mercredi, 11 mars 2009

Plan-plan de relance

La crise économique sera " plus aiguë et plus longue que prévu ", a sombrement annoncé le directeur du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO), Jean-Daniel Gerber. Le SECO annonce une baisse du produit intérieur brut plus importante qu'estimé en 2009 et 2010, et donc, avec un décalage dans le temps, une hausse du chômage également plus importante que prévu. Ces prévisions ne semblent guère ébranler les certitudes immobiles de la majorité politique de ce pays, à l'image de l'ancien Conseiller fédéral Villiger, promu président de l'Union de Banques Suisses, qui affirme " en tant qu'ancien Conseiller fédéral et libéral convaincu " vouloir redresser la banque sans nouvelle aide de l'Etat. Il a beau jeu de faire le fierot, Gaspard : l'Etat a déjà casqué six milliards pour une augmentation de capital de l'UBS et 70 milliards pour le rachat par la Banque Nationale d'actifs pourris.


75 ans plus tard, rien de neuf ?
La crise s'aggrave et s'installe dans la durée ? Un seul mot d'ordre : faire le dos rond. Le Conseil fédéral qui s'était dit prêt à " débloquer " un milliard de crédits budgétaires pour parer aux effets de la crise, ce qui aurait de toute façon été insuffisant, s'est jusqu'ici contenté d'un geste souffreteux : 550 millions. On est bien loin d'un " plan de relance ", mais la Suisse n'allait pas subitement devenir keynésienne sous le futile prétexte que la crise financière dégénérait en crise économique : la quasi totalité des fonds " libérés " par le gouvernement étaient déjà disponibles. En réalité, le Conseil fédéral a fait les fonds de tiroir, en puisant dans une réserve déjà constituée (un fond de crise créé en 1985) et en intégrant à un pseudo " plan d'action anti-récession " des éléments n'ayant strictement rien à voir avec la crise : le programme d'armement 2008 (917 millions) et la réforme de l'imposition des familles. D'où une réaction polie des patrons " les pouvoirs publics se préoccupent aussi de l'économie, et non seulement des banques ", a murmuré l'association faîtière de l'industrie, Swissmem, à quoi ont répondu, tout aussi poliment une réaction déçue (sans plus) des syndicats, et une réaction critique de l'institut KOFde l'EPFZ : " ce n'est pas avec ça que l'on évite une crise. Au mieux, cela soulagera un peu la douleur ". Un peu d'aspirine, beaucoup de placebo, aucun remède. Et surtout pas de changement dans la politique économique. Les plans " alternatifs " proposés par le PS et les syndicats (investir dans les infrastructures et la protection sociale) ont reçu, en gros et en plus poli, le même traitement que celui qui fut réservé il y a trois quarts de siècle à " l'initiative de crise " que les mêmes PS et USS avaient proposée comme réponse à l'effondrement économique des années trente. Permanence de l'aveuglement et pérennité des dogmes…

01:40 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : suisse, politique, crise | |  Facebook | | | |

Commentaires

SECO ! SECO ? C'est quoi ?

C'est qu'au ... début de la crise, le SECO a voulu stabiliser!
Et, stabiliser = immobiliser! / CQ...FD!

Écrit par : Père Siffleur | mercredi, 11 mars 2009

SECO ! AU SECO-URS !

Écrit par : duda | mercredi, 11 mars 2009

Seco-Urs?... Ours?... Ours de Berne?

Écrit par : Père Siffleur | mercredi, 11 mars 2009

"Les plans " alternatifs " proposés par le PS et les syndicats (investir dans les infrastructures et la protection sociale)"

Les plus touchés par la crise,ce sont les employés du secteur financiers et moyennement pour le bâtiment.En 2000 ce fut essentièlement la finance et très peu le bâtiment.Mais pour ces deux dernières crises le PS et les syndicats,misent et ont misés sur les investissements dans les infrastructure.A moins d'espérer de voir les employés de banques mettre des salopettes,c'est bien la gauche qui a la vue bouché et qui se trompe sans arrêt de cible.

D.J

Écrit par : D.J | mercredi, 11 mars 2009

Comme cela ne serait pas déplorable faire le dos rond semble être une panacée universelle au sein des événements actuels. Le dos rond va être notre crédo au moins jusqu’au temps de la révélation.

Écrit par : Olivia - Real Russian Brides | mercredi, 06 mai 2009

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