mercredi, 07 janvier 2009

Le terroriste, c'est l'autre. Forcément.

Les droits humains, solubles dans la guerre contre le terrorisme


Depuis sept ans, une " guerre contre le terrorisme " se mène, non seulement contre l'ennemi qu'elle désigne (le " terrorisme ", précisément, et les " terroristes ", ou présumés tels), mais aussi contre les droits fondamentaux, perçus comme autant d'entraves à la liberté de mener cette guerre comme on entend la mener -y compris, au besoin, par les mêmes méthodes que celles de l'adversaire désigné.

Injuste cause

Contre quoi au juste, et contre qui, fait-on la guerre quand on la fait au " terrorisme " ? Et au nom de quoi ? Les Etats démocratiques affirment la faire au nom précisément de la défense de la démocratie et des droits humains, grands et beaux principes dont notre ennemi est l'ennemi -ce qui nous permet, à nous, démocrates et humanistes, de nous désigner comme le camp du juste et du bien. Que des Etats mènent une guerre contre le " terrorisme " au nom des droits humains devrait les obliger à la faire, s'il est possible, en respectant ces droits. Mais quand la " guerre contre le terrorisme" " aboutit à Guantanamo, ses guerriers usent eux-même de méthodes " terroristes " qui finissent par justifier, légitimer, le " terrorisme " qu'ils affirment combattre. Que reste-t-il des droits humains quand une guerre menée contre ceux que l'on désigne comme étant leurs ennemis se mène en écrasant ces droits ? Les Etats et les gouvernements, mais aussi les groupes armés non étatiques, accusés de violer massivement les droits humains sont toujours les adversaires de ceux qui les accusent - pas parce qu'ils violent les droits humains mais parce qu'ils sont déjà les adversaires de leurs accusateurs. Le bourreau, le tortionnaire, le terroriste, c'est l'autre -ça ne peut être que l'autre. Et si l'autre nous accuse d'être nous-mêmes bourreaux, tortionnaires ou terroristes, l'accusation est forcément mensongère, puisqu'elle vient de l'Autre, avec la majuscule de la démonisation. La France ne torturait pas en Algérie, ni les Etats-Unis à Guantanamo, ni la Russie en Tchétchénie, ni la Chine au Tibet; en Algérie, la France procédait à des " interrogatoires poussés " comme à Guantanamo les Etats-Unis, et en Tchétchénie la Russie rétablit l'ordre comme la Chine au Tibet. Ou Israël à Gaza.

03:38 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : terrorisme, terroristes, guantanamo, gaza | |  Facebook | | | |

Commentaires

Il ya un excellent papier dans le monde d'aujourd'hui du philosophe Michel Terestchentko, un philosophe français (eh oui!) sur la banalisation des législations d'exception et le l'abus du terme de "terroriste".

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/01/06/non-a-la-banalisation-des-legislations-d-exception-par-michel-terestchenko_1138426_3232.html.

Nous assistons à un glissement sémantique qui fait que devient "terroriste" celui par son attitude et son mode de vie déviant pourrait éventuellement devenir un opposant. Le cas Julien Coupat et Yldune Lévy incarcéré en France depuis le 16 novembre, la criminalisation (toujours en France!) des actions anti-OGM, etc, en sont de bien tristes exemples.

"L'extension immodérée de la justice d'exception" et la banalisation du terme de terroriste à toute forme d'opposition ne vise in fine qu'à renforcer la répression à l'encontre des différents mouvements sociaux.

Écrit par : Alfonso Gomez Cruz | mercredi, 07 janvier 2009

"...la criminalisation (toujours en France!) des actions anti-OGM..."

Ben ouais, figurez-vous, détruire le bien d'autrui, c'est un délit qui doit se punir comme tel, même si ses auteurs estiment être dans le juste, dans le vrai et dans le bien.

Le respect des lois à bien-plaire, au nom des "principes supérieurs" cela va presque sans dire, est un des fléaux de notre société. On en est à piller des magasins au nom du droit de n'importe qui à se goinfrer de caviar et à s'arsouiller au champagne.

Je ne doute pas que vous trouviez cela très bien...

Écrit par : Scipion | mercredi, 07 janvier 2009

Scipion,

Si une personne se trouvait tellement dans le besoin qu'elle était réduite à voler dans un magasin pour manger, je ne qualifierai pas cela de délit. Je crois d'ailleur qu'un juge en france à déjà prononcé un tel jugement, mais cassé depuis en instance supérieur.

