lundi, 19 janvier 2009

Prolétaires de tous les pays, repoussez-vous ?

" En général, de nos jours, le système protecteur est conservateur, tandis que le système du libre-échange est destructeur. Il dissout les anciennes nationalités et pousse à l'extrême l'antagonisme entre la bourgeoisie et le prolétariat. En un mot, le système de la liberté commerciale hâte la révolution sociale. C'est seulement dans ce sens révolutionnaire, Messieurs, que je vote en faveur du libre-échange." "(Karl Marx, Discours sur le libre échange)

Libre circulation des idiots utiles

Le débat sur la "libre circulation" n'a peut-être pas beaucoup fait progresser la compréhension de l'enjeu, mais nous aura au moins permis de retrouver, toute frétillante, au fond, à gauche, une espèce qu'on espérait en voie de disparition : celle des "idiots utiles", que le célèbre zoologue russe V.-I. Oulianov avait insérée dans les listes de Linné et Buffon, quelque part entre le cheval de trait et le boeuf de labour. Nous voilà donc avec un comité "de gauche" opposé à la libre-circulation des travailleurs, au nom de la lutte contre le "démantèlement social", comme si empêcher les Bulgares et les Roumains de venir travailler légalement en Suisse allait renforcer en quoi que ce soit la résistance au néo-libéralisme, ici et ailleurs. Si le "non" l'emporte le 8 février, la victoire ne sera pas celle des "idiots utiles" du "non de gauche", mais celle des gros bataillons électoraux de l'aile dure de l'UDC, celle-là même qui poussait le patronat de la construction à ne pas céder à l'exigence des travailleurs de ré-établir une convention collective nationale. Si le "non" gagne, ce sont les partisans des privatisations, des coupes dans les assurances sociales, de la sous-enchère salariale et du démantèlement des garanties conventionnelles, qui l'auront emporté. Et d'entre eux, quelques employeurs de travailleuses et travailleurs au noir. Les défenseur d'un "non de gauche" à la "libre circulation" se font, inconsciemment (mais en toute bonne fausse conscience) les fourriers de cette victoire possible de ce que le champ politique de ce pays fait pousser de pire. Comme si c'était contre d'autres travailleurs, et non contre le patronat qu'il convenait de protéger les travailleurs de Suisse. Le "non de gauche", le 8 février, ne pèsera rien face au "non" d'extrême-droite. Il ne sera qu'une force d'appoint aux xénophobes; une force peut-être nécessaire à une victoire de l'UDC, mais parfaitement nuisible au renforcement de la solidarité entre travailleuses et travailleurs suisses et étrangers, résidants et immigrants, immigrants "traditionnels" et immigrants nouveaux. Mais il y a encore pire que ces "idiots utiles" à l'UDC. Il y a ceux qui croient, pouvoir renforcer le camp du "oui" en menant la poilitique prônée par le camp du "non". Le pire, ou le tréfond, est atteint (du moins pour l'instant, le pessimisme de la raison contredisant ici l'optimisme de la volonté, et suggérant qu'à Genève comme en Algérie, "quand on a touché le fond, on ne remonte pas, on creuse") avec la rafle de mendiants roms organisée à Genève par nos démocratiques et humanistes zautorités, lesquelles assument sans honte apparente l'intégration de la rafle policière dans la liste des méthodes de campagne électorale. Pour les élections cantonales de cet automne, on nous prévoit quoi pour "couper l'herbe sous les pieds de l'extrême-droite" ? Un pogrom ?

01:53 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : politique, votation, immigration, genève | |  Facebook | | | |

samedi, 17 janvier 2009

Mais que fait la polis ?

Manif anti-WEF du 31 janvier : Genève menacée de devenir Athènes…


Sans accord sur l'indemnisation des heures supplémentaires, et sans respect de l'accord sur celles effectuées lors du funeste Euro2008, la police genevoise menace de n'assurer qu'un service sécuritaire minimum lors de la manifestation organisée le 31 janvier contre la tenue, à 250 kilomètres de là, du " World Economic Forum " de Davos. Par l'odeur électorale alléchées, la droite s'inquiète de possibles " débordements " et l'extrême-droite veut interdire la manif. Quant au Conseil d'Etat, il réfléchit. Ça en fait au moins sept qui se livrent à un exercice utile..

