jeudi, 02 avril 2009

Des hommes debout

Hommages genevois à Pierre Mendès-France et aux brigadistes d'Espagne

Elle pourrait paraître étrange, la coïncidence qui fait que le même jour, ce vendredi, hommages soient rendus à Genève à Pierre Mendès-France et aux " brigadistes " d'Espagne, à un homme que son engagement politique conduisit à être ministre et chef du gouvernement d'une République bourgeoise, et à des hommes et des femmes que leur engagement politique conduisirent à prendre part, les armes à la main, à la défense de la République espagnole, dans les rangs de formations armées, entraînées et utilisées par le stalinisme... mais la coïncidence n'est pas contradiction -et elle n'est que justice : ces hommes et ces femmes, ont en commun l'incompromission. Mendès-France fut aussi un résistant, membre de l'aviation française libre, et combattit, avec ses autres armes à lui le même ennemi que les brigadistes, s'il se méfia toujours des staliniens qui les encadraient, au point de préférer que son gouvernement tombât plutôt qu'il se maintînt grâce aux voix du PCF.


" Toute action n'est pas vaine, toute politique n'est pas sale "
Cette phrase, célèbre, de Mendès-France résume aussi l'action des brigadistes d'Espagne. Sans doute cette guerre-là fut-elle perdue, mais de celle qui allait ravager l'Europe et le tiers du monde pendant les six années qui suivirent la victoire de Franco et la défaite de la République, ils furent parmi les premiers combattants, et ceux d'entre eux qui y survivèrent en sortirent dans le camp des vainqueurs. 800 d'entre eux étaient suisses, ou venaient de Suisse. Il aura fallu attendre 70 ans pour que la Suisse officielle reconnaisse que le choix juste était le leur, et non le sien, qui ne fut que calcul et pleutrerie. De ce premier combat, Mendès fut aussi, condamné par Vichy, engagé dans les forces françaises libres. Mendès-France mit fin à la guerre d'Indochine, et s'il ne compris pas que la guerre d'Algérie avait commencé, il comprit que le temps des protectorats était passé, que celui des colonies était compté et ne cessa d'explorer toutes les voies possibles d'une paix au Moyen-Orient. Et s'il ne gouverna la France que pendant un peu plus d'un an, son exemple gouverna la gauche démocratique française, des radicaux au PSU, jusqu'à ce que, Machiavel prenant le pas sur Bodin et le Livre des Ruses sur l'Esprit des Lois, Mitterrand en fasse le jardin de ses délices de marionnetiste. Mendès, les brigadistes : des hommes debout. Non pas infaillibles (Mendès se trompa sur l'Algérie, les brigadistes sur le stalinisme), mais ne transigeant pas, s'engageant sans se vendre ni se renier. Des modèles ? Plutôt des exemples -et de semblables, nous en manquons aujourd'hui assez pour ne pas oublier celui de ces hommes-là.

02:19 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : mendès-france, espagne | |  Facebook | | | |

Commentaires

BRAVOOOOOOOO !
J'aurais aimé l'avoir écrit !
p.l.

Écrit par : pierre losio | jeudi, 02 avril 2009

"Qui y survécurent", cher Pascal, à ce qu'il me semble... Des fautes, on en commet tous, mais celle là sent tellement fort l'anglicisme qu'elle m'a écorché les yeux.
Pour le reste la grosse différence entre Mendès France et Tonton Machiavel, c'est peut-être que le premier était dès le départ dans la Résistance et les FFL, tandis que le second après avoir été prisonnier de guerre a réintégré sans mots dire la haute administration pétainiste. Même s'il en a ensuite dévié.
Par ailleurs, tous les brigadistes n'étaient pas staliniens, loin de là. Un certain nombre - trotskystes et anarchistes - sont même morts de ne pas l'avoir été assez aux yeux du Komintern
Enfin, contrairement à ce que prétend le lider maxi-mots d'un groupuscule aux alliances suspectes dans son blog, Mendès s'est certes trompé sur l'Algérie, mais il n'a pas trempé dans la torture.
Il n'a été ministre qu'aux premiers temps de l'insurrection, certes violemment réprimée par les colons et un administrateur local félon (quoiqu'ancien héros de la résistance lui-même), mais on sait aujourd'hui que Paris n'a pas été averti immédiatement des massacres de Sétif. Surtout, la torture des Massu et consorts, c'est avec la bataille d'Alger qu'elle se déploie, bien après le départ de Mendès-France...

