samedi, 04 avril 2009

Pulsion d'expulsion

Fahad renvoyé en Suède, et bientôt en Irak

Fahad, ce requérant d'asile irakien dont la demande avait été refusée alors que son renvoi en Irak (via la Suède) risquait fort d'équivaloir à un renvoi vers la mort, a été précisément renvoyé jeudi vers la Suède Où sa demande d'asile avait également été refusée, ce qui devrait, si les Suédois sont aussi minables que les Suisses, conduire à son expulsion vers l'Irak -où l'attendent quelques couteaux garantis halal. A Zurich, dans l'attente de son renvoi, Fahad était détenu depuis six jours dans une minuscule " cellule de sécurité ". De " sécurité " pour qui ? Le groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire rappelait l'année dernière que " les immigrants clandestins placés en rétention administrative ne sont ni des criminels ni des suspects ". Non. Seulement des colis encombrants, ou des quartiers de viande à stocker avant réexpédition vers une boucherie exotique.


Suisse, atterre d'asile
Confiée à des imbéciles, des bureaucrates et des démagogues, la politique d'asile de ce pays ressemble à celles et ceux qui la mènent et en font une politique de la négation de l'asile : La Suisse refoule. Du goulot. A intervalles réguliers, le Conseil fédéral propose de nouveaux durcissements de la loi sur l'asile. En 2009, le prétexte, c'est la progression du nombre des demandes d'asile. En Suisse comme dans le reste de l'Europe, elles ont en effet augmenté (ici, de 53 % par rapport à l'année précédente) et la crise économique mondiale ne va pas arranger les choses, quelques barrières légales que l'on tentera d'opposer à l'asile) L'asile, c'est un droit, proclame la Suisse. Surtout si on ne le requiert pas. Le problème n'est d'ailleurs pas tant l'augmentation des demandes que la réduction des possibilité d'accueil : l'illustrissime Blocher ayant prévu 10'000 demande d'asile par an et pris des mesures en conséquence, les cantons ont fermé des centres d'accueil, et tout le monde se trouve fort dépourvu quand les requérants sont venus par milliers en plus. La solution gouvernementale ? D'abord, ne plus accorder l'asile aux déserteurs ou aux réfractaires. N'ont qu'à aller se faire fusiller chez eux. Ensuite, sanctionner pénalement les requérants qui se livrent à des activités politiques en Suisse pour justifier leur demande d'asile politique. Peu importe que cela soit à peu près impossible à prouver, les requérants politiquement actifs en Suisse ne faisant généralement que poursuivre une activité politique entamée chez eux, et qui les a conduit à l'exil, mais on ne cherche pas des faits et des preuves : on cherche des prétextes. Enfin, ne plus accepter que des demandes d'asile soient déposées dans une ambassade. Le requérant devra se démerder pour, d'abord sortir de son pays, ensuite se pointer en Suisse, comme il pourra, enfin y entrer avec des papiers valables. Bref, le bon requérant d'asile, c'est un touriste. Friqué, si possible.

02:55 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : asile, fahad | |  Facebook | | | |

Commentaires

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour M. Holenweg,

cet irakien aura certainement des raisons justifiées de ne pas retourner en Irak.

Toutefois, je me permets de vous rappeler qu'il a fait une première demande en Suède et ensuite une deuxième en Suisse avant même de connaître la suite de sa requête initiale.

Par conséquent, il est relativement logique, histoire de rester en bon terme avec nos amis suèdois, de renvoyer cet individu en Suède (pays peu connu pour se livrer à la torture et autres joyeusetés du genre) pour ne pas interférer avec la décision souveraine d'un pays de droit ami.

La Suisse n'a donc pas renvoyé cette personne en Irak, mais bien en Suède.

Par conséquent, j'avoue avoir un peu de mal à comprendre votre réaction ?

Ensuite vous êtes un peu léger dans votre approche des structures d'accueil, car sauf erreur de ma part, les centres d'accueil actuels ne peuvent répondre à la demande parce que ces mêmes centres ont laissé s'installer des personnes, désormais régularisées au bénéfice de permis de séjour, voir d'établissement, rendant impossible l'accueil de nouveaux arrivants.

Alors à qui la faute ?

Vos raccourcis faciles démontrent votre méconnaissance des faits.

Sans l'immobilisme de certains, nous ne serions pas dans cette situation.

Vous devriez étudier vos sujets avec plus de discernement, vos critiques seraient alors les bienvenues et surtout elles seraient constructives.

Bien à vous,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | samedi, 04 avril 2009

Il ne faut jamais perdre de vue que ceux qui arrivent jusqu'ici sont, parmi les leurs, des privilégiés qui ont les moyens financiers de se payer le voyage - souvent l'équivalent de quelques années de pouvoir d'achat ! -, les passeurs et les différentes mafias qui comptent sur les Holenweg pour doper les appels d'air.

Dans la pratique, cela donne ceci, qui faisait la une hier, en Italie : Foggia, dans les Pouilles, abrite un important centre pour immigrés clandestins. Comme, contre toute logique, ces gens sont libres d'aller et venir, la municipalité vient de créer une ligne de bus à leur exclusive intention.

La principale raison en est les plaintes de nombreuses habitantes du lieu exaspérées par le harcèlement verbal et surtout manuel d'allogènes en rut, ayant une perception résolument libidineuse des transports en commun.

Or quand bien même ces hôtes encombrants ne sont-ils pas interdits des lignes régulières, l'extrême-gauche hurle à la mort*, brandit la momie de Rosa Parks, exhume la ségrégation des Etats du Sud des Etats-Unis et réactive les mânes d'Hendrik Verwoerd.

Et après ça, elle s'étonne de l'érosion constante de son électorat :o)

* http://www.liberazione.it/a_giornale_index.php?DataPubb=03/04/2009
puis "pagina 8"

Écrit par : Scipion | samedi, 04 avril 2009

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