• L'internationalisme contre la globalisation

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    Groupons et demain, l'Internationa-a-a-a-le sera le genre humain...

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    Telle que nous la concevons, l'internationalisation est un processus de décision élargi à la participation de toutes les nations ; elle est donc également, dès lors que nous ne concevons de mode de décision que démocratique et respectueux de l'égalité des droits (entre les peuples, entre les individus, entre femmes et hommes...) une participation de tous les peuples et de toutes les parties constitutives de toutes les sociétés à la prise des décisions qui les concernent. Un tel processus n'est évidemment pas, en tant qu'il est réellement démocratique, dans la logique de la globalisation et de la mondialisation capitalistes, mais il est constitutif de celle du socialisme -dont il est même la condition.

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    Il n'y a pas de réponse nationale à la mondialisation capitaliste, pas plus qu'il n'y avait de réponse féodale à la révolution industrielle : le repli à l'intérieur des frontières, le retour au cloisonnement national, l'usage purement défensif, quand il n'est pas fétichiste, des instruments de l'Etat-nation, sont non seulement inefficaces, mais également, et au sens propre du terme, réactionnaires. La critique de la globalisation capitaliste ne doit pas nous faire oublier que le mouvement socialiste a toujours eu pour projet le dépassement des limites nationales, et a dès l'origine rendu hommage au caractère révolutionnaire du capitalisme.

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    Les termes en lesquels Karl Marx ou Rosa Luxemburg saluent l'effet de rupture de l'ordre ancien apporté par le capitalisme sont sans équivoque : " La Bourgeoisie a joué dans l'histoire un rôle essentiellement révolutionnaire "... Les principes fondateurs de la Première Internationale expriment la même reconnaissance à l'égard du rôle révolutionnaire joué par le capitalisme, et la même certitude que ce ne sera qu'à partir des acquis de la mondialisation capitaliste, et en les dépassant, non en les annulant, qu'un projet socialiste pourra voir le jour. Les résultats calamiteux des tentatives d'imposer le " socialisme dans un seul pays " (si grand soit-il) sont là pour dissiper tout doute à ce sujet : les Russes et les Chinois n'ont pas fini d'en payer les conséquences.

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    Même si, fondamentalement, le mouvement socialiste est fondé sur l'internationalisme, et sur l'exigence de la solidarité internationale, son pluralisme a permis l'expression en son sein ou à ses marges de conceptions dont le moins que l'on puisse écrire est qu'elles furent fort éloignées de ces exigences . Ces conceptions nationalistes, isolationnistes, conservatrices, perdurent. La mondialisation capitaliste leur a même redonné, en même temps qu'un vernis de " résistance ", des forces et une audience nouvelles -sans leur donner plus de pertinence qu'elles n'en eurent jamais. Nous avons à nous en défaire, et à les combattre.

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    A la globalisation et à la mondialisation capitalistes, nous n'avons pas à opposer l'enfermement national, pas plus que les socialistes du XIXème siècle n'opposaient à la révolution industrielle le retour aux institutions féodales, mais l'internationalisme et l'internationalisation, c'est-à-dire l'élargissement du processus de décision à l'ensemble des nations, et la généralisation à l'ensemble des personnes et des peuples des droits fondamentaux conquis (fût-ce partiellement et précairement) dans notre partie du monde -droits qu'il convient en outre de renforcer et d'élargir ici-même. C'est en tant qu'elle est négatrice de ces droits que nous combattons la globalisation capitaliste, et c'est pour élargir ces droits que nous y opposons notre propre internationalisme.

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    Et puis, enfin, soyons clairs : l'abolition du capitalisme socialisé entraînera une dégradation des conditions matérielles d'existence pour la majorité de la population de nos pays (cette majorité formée de la " classe moyenne " et de la " classe dirigeante "), mais elle est la condition du passage de la majorité de la population du monde, d'abord de la misère à la pauvreté, ensuite de la pauvreté à la couverture matérielle de l'exercice de tous les droits fondamentaux.

  • Culture genevoise : après l'épuration, la concentration ?

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    Signez * le référendum contre la disparition du Centre pour l'image contemporaine

    * feuilles de signatures téléchargeables sur www.sauvons-le-cic.ch. Dernier délai de renvoi : jeudi 22 janvier

    Le 6 décembre dernier, le Conseil municipal de la Ville a accepté, à une " très grande majorité ", le transfert au Centre d'art contemporain (CAC) et au Fonds municipal d'art contemporain (FMAC) de la subvention de 1,1 million accordée au Centre pour l'image contemporaine (CIC), ainsi que le transfert de la collection du CIC au FMAC. Cette décision signerait l'arrêt de mort du CIC, à moins que le peuple s'y oppose. Encore faut-il qu'il puisse s'exprimer. D'où le lancement d'un référendum populaire contre une décision prise pour des motifs en lesquels les choix de politique culturelle semblent avoir pris une place pour le moins ténue. Une décision par ailleurs voulue, curieusement, par la " très grande majorité " du Conseil de fondation de la fondation de Saint-Gervais, apparemment adepte de l'application au tissu culturel genevois des méthodes de la médecine moyenâgeuse : la purge, la saignée et l'amputation.

