• Mettre un collier antipuces à Big Brother

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    C'est un référendum que personne, ou presque, n'avait vu venir, que personne ne pensait voir aboutir, et dont pas grand monde s'était aperçu de l'aboutissement : le référendum contre le nouveau passeport biométrique. Or non seulement le référendum a abouti, mais le front des opposants à une décision très largement majoritaire du parlement s'est élargi au point que seuls les partis du centre-droit (et encore : le PDC genevois appelle à la refuser...) la soutiendront devant le peuple : socialistes et Verts la combattent, l'UDC aussi (pour des raisons diamétralement différentes, mais dans un vote référendaire seuls les " oui " et les " non " comptent, pas leurs motivations). En outre, la Fondation alémanique des consommateurs et les jeunesses de tous les partis, sauf celles du PDC, appellent également à refuser la pupuce à Big Brother.

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  • Un souk, c'est un souk

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    C'est le printemps, le patronat de la vente et les partis politiques à son service bourgeonnent et, comme chaque année, à pareille époque (ou à un autre moment, peu importe la saison, l'occasion faisant les larrons) repart en guéguerre pour " élargir " les horaires d'ouvertures des magasins (surtout des grands et des supermarchés).

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  • Du juste prix du poulet

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    Rapports contradictoires sur la police genevoise

    Deux rapports successifs sont tombés ces derniers jours sur la police genevoise, l'un rendu par l'ancien Conseiller d'Etat bernois Mario Annoni, et l'autre par la Cour des Comptes. Ces deux rapports font le même constat (un système de rémunération byzantin, des horaires absurdes, des heures supplémentaires pléthoriques) mais en tirent deux conclusions différentes : pour Annoni, la police est en sous-effectif; pour la Cour des Comptes, la police ne manque pas d'effectifs mais " si elle était mieux gérée, nous n'en serions pas là ". Si elle était mieux gérée, sans doute. Mais plus sûrement encore, si on s'abstenait de lui faire faire n'importe quoi. " Comparer notre travail aux autres cantons n'est pas cohérent car Genève a de nombreuses spécificités sécuritaires ", estime le syndicat des gendarmes. Au nombre de ces " spécificités sécuritaires " qui plombent les disponibilités policières, faut-il évoquer la chasse aux mendiants et aux squatters, pour ne rien dire du délire sécuritaire de l'Eurofoot 2008 ?

    Trop chère, la police genevoise ?

    Les policiers genevois sont bien payés, certes : un gendarme sur deux coûterait aussi cher, si l'expression et la comparaison ont un sens, qu'un directeur d'école ou le médecin cantonal, et en moyenne 20 % de la rémunération d'un policier ressortirait de primes, d'indemnités, d'avantages spécifiques ou de compensations d'heures supplémentaires… Mais en rester à ces constats serait en rester à un exercice arithmétique; or le statut de la police relève d'abord de choix politiques, parce que définir le rôle de sa police est (hélas) l'un des choix politiques les plus importants qu'une collectivité publique ait à faire. Si les pandores genevois accumulent les heures supplémentaires et collectionnent les primes et indemnités, est-ce parce qu'ils ne sont pas assez nombreux, comme le suggère Mario Annoni, que le système produit artificiellement des heures supplémentaires, comme le suggère la Cour des comptes, ou parce qu'on les charge d'actions dont les unes ne devraient pas être de leur ressort, et les autres ne sont que les conséquences de gesticulations pré-électorales, dans un canton où l'on est constamment en période pré-électorale ? " La moitié des interventions (de la police) ne relève pas du travail de la police (et) est à ranger dans l'ordre du social ", commentait Laurent Moutinot, après la publication du " diagnostic local de sécurité 2007 " évaluant la perception que la population a du travail de la police. Mais quelle part de la moitié restante du travail policier est " à ranger dans l'ordre de la démagogie électorale " ? La police n'a pas décidé elle-même de s'en aller racketter les mendiants Rroms, et ça n'est pas elle non plus qui a choisi de faire de Piogre une " ville-hôte " de l'Eurofoot. Les policiers genevois sont bien payés -mais bien payés pour faire le travail d'une police du XXIe siècle ou le travail des chasse-gueux du XVIème ?

