mercredi, 01 avril 2009

Quand la légitimité naît de la rareté

Listes électorales : de l'utilité de la parité des genres

Les Verts genevois ont dû reporter à fin avril la confection de leur liste pour l'élection du Grand Conseil, faute d'avoir reçu assez de candidatures féminines pour pouvoir à la fois respecter le principe de parité des genres sur les listes et satisfaire leur envie de présenter, comme la plupart des autres partis, une liste pléthorique (de 40 candidates et candidats). Ce qui pose, utilement, deux problèmes en même temps, qu'ont à résoudre, et de la peine à résoudre, autant les socialistes que les Verts : celui de la parité des genres, et celui de l'excès de candidatures -le second problème empêchant de résoudre le premier, puisque si la parité des genres peut sans grand effort à gauche être respectée sur des listes correspondant à peu près aux espérances électorales des partis qui les présentent, elle est difficile à atteindre sur des listes " fourre-tout " présentant deux, trois ou cinq fois plus de candidatures qu'on espère obtenir de sièges. Dans ces conditions, la rareté relative des candidatures féminines a au moins un effet positif : en imposant un " plafond " au nombre de candidatures masculines -et donc, parité oblige, au nombre de candidatures tous genres confondus, elle oblige à effectuer un choix, peut-être désagréable puisqu'il est éliminatoire, mais qui octroie à celles et ceux qui sont choisie-s une légitimité politique qu'elles et ils n'auraient pas si leur seule candidature à la candidature suffisait pour figurer sur une liste.


Comment dissoudre la subversion dans le lobbysme
" Imposer l'égalité ne suffit pas à remplir une liste électorale ", observe pertinemment la rédac'cheffe adjointe de la Julie. Non, ça ne suffit pas. Mais ça n'est pas le but. D'abord parce qu' " imposer l'égalité " est un but en soi et non le moyen de " remplir une liste électorale " ; ensuite parce que " remplir une liste électorale " n'est un but que tant qu'on mesure la qualité d'une liste au nombre de candidatures qu'elle propose. On ne fait pas avancer d'un pouce l'égalité des droits en confrontant sur des listes pléthoriques des candidates nouvelles à des candidates et des candidates disposant de relais, d'un électorat déjà constitué, de lobbies actifs ou d'une notoriété acquise. Cette parité là est celle de la couleur des fleurs en pot sur le rebord de la fenêtre. Elle n'a rien à voir avec l'égalité, ni avec un projet politique. Elle n'est que le sacrifice à un rite de correction politique auquel on satisfera d'autant plus facilement qu'il ne menacera aucune position personnelle acquise. Il n'est plus de discours de gauche qui n'intègre à son contenu quelque référence au féminisme, d'autant plus aisément que cette référence exprimera ce que le féminisme aura de moins subversif : les quotas, ou la parité, tant qu'ils ne posent aucun problème à aucun-e notable et n'entravent aucune stratégie électorale personnelle. Ainsi se tient-on quitte de tout effort de changement social en ayant laissé, non pas les femmes mais des femmes s'ébrouer dans l'espace social qu'on s'est résigné à leur concéder, mais qu'on est à tout moment prêt à leur reprendre : celui de l'ascension sociale et de la chasse aux postes, selon les bonnes vieilles règles du carriérisme masculin. Le mouvement féministe était dangereux, socialement, culturellement et politiquement, parce qu'il était fondamentalement subversif et que ses revendications étaient une remise en cause radicale de quelques unes des règles fondatrices du jeu social : ce même mouvement devient inoffensif une fois réduit à ne plus être qu'un lobby. Rien n'aura été changé des fonctionnements sociaux, aucune institution menacée, aucune hiérarchie remise en cause, mais des femmes y auront été intégrées, et se retrouveront comme les hommes prises dans leurs rets.

01:57 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : politique, élections, parité, féminisme | |  Facebook | | | |

Commentaires

Définitivement dans le mille! Tant que la politique fonctionne sur le modèle "masculin"( = pouvoir), ni quota ni listes avec 40 ou 50 % de femmes " obligatoires" ne changent quelque chose. Le sexisme " bienveillant" reste un sexisme et toujours l'expression d'un rapport de pouvoir. Et le carriérisme un modèle également prisé par des femmes; le monde nouveau reste à créer,mais peut-être la fameuse "crise" et les nécessités de ralentir le changement climatique vont amener des mises en question, y compris des mécanismes de l'exercice du pouvoir.

Écrit par : Marion Sobanek | mercredi, 01 avril 2009

J'ai parfois le sentiment que, dans deux cents ou trois cents ans, les gens, à la fois hilares et incrédules, parleront du XXe siècle comme de celui où les femmes voulaient être des hommes :o)

"...mais peut-être la fameuse "crise" et les nécessités de ralentir le changement climatique vont amener des mises en question."