    La marge et la page

    On s'est d'abord attaqué aux marges, on s'attaque désormais aux pages. Après l'offensive contre les squats, et les espaces culturels créés par les squats, après l'évacuation d'Artamis, après la scénarisation médiatique des attaques contre l'Usine, on passe aux attaques contre des acteurs culturels labellisés comme tels, officialisés, installés dans des institutions publiques (et peu importe que Saint-Gervais soit une fondation privée, quand elle dépend essentiellement des subventions publiques, est dirigée par un Conseil de fondation peuplé de représentants de collectivités publiques... et que sa disparition est ratifiée par une municipalité). Le Centre pour l'image contemporaine a été fondé il y a 23 ans. Il faisait partie intégrante du " tissu culturel " genevois, et avait acquis une renommée internationale incontestable. Il n'en est pas moins devenu la première institution culturelle genevoise à se retrouver dans la même situation, ou peu s'en faut, que les espaces culturels alternatifs. Après l'épuration, la concentration. Ce saut qualitatif n'est pas moins inquiétant que les trépignements populistes et épurateurs qui l'ont précédé. Après le CIC, à qui le tour ? Après l'auto-amputation à laquelle s'est livrée (qu'on l'y ait ou non incitée) la Fondation de Saint-Gervais, quel charcutage, quelle " fusion ", quel appauvrissement ?

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  • Vivement l'après-Avent...

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    Plus que deux semaines et on en aura fini avec les " fêtes "...

    Il faut rendre au capitalisme et aux marchands l'hommage qu'ils méritent : en dépouillant les ancienne fêtes religieuses de tout contenu religieux, en les réduisant à un grand rite consumériste, laissant certes quelque place, congrue, à la remémoration des traditions anciennes, mais écrasant sur son passage toute autre signification que celles qui peuvent se réduire à un échange marchand, ces endémies éclaircissent le paysage. On sait depuis Marx que le capitalisme est, fondamentalement, révolutionnaire -en ce sens qu'il bouleverse, et écrase quand il ne peut bouleverser, tout sur son passage. Les fêtes de Noël le confirment : La nativité réduite à la marchandise annonce la mort de Dieu, en le mettant en vente.

    Et Dieu dans tout ça ?

    Le moment s'y prête : il doit bien rester, sous le fatras consumériste et l'orgasme mercantile des " fêtes de fin d'année ", quelque trace de religiosité -pas de celle, fétichiste, de la marchandise, mais de celle au nom de laquelle nous sommes supposés fêter noël, en pays anciennement chrétiens et désormais aussi païens qu'on peut l'être dans un supermarché. Profitons donc de l'occurrence pour dire, au passage, un mot de ce vieux cerbère de tous les ordres imposés : la religion. Apparemment, à défaut d'être déjà mort, Dieu serait subclaquant. Mais ce vieux cancer a ses métastases, ce cadavre ses parasites : les églises traditionnelles s'endorment doucement, d'autres, pires, naissent de leur soue. Et à contempler ce qui menace de lui succéder, on finirait même par regretter Dieu... Et puis, la religion ne s'éteint pas comme un incendie : elle s'embourbe comme une inondation. Et cela prend du temps : au début du XXIème siècle de l'ère chrétienne, 70 % des Français se font encore enterrer religieusement (du moins leur famille l'a-t-elle décidé pour eux). Que la mort soit toujours révoltante est d'autant plus évident qu'elle est devenue invisible, sauf comme spectacle. Le passage vers le néant doit être marqué, les religions sont là pour cela, et à cela au moins -mais à cela seul-peuvent-elles encore servir. Et puisque nul ne vit autrement qu'entre une naissance qu'il n'a pas choisie et une mort qu'il ne peut éviter, autant ajouter à l'absurdité de ce passage l'absurdité du signe qui le clôt. Ce signe est un signe de mort, et un signe mort : que les cadavres des hommes soient accompagnés de celui de leurs dieux rend au moins les hommes égaux des dieux.
    Amen.