Hellas, trois fois Hellas…

L'UDC a déposé au parlement une demande d'interdiction pure et simple de la manifestation (le Black Block en tremble), et des élus des partis de l'Entente ont fait une démarche similaire, mais plus discrète. De son côté, le gouvernement hésite, affirme prendre " au sérieux " la menace de " débordements ", mais sans " céder à la panique ", tout en demandant l'aide des autres polices romandes, de la police ferroviaire et de la Confédération. Du coup, les congés des policiers sont suspendus du 29 janvier au 2 février, et les policiers et gendarmes, qui s'étaient déjà fait avoir lors de l'Euro 2008, râlent sec. Tout ça pour quoi ? Pour une manifestation qui, même dans les prévisions les plus optimistes des organisateurs, ne devrait en rien pouvoir se comparer avec la marée humaine de 2003, contre le G-8.  Certes, sur des sites internet étrangers, des appels ont été lancés à transformer " Genève en Athènes " (allusion aux violents affrontements, qui n'avaient d'ailleurs rien à voir avec le WEF, qui ont opposé de jeunes manifestants à la police grecque il y a quelques semaines). Transformer Genève en Athènes ? Vaste programme. Où parmi nous peuvent se nicher les Périclès, Solon, Eschyle, Sophocle ou Phidias indispensables à cette miraculeuse métamorphose ?  En les attendant, on se contentera d'écrire ici que vu l'état en lequel les pingouins qui se réuniront à Davos laissent le monde et la compétence qu'ils ont démontrée ces derniers temps dans la " gestion de la crise " de leur propre système économique, social et politique, on ne sait pas s'il y aura des " casseurs " à Genève, mais on sait déjà où seront les provocateurs : à Davos.

02:17 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (29) | Tags : wef, manifestation | |  Facebook | | | |

vendredi, 16 janvier 2009

Une reine aux Rois

Real Griselidis.jpgGrisélidis Réal :
Une reine aux Rois


Le Conseil administratif a confirmé que Grisélidis Réal reposera au cimetière des Rois, à Plainpalais, notre petit Panthéon à nous, dès le 9 mars. Cris d'orfraies dans la parvulissime République : quoi ? Une prostituée dans un jardin réservé aux personnalités " particulièrement méritantes " ? Eh bien oui, parce que Grisélidis, prostituée ou non, était " particulièrement méritante ". Et qu'on n'est pas sûr de pouvoir en dire autant de tous ses futurs voisins.


Les cendres de la sorcière

La dame avait vécu de ses charmes, certes. Mais, prostituée et se revendiquant telle, Grisélidis était aussi écrivaine de grande race, et citoyenne de bel engagement. Elle avait d'ailleurs moins défendu la prostitution que les prostituées. Quant à l'écrivaine, que celles et ceux (surtout celles, hélas) qui s'indignent que ces cendres pussent reposer à côté de celles d'obscurs notables la lisent : ses mots plaident pour elle. Enfin, c'est la citoyenne, la fondatrice d'Aspasie, la militante de la cause des plus méprisées et des plus exploitées d'entre les femmes, qu'on honorera. Défendant le choix du Conseil administratif, Patrice Mugny a parfaitement raison d'affirmer que " dans une société idéale, les femmes ne devraient pas avoir à vendre leur corps "... mais dans une " société idéale ", nul ne devrait avoir à vendre ni son corps, ni son temps, ni ses rêves -et on se rappellera, avec quelques vieux anarchistes, que la prostitution n'est après tout qu'une métaphore du salariat (on ne vend pas son corps, mais on vend un temps pendant lequel l'acheteur fait de nous ce qu'il veut), d'autres ajoutant qu'après tout, ce qui sépare la prostituée de l'épouse bourgeoise est que la première se fait payer pour ce que la seconde doit subir par devoir conjugal. Grisélidis s'était prostituée, certes, mais on ne jurera pas que d'entre les augustes dépouilles reposant aux Rois, aucune ne soit celle d'hommes qui n'ait pire à se reprocher. On pourra jurer, en revanche, qu'il en est de nombreux dont les " mérites particuliers " furent infiniment moindres que ceux de la Courtisane. Et dont le nom même ne dit plus rien à personne, quand les mots de Grisélidis sont encore célébrés comme ceux d'une égale des grands écrivains.