Avec la raréfaction des matières premières, il est possible, en effet, qu'on s'avise que la place écologique de la femme est à la maison. C'est une idée que j'exprimais déjà il y a cinq ou six ans...

Écrit par : Scipion | mercredi, 01 avril 2009

"C'est une idée que j'exprimais déjà il y a cinq ou six ans..."

Et qui nous vient en droite ligne des théoriciens du contrat. On remplace chez vous nature par écologie, ça fait plus "trendy" faut croire...

"J'ai parfois le sentiment que, dans deux cents ou trois cents ans, les gens, à la fois hilares et incrédules, parleront du XXe siècle comme de celui où les femmes voulaient être des hommes "

On en parlait déjà au 19e siècle, en ce temps là c'était des "virago", on se désolait déjà d'avoir perdu "La" "vraie" femme. Apparemment "les gens" n'ont pas fini d'en rire. Comme on dit: on verra bien qui rira le dernier.

Au juste scipion, qu'est-ce qu'"être" une femme, qu'est-ce qu'"être" un homme? Le tout n'est pas de l'être, encore faut-il le définir...

Écrit par : Audrey | mercredi, 01 avril 2009

"On remplace chez vous nature par écologie, ça fait plus "trendy" faut croire..."

C'est-à-dire que, comme on parle beaucoup d'environnement, on peut aussi réfléchir à la charge polluante que représente une ouvrière d'usine par rapport à celle d'une ménagère, en tenant compte des déplacements, des comportements consuméristes, etc., etc.

"On en parlait déjà au 19e siècle, en ce temps là c'était des "virago", on se désolait déjà d'avoir perdu "La" "vraie" femme."

Je ne peux pas vous dire, je n'étais même pas né, alors pour me souvenir...

" Apparemment "les gens" n'ont pas fini d'en rire. Comme on dit: on verra bien qui rira le dernier."

... et je ne pense pas être là en 2109, à plus forte raison, en 2209, pour le vérifier.

"Au juste scipion, qu'est-ce qu'"être" une femme, qu'est-ce qu'"être" un homme? Le tout n'est pas de l'être, encore faut-il le définir..."

Il y a plein de bouquins qui le font. Je suis sûr que vous devriez en trouver au moins un qui confirme les présupposés dont vous souhaitez avoir confirmation.

Pour ne pas vous laisser complètement sur votre faim, je dirai néanmoins, qu'être une femme, c'est être une femelle du point de vue de l'espèce humaine, et qu'être un homme, c'est être un mâle du point de vue de l'espèce humaine aussi.

Écrit par : Scipion | mercredi, 01 avril 2009

"C'est-à-dire que, comme on parle beaucoup d'environnement, on peut aussi réfléchir à la charge polluante que représente une ouvrière d'usine par rapport à celle d'une ménagère, en tenant compte des déplacements, des comportements consuméristes, etc., etc. "

Cette phrase pourrait être mise au masculin. Ceci n'est donc évidemment pas un argument, juste une petite croyance personnelle. Rassurez-vous, si Proudhon était vivant, il serait de tout coeur avec vous. Vous et Proudhon, comme quelque chose qui cloche...

"Je ne peux pas vous dire, je n'étais même pas né, alors pour me souvenir..."

Heureusement pour vous, les journaux de l'époque ont été archivé. Un petit tour à la bibliothèque et c'est comme si on y était. Formidable non?

"Il y a plein de bouquins qui le font. Je suis sûr que vous devriez en trouver au moins un qui confirme les présupposés dont vous souhaitez avoir confirmation. "

Utiliseriez-vous donc des termes que vous ne savez définir? Fichtre!

"Pour ne pas vous laisser complètement sur votre faim, je dirai néanmoins, qu'être une femme, c'est être une femelle du point de vue de l'espèce humaine, et qu'être un homme, c'est être un mâle du point de vue de l'espèce humaine aussi."

Ouf, vous me rassurez. Donc être une femme c'est naître avec des chromosomes xx et être un homme naître avec des chromosomes xy. Evidemment, cela ne répond toujours pas à la question de savoir ce que sont ceux qui naissent avec 3x, 3x et 1 y, 3y, etc., etc... L'espèce humaine ne réglant malheureusement pas les problèmes d'aspirateur, l'histoire ne pouvant malheureusement pas nous dire comment les êtres préhistoriques vivaient leur sexe, cette définition d'"être" une femme ou un homme reste bien vaste. Pas de quoi dire que les femmes qui font de la politique veulent ressembler à des "hommes". A moins que "l'espèce humaine" et les êtres de chromosomes xy possèdent en germe le gène politique?