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  • Le " mouvement social " : une machine à inclure

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    Depuis quelques années, la gauche politique emplit ses discours de références " citoyennes ", au " mouvement citoyen ", aux " actions citoyennes ", au " mouvement social ". Le qualificatif mesure l'ambition de ce qu'il qualifie : il ne s'agit pas de changer de société, mais d'inclure dans la société existante celles et ceux qu'elle a rejetés, comme si, en ayant admis qu'il n' a plus de révolutionnaires, il fallait se contenter de revendiquer qu'il n'y ait plus que des citoyens et des sociétaires " inclus " dans une société qu'il ne s'agirait plus désormais que d'étendre jusqu'à ses marges.

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  • " Mesures d'éloignement " : un référendum tardif, mais légitime

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    Contre la politique du " casse-toi, tu pues "

    Le Parti du Travail a lancé un référendum contre la modification, votée le 19 février par le Grand Conseil, de la loi cantonale sur la police.  En cause : les mesures d'éloignement, déjà possibles pour les dealers (et dont l'effet le plus tangible est de les repousser d'un quartier à l'autre, les dealers de Cornavin se retrouvant à Saint-Jean et ceux des Eaux-Vives à Plainpalais), La loi permettrait désormais d'appliquer ces mesures pendant un jour à trois mois, dans un périmètre variant d'un pâté de maison à tout le canton, à toute personne ou tout groupe de personne susceptibles (au gré de l'appréciation policière) de " menacer l'ordre ou la sécurité publique " tels que la droite, les conçoit. C'est " la porte ouverte au délit de faciès et aux abus d'autorité ", commente avec raison le président du PdT, Jean-Luc Ardite. Le Conseiller d'Etat Laurent Moutinot était d'ailleurs du même avis : la loi pouvant s'appliquer à n'importe qui, " au mieux elle est un placebo, au pire, un risque pour les libertés publiques ". Le principe de précaution suggérant de se préparer au pire, on n'a rien à perdre à signer le référendum. Et on y gagnera au moins l'occasion de dire " non " à la paranoïa sécuritaire.

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  • Dur, dur, Durban II

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    Genève accueille dès le 20 avril une Conférence mondiale contre le racisme, devant dresser le bilan des mesures engagées depuis la conférence de Durban (Afrique du Sud), en 2001. Parallèlement, un Forum de la société civile et des ONG se réunira. La Conférence de Genève semblait assez mal partie : le Canada, Israël, l'Australie et les USA refusaient de participer à un sommet que nombre de pays arabes voulaient transformer en un procès du seul Israël, et auquel l'Organisation de la conférence islamique voulait proposer une déclaration finale condamnant la " diffamation des religions ". On s'acheminait vers un dialogue de sourds et un jeu de chaises musicales vides, quand un nouveau projet de déclaration finale a été présenté pour faire consensus. Mais consensus sur quoi ? Et acquis au prix de quels compromis ? " Aucune barrière de taille ne devrait plus entraver un résultat couronné de succès ", a déclaré la Haut Commissaire. Sans doute. Surtout si le succès d'une conférence se mesure à l'adoption finale d'un texte acratopège.

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  • Ratzinger ratiocine

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    Après avoir " recommunié " quatre évêques intégristes et avoir fait approuver l'excommunication d'une mère et d'une équipe médicale brésiliennes coupables d'avoir permis à une fille de neuf ans, violée et mise enceinte par son beau-père, d'interrompre sa grossesse, le pape s'est illustré par une nouvelle manifestation de son infaillibilité, en déclarant que l'usage du préservatif " aggravait le problème " du sida, " problème " ne pouvant être résolu selon lui que par la chasteté ou la fidélité. Surtout la fidélité au dogme. Où il se confirme que la non-assistance à millions de personnes en danger d'être infectées par le VIH n'est pas considérée par le Vatican comme une faute. 30 millions d'Africaines et d'Africains sont atteints du sida, deux millions et demi en sont morts en 2008, au moins autant en mourront en 2009.