04:24 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : grisélidis, réal, cimetière, littérature, prostitution | |  Facebook | | | |

jeudi, 15 janvier 2009

Les bilatérales ou l'adhésion

Votation fédérale du 8 février :

" L'une des plus importantes votations de l'histoire économique de la Suisse " : c'est ainsi que Doris Leuthard a défini l'enjeu du 8 février. C'est beaucoup dire, mais ce n'est qu'une exagération : le vote est en effet important. Encore faut-il savoir ce qui nous importe dans ce vote -et ce n'est certainement pas la bonne santé financière des industries d'exportation, mais un droit fondamental : la " libre circulation " des personnes, précisément. Les accords bilatéraux ne la garantissent pas à toutes et tous, mais du moins l'accordent-ils aux ressortissants suisses et européens (les Bulgares et les Roumains devront quand même attendre 2017 pour en bénéficier pleinement). Ce n'est qu'un début : La libre-circulation ne se monnaie pas, c'est un principe, une concrétisation non négociable du refus, constitutif de l'internationalisme, de toute discrimination entre travailleuses et travailleurs selon leur origine.

Schadenfreude
Si le 8 février les Suisses refusaient les " bilatérales II " et l'extension de la " libre circulation " (sélective et pas vraiment " libre "), les accords bilatéraux, auxquels la Suisse s'accroche pour ne pas avoir à se poser la question de l'adhésion pure et simple à l'Union européenne, deviendraient caducs à la fin de l'année (cet automatisme étant inscrit dans l'accord), et la Suisse devrait les renégocier en position de faiblesse, avec l'Union Européenne dans son entier, Bulgarie et Roumanie comprises. Et on ne lui fera pas de cadeaux, à la Suisse. On ne voit d'ailleurs pas pourquoi on lui en ferait, dès lors qu'elle a plus besoin de l'Europe que l'Europe d'elle. Et que, n'étant pas membre de l'Union Européenne, elle ne pèse rien dans les processus de décision de l'UE. C'est d'ailleurs là que gît le paradoxe le plus intéressant du vote du 8 février : si le " non " l'emporte, et casse les accords bilatéraux, la Suisse se retrouvera devant une alternative claire, simple, basique : adhérer à l'Union ou dépérir dans son coin. L'UDC, ses courroies de transmission, ses satellites d'extrême-droite et les europhobes de gauche auraient ainsi permis d'avancer dans la voie de l'adhésion ... " amusant, non ? "

05:13 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (34) | Tags : bilatérales, votations, union européenne | |  Facebook | | | |

mercredi, 14 janvier 2009

Txapela batez ez daite bi buru esta*

* " On ne peut pas mettre deux têtes sous un seul béret " ; quant à empiler les bérets sur la même tête, comme le dit le président du PS dans la "Tribune " de hier : " on ne peut pas être au four et au moulin. Les cumulards s'épuisent, épuisent les autres et déçoivent ".

En bons spécialistes qu'ils sont de la proclamation de grands principes sonores suivie de petits accommodements avec la réalité, les partis politiques genevois se penchent sur la question du cumul des mandats. Les Verts ont exclu ce cumul dans leurs statuts, mais Bob Cramer est à la fois Conseiller d'Etat et Conseiller aux Etats; les socialistes aussi l'ont exclu dans leurs statuts, mais s'apprêtent à pouvoir y déroger; le MCG, dont un député (Cerutti) cumule son mandat avec celui de Conseiller administratif de la deuxième commune du canton, propose de modifier la Constitution pour interdire le cumul d'un mandat de Conseiller d'Etat avec un mandat au Chambres fédérales.