Écrit par : Philippe Souaille | jeudi, 02 avril 2009

Bravo... Mon grand-père qui a reçu 3 balles dans le corps pendant la guerre civile, était tout sauf un stalinien...il a combattu contre Franco, et termina en prison pour 3 ans, dans les bataillons d'execution...tous les jours, des rafles amenaient des civiles républicains et autant en sortaient les pieds devant, fussillés derrière le mur...cette période de notre histoire, a laissé des plaies béantes dans l'Espagne du xxiè siecles... d'ailleurs, le père de l'actuel chef du gouvernement fut fusillé par le père de l'ancien chef du gvt : Aznar...comme quoi, l'histoire fini toujours par nous rattraper...
merci de parler de cette période de mon pays...jamais on en parle dans les médias...

Écrit par : MUR | jeudi, 02 avril 2009

Quoi qu'il en soit, Franco a sauvé l'Espagne du communisme, et par conséquent, on peut le penser, l'Europe.

Que serions-nous devenus, en effet, coincés entre Staline à l'Est et des marionnettes de type Carillo-Ibarruri à l'ouest ?

Parler de choix justes et de choix faux, vingt ans après la chute du marxisme, est de ces anachronismes qui plaisent aux crétins et aux démagogues.

Grand bien leur fasse, de toute manière, comme l'a dit Céline, "L'histoire ne repasse pas les plats". Au Chili non plus !

Ce qui a été fait et bien fait, reste fait et bien fait.

Écrit par : Scipion | jeudi, 02 avril 2009

tiens Céline...? voilà bien un auteur controversé...mais venant de scipion l'anti-africain....rien d'étonnant...
maintenant cher monsieur, ne dites pas de sottises et contentez vous de critiquer votre pays et votre politique...mais ne venez pas souillez la mémoires des héros de la guerre civile espagnole...vous entendre valoriser franco ainsi, me monte le dégout aux lèvres...mais vous qui êtes de l'UDC_MCG, vous êtes en phase avec ces notions fscistes et xénophobes, n'est-ce -pas ?

Écrit par : MUR | jeudi, 02 avril 2009

"...mais ne venez pas souillez la mémoires des héros de la guerre civile espagnole..."

Vous avez les vôtres, moi, j'ai les miens : les cadets de l'Alcazar et le colonel Moscardo, les requetes de Navarre (pour qui j'ai un faible), les généraux Queipo de Llano, Garcia-Valino, Yaguë, quelques volontaires suisses aussi, dont on ne parle jamais, au grand jamais. Mais qui, eux, rigolent dans leur coin, parce qu'ils ont gagné quand même.

Écrit par : Scipion | jeudi, 02 avril 2009

TEUFEL....!!!!!!! DU BIST.......ACH...!!!

Écrit par : MUR | jeudi, 02 avril 2009

Laissons-les à leur illusion d'avoir gagné : l'Espagne de Zapatero leur est probablement aussi incompréhensible que le reste du monde...

Écrit par : Pascal Holenweg | vendredi, 03 avril 2009

Juste un truc tout de même, lorsque Francisco Bahamonte, dit Franco, a franchi le détroit de Gibraltar avec ses tabors marocains, le Gouvernement Espagnol était républicain et démocratiquement élu, certes de gauche, mais pas aux mains des communistes. C'est la guerre et la radicalisation qui s'en est suivi qui a permis aux staliniens de se retrouver au premier rang.
Franco a bel et bien commis un coup d'Etat. Impardonnable en démocratie.

Écrit par : Philippe Souaille | vendredi, 03 avril 2009

"Laissons-les à leur illusion d'avoir gagné"

Bonne idée, comme cela, nous laisserons aux Républicains l'illusion d'avoir perdu :o)

Par ailleirs, c'est la première fois que je lis quelqu'un qui laisse entendre qu'il y a quelque chose à comprendre à la "faillimentaire" Espagne de Zapatero...

Écrit par : Scipion | vendredi, 03 avril 2009

« Franco a bel et bien commis un coup d'Etat. Impardonnable en démocratie. »

Et il a drôlement bien fait de passer à l'action pendant qu'il en était encore temps.

Des co...les molles comme Azaña, Largo Caballero, Alcala-Zamora, Casares Quiroga ou Negrin, n'auraient pas pesé lourd au moment où les Bolcheviques auraient passé la vitesse supérieure. Même Blum s'en est avisé, qui n'a pratiquement rien fait pour venir en aide au Frente Crapular.

"Francisco Bahamonte, dit Franco"

Ca vient de quelle officine, cette version ?

Le Caudillo s'appelait Francisco Paulino Hermenegildo Teódulo Franco y Bahamonde – avec un « d » -, fils de Nicolás Franco Salgado-Araújo et de Pilar Bahamonde y Pardo de Andrade.