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  • A défaut de changer le monde, changeons Noël

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    Ne mettons plus nos souliers sous le sapin, mais dans la gueule des potentats

    Muntazer al-Zaidi, le journaliste irakien qui a jeté ses chaussures à la tête du président américain George W. Bush a été remis à l'armée irakienne après avoir interrogé par la sécurité irakienne. Il a fini à l'hôpital avec un bras et des côtes cassées, des blessures à un oeil et à une jambe, sans que l'on sache où, quand et par qui il a été tabassé. Il risque jusqu'à deux années de prison. Deux ans de prison, c'est un peu cher payé pour un coup de pied au cul,  surtout s'il n'y avait pas de pied dans la godasse et qu'elle n'a pas atteint le trou du cul qu'elle visait. N'empêche que le geste, télévisé, de Muntazer al-Zaidi a eu un énorme écho et que le lanceur de godasse est devenu un héros. Et qu'on préfère ce genre de héros aux kamikazes lançant leur camion bourré d'explosif sur un marché.

    Godasses d'atout

    L'extraordinaire écho médiatique du geste de Mountazer al-Zaïdi, nous change heureusement de la litanie des attentats aveugles commis au nom d'une " résistance " qui se noie elle-même dans le sang.  Il est à saluer, ce geste parce qu'il n'est peut-être de plus sûr moyen de radicaliser le changement et d'en hâter le moment, que celui qui consiste à introduire dans tous les fonctionnements sociaux, et dans le moindre spectacle officiel, l'élément de trouble qui non seulement le perturbera, mais permettra d'en rendre évident le caractère fondamentalement grotesque. Nous avons à mettre au point, pour chacune des situations dans lesquelles l'individu se trouve confronté à une norme sociale, l'élément -l'acte, le lieu, la structure éphémère, la parole- qui désarticulera et délégitimera cette norme. Jouer avec les normes, détourner les structures, laisser dériver librement les volontés de changement, et dériver nous-mêmes dans nos actes, hors des vues balisées : telles sont peut-être les plus sûrement subversives des méthodes par lesquelles nous  pouvons agir. Ridiculiser le pouvoir -tout pouvoir, quel qu'il soit- c'est  le délégitimer. Rire du pouvoir, c'est déjà s'en affranchir. Certes, il y avait trop de colère dans le geste de Mountazer al-Zaïdi pour que lui-même en rie. Mais l'humour, tout de même, en sort. La révolution est chose trop sérieuse pour être laissée à des gens sérieux. Si les révolutionnaires avaient été moins tristes, sans doute leurs victoires auraient-elles été plus heureuses. Ce que nous avons à faire, faisons-le en riant. De nous, autant que des autres.

    P.S. Rejoignez le groupe Facebook de la "Fédération Internationale du Lancer de Chaussure dans la Gueule"…

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  • Toto flingueur

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    Cours de jeunes tireurs
    Toto flingueur


    Le moment était bien choisi : à quelques jours de la célébration du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, les autorités genevoises ont aidé les sociétés de tir militaire à inviter les jeunes, garçons et filles, de 16 ans résidant dans le canton, à suivre un " cours d'initiation au tir avec fusil d'assaut militaire ". Cette invitation n'a été envoyée qu'aux jeunes Suisses-ses. On part sans doute du principe que les métèques étant flingueurs de naissance, il est inutile de les former. Reste qu'un lourd doute place sur cette initiative imbécile : au moment où on se demande comment empêcher des frappadingues de sortir leur fusil militaire pour flinguer leur famille, leurs voisins ou les passants, était-il judicieux d'inviter les ados indigènes à s'initier aux armes ?

    De l'infinitude de la connerie

    Une initiative populaire fédérale a été lancée, et aboutira, " pour la protection face à la violence des armes ", l'abolition de la possibilité de garder à son domicile le fusil d'assaut est discutée au plan fédéral, Genève a pris les devant en organisant le dépôt dudit fusil à l'arsenal... mais on organise tout de même des " cours d'initiation au tir " pour adolescents et adolescentes, avec le même fusil d'assaut. Au tir sur quoi, au juste, avec une arme de guerre ? Sur des cibles, certes, mais pour apprendre à tirer ensuite sur quoi, ou qui ? Pas sur les animaux, la chasse est interdite à Genève et il ne s'agit pas de fusils de chasse; pas sur les ennemis potentiels de notre beau pays, il y a longtemps qu'un fusil d'assaut n'effraie plus que les proches de ceux qui le manient… Le plus amusant de l'histoire est sans doute que ceux qui organisent et promeuvent cet exercice à la fois absurde et inutile sont souvent les mêmes qui geignent sur l'accroissement de la violence des jeunes. Ces geignements n'aurait-ils donc pour motif que la déception de constater que cette violence n'use généralement que d'instruments artisanaux, genre couteau ou cocktail Molotov, alors que de belles et bonnes armes fabriquées avec amour par de braves travailleurs de chez nous dans de belles usines de chez nous roupillent au fond de l'armoire familiale ? Et tout cela de nous faire douter, au bout du compte, de la logique de la démonstration de Spinoza : rien d'infini ne peut être contenu dans un monde fini. Rien d'infini, sauf la connerie. Qu'il convient donc non seulement d'armer, mais de former à l'usage des armes.

