droite, ça "sonne" légitime, nein, sans déconner qui a accepté cette partition lamentable, qui n'a rien de musicale? Répondez Pascal, Bitte! Un petit peu de historische prölétarienne... (ja, je sais, il semble qu'au parlement français (?) les élus d'opposition (séhen wo ist nocheimal legitimiert?) siégait à gauche, aber Warum garder si précieusement cette définition?
Ach, débile le redbaron?

Écrit par : redbaron | samedi, 23 mai 2009

"gauche" et "droite", ça nous vient des assemblées révolutionnaires françaises (la Constituante, la Législative, la Convention), où ceux qui voulaient "radicaliser" la révolution se regroupaient à la gauche de la présidence et ceux qui s'opposaient à la poursuite de la révolution se regroupaient à la droite de la présidence. Comme lr présidence faisait (et fait toujours) face à l'assemblée, la gqauche se retrouve dont à la droite de l'assemblée tout en étant à la gauche de la présidence, et la droite se retrouve à la gauche de l'assemblée tout en étant à la droite de la présidence. Pour accroître encore le léger sentiment de désorientation politique qui commence à s'emparer de nous, un mouvement latéral se produit de la gauche vers la droite au fil du temps, qui a pour effet que les forces les plus à gauche à une époque se retrouvent de plus en plus à droite au fil du temps. Dans les premières assemblées révolutionnaires, juste après 1789, la gauche, ce sont les libéraux... au milieu du XIXe siècle, les radicaux sont à l'extrême-gauche; au début du XXe siècle, ce sont les socialistes qui sont à l'extrême-gauche...
De toute façon, les seuls lieux fréquentables dans un parlement sont la salle des pas perdus et la buvette.

Écrit par : Pascal Holenweg | samedi, 23 mai 2009

Ach, Teufel, Hollenweg, vous l'avez bien descendu! ... ;-)
Nachste

Écrit par : redbaron | samedi, 23 mai 2009

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