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  • Droits syndicaux : Manor impose un périmètre d'interdiction

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    Marisa Pralong, vendeuse chez Manor, à Genève, a été licenciée à la mi-février dernier. Militante syndicale, représentante des employés dans la commission paritaire du commerce de détail de Genève, c'est son engagement syndical qu'elle paie de son emploi. Marisa Pralong et Unia travaillaient à la constitution d'une commission du personnel de Manor lorsque la militante a été licenciée, en février, au prétexte d'un entretien accordé l'année précédente à la " Tribune de Genève ". Marisa Pralong a défendu les droits de ses collègues. Elle a fait son travail de militante syndicale. Et c'est pour l'avoir fait qu'elle a été licenciée. Et c'est pour les empêcher de faire leur travail que Manor a appelé à la rescousse le Conseiller administratif Maudet, qui a interdit la tenue de stands syndicaux devant le grand magasin, au motif que ça perturbait la clientèle. Celle de Manor ou celle de Maudet ?

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  • L'autre Maghreb

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    Collecte de fonds pour la solidarité avec les luttes de libération sociale
    Soutenir les mouvements sociaux du Maghreb


    Tous les pays du Maghreb sont traversés par la même contradiction, entre une société fondamentalement démocratique, ou aspirant à l'être, et aspirant à se voir reconnue comme telle par le pouvoir politique qu'elles subissent, et des régimes qui s'acharnent, plus ou moins violemment, mais avec la même constance, à leur nier ce droit. " Face à l'arbitraire des régimes et à la restriction des espaces de liberté, le chemin est certes long, tortueux et semé d'embûches, mais nous sommes convaincus qu'un autre Maghreb est possible ",. ont ainsi affirmé les organisateurs du Forum Social Maghrébin qui s'est tenu l'été dernier au Maroc. Le SOLIFONDS lance un appel au soutien financier de deux combats dans trois pays : celui pour les droits des femmes au Maroc, celui pour les libertés syndicales en Tunisie et en Algérie.

    Les mouvements sociaux au Maroc, en Tunisie et en Algérie ont pris une ampleur telle que leur voix et leur combat pour la démocratie, les droits humains, les libertés fondamentales, et contre le bradage des richesses nationales, la corruption et la répression, ne peut plus, ne doit plus, être ignoré. Le SOLIFONDS lance un appel, auquel nous vous invitons vivement à répondre, au financement du soutien à la Confédération générale tunisienne du Travail (CGTT), au Syndical national autonome algérien des personnels de l'administration publique (SNAPAP) et à la Ligue démocratique marocaine pour les droits de la femme (LDDF). En Algérie comme en Tunisie, les syndicats officiels (l'UGTT et l'UGTA) ne sont plus, depuis longtemps, que des bureaucraties rentières au service du pouvoir en place ; au Maroc, malgré la promulgation en 2004 d'un nouveau code de la famille supposé être " progressiste ", le système juridique et les pratiques sociales restent, à l'encontre des femmes, discriminatoires et violents. Les syndicats libres et les mouvements des femmes sont au Maghreb à la pointe du combat de la société elle-même pour la démocratie, contre des pouvoirs qui ne craignent rien tant que l'émergence de ce mouvement social, son implantation nationale et ses pratiques de formation et d'organisation, " à la base ", de militantes et de militants capables de résister à la fois à la répression et à l'instrumentalisation.

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  • Abolition du Jury populaire : Sans gêne et sans crainte ?