Rappelons qu'excellent officier, extraordinairement courageux, Franco fut tour à tour le plus jeune capitaine, plus jeune commandant, plus jeune lieutenant-colonel et plus jeune colonel de l’armée espagnole, puis, à 34 ans, le plus jeune général d’Europe.

P.S. pour les amateurs d'hommage :

http://www.youtube.com/watch?v=BWhUsNxuYaU&feature=related

Écrit par : Scipion | vendredi, 03 avril 2009

"Hermenegildo Teódulo"

C'est très intéressant, cette survivance de prénoms wisigoths en Galice... Je ne m'en étais jamais avisé...

Écrit par : Scipion | vendredi, 03 avril 2009

... et c'est alors que nous atteignit cette attendrissante vision, de quelques vieux fascistes affalés aux côtés de quelques vieux staliniens sur un banc du parc de l'Hospice des Vieux Glands, les uns et les autres se pleurant mutuellement dans le gilet en se demandant comment il se faisait qu'ils avait tout perdu sur tous les terrains alors que nom d'un petit caudillo et d'un petit père des peuples, ils l'avaient gagnée leur guerre, oui ou non ? Ben non, vous l'avez perdue... et l'Espagne est gouvernée par un socialiste, la France par un métèque, l'Allemagne par une femme, l'Angleterre par un Ecossais travailliste, les Etats-Unis par un nègre, l'Union Soviétique est partie en fumée, le Reich de 1000 ans en a duré douze, le Duce a été pendu par les pieds, le Portugal a perdu toutes ses colonies, les femmes travaillent, les hommes pouponnent, les églises sont vides, les homosexuels se marient, les banquiers suisses dépriment, il y a une mosquée au Petit-Saconnex et les anars sont toujours là...

Écrit par : Pascal Holenweg | samedi, 04 avril 2009

Teufel, Kurt Deroy est déjà éneervé... Alors, on oublie les anarchistes, on les ajoute à la fin tout en bas comme d'hab'?... Et le P.O.U.M? et la colonne Durutti, toujours au front, et même en avance (les activités anarchistes offensives/défensives ont commencé avant l'insurrection de Franco), et toujours trahis? Ce qui se joua en Espagne, pendant cette guerre civile, fut en "réduction" ce qui se passa ensuite entre 1939 et 1945, les alliances, les trahisons! Celle-ci terminée, ce furent encore les anars espagnols qui résistèrent le plus, jusqu'à la mort de Franco. ("Franco plus haut que Carrero Blanco!", qui se souvient?). Depuis l'avènement du "socialisme" à la sauce miterrand (ja, teufel un petit m comme vendu), revisitée européenne, il n'y a vraiiiiment pas de quoi pavoiser, Teufel! Effectivement, nous sommes dans une "Hospice de vieux", jeunes compris, une maison hantée de fantômes de glands respectables ou non! Avec despensionnaires qui n'apprennent JAMAIS! Tabula rasa, Bitte, on a soif, on a faim, et on aimerait se servir!

Écrit par : redbaron | samedi, 04 avril 2009

N'est pas Coeuderoy, ni d'Axa, ni Darien, ni Libertard, ni Pouget qui veut...

Écrit par : Pascal Holenweg | dimanche, 05 avril 2009

Et à part le fait que vous manquez d"R", ça signifie quoi? Qu'un bon anarchiste est un anarchiste mort? Ou qu'il s'agit pour vous d'une star ac' de blog? Que votre socialisme fait révérence à la société du spectacle? Il y a les célèbrers et les riens du tout? Les médiatisés et les autres? Sérieux, un petit effort et moins de mépris dans le signifiant/signifié, qououa! La dialectique, plutôt que le doigt...
Teufel! Kurt Deroy, laisse ce clavier!

Écrit par : redbaron | dimanche, 05 avril 2009

"... l'Espagne de Zapatero leur est probablement aussi incompréhensible que le reste du monde..."

Dans le cadre du suivi des sujets, notons que la Banque centrale espagnole annonce, pour l'incompréhensible Espagne de Zapatero, 15,9 % de chômeurs en 2009 et 19,4 3n 2010.

On compte bien sur ceux qui comprennent pour nous expliquer ce que nous ne comprenons pas.

Écrit par : Scipion | dimanche, 05 avril 2009

"Et le P.O.U.M? et la colonne Durutti, toujours au front, et même en avance..."

Je me souviens même d'un départ tellement précipité de la colonne Durutti de Barcelone pour le front de Saragosse, qu'il a fallu faire demi-tour après une centaine de kilomètres, les munitions ayant été oubliées dans la capitale catalane. Résultat, pour une fois, les anars sont arrivés en retard...

Écrit par : Scipion | dimanche, 05 avril 2009

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