Sinon, à titre personnel, sur un aliment correctement étiqueté (point contre lequel les industrie productices d'OGM se battent farouchement), choisis-tu celui avec ou sans OGM ?

Écrit par : Djinius | mercredi, 07 janvier 2009

@Cruz - Bravo, excellent article, enfin un philosophe qui s'exprime ! Dans la même veine, Elfriede Jelinek écrivaine autrichienne très controversée, amène une réflexion passionnante sur ce que véhiculent les mots, la manipulation des concepts derrière les mots qu'on utilise sans y prêter attention. Elle notait qu'en Autriche même les partis de gauche utilisaient le même vocabulaire que les nazis et sans même plus s'en rendre compte. Le langage de l'ennemi intégré dans un discours et destructurant la pensée, induisant en erreur notre jugement. Les mots, les concepts sont aussi des armes de guerre qui se tapissent dans notre conscience et nous aveuglent sur une réalité tangible. Aujourd'hui, on utilise le mot terrorisme pour toute forme de revendication sociale.
Dernière et ultime forme de révolte, dernier soubresaut de résistance et de revendication contestataire non sanctionnée - La folie !

Écrit par : duda | mercredi, 07 janvier 2009

@Scipion : Non ! Car le caviar est très mauvais pour le cholestérol et le champagne produit des acidités.

Plus sérieusement nous parlions de la "criminalisation" de toute action qui est une opposition à l'ordre régnant. Traiter un "faucheur" d'OGM de terroriste ou traiter ces 2 jeunes comme des criminels de guerres alors que dans le pire des cas ils ont déréglés un caténaire me semble une dérive particulièrement dangereuse. En plus, ils sont peut être innocent mais les règles les plus élémentaires de l'Habeas Corpus ne sont même pas respectés.

Écrit par : Alfonso Gomez Cruz | mercredi, 07 janvier 2009

Ne désespérez pas, la secte juive dont est issu le christianisme était bel et bien persécutée à ses débuts, dans l'Empire Romain.
Avec le temps, elle est devenue religion d'état.

A force d'insister ... qui sait ... peut-être qu'un jour, on verra la naissance d'un véritable pays basque ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | mercredi, 07 janvier 2009

« Si une personne se trouvait tellement dans le besoin qu'elle était réduite à voler dans un magasin pour manger, je ne qualifierai pas cela de délit. »

« Non ! Car le caviar est très mauvais pour le cholestérol et le champagne produit des acidités.

« Plus sérieusement nous parlions de la "criminalisation" de toute action qui est une opposition à l'ordre régnant. »

Mais ce dont j’ai parlé (vols de victuailles en bandes dans des grandes surfaces) étaient précisément des actions qui se voulaient « en opposition à l’ordre régnant », comme quoi c’est encore une de ces formules toutes faites dans laquelle chacun met ce dont il a envie, avec l’opposition à l’ordre régnant en tant qu’excuse absolutoire…

Cela va donc du sabotage d’une caténaire à la destruction d’OGM et à la « reprise individuelle », en passant par le sectionnement de câbles télé à 20 heures le 22 avril 2007 (affaire en jugement), par le fait de fumer dans un établissement public où c’est interdit, de voyager en train ou en bus sans billet, de consommer du cannabis, de cacher un clandestin, de se tripoter devant des enfants à la sortie des écoles (contestation de l’ordre moral « bourgeois »)…

Mais aussi par le fait d’attribuer le «prix de l'infréquentabilité et de l'insolence» à Robert Faurisson, ce qui constitue incontestablement une « action qui est une opposition à l'ordre régnant ».

Et c’est bien là le problème des formules toutes faites : il faut les appliquer à tous les cas de figure auxquels elles sont applicables, ou alors elles cessent d’être recevables. N’en déplaise aux adeptes du deux poids deux mesures qui pullulent de nos jours.

Écrit par : Scipion | mercredi, 07 janvier 2009

Djinius, j'espère que tu es propriétaire d'un super-marché afin que l'on puisse venir te voler en toute impunité ! Bien fait pour ta gueule et ne rouspète pas puisque tu encourages le vol !

Écrit par : Octave Vairgebel | mercredi, 07 janvier 2009

Meuh voui Victor, tu en connais beaucoup de proprio de super Marché ? Aller, retourne au bistrot du coin !