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    A une forte majorité (59 contre 12), le Grand Conseil genevois a adopté un projet de modification de la Constitution cantonale, abolissant le Jury populaire. Le peuple devra se prononcer en mai prochain. Tous les partis représentés au Grand Conseil, à l'exception du MCG, vont vraisemblablement défendre, au nom de la " compatibilité avec le droit fédéral ", l'abolition du jury populaire. Mais l'opposition à cette abolition n'en est pas moins présente, et vivace. Et le résultat du vote est incertain. Le nouveau droit pénal fédéral n'abolit d'ailleurs pas explicitement le jury, s'il impose aux jugements de nouvelles conditions, et de nouvelles voies de recours, dont les partisans de l'abolition affirment qu'elles sont incompatibles avec le maintien de la vieille institution citoyenne, et dont les adversaires de l'abolition affirment au contraire qu'elles peuvent parfaitement coexister, au prix de quelques réformes, avec cette institution. Ce ne sont en tous cas pas ces querelles de juristes qui feront la décision, éminemment symbolique -et donc politique.

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  • Secret bancaire : Elargir la brèche !

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    Le 13 mars, par la voix de Hans-Rudolf Merz, porteur de la double casquette de président de la Confe et de ministre des Finances, le Conseil fédéral a annoncé que la Suisse était disposée à ébrécher son sacro-saint secret bancaire, en renonçant à distinguer fraude et soustraction fiscale, s'agissant de comptes ouverts par des étrangers. Cette distinction subsisterait cependant pour les titulaires suisses de comptes en Suisse, la soustraction n'étant qu'une infraction protégée par le secret bancaire, alors que la fraude est un délit pour lequel ledit secret peut être levé. Reste qu'une brèche est ouverte dans la muraille de fric. Il est vrai que ça commençait à craquer de partout, et que la Suisse risquait de se retrouver toute seule à s'accrocher à un secret bancaire que même les autres Etats qui le pratiquent sont désormais d'accord d'écorner. Le Liechtenstein, Andorre, Singapour et Hong Kong ont cédé les premiers, la Suisse, l'Autriche, la Belgique et le Luxembourg ont suivi. Restent quelques confettis d'empire britannique (Anguilla, les Caïmans, Man, les Bahamas), Monaco, Panama, Nauru, le Vanuatu, mais leur heure viendra, si les forces qui ont contraint la Suisse et ses compères en recel à céder poursuivent leur effort.

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  • Ecoquartiers ou boboghettos ?

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    Vers le développement durable de la ségrégation sociale

    Qui n'a pas son projet d' " écoquartier " ? L'implantation d'un " écoquartier " sur le site d'Artamis (en 2011, 2012 ou 2013, quand le site aura été décontaminé de toutes les saloperies laissées par les Services Industriels qui l'occupaient avant les milieux alternatifs) est pratiquement acquise, a annoncé Rémy Pagani; les radicaux ont eux aussi leur projet d' " écoquartier ", à la pointe de la Jonction. Quant aux Verts, trois de leurs députés ont déposé et fait accepter une motion pour en installer un à la Concorde, à Châtelaine, après que la Fondation Emile-Dupont pour des habitations bon marché ait décidé de démolir et de reconstruire une vingtaine d'immeubles du quartier des Ouches. La liste n'est ni exhaustive, ni close. Les écoquartiers sont conçus pour qu'on y privilégie des principes de " développement durable " (énergies renouvelables, toitures végétalisées, récupération des eaux de pluie, potagers etc…), qu'il n'y a cependant aucune raison de réserver à l'usage de quartiers expérimentaux, et qui mériteraient d'être appliqués dans toute la ville. Sauf à n'avoir aucun sens.

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  • Exportation de matériel de guerre : Business as usual

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    Soutenue par la seule gauche (PS et Verts), l'initiative populaire pour l'interdiction d'exporter du matériel de guerre sera repoussée par le parlement fédéral. Elle demande à la Confédération d'encourager les efforts internationaux de désarmement et de contrôle des armements, d'interdire l'exportation et le transit de matériel de guerre, y compris les armes légères, les munitions et les technologies militaires, et de promouvoir la reconversion des industries concernées, afin de maintenir les emplois. Entre 2007 et 2008, les ventes d'armes de la Suisse à l'étranger ont augmenté de 50 %, pour atteindre un volume de 720 millions de francs. Et la Suisse n'est pas très regardante lorsqu'il s'agit de savoir à qui vendre du matériel militaire : elle en a vendu en 2008 à 72 pays, dont deux puissances nucléaires, l'Inde et le Pakistan, qui est son principal client. Et auparavant, des armes suisses se sont retrouvées dans des pays en conflit (le Tchad, le Maroc) après y avoir été réexportées par des pays clients de la Suisse.

