vendredi, 27 février 2009

Siège genevois de l'OMC et Parc Barton : Extension du domaine de la brute ?

Bob Cramer, venant plaider devant le Conseil municipal de la Ville pour qu'un préavis favorable soit donné au projet d'extension du siège de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) obtiendra ce qu'il veut après le passage du projet en commission : une assez large majorité le soutient, même si l'UDC d'une part, A Gauche Toute d'autre part, s'y opposent toutefois, pour des raisons contradictoires mais qui devraient s'additionner en référendum. La Ville ne donne qu'un préavis, c'est le canton qui décide, mais les partisans du projet agitent le spectre d'un départ de l'OMC à Petaouchnok à cause du " mauvais signal " que donnerait une rebuffade populaire aux organisations internationale. Et le débat de faire dans la nuance : " défendre ce projet, c'est défendre les intérêts de Genève " plaide Sandrine, " le cancer capitaliste attaque un poumon de Genève ", rétorque SolidaritéS. On ne serait pas en train de faire beaucoup de bruit pour pas grand chose ?


Perplexité…
On ne peut pas ne se fâcher qu'avec le PS, alors avouons notre perplexité et brouillons-nous avec nos copains et copines de la gauche de la gauche des Pâquis : on a un peu de peine à voir dans le référendum annoncé contre l'extension de l'OMC le combat du siècle contre la mondialisation capitaliste, et dans le Parc Barton en 2009 la réincarnation de la Cité Universitaire de Madrid en 1936.  Le projet d'extension de l'OMC ne valait certes pas qu'on l'approuvât sans mot dire ou presque : il créée un nombre excessif de places de parking, il accroît l'emprise du domaine de l'OMC sur un espace vert public, et il complaît à une organisation internationale qui n'est certainement pas celle dont Genève puisse avec le moins de réticences s'enorgueillir  -mais à vrai dire, il ne nous apparaît mériter ni l'honneur d'une mobilisation " au nom de Genève ", ni l'effort d'un référendum.  Combat-t-on la mondialisation capitaliste en se mobilisant pour qu'une promenade le long des berges du lac fasse 33 mètres de large au lieu de 35 mètres ? Et même si, prenant au sérieux les petits chantages de l'ami Lamy, l'OMC quittait Genève pour s'en aller à Luxembourg ou à Dubaï, serait-ce une victoire de l'altermondialisme ? A tout prendre, que l'OMC nous reste à portée de mégaphone devrait nous satisfaire. Entre deux manifs, on pourra toujours admirer ces fresques ouvriéristes commandées par le Bureau international du Travail dans les années vingt, planquées lorsque le GATT (ancêtre de l'OMC) s'est installé dans les murs du BIT et redécouvertes par le camarade Lamy. Les fresques socialisantes du BIT ressurgissant sur les murs de l'OMC : c'est sûrement un symbole -mais on ne sait pas vraiment de quoi...

05:05 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : omc, référendum | |  Facebook | | | |

Commentaires

Cette histoire d'OMC est scandaleuse ... mais où est la pétition contre cette extension que je la signe a la minute ? Cela pourrait faire partir cette "vénérable" institution ? MAIS QU'ELLE LE FASSE A LA MINUTE !

Écrit par : Djinius | vendredi, 27 février 2009

En d'autres termes, Solidarités essaie de surfer la vague altermondialiste pour tenter d'en récupérer/détourner la puissance à des fins de marketing politique. Pas nouveau, les trotskystes sont de vrais spécialistes en la matière, mais la cause, cette fois, parait bien mince.
Leurs partenaires du camp d'en face sur ce coup, à savoir l'UDC, agissent eux en parfaits maffieux spécialistes de l'extorsion. Sur le fond, ils n'ont rien contre l'OMC et pas grand chose non plus contre le rétrécissement de la pelouse accessible de 35 à 33 mètres...
Leur seul but, c'est de mettre le boxon, partout où ils peuvent, et tant pis pour les conséquences sur Genève et les Genevois, tant que l'Entente n'aura pas adoubé leur champion dans la course au conseil d'Etat. Du chantage pur et simple.