Mais rassurez-vous, je n'attends pas votre parole pour me nourrir. Une telle affirmation de votre part me paraissait néanmoins recquérir quelques développements, qui ne sont évidemment pas venus et ne viendront pas. Il paraîtrait que j'ai un penchant pour les causes perdues. A voir la façon dont vous errez sur ce blog vous devez, pour votre part, avoir un faible pour les âmes en perdition que vous pourriez nourrir. Chacun son vice comme on dit.

Écrit par : Audrey | mercredi, 01 avril 2009

"J'ai parfois le sentiment que, dans deux cents ou trois cents ans, les gens, à la fois hilares et incrédules, parleront du XXe siècle comme de celui où les femmes voulaient être des hommes"... j'ai quant à moi la certitude que dans deux ou trois siècles, "les gens", plus incrédules qu'hilares, tenteront de comprendre ces temps révolus où les rôles sociaux des individus humains pouvaient être déterminés par leur appareil génital. Changeant de sexe comme de chemises au gré de leur humeur ou de leurs désirs, ils auront autant de peine à comprendre une phrase du genre "les femmes voulaient être des hommes" que nous en avons de comprendre une phrase du genre "il est inscrit dans l'ordre des choses qu'une fille se fasse engrosser à douze ans, donne naissance ensuite à dix enfants, dont huit mourront avant l'âge de trois ans, et meure en accouchant du onzième"...

Écrit par : Pascal Holenweg | jeudi, 02 avril 2009

"Cette phrase pourrait être mise au masculin."

On peut tout imaginer, voyez Holenweg. En une seule phrase, il rend Wells et Orwell paradisiaques. On peut donc imaginer le type de 185cm/102 kg reprisant les chaussettes à la cuisine, pendant que sa tendre épouse 162/cm/53 kg manie les parpaings et les jointoye, sous une fine neige d'octobre.

On peut imaginer qu'après prélèvements, ici, du matériel génétique nécessaire, nous délocalisions les grossesses et les allaitements dans le tiers monde. Ce qui permettrait aux parents d'ici de toucher des bébés de trois ans déjà bien socialisés. Une sacrée avancée, vous en conviendrez. Pour la femme, surtout, donc.

On peut imaginer que les mondialistes (et leurs alliés objectifs altermondialistes) réussissent dans leur dessein qui est de supprimer toute les forme d’appartenances (communautaire, nationale, raciale, sexuelle donc…) autres que l’appartenance à l’espèce humaine, transformée alors en une poussière d’atomes interchangeables (le rêve d'Holenweg)...

On peut aussi imaginer une société complètement islamisée...

Mais ce qui me rend tout de même optimiste, c'est la perspective de l'effondrement de l'existentialisme.

Cette escroquerie tient depuis cinquante ou soixante ans, elle ne tiendra pas un autre demi-siècle.

Et c'est pourquoi, la réalité essentialiste ayant repris la main, "dans deux cents ou trois cents ans, les gens, à la fois hilares et incrédules, parleront du XXe siècle comme de celui où les femmes voulaient être des hommes".

Écrit par : Scipion | jeudi, 02 avril 2009

"...tenteront de comprendre ces temps révolus où les rôles sociaux des individus humains pouvaient être déterminés par leur appareil génital."

Entre l'appareil génital et le rôle social, il y a encore le rôle biologique, qui vous échappe complétement. Vous devrier demander à votre maman de vous expliquer. Ou, si cela vous gêne, aller visiter l'exposition sur le "zizi sexuel"...

Écrit par : Scipion | jeudi, 02 avril 2009

Votre maman ne vous a donc pas expliqué le rôle biologique de l'appareil génital dans la reproduction de l'espèce ? Il n'est sans doute pas trop tard pour remédier à cette lacune -mais le temps presse : des femmes ménopausées de soixante ans peuvent déjà nous pondre des triplés, des hercules de foire se faire pousser des seins et de douces jouvencelles se faire greffer une paire de couilles -dans deux générations, le lent processus d'émancipation des humains des rôles biologiques les aura définitivement éloigné de leurs cousins simiens...

Écrit par : Pascal Holenweg | vendredi, 03 avril 2009

"...le lent processus d'émancipation des humains des rôles biologiques les aura définitivement éloigné de leurs cousins simiens..."

Hitler et Himmler aussi, avaient des idées comme ça. En vous lâchant dans de stupides provocs à deux balles, vous avez achevé de vous ridiculiser, Holenweg.

Écrit par : Scipion | samedi, 04 avril 2009

Vous vous trompez de famille : ces nabots sont de la vôtre -la mienne est de celles qu'ils ont réduites en cendre.
Quant au ridicule, le mien m'est assez précieux pour que je le signe de mon nom.

Écrit par : Pascal Holenweg | dimanche, 05 avril 2009

"Quant au ridicule, le mien m'est assez précieux pour que je le signe de mon nom."

Depuis qu'il ne tue plus, le mérite est sévérement redimensionné.

Écrit par : Scipion | dimanche, 05 avril 2009

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