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  • Quoi de neuf ? des prisons !

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    Impasses carcérales

    A Genève, on dénombrait 502 détenus pour 270 places à Champ-Dollon le 14 janvier. Ouverte en janvier 2008, avec l'espoir qu'elle soulagerait Champ-Dollon d'une partie de la masse de détenus qu'on y entasse, la prison de la Brenaz, prévue pour 68 détenus, a été remplie en quelques mois. Et est aussi entrée en sur-occupation. Le sort du projet " Curabilis " (62 places pour détenus mentalement perturbés et dangereux) sera le même. Quand on construit une prison, on la remplit. Et quand elle est pleine, on continue à la remplir. Jusqu'à ce qu'on en construise une nouvelle. Pour la remplir. Et ainsi de suite. Ce mouvement perpétuel signe une impuissance.

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  • Plan-plan de relance

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    La crise économique sera " plus aiguë et plus longue que prévu ", a sombrement annoncé le directeur du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO), Jean-Daniel Gerber. Le SECO annonce une baisse du produit intérieur brut plus importante qu'estimé en 2009 et 2010, et donc, avec un décalage dans le temps, une hausse du chômage également plus importante que prévu. Ces prévisions ne semblent guère ébranler les certitudes immobiles de la majorité politique de ce pays, à l'image de l'ancien Conseiller fédéral Villiger, promu président de l'Union de Banques Suisses, qui affirme " en tant qu'ancien Conseiller fédéral et libéral convaincu " vouloir redresser la banque sans nouvelle aide de l'Etat. Il a beau jeu de faire le fierot, Gaspard : l'Etat a déjà casqué six milliards pour une augmentation de capital de l'UBS et 70 milliards pour le rachat par la Banque Nationale d'actifs pourris.

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  • Salon de l'Auto : La Foire aux vanités

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    Un ménage sur cinq en Suisse (un sur trois en Ville de Genève) n'a pas de voiture, et un tiers de ces " ménages sans voiture " y ont renoncé pour des raisons de principe (défense de l'environnement, qualité de vie). En 2005, les " sans voiture " représentaient 29 % de la population suisse en âge et en état d'avoir le permis de conduire, et 43 % de cette population dans les cinq " grandes " villes de suisse (50 % à Bâle). Quant à ceux qui s'accrochent à leur bagnole, ils dépensent en moyenne suisse pour elle 265 francs par mois, soit le double de ceux qui s'en passent dépensent pour leur mobilité. A Genève, une initiative populaire en faveur de la " mobilité douce " est lancée : elle vise au développement des pistes cyclables, des stationnements pour vélos et des cheminements piétonniers. Cette initiative est à soutenir. Reste que selon une étude de l'institut " Interface ", la plupart de ces " objecteurs de bagnole " sont des personnes avec un haut niveau de formation et un bon revenu, ce qui suggère qu'une bonne partie des automobilistes sont socialement contraints de l'être, et que seule une action politique volontariste en faveur des transports publics et, à terme, de leur gratuité, peut offrir à toutes et tous une réelle liberté de choix : comment en effet se rendre à son travail quand on travaille de nuit et qu'on habite à vingt kilomètres de là où on travaille ?