Écrit par : Toussaint Louverture | vendredi, 27 février 2009

Il est temps que cette organisation sans controle démocratique, qui a deja montré toute la haine qu'elle porte aux processus démocratique quand elle a essayé d'imposer en secret l'AMI, qui aurait traité bien des biens publics (santé, enseignements) comme de vulgaire marché de brosse-à-dent ouverts aux multinationales avide de faire du gain.

Qu'elle se tire de genève, au plus vite !

L'heure n'est plus à ces organismes opaques de promotion du commerce, l'heure est a la prise de conscience écoloqique et au développement durable, développement durable que l'OMC conchie par ses politiques néolibérales à courtes vue.

Dehors l'OMC !

Écrit par : Djinius | vendredi, 27 février 2009

Alors ça, c'est la meilleure ! Djnius qui nous fait une leçon de démocratie ! Arrête de picoler, ça ira mieux ! Le seul déceloppement durable que je connais, c'est la connerie de certains !

Écrit par : Octave Vairgebel | vendredi, 27 février 2009

Djinius, l'OMC est composé d'Ambassadeurs représentant leurs gouvernements, qui dans leur grande majorité sont des gouvernements démocratiques. Ils représentent les intérêts des peuples, pas des multinationales ni du capital.
Accessoirement, l'OMC, dans son fonctionnement est la plus démocratique de toutes les grandes institutions internationales dans la mesure où, contrairement à l'ONU, il n'y existe pas de Conseil de Sécurité de cinq membres disposant de superpouvoirs.
J'ajouterai que l'AMI est un vaste sujet de discussions, mais qu'en matière de santé, par exemple, puisque vous en parlez, une ouverture plus grande du marché suisse permettrait certainement de faire baisser les prix des primes d'assurance et aussi des médicaments, la fermeture profitant d'abord aux multinationales de Bâle...
Arrêter de piccoler je ne sais pas, et ce n'est pas mes oignons, mais enlever vos oeillères, ça je suis sûr que cela vous ferait du bien.

Écrit par : Philippe Souaille | vendredi, 27 février 2009

... dire ou croire que les gouvernements, fussent-ils démocratiques, "représentent les intérêts des peuples, pas des multinationales ni du capital" me paraît relever d'un optimisme légèrement excessif : les gouvernements représentent les intérêts des Etats -autrement dit, des raisons d'Etat qui ne coïncident qu'assez fortuitement avec les "intérêts des peuples"...
Quant à quialifier l'OMC de "plus démocratique de toutes les grandes institutions internationales", c'est oublier l'OIT... où les Etats ne disposent que du tiers des représentations (même si dans le cas des Etats non-démocratiques, cette règle ne signifie pas grand chose...)
Cela dit, que l'OMC reste à Genève ou non ne cnangera strictement rien à ce qu'est l'OMC. Et je préfère de beaucoup la voir (et l'avoir) ici qu'à Luxembourg ou à Dubaï : pour les manifs, c'est plus facile. Et j'aime assez cette situation où Genève est à la fois le siège de l'OMC et le lieu de rencontre de ses adversaires...

Écrit par : Pascal Holenweg | samedi, 28 février 2009

Les raisons d'Etat présentent effectivement le gros défaut d'être nationales et donc d'opposer les peuples entre eux. Sur ce point, nous sommes d'accord, ayant au moins l'internationalisme en commun. Mais jusqu'à preuve du contraire le gouvernement d'un état démocratique représente son peuple au moins autant qu'un syndicat, qui n'en représente qu'une partie.
Pour moi la démocratie n'est pas la dictature du prolétariat (d'ailleurs qu'est-ce que le prolétariat aujourd'hui sous nos contrées ?) pas plus qu'elle ne saurait être celle des ONG dont la représentativité est aussi incontrôlée que disparate, voire franchement douteuse.
Là où je vous rejoins en revanche c'est sur l'utilité et la nécessité des contre-pouvoirs que représentent ONG, syndicats ou autres comités citoyens...

Écrit par : Philippe Souaille | samedi, 28 février 2009

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