Omelette aux cumulardons

Les socialistes, comme d'autres (les Verts, notamment) proscrivent statutairement le cumul des mandats, mais, comme d'autres, se laissent la possibilité de déroger au principe du non-cumul. Il se trouve qu'une assemblée générale socialiste, oublieuse des traditions pragmatiques du parti, a fauté : elle a adopté une règle de non-cumul du mandat de constituant-e avec tout autre mandat électif, sans prévoir la possibilité de ne pas appliquer cette règle. On n'a pas idée de vouloir être cohérents… Il ne s'est donc pas passé deux mois après l'élection de la Constituante pour que les vieux réflexes reprennent le dessus. Et pour que les socialistes s'apprêtent, ce soir, à ré-autoriser, entre deux mandats électifs (à la Constituante et au Grand Conseil) le cumul qu'ils avaient interdit. Ils ne l'avaient pourtant pas interdit sans raisons, dont les deux principales sont de principe : d'une part il s'agit d'élargir au maximum le nombre des représentant-e-s dans les diverses institutions politiques, ce qui suppose que l'on évite d'envoyer la même personne dans plusieurs institutions, la représentativité d'un parti politique se mesurant aussi à la variété des femmes et des hommes qui le représentent; d'autre part, il s'agit d'impliquer le maximum de personnes différentes dans le travail politique. Ces deux principes paraissaient suffisamment fondamentaux pour qu'on n'y déroge pas, fût-ce occasionnellement. Quelque chose aurait donc changé ? le résultat de l'élection de la Constituante, s'agissant des socialistes comme d'autres, ne fut pourtant pas tel que le PS pût se satisfaire de la variété des genres et des générations représentées dans cette auguste assemblée…

02:43 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : genève, constituante, grand conseil, ps | |  Facebook | | | |

mardi, 13 janvier 2009

Dieudonné, ou la liberté d'excrétion

Peut-on interdire la connerie ?

Dieudonné " fera l'con " les 6 et 7 février à Genève. Le 26 décembre dernier, à Paris, Dieudonné avait fait monter sur scène le vieil antisémiste Robert Faurisson et lui avait fait remettre par un figurant déguisé en déporté juif un " prix de l'infréquentabilité et de l'insolence ". Infréquentable, sans doute Faurisson l'est-il. Mais c'était lui faire trop d'honneur que lui attribuer la moindre insolence, comme ç'eût été en faire trop à Dieudonné que lui interdire de " faire l'con " à Genève. On n'interdit pas une merde. On la balaie, ou on marche dessus si on a besoin d'un porte-bonheur.

Voltaire et Saint-Just sont dans un bateau...

La liberté d'expression est, par définition, illimitée. Elle implique cependant la responsabilité individuelle de qui en use. Dieudonné a donc le droit d'étaler sa connerie, revendiquée, sur scène : il en assumera les conséquences. Le priver de ce droit par une censure préalable exercée par une autorité politique ne reviendrait qu'à faire un maximum de publicité à une connerie provocatrice. Et à ouvrir un champ miné aux interventions politiques de toutes sortes, non seulement contre les provocateurs à la petite semaine genre Dieudonné, mais ensuite contre tous les " mal-pensant " possibles et imaginables. Comme on l'avait fait il y a trois lustres contre cette indispensable vieille crapule de Voltaire, en prohibant la mise en scène de son " Mahomet ", charge antireligieuse plus qu'anti-musulmane, qu'on avait cru séant de considérer comme inopportune car blessante pour les musulmans. Noam Chomsky a raison, pour qui " si on ne défend pas la liberté d'exprimer les idées les plus méprisables, on ne défend pas vraiment la liberté d'expression ". De même ne défend-on pas la liberté de religion si on ne défend pas le droit au blasphème. Dieudonné n'est pas Voltaire, juste un médiocre histrion dont le succès médiatique, dans un monde où la forme d'un propos compte plus que son fond, ne tient qu'aux réactions indignées qu'il cherche (et réussit) à susciter. Raison de plus pour ne pas lui faire l'honneur d'une interdiction. Entre Voltaire et Saint-Just, entre le " Je suis pas d'accord avec ce que vous dites mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire " de l'un, et le " pas de liberté pour les ennemis de la liberté " de l'autre, il y a un espace que ni le patriarche des Lumières, ni l'archange de la révolution n'ont exploré : celui du mépris. En lequel on peut laisser Dieudonné et Faurisson se vautrer.

02:29 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : dieudonné, faurisson, antisémitisme | |  Facebook | | | |

samedi, 10 janvier 2009

Un référendum pour un débat

Centre pour l'image contemporaine
Un référendum pour un débat


En décembre, lors du grand débat budgétaire, le Conseil municipal a décidé de transférer la subvention accordée au Centre pour l'image contemporaine (CIC) au Centre d'art contemporain (CAC) et au Fonds municipal d'art contemporain (FMAC). Cette décision, totalement contradictoire d'une motion votée six mois plus tôt par le même Conseil municipal, à propos du même Centre pour l'image contemporaine, condamne celui-ci à mort. Le référendum municipal lancé contre la décision de décembre, et qui peut donc s'appuyer sur celle de juin, est une sorte de demande de grâce -non pour le principe même de la grâce, mais pour laisser le temps à un projet d'émerger, qui soit alternatif à la fois à la pétrification du CIC dans son état actuel et à sa suppression pure et simple. Entre deux solutions, la troisième est souvent la meilleure.