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  • Europe : La Suisse rame…

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    Le Conseil fédéral à Bruxelles, ou à Canossa ?

    Drôles de rois mages, drôle de Bethléem: presque la moitié du gouvernement helvétique s'est rendue hier à Bruxelles. Conduite par le président de la Confédération Couchepin, accompagné du ministre des Finances Merz et de la ministre de la Justice Widmer-Schlumpf, la délégation suisse a dû se fendre d'explications circonstanciées sur les lenteurs, les prudences avec lesquelles, et les contradictions dans lesquelles, la Suisse " gérait " ses relations avec une Union Européenne dont elle n'est pas membre, mais dont elle finit par appliquer toutes les décisions, sans jamais avoir pu prendre part à leur élaboration. 
     
    Il était un petit naviiiire...

    La situation de la Suisse, par rapport à l'Europe, n'est pas tragique. Elle est seulement parfaitement ridicule. L'un des chantres de l'europhobie et de l'isolationnisme n'est pas élu au gouvernement fédéral depuis une semaine, que trois de ses collègues, dont le Président de la Confe, se rendent à Bruxelles pour tenter de convaincre les Européens que, non, la Suisse ne peut pas faire mieux, ni plus vite, pour normaliser sa fiscalité et éviter que certains de ces cantons se transforment en vulgaires paradis fiscaux, que, non, la réforme de la fiscalité des entreprises concoctée par la majorité gouvernementale de droite n'est pas destinée à piquer des entreprises aux Etats membres de l'Union européenne en accordant de nouveaux cadeaux fiscaux,  que, oui, elle est bien décidée à abolir les sociétés " boîte aux lettres " et à réformer la législation sur les holdings et les sociétés mixtes, et que, oui, le gouvernement est fermement décidé à engager tout son poids dans la bataille pour la reconduction et l'élargissement des " bilatérales " et de la " libre circulation ". Ce cirque est lassant, à force d'être répétitif. Faute d'avoir le courage de " faire le pas " d'une véritable demande d'adhésion, la Suisse se condamne elle-même à figurer dans une mauvaise marine dans le rôle du petit canot accroché à un gros bateau, les passagers du petit canot ne pouvant que tenter de rester accrocher au gros bateau sans jamais pouvoir participer ni au choix ni de la route à suivre, ni à celui de la vitesse de navigation, ni même à celui des passagers du navire. On a l'air fins, tiens, dans notre youyou, à attendre le bon vouloir de l'équipage du paquebot qui nous traîne... tant qu'il n'a pas décidé d'en finir, c'est-à-dire tant que l'Union européenne n'aura pas décidé de cesser de négocier des accords bilatéraux sur mesure pour la Suisse.

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  • Bernard Madoff : Ce type mérite le Prix Nobel d'économie

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    Une escroquerie à 50 milliards de dollars :
    Bernard Madoff : Ce type mérite le Prix Nobel d'économie

    Gouru de Wall Street (et collatéralement de la banque privée genevoise), star mondiale de la " gestion alternative " (les fameux " hedge funds " que David Hiler veut attirer à Genève), ancien président du Nasdaq (la bourse des nouvelles technologies), Bernard Madoff était en réalité un fidèle praticien du jeu de l'avion, de la " cavalerie " et du " schéma de Ponzi ", toutes méthodes qui consistent à pomper un maximum de pognon en promettant un maximum d'intérêts, et à payer les intérêts du pognon qu'on a pompé hier avec le pognon qu'on vient de pomper aujourd'hui -jusqu'à ce que le jeu s'arrête faute de nouveaux gogos à plumer. Bref, un remarquable résumé du fonctionnement de tout le système financier actuel : une machine qui ne tourne que sur la base de promesses aléatoires basées sur des ressources épuisables et des profits virtuels. Pour l'avoir mis en évidence, Madoff mérite le Prix Nobel d'économie. Et ses victimes, nos ricanements.

