jeudi, 08 janvier 2009

Il est né le divin consensus ?

Mobilité en Ville : tous les partis politiques municipaux appellent à des " Etats généraux "

Tous les partis représentés au Conseil municipal de la Ville de Genève présentent une motion commune demandant à l'exécutif municipal d'organiser des " Etats généraux de l'aménagement et de la mobilité ". La motion sera à l'ordre du jour du Conseil municipal du 20 janvier, et ses signataires l'inscrivent dans la perspective de la mise en consultation du Plan directeur communal " Genève 2020 ".

Embouteillage de bons sentiments

Le moment n'est pas mal choisi (Genève va se couvrir de chantiers liés à la mobilité jusqu'en 2012, au moins), et les intentions sont louables (" faisons déjà ce sur quoi nous sommes d'accord, et le plus vite possible ", plaide le socialiste Gérard Deshusses), mais à quel genre de compromis boîteux et de consensus mous peut-on arriver en organisant une " vaste consultation " sans proposition préalable, et sans autre intention que celle de " réunir tout le monde ". Réunir tout le monde pour tirer quoi de ce jamboree ? Sur quoi serions supposés être " tous d'accord " ? Nous ne le sommes ni sur le péage urbain, ni sur la fermeture de 200 rues à la circulation automobile (que propose une initiative des Verts), ni sur la suppression du stationnement gratuit et la restriction de la circulation des deux roues motorisés (aussi polluants, sinon plus, que les bagnoles, et généralement plus bruyants), ni sur la construction de nouveaux parkings (créer des parkings incite évidemment à utiliser ce qu'on y parque), ni sur la hausse des tarifs des parkings existants... ni même sur le CEVA, ni, enfin et surtout, sur la nécessité de libérer la ville de la voiture, et de cesser de prendre la vessie du " libre choix du mode de transport " pour autre chose que ce qu'elle est : une foutaise rhétorique. Au fond, les objectifs des uns et des autres restent les mêmes, et mêmement inconciliables : assurer l'accès du centre-ville en bagnole pour les uns, virer la bagnole de la ville pour les autres (dont nous sommes). On souhaite bonne chance aux acteurs des futurs " Etats généraux de la mobilité " (auxquels il n'y a par ailleurs aucune raison de s'opposer -un brainstorming de plus n'est jamais de trop) : ils auront du pain sur la planche. A roulettes, la planche.

03:52 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : aménagement, transports, mobilité, automobile | |  Facebook | | | |

Commentaires

En allant à la radio mardi matin à 7h20 pour une émission je me suis retrouvé en sortant de chez moi devant la (longue) file de voitures stoppée à la route de Troinex. Surtout des 74. L'une d'elles me laissait gentiment rentrer, mais je suis retourné au garage, prendre mon scooter malgré le froid et la glace pour être certain d'arriver à l'heure. Accessoirement, seuls les 2 temps polluent davantage en proportion. Or il n'y en a presque plus et ils seront bientôt interdits. Le bruit, lui, il suffit d'imposer de meilleurs pots d'échappement.
Le problème, ce n'est pas l'accès en ville des quelques véhicules qui y ont à faire des courses rapides (professionnelles, familiales ou commerciales dans la journée), ce sont les flux pendulaires. Croyez vous que ça les amuse, les-dits pendulaires, frontaliers ou autres, de poireauter 3/4 d'heure en polluant tous les matins et souvent tous les soirs au retours ? En payant des fortunes pour se parquer ?
Bien sûr que non. Il faut simplement des transports en commun efficaces et attractifs, avec des parkings d'échange bien situés. Et aussi une traversée de la rade pour éviter aux véhicules (et aux transports en commun) allant d'une rive à l'autre de devoir passer par le centre ville...
Ce pow wow tombe très bien. Du débat peut jaillir la lumière, ou en tout cas le consensus. Et résoudre une bonne partie des problèmes de bon voisinage qui sont en train de nous pourrir la vie et qui vont finir par nous exploser à la figure, politiquement, puis économiquement, si l'on ne prend pas des mesures.

Écrit par : Philippe Souaille | jeudi, 08 janvier 2009

"cesser de prendre la vessie du " libre choix du mode de transport " pour autre chose que ce qu'elle est : une foutaise rhétorique."

Pour la gauche dont les pastèques font partie le "libre choix" a toujours été une foutaise, au même titre que la responsabilité individuelle.

CE

Écrit par : Eastwood | jeudi, 08 janvier 2009

"au même titre que la responsabilité individuelle."

Quel humour, vas-y, parle nous de la responsabilité des grands gourous de la finance qui vienne pleurer pour que le bon peuple leur verse des aides ?

Écrit par : Djinius | jeudi, 08 janvier 2009

Parce que le Djiniouz il gagne sa vie comment ?

Écrit par : Eastwood | jeudi, 08 janvier 2009

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