Donner du temps à un projet

En l'absence de toute possibilité constitutionnelle de " référendum constructif " ajoutant au refus d'une décision, une proposition de décision alternative, un référendum est par définition un acte d'opposition, mais cette opposition " dégage le terrain " politique, en maintenant ouvert le champ des possibles afin qu'ensuite, sur le terrain dégagé, quelque chose de nouveau puisse être construit. Encore faut-il concevoir ce " quelque chose de nouveau ". Le référendum contre la suppression de la subvention au CIC se justifie par le fait même qu'en proposant de revenir sur la décision qui, de facto, abolit cet acteur culturel, il obligera, s'il aboutit, à se poser quatre questions :
- Genève doit-elle se doter d'une institution autonome active dans le champ de l'imagerie contemporaine ?
- quel contenu, quel mandat, donner à une telle institution : produire, représenter, expérimenter, constituer un patrimoine, ou tout cela à la fois ?
- quelle forme cette institution doit-elle prendre ? publique ou privée ? municipale ou cantonale ?
- enfin, que faire de l'actuelle Fondation de Saint-Gervais, fondation de droit privé mais dépendant presque totalement du financement public, et dont l'organe " suprême ", le Conseil de fondation, n'est composé que de représentant de collectivités et de services publics ?
Ce sont ces questions qui devront être posées si le référendum aboutit. Et elles ne pourront vraisemblablement être posées que s'il aboutit. Parce que le CIC mort et ses dépouilles dispersées dans d'autres institutions, un projet culturel pour l'imagerie contemporaine à Genève sera très vraisemblablement le dernier des soucis des acteurs politiques locaux.

Signez le référendum contre la disparition du Centre pour l'image contemporaine (CIC) de Saint-Gervais
feuilles de signatures téléchargeables sur
www.sauvons-le-cic.ch
Dernier délai de renvoi : jeudi 22 janvier


02:20 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : genève, cic, saint-gervais, référendum | |  Facebook | | | |

vendredi, 09 janvier 2009

Gaza : Encore dix jours de massacre ?

Gaza :
Encore dix jours de massacre ?


Depuis le 27 décembre, l'armée israélienne bombarde Gaza. Gaza, c'est la plus forte densité de population au monde : un million et demi de personnes sur la surface du canton de Genève. Quand on bombarde la ville, on ne peut que bombarder la population civile. Tout est concentré, entassé, mélangé : les hôpitaux et les dépôts d'arme, les écoles et les locaux du Hamas, les mosquées et les casernes. L'armée israélienne le sait -et elle le sait d'autant mieux qu'elle a déjà occupé Gaza, pendant trente ans. Aujourd'hui, elle l'isole, en proclamant qu'elle ne songe nullement à la réoccuper. Pour ceux qui y vivent, la différence est notable : le blocus, s'ajoutant aux bombardements, est encore pire que l'occupation : électricité coupée, relais téléphoniques détruits, pénurie de médicaments, approvisionnement alimentaire aléatoire...


En attendant le nouveau Pharaon

Jamais Israël n'avait consacré autant de moyens et d'efforts à entraver l'information sur une campagne militaire. Sa guerre, Tsahal veut la mener hors du regard des media. Mais elle entend bien, en revanche, utiliser les media pour légitimer ses opérations à Gaza, en organisant des visites guidées sur les lieux bombardés par le Hamas -qui de son côté met en évidence les écoles, les mosquées, les hôpitaux bombardés par Israël et les morts civils relevés après ces bombardements. La dissymétrie des moyens rend toute comparaison des bilans absurde, et dans l'affrontement d'un Etat et d'une organisation armée, le plus puissant est forcément le plus coupable. La Suisse, dépositaire des Conventions de Genève (dont la quatrième érige la protection des populations civiles en devoir pour les acteurs d'un conflit) a donc le devoir de " faire quelque chose " pour mettre fin à la boucherie. Mais le massacre de Gaza arrange trop de monde pour qu'il y soit peut-être mis fin tant que ceux qui le commettent, et ceux qui l'utilisent, y trouvent quelque intérêt. C'est-à-dire avant le 20 janvier, date du couronnement d'un nouveau Pharaon à Washington, que les gouvernants israéliens n'ont aucun intérêt à gêner s'ils veulent obtenir son soutien. D'ici là, le Hamas, qu'Israël manipulait autrefois pour l'utiliser contre le Fatah, aura sans doute été très affaibli militairement, mais peut-être renforcé politiquement -comme le Hezbollah le fut au Liban. Le Hamas avait pris Gaza parce que la misère y régnait, le Hamas pourrait bien garder Gaza parce que la guerre y est revenue. Or cette organisation caricaturalement réactionnaire est parfaitement indigne du statut de martyr qu'Israël lui offre.