    Merci, Bernard...
    Il était tellement célèbre, et célébré, Madoff, que la banque privée genevoise a été séduite. L'Union Bancaire Privée serait exposée à hauteur de 800 millions de francs dans la chute de l'avion Madoff. Bénédict Hentsch en serait pour 56 millions, un vingtième de sa masse sous gestion. Mirabaud serait lui aussi exposé. Faut-il ajouter que ces brillants gestionnaires n'ont jamais été avares de leurs bons conseils ? Et qu'il ne fallait pas les titiller longtemps pour qu'ils lâchent tout le mépris en lequel ils pouvaient tenir les " politiques " osant critiquer, ou pire si mésentente, dénoncer les " lois de l'économie " ? Comme on fait les meilleures soupes dans les vieilles marmites, Madoff avait touillé la sienne dans la soupière de Carlo Ponzi, qui date des années vingt. Un brouet mitonné par l' " effet boule de neige ". Un truc intenable à long terme, mais juteux dans l'immédiat, et qui gonfle une jolie bulle spéculative jusqu'à la faire éclater à la figure des investisseurs. investisseurs sur lesquels on ne versera pas une goutte de larme de crocodile : ces vautours se sont seulement trompés de charogne. Quant à Madoff, il a le mérite d'avoir révélé, après d'autres, mais mieux que d'autres, sur quoi se fonde tout le système financier actuel : l'illusion, la rapacité, l'appât du gain rapide pour soi, au prix de la ruine des autres.


    Adhérez au groupe créé sur Facebook "Pour le Prix Nobel d'économie Bernard Madoff" : cet homme le mérite :

    <http://www.facebook.com/p.php?i=1162984031&k=43E2Y3VXP3VM5AB1XE53XV> 

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  • Tais-toi et paie !

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    "Sauvetage " de l'UBS: le parlement amorce la pompe à phynances

    Le 7 décembre, le Conseil national (c'est-à-dire sa majorité de droite), suivi le lendemain par le Conseil des Etats, a avalé, sans rechigner, et sans condition, le brouet à 68 milliards du " plan de sauvetage de l'UBS ". Une formalité. Du même genre que celle déjà effectuée en son temps pour Swissair : une minorité de bureaucrates privés reçoivent sans condition des sommes astronomiques pour sauver une entreprise mise à mal par d'autres bureaucrates privés du même genre. Dans d'autres pays démocratiques, pas moins capitalistes que la Suisse, et dont les gouvernants ne sont pas moins, économiquement parlant, " libéraux " que les Suisses, les parlements ont eu leur mot à dire, et ont pu redéfinir les accords passés avec les entreprises en péril : en Allemagne, en Grande-Bretagne, aux Eats-Unis... mais pas en Suisse. En Suisse, le mot d'ordre, c'est " raque et ferme ta gueule ". Ou ne l'ouvre que pour ne rien dire. Faut vous dire, Monsieur, que chez ces gens-là, on ne réfléchit pas, Monsieur, on ne réfléchit pas. On compte. Pas les milliards qu'on donne aux banques : l'argent que le parti a reçu des banques.

    … et les Shadocks pompaient, pompaient…

    Les partis de droite, radicaux et UDC en tête (le PDC aussi , mais un peu moins), bénéficient largement du soutien des banques, qui ont établi, sur la base des prononcements politiques sur des enjeux précis, un catalogue de critères pour déterminer à qui, et combien, payer. Les heureux bénéficiaires de ces largesses n'ont donc aucun intérêt à en froisser les charitables auteurs. Et au contraire tout intérêt à faire ce qu'ils demandent. Surtout s'il s'agit de les " sauver "... Le débat parlementaire avait donc tout d'un faux-semblant. Il était bouclé avant même d'être entamé, sur fonds de chantage : 68 milliards*, ou un krach dévastateur... Et on n'est même pas sûrs que l'exercice ait été indispensable, l'UBS faisant mine -après être assurée de recevoir les fonds- de ne pas en avoir eu réellement besoin. Ce qui n'empêche pas le directeur de la commission fédérale des banques, Daniel Zuberbühler, d'annoncer que si la situation de l'UBS s'aggravait encore, il faudrait à nouveau y balancer quelques dizaines de milliards, sous forme d'augmentation de capital. Une fois la pompe amorcée, pourquoi ne pas continuer à pomper ? Nos banquiers sont des Shadocks heureux. On comprend pourquoi ils tiennent tant à la " concordance " : la pompe, c'est elle.

    * 68 milliards, c'est la plus grosse opération jamais réalisée par la Confédération. C'est plus que le budget de la Confédération. C'est le double de toues les rentes payées chaque année par l'AVS. C'est le triple des frais de construction des nouvelles transversales ferroviaires, le plus gros chantier jamais réalisé en Suisse.

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  • Nativité par la voie basse

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    Entre le boeuf et l'âââne gris...

    Ben voilà, c'est Maurer. " La moins pire des mauvaises solutions ", selon Christian Levrat. A une voix de majorité, au troisième tour, après le retrait de Recordon et de Blocher, et contre un autre UDC qui n'était pas officiellement candidat, et qui était menacé, s'il acceptait une éventuelle élection, d'exclusion du parti. L'UDC revient donc au Conseil fédéral. Elle supportait mal sa cure d'opposition, que le système politique fédéral, lui, supportait beaucoup mieux -mais les radicaux et la droite du PDC avaient trop besoin dans les cantons des suffrages udécistes pour risquer de se mettre les blochériens à dos. Une nativité gouvernementale par la voie basse pour éviter une césarienne électorale, c'est assez tendance, en ce moment.