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    Lien permanent Catégories : Transports 4 commentaires
  • AVIVarium pour vieux crocodiles de gauche

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    Du nouveau avec du vieux sur le marché électoral :

    Dans " Entreprise romande ", en novembre dernier, l'éditorialiste s'inquiétait : même des vieux de droite ont voté pour l'AVIVO lors de l'élection de la Constituante, alors que cette association est clairement marquée à gauche. Explication de l'édito patronal : les partis bourgeois ne font rien pour s'attirer la " clientèle " des aînés -même des leurs : " la droite politique laisse encore à la gauche le bénéfice d'un apparent souci des aînés ". Et vu le vieillissement de la population, ça pose problème : la part des aînés dans l'électorat est de plus en plus importante, et si la gauche est seule à s'en préoccuper, la droite aura quelques soucis à se faire (sauf l'UDC, qui capitalise le vote des aînés -mais pour de toutes autres raisons que celles liées à la défense de leurs droits). Encore faut-il faire la différence entre l'élection d'une Constituante, avec un taux massif d'abstention et la participation de plusieurs listes associatives, et l'élection d'un parlement : ça n'est pas parce que l'AVIVO a obtenu 10 % des suffrages il y a six mois qu'elle obtiendra le quorum dans six mois...

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  • Virer l'emmerdeur et garder les potiches ?

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    Eric Stauffer révoqué du Conseil d'administration des S.I. :
    Virer l'emmerdeur et garder les potiches ?


    Le Conseil d'administration des Services Industriels voulait sa tête, le Conseil d'Etat la lui donne : le gouvernement a décidé de révoquer Eric Stauffer de son mandat d'administrateurs des SIG, pour avoir " gravement manqué, et à de nombreuses reprises (...) à ses devoirs de confidentialité, de légalité, de diligence (...) de fidélité, de loyauté et de réserve ". Eric Stauffer était l'un des représentants du Grand Conseil au Conseil d'administration des SIG. Non pas le représentant de son parti, le MCG, mais le représentant du parlement cantonal. En le révoquant, c'est donc une décision et une représentation du parlement que le gouvernement révoque. On dira et pensera ce qu'on veut des méthodes du Conducator du MCG, mais l'épisode pose tout de même une question essentielle: à quoi peuvent bien servir les représentants d'un parlement dans des institutions ou des entreprises publiques si l'on exige d'eux qu'ils ferment leur gueule, et ne représentent plus le parlement dans l'institution mais l'institution au parlement et dans leur parti ?

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    Lien permanent Catégories : Genève 2 commentaires
  • Danse macabre autour d'un pluralisme médiatique défunt

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    Que " Le Matin Bleu " disparaisse et que Tamedia reprenne les activités suisses d'Edipresse ne changera pas grand chose au " paysage médiatique " de ce pays, et ne réduira guère ce qui y subsiste de pluralisme de l'information écrite. On n'assiste pas à la mise à mort de ce pluralisme, mais à la danse macabre des marchands et des publicitaires, dont les dépendances entrecroisées (Publicitas détient encore un cinquième du capital d'Edipresse, un quart de celui de la Basler Zeitung, plus d'un quart de Hersant-Suisse, par exemple) réduisent la presse écrite au rôle d'étal de souk. Que le souk soit de moins en moins achalandé n'est sans doute pas sans expliquer les incestueuses épousailles annoncées hier ces jours : la publicité est en recul de 25 à 30 % dans les deux premiers mois de 2009, les offres d'emploi en recul de 70 % dans certaines régions. Deux crocodiles assoiffés convolent dans un marigot asséché…

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  • L'art est mort ? Vendons le cadavre...

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    La création culturelle est l'expression et la préfiguration de la vie telle qu'elle pourrait être. En cela, elle est toujours en avance sur l'action politique, même révolutionnaire, laquelle ne peut qu'être déterminée par les possibilités du lieu et du moment. Mais de quelle " création culturelle " parle-t-on ? Certainement pas de celle qui s'expose, se célèbre, se commente dans le carré marchand de 500 mètres de côté  implanté à Genève dans le quartier des Bains, avant que de s'exposer, se célébrer, et se financer, dans les institutions culturelles publiques. Cette vacuité ne subvertissant rien, il est dans l'ordre des choses, et dans l'ordre social et politique, qu'elle soit proclamée comme la création de notre temps. Ni cette création, ni ce temps, ne méritent sans doute mieux.

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    Lien permanent Catégories : Culture 8 commentaires