samedi, 28 mars 2009

Un souk, c'est un souk

C'est le printemps, le patronat de la vente et les partis politiques à son service bourgeonnent et, comme chaque année, à pareille époque (ou à un autre moment, peu importe la saison, l'occasion faisant les larrons) repart en guéguerre pour " élargir " les horaires d'ouvertures des magasins (surtout des grands et des supermarchés).


La droite genevoise, du PDC à l'UDC, soutenue par les milieux patronaux, à moins que cela soit l'inverse dans un petit monde où on ne sait qui du politique et du marchand sert l'autre et se sert de l'autre, a donc déposé au Grand Conseil un projet de loi autorisant, au prétexte de répondre aux " nouveaux modes de vie ", l'ouverture des magasins (et donc la mise au travail de leur personnel) jusqu'à 20 heures en semaine et 19 heures le samedi, et leur ouverture quatre dimanche par an, avec un horaire hebdomadaire total " allongé " de trois heures et demi. Comme si, en pleine crise, le consommateur lambda allait consommer et dépenser plus parce qu'il lui serait permis de consommer et de dépenser à une heure plus tardive. Le même prétexte (la " satisfaction du consommateur ") avait déjà été servi pour justifier la demande d'ouvertures " nocturnes ", dont les partisans de l'élargissement des horaires d'ouverture reconnaissent aujourd'hui qu'elle ne répondait pas, et ne répond toujours pas, à " une habitude éprouvée de la part des clients ", qui peuvent parfaitement se satisfaire des horaires actuels. Les syndicats ont annoncé un référendum si la loi proposée par la droite était, comme le rapport des forces parlementaire et la proximité des élections le suggèrent, acceptée par le parlement. Les conditions de travail dans la vente sont en effet déjà assez mauvaises, et les salaires assez bas, pour qu'on évite d'en rajouter dans la dégradation des unes et la pression sur les autres.

02:30 Publié dans Commerce | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : genève | |  Facebook | | | |

Commentaires

"et les salaires assez bas,"

C'est un euphémisme, n'est-ce pas?

Moins de 3000 Fr pour une caissière à la Migros à plein temps. Impossible de vivre avec ça à Genève. Le rêve de la droite: plus aucune réglementation dans les rapports de travail, et donc un personnel corvéable à merci. Les capitalistes sont toujours trop bons avec les prolétaires qu'ils emploient.

Écrit par : Johann | samedi, 28 mars 2009

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