    Office de l'Avent

    Le petit peuple de la crèche fédérale a donc rétabli la " concordance " arithmétique à laquelle une majorité d'élus fédéraux semble attachés comme un bambin à son doudou. Au départ, Ueli Maurer ne pouvait compter que sur une centaine de voix. Il lui en manquait un peu plus de vingt, il les a eues. Il aurait pourtant suffi qu'un-e PDC votât pour son concurrent (UDC lui aussi, mais de l'espèce agrarienne) au lieu de voter pour lui, et le résultat eût été exactement inverse. Les voies du Seigneur étant impénétrables, et celles du PDC passablement tortueuses, l'UDC sera donc représentée par son ancien président au gouvernement. La gauche, les Verts, une petite moitié du groupe PDC quelques radicaux n'en voulaient pas, tant pis pour eux. Pour le PS, Maurer n'avait " pas l'envergure " d'un Conseiller fédéral… ça se mesure à quoi, au juste, l' " envergure d'un Conseiller fédéral " ? Et s'il l'avait eue, Maurer, cette envergure, ça aurait changé quoi à ses positions politiques à droite de la droite de droite ? Le PDC et les radicaux ont fait l'élection de Maurer -les premiers par incapacité de choisir, les seconds par suivisme. De toute façon, l'épisode ne fait guère que rétablir, sur le fond, le rapport des forces au Conseil fédéral tel qu'on le connaissait quand Blocher y sévissait. Autant dire qu'on a tourné en rond pendant un an. Et que le parlement a fait à l'UDC le cadeau de noël qu'elle espérait, après un "passage dans l'opposition" qui, après avoir tenu de la menace, avait plutôt suscité la rigolade. " Vous avez voir ce que vous allez voir ", beuglaient les hérauts udéciistes au soir du 12 décembre de l'année dernière; on a vu : rien d'autre que ce qu'on voyait déjà avant. Quant à la " concordance ", disons, en cette période de l'Avent, qu'elle est comme la nativité : un mythe, d'abord; une mystification, ensuite.

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  • A la recherche d'un UDC fréquentable...

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    Election du successeur de Samuel Schmid
    C'est donc hier10 décembre, jour de célébration du 60 ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, qu'on a élu l'ancien président de l'UDC suisse au Conseil fédéral. Le paradoxe est amusant, si on goûte l'ironie de l'histoire et qu'on se souvient que le Grand Leader Bien Aimé de l'UDC, alors encore Conseiller fédéral, était aller dégueuler à Ankara le " mal de ventre " que provoquait chez lui les lois suisses réprimant l'expression du racisme et du négationnisme, et que l'élu du 10 décembre est le fidèle second du lourdé de l'an passé; Maurer, qui n'a finalement fait qu'échanger sa vêture de chef de parti pour un costard de ministre… Le miracle de l'Avent n'a pas eu lieu. Il est vrai qu'il était improbable : que le PDC ait du courage deux fois de suite...

    Concordance des canards

    Il n'est guère de parti représenté au parlement, ni de commentateur des jeux politique, qui n'ait eu constamment à la bouche et à la plume le mot de " concordance " : il faut (version centriste) " sauvegarder la concordance ", ou (version UDC) la " restaurer ", ou encore (version PS) la " rénover " Mais de quelle " concordance " parle-t-on ? De celle qui consiste à aligner sept représentants de partis comme autant de noix sur un bâton, pour former un gouvernement comme on constitue un échantillon de sondage, avec pour seul critère celui, arithmétique, du dernier résultat électoral fédéral ? Cette " concordance "-là avait déjà été brandie comme argument suprême pour justifier l'élection du Pithécanthrope au Conseil fédéral… on connaît la suite. Aucun parti n'a " droit " à sièger au Conseil fédéral. Pas plus l'UDC que le PS, les radicaux ou le PDC. Ou les Verts. L'exemple du PS est d'ailleurs éloquent : il a été le premier parti du pays sans être au Conseil fédéral, il n'est entré au Conseil fédéral, en 1943, que parce que le choix politique en avait été fait par la majorité de droite, qui s'était rendu compte que l'Allemagne nazie allait perdre la guerre, que l'Union Soviétique allait la gagner, et qu'il fallait dissoudre l'image détestable de germanophilie que la Suisse donnait depuis 1940; et le PS, qui avait quitté le Conseil fédéral, en claquant la porte, en 1956, n'y est revenu, avec un siège de plus, en 1959, que parce que le choix politique a été fait de réintégrer la social-démocratie au gouvernement -pour la désarmer. C'est le même type de choix, politique et non arithmétique, qui se pose à propos de l'UDC : Est-elle si dangereuse dans l'opposition qui faille l'en faire sortir ? a-t-on besoin d'elle au gouvernement ? Et pour mener quelle politique ? La sienne, celle de la droite libérale, celle du " centre " ? certainement pas celle du PS, en tout cas...