04:54 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : gaza, israël, hamas, obama | |  Facebook | | | |

jeudi, 08 janvier 2009

Il est né le divin consensus ?

Mobilité en Ville : tous les partis politiques municipaux appellent à des " Etats généraux "

Tous les partis représentés au Conseil municipal de la Ville de Genève présentent une motion commune demandant à l'exécutif municipal d'organiser des " Etats généraux de l'aménagement et de la mobilité ". La motion sera à l'ordre du jour du Conseil municipal du 20 janvier, et ses signataires l'inscrivent dans la perspective de la mise en consultation du Plan directeur communal " Genève 2020 ".

Embouteillage de bons sentiments

Le moment n'est pas mal choisi (Genève va se couvrir de chantiers liés à la mobilité jusqu'en 2012, au moins), et les intentions sont louables (" faisons déjà ce sur quoi nous sommes d'accord, et le plus vite possible ", plaide le socialiste Gérard Deshusses), mais à quel genre de compromis boîteux et de consensus mous peut-on arriver en organisant une " vaste consultation " sans proposition préalable, et sans autre intention que celle de " réunir tout le monde ". Réunir tout le monde pour tirer quoi de ce jamboree ? Sur quoi serions supposés être " tous d'accord " ? Nous ne le sommes ni sur le péage urbain, ni sur la fermeture de 200 rues à la circulation automobile (que propose une initiative des Verts), ni sur la suppression du stationnement gratuit et la restriction de la circulation des deux roues motorisés (aussi polluants, sinon plus, que les bagnoles, et généralement plus bruyants), ni sur la construction de nouveaux parkings (créer des parkings incite évidemment à utiliser ce qu'on y parque), ni sur la hausse des tarifs des parkings existants... ni même sur le CEVA, ni, enfin et surtout, sur la nécessité de libérer la ville de la voiture, et de cesser de prendre la vessie du " libre choix du mode de transport " pour autre chose que ce qu'elle est : une foutaise rhétorique. Au fond, les objectifs des uns et des autres restent les mêmes, et mêmement inconciliables : assurer l'accès du centre-ville en bagnole pour les uns, virer la bagnole de la ville pour les autres (dont nous sommes). On souhaite bonne chance aux acteurs des futurs " Etats généraux de la mobilité " (auxquels il n'y a par ailleurs aucune raison de s'opposer -un brainstorming de plus n'est jamais de trop) : ils auront du pain sur la planche. A roulettes, la planche.

03:52 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : aménagement, transports, mobilité, automobile | |  Facebook | | | |

mercredi, 07 janvier 2009

Le terroriste, c'est l'autre. Forcément.

Les droits humains, solubles dans la guerre contre le terrorisme


Depuis sept ans, une " guerre contre le terrorisme " se mène, non seulement contre l'ennemi qu'elle désigne (le " terrorisme ", précisément, et les " terroristes ", ou présumés tels), mais aussi contre les droits fondamentaux, perçus comme autant d'entraves à la liberté de mener cette guerre comme on entend la mener -y compris, au besoin, par les mêmes méthodes que celles de l'adversaire désigné.