Pour ceux qui font fonctionner un peu plus leurs neurones que le pochtron sus-mentionné et qui s'intéresserait au sujet :

http://www.maitre-eolas.fr/2005/12/14/249-ou-lon-reparle-de-letat-de-necessite

Écrit par : Djinius | mercredi, 07 janvier 2009

Djinius, pourquoi confondez vous Octave et Victor ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | mercredi, 07 janvier 2009

A propos de l'état de nécessité, qui a bon dos :

« Une cinquantaine de précaires, de chômeurs et intermittents du spectacle ont « réquisitionné » cet après-midi une dizaine de chariots, après les avoir remplis de fois gras, saumon, mais aussi de pâtes, de patates et d'huile dans le magasin Monoprix de la rue du Faubourg-Saint-Antoine (XIe). Ils ont ensuite bloqué les caisses du supermarché et exigé que le directeur les laisse sortir sans appeler la police.

« C'est une autoréquisition qui est juste en ces temps de crise et qui permet aux précaires de fêter aussi le Nouvel An dignement », justifie le collectif qui a pu sortir du magasin sans être interpellé. »*

« Serge Havez, leader du collectif, s'explique sur RMC: "On arrive, on met des choses dans des caddies. On a un tract, qu'on diffuse auprès des clients du magasin pour qu'ils comprennent notre démarche. Ensuite, on négocie avec le patron du magasin: il veut bien nous laisser partir, ou il veut pas. Dernièrement, à Lille, c'était le cas. C'est avant tout une action non-violente."

« Rue89 a ébauché la liste des derniers magasins ayant fait l'objet de cette autoréquisition: on en trouve dans toute la France (Grenoble, Rennes, Lille).

« Que fait la police? Rien... pour l'instant. »**

Il ne reste plus qu'à expliquer à quelle nécessité correspond la consommation de foie gras et de saumon, frais ou fumé...

* Source : http://www.leparisien.fr/faits-divers/paris-ils-requisitionnent-des-chariots-chez-monoprix-31-12-2008-358587.php

** Source : http://fr.news.yahoo.com/63/20090102/tfr-des-chmeurs-se-servent-monoprix-et-p-019dcf9.html

Écrit par : Scipion | mercredi, 07 janvier 2009

Voilà qui est intéressant... Du "billet" (de banque?) d'Hollenweg (vous fachez pas P. C'était juste un gag), on en arrive par les commentaires au coeur ou au choeur du sujet. Les droits, et la légitimité en rapport à la légalité. Je vous laisse ce vaste débat. Comment changer un loi, quel moyen utiliser, et dans l'attente de justice que peut faire l'individu ou groupe spolié. Avant de voler vers d'autres contrées, la "déclaration des droits de l'homme" stipule (même si ce ne sont pas les termes exacts) que ce dernier à droit à un toit, et à des conditions de vies décentes. Les pays européens dont la suisse, qui ont signés cette déclaration, ne la respectent donc pas, et sont donc "hors la loi" qu'ils prétendent exiger des autres pays... Ce serait amusant, s'il ne s'agissait ici comme ailleurs de la vie d'êtres humains!
vvvrrrrrrrrrrrr....

Écrit par : redbaron | jeudi, 08 janvier 2009

Victor, il confond parce qu'il est, comme d'hab, bourré et shooté ! Si un pauvre type vole dans un super-marché, il pourra toujours dire que c'est parce que cet andouille de Djinius l'a incité en lui disant : Vas-y, tu ne risque rien, ce n'est pas grave, c'est juste un vol ! Ensuite, il lui dira ; va dans une banque (pas l'UBS !) et fait pareil, ce n'est pas grave ! Un résumé, Djinius, alias mono-neurone, encourage la délinquance ! Il ne s'est pas amélioré depuis l'an dernier ! Il devrait consulter un spécialiste d'alcoologie ! Santé !

Écrit par : Octave Vairgebel | jeudi, 08 janvier 2009

Mon cher Octave, mes espoirs se révèlent payant au sujet de Djinius (ex-Dji) avec lequel je semble avoir certain points de vue similaires.

"Il ne s'est pas amélioré depuis l'an dernier !"

N'y a-t-il pas un proverbe qui dit qu'il faut "donner du temps au temps" ?

Je confirme par mon commentaire que tant que l'on vit, il y a de l'espoir.

;o)

Écrit par : Victor DUMITRESCU | jeudi, 08 janvier 2009

Quoi qu’il en soit même les mesures les plus justes font partie d’un appareil liberticide en créant plein de préjugés à lutter contre. Peut-être on va améliorer la situation.

Écrit par : Jacob - Learning English | dimanche, 14 juin 2009

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