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  • A qui le droit acquis ?

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    Statut du personnel municipal Nos copains de l'Alternative, tous partis et groupes confondus, ont bien bossé : La Ville de Genève a un budget (" prudent, mais qui préserve la solidarité active " selon Sandrine Salerno) : dans un vote final bloc contre bloc (avec quelques variantes ponctuelles, et après moult tractations), l'Alternative a fait passer, en l'amendant un peu, le projet de budget présenté par le Conseil administratif. Les sourires des uns (des unes, en particulier) et la grise mine des autres (au masculin implicite, surtout) faisaient, ensemble, plaisir à voir et dessinaient une jolie carte de vœux. Reste un gros chantier : la réforme du statut du personnel, sur laquelle la majorité de gauche s'était divisée (avant que de se reformer). Avec en arrière-fond la vieille question : que faire des " droits acquis ", si ces droits n'ont été accordés par l'employeur (la Ville) que pour pouvoir éviter d'en accorder d'autres, plus importants, et si ces acquis empêchent d'aller plus loin dans une véritable politique salariale de gauche, intégrant les primes dans le salaire et écrasant les inégalités salariales ? Statut statique ? Le Conseil administratif de la Ville propose un nouveau statut du personnel, facilitant d'une main (la droite) les licenciements et supprimant de la même main la participation aux cotisations maladie, la semaine de vacance supplémentaire pour les employés de plus de 57 ans, l'automaticité de l'indexation et la prime d'ancienneté (des " droits acquis " qui privilégient mécaniquement la capacité de durer des " anciens "), et instaurant de l'autre main (la gauche) un congé parental et un congé paternité, ainsi une allocation familiale municipale, prolongeant le congé maternité (mais de la durée de l'actuel congé d'allaitement dont bénéficient la plupart -mais pas toutes- les employées de la Ville). L'actuel statut du personnel municipal date, pour ce qui est de sa structure, des années 30 du siècle passé. Son obsolescence est reconnue à la fois par la Ville et par les syndicats, sa réforme est donc acceptée. Mais quelle réforme, avec quel contenu, et à quel rythme ? Le Conseil administratif veut négocier globalement, les syndicats veulent procéder article par article, pour pouvoir en référer régulièrement à leur base. Quelle que soit la méthode, le travail est considérable : le statut contient avec les règlements annexes, plusieurs centaines de textes à modifier (400 selon les syndicats). Par exemple pour intégrer au salaire les primes qu'on a préférer créer au fil des législatures plutôt que de réduire les écarts entre classes de traitement, en supprimant les classes de traitement les plus basses... Une municipalité de gauche, appuyée sur une majorité de gauche au Conseil municipal, ça devrait pouvoir définir une politique salariale de gauche, et s'extirper d'un héritage qui n'est après tout que celui d'une succession de majorités de droite -celles qui ont " gouverné " la Ville pendant des décennies.

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  • Ni une, ni deux. Ni trois. Aucune.

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    Projets de nouvelles centrales nucléaires :
    Ni une, ni deux. Ni trois. Aucune.


    Les Forces motrices bernoises et Axpo, le 4 décembre, Atel en juin dernier, ont déposé des projets de nouvelles centrales nucléaires, pour remplacer en 2020 celles de Mühleberg, de Beznau et de Gösgen. Argument des promoteurs de cocotte-minutes (à sept milliards la cocotte-minute) : les anciennes centrales vont fermer, il faut compenser la production ainsi perdue, la fin des importations de courant nucléaire français, en 2018, et la hausse attendue (c'est-à-dire espérée) de la consommation. Arguments fallacieux, rétorquent les Verts, les socialistes et la gauche de la gauche, plus Ecologie libérale, le Parti chrétien-social, l'alliance " Non au nucléaire ", la Fondation suisse de l'énergie et Greenpeace : en conjuguant développement des énergies propres (éolienne, solaire, biomasse) et économies d'énergie, on peut se passer de nouvelles centrales. Et le Conseiller fédéral Leuenberger de tenter un compromis : trois nouvelles centrales, c'est trop, une seule suffit. Compromis inutile : trois c'est trop, deux c'est encore trop, et même une seule.