Injuste cause

Contre quoi au juste, et contre qui, fait-on la guerre quand on la fait au " terrorisme " ? Et au nom de quoi ? Les Etats démocratiques affirment la faire au nom précisément de la défense de la démocratie et des droits humains, grands et beaux principes dont notre ennemi est l'ennemi -ce qui nous permet, à nous, démocrates et humanistes, de nous désigner comme le camp du juste et du bien. Que des Etats mènent une guerre contre le " terrorisme " au nom des droits humains devrait les obliger à la faire, s'il est possible, en respectant ces droits. Mais quand la " guerre contre le terrorisme" " aboutit à Guantanamo, ses guerriers usent eux-même de méthodes " terroristes " qui finissent par justifier, légitimer, le " terrorisme " qu'ils affirment combattre. Que reste-t-il des droits humains quand une guerre menée contre ceux que l'on désigne comme étant leurs ennemis se mène en écrasant ces droits ? Les Etats et les gouvernements, mais aussi les groupes armés non étatiques, accusés de violer massivement les droits humains sont toujours les adversaires de ceux qui les accusent - pas parce qu'ils violent les droits humains mais parce qu'ils sont déjà les adversaires de leurs accusateurs. Le bourreau, le tortionnaire, le terroriste, c'est l'autre -ça ne peut être que l'autre. Et si l'autre nous accuse d'être nous-mêmes bourreaux, tortionnaires ou terroristes, l'accusation est forcément mensongère, puisqu'elle vient de l'Autre, avec la majuscule de la démonisation. La France ne torturait pas en Algérie, ni les Etats-Unis à Guantanamo, ni la Russie en Tchétchénie, ni la Chine au Tibet; en Algérie, la France procédait à des " interrogatoires poussés " comme à Guantanamo les Etats-Unis, et en Tchétchénie la Russie rétablit l'ordre comme la Chine au Tibet. Ou Israël à Gaza.

03:38 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : terrorisme, terroristes, guantanamo, gaza | |  Facebook | | | |

mardi, 06 janvier 2009

Bonne année… 2010 ?

Crise économique et financière, racket des fonds publics par les banques en déroute, dérèglements climatiques, Gaza, Afghanistan, Irak, Congo, Zimbabwe…

Bonne année… 2010 ?


Dans l'état actuel du monde, ce serait faire preuve d'un irréalisme absolu que souhaiter à des dizaines de millions de nos colocataires une " bonne année ". Leur souhaiter une année, entière, semble déjà optimiste. Mais nous ne serions pas socialistes si nous n'étions pas optimistes -au moins de cet " optimisme de la volonté " qui, tempéré par le " pessimisme de la raison ", nous convainc encore que toute action n'est pas vaine.

Ephéméridules

2009 commence comme 2008 a fini : mal. Et pour la suite ? Certes, il y aura la prise de fonction de Barack Obama, et la fin de la plus calamiteuse des administrations américaines depuis trois quarts de siècle. Mais pour le reste, et pour l'essentiel, qu'attendre de l'an 2009 du calendrier grégorien ? Passons sur deux événements bouleversifiants : la prestation par les membres de la Constituante genevoise d'un serment que personne ne leur a demandé de prêter, et les élections cantonales genevoise, dont pas grand monde n'attend grand chose, sinon qu'elles rétablissent un Grand Conseil un tant soit peu représentatif des choix électoraux et du rapport de force réel entre la gauche et la droite. Pour le reste, on notera la votation fédérale de février, sur l'élargissement à la Bulgarie et à la Roumanie des accords bilatéraux Suisse-Union européenne. Votation pour laquelle les zoophiles de l'UDC ont échangé sur leurs affiches les moutons noirs contre des corbeaux du même jais. Et puis, d'autres élections sont annoncées, notamment en Israël, où la campagne électorale a été déclenchée. En bombardant Gaza (et tout Gaza, pas seulement le Hamas : la population civile aussi, femmes et enfants compris) pour montrer aux électeurs qu'on est forts et déterminés. En donnant par la même occasion aux régimes " arabes " une nouvelle occasion de détourner l'attention de leurs propres peuples en les mobilisant contre un ennemi d'autant plus commode qu'il est lointain, et que la " rue arabe " en vitupérant Israël ne se dresse pas contre ses propres potentats… l'antisionisme, comme opium des peuples arabes : la recette est vieille de soixante ans, mais il semble bien que c'est dans les vieilles pipes que cet opium fasse le meilleur effet. Dans les rues " arabes " comme dans les urnes suisses, le bouc émissaire broute.

02:24 Publié dans voeux | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : genève, suisse, 2009 | |  Facebook | | | |

jeudi, 01 janvier 2009

MMIX

voeux.jpg

05:06 Publié dans Amis - Amies | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : voeux | |  Facebook | | | |