mercredi, 22 avril 2009

L'arithmétique au secours de la politique

Ainsi donc, SolidaritéS et le Parti du Travail, ayant fait leurs comptes et refait leurs mécomptes, en sont arrivés à la seule conclusion sensée : présenter une liste commune à l'élection du Grand Conseil, leurs forces séparées ne leur permettant pas le passage au-dessus de la barre du quorum. Pour l'ensemble de la gauche, et pas seulement pour celle qui se proclame " à la gauche du PS et des Verts ", performance politique d'ailleurs toute relative, c'est une bonne nouvelle, parce que personne, à gauche, n'a le moindre intérêt à ce que se reproduise l'exercice calamiteux d'il y a quatre ans, lorsque 14 % des suffrages exprimés ont été perdus pour s'être dispersés sur trois listes. Il reste bien sûr à agréger à la liste commune SolidaritéS-PdT les groupes et les individualités qui ne se retrouvent dans aucune de ces deux organisations (les Communistes, les indépendants de gauche), mais le premier pas est fait -et on aura assez dit et écrit, ici ou ailleurs, qu'il était nécessaire de le faire pour pouvoir s'autoriser à le saluer.


Additionner les forces
Certes, l'alliance, sur une liste commune, de SolidaritéS et du Parti du Travail n'est conclue que sous le poids de l'arithmétique électorale, et la menace du quorum. Certes, son programme politique apparaît comme fondamentalement défensif (" défendre les acquis ", résume le président du PdT, Jean-Luc Ardite), mais il ne s'agissait pas de constituer le grand parti révolutionnaire d'avant-garde capable d'entraîner les masses à l'assaut de la Tour Baudet -seulement d'additionner des forces existantes -et quand ce ne serait que d'additionner des faiblesses pour les surmonter, l'exercice n'en serait pas moins indispensable. Cela étant, il faudra bien que la gauche de la gauche d'au fond à gauche se pose la question de son statut, de son programme, et de son organisation. Peut-elle se contenter de rester ce qu'elle est, l' " aiguillon " du PS et la mauvaise conscience sociale des Verts ? On voit bien les limites de l'exercice consistant à additionner des forces dans une coalition sans autre dénominateur commun que celui d'être (ou de se dire) " à gauche du PS ". Il n'est besoin pour mesurer ces limites que de constater l'état de ce qui actuellement tient lieu de coalition à la " gauche de la gauche " genevoise : une usine à gaz où l'on croise, outre SolidaritéS, un fantôme d'organisation avec un fantôme de programme (le PdT), un embryon d'organisation avec un embryon de programme (les Communistes), et un collisionneur de particules élémentaires (les indépendants de gauche) à la lisière du trou noir. Littérairement déjà, le jeu du " cadavre exquis " trouvait rapidement ses limites. Politiquement, s'il permet d'occuper des sièges, et donc d'améliorer le rapport des forces entre la gauche et la droite, il n'en sort aucune cohérence, et aucune alternative, seulement une alliance de circonstance dont la seule composante à peu près cohérente est plombée par une survivance cacochyme et des boulets poujadistes. Autant, dès lors, en rester au PS…

02:07 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : élections, politique, gauche | |  Facebook | | | |

Commentaires

Il est plus facile de survivre encemble - une bonne idée.

Écrit par : Collier ; calling phone cards | vendredi, 16 octobre 2009

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