    Fuite en avant, droit dans le mur

    Les promoteurs de centrales nucléaires sont sortis du bois, on entre en campagne… D'ici une génération, il manquera un tiers de la future consommation d'électricité, argumente le patron du plus gros producteur d'électricité du pays, Axpo. Parce que non seulement il sait, le patron d'Axpo, ce que sera la consommation d'électricité dans vingt-cinq ans, mais surtout, il n'est pas question pour lui d'admettre que l'on puisse la réduire, cette consommation. Il en vend, de l'électricité, il ne va pas se battre pour en vendre moins, son boulot, c'est d'en vendre le plus possible, le plus cher possible. La " société à 2000 watts ", c'est pas son objectif, au patron d'Axpo. Pas plus que ça n'est l'objectif du patron des Forces motrices bernoises ou d'Atel. Ou d'EOS, pour rester dans notre coin de pays. Seulement voilà, la société à 2000 watts, c'est l'objectif affirmé des plus importantes collectivités publiques de Suisse -les cinq villes principales, et les principaux cantons, et même la Confédération. Et atteindre cet objectif suppose que l'on réduise par trois la consommation actuelle, et par quatre la consommation espérée par les fournisseurs d'électricité -lesquels tablent sur une hausse de la consommation de 0,5 à 2 % par an. Autant dire que leurs trois centrales, ceux-ci devraient se les garder à l'état de projets, ou de jolies maquettes : construire trois nouvelles centrales nucléaires pour assurer un niveau de consommation quatre fois supérieur à celui qu'on voudrait atteindre, ce serait à peu près aussi intelligent que de subventionner l'achat par des particuliers de bagnoles capables de rouler à 300 à l'heure dans des zones piétonnes.

  • menue monnaie, petit pas...

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    Aide au développement : 0,5 % du RNB en 2015...

    Le 26 mai dernier, une pétition revêtue de 200'000 signatures était remise à la Chancellerie fédérale, demandant une nette augmentation de la contribution suisse à l'aide publique au développement, pour la faire atteindre l'objectif de 0,7u % du revenu national -ce que le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège et la Suède ont atteint ou s'apprêtent à atteindre, et que l'Union Européenne veut atteindre d'ici 2015. Pour la Suisse, cela signifierait une hausse de sa contribution annuelle d'environ un milliard et demi -et c'est à sa portée : cela ne fait après tout que 60 centimes par jour et par habitant, et cinquante fois mois que ce qui a été débloqué pour " sauver l'UBS " La droite UDC et radicale ne voulait pas lâcher plus. Finalement, le 2 décembre, une majorité de circonstance formée de la gauche et des représentants des réseaux chrétiens au sein des élus radicaux et PDC a imposé une modeste progression du pourcentage du revenu national brut affecté à l'aide au développement, de 0,4 à 0,5 %, d'ici 2015. Le montant de l'aide pasera de 4,5 à 5,3 milliards. 800 millions de plus en huit ans : dans un pays où on en a trouvé quatre-vingt fois plus quatre cent fois plus vite pour l'UBS, on devrait y arriver.


    Aider ou s'aider ?

    Finalement, le 2 décembre, une majorité de circonstance formée de la gauche et des représentants des réseaux chrétiens au sein des élus radicaux et PDC a imposé une modeste progression, de 0,4 à 0,5 % d'ici 2015, du pourcentage du revenu national brut affecté à l'aide au développement Le montant de l'aide passera de 4,5 à 5,3 milliards. 800 millions de plus en huit ans : dans un pays où on en a trouvé quatre-vingt fois plus quatre cent fois plus vite pour l'UBS, on devrait y arriver. La progression de 0,1 % en huit ans de la part du Revenu national brut affectée à l'aide au développement est " un petit pas dans le bonne direction ", a sobrement commenté la Conseillère aux Etats genevoise (et socialiste) Liliame Maury Pasquier. Elle a raison, Liliane : c'est un " petit pas " dans une moins mauvaise direction que celle de l'enfermement national pingre des temps de crise. Cette " bonne direction ", c'est l'objectif onusien du 0,7 % d'ici 2015, objectif repris dans une loi cantonale genevoise que le canton n'a jamais été foutu de respecter. A moins bien entendu de comptabiliser au titre de l'aide au développement le coût de la construction de centres de rétention pour immigrants illégaux : après tout, ces gens là viennent bien des pays où l'aide devrait se concrétiser, non ? Et qu'ils ont quitté à cause de leur sous-développement ou de leur mal-développement, non ? Et on les loge, on les nourrit, on les soigne même un peu, quand on trouve un médecin, non ? C'est-y-pas de la bonne aide au développement, ça ? Et financée par nos propres budgets sécuritaires et xénophobes, en plus ?
    * Le nombre de personnes vivant dans des bidonvilles (elles sont actuellement un milliard) pourrait s'accroître à cause de la crise du crédit, selon un rapport bisannuel de l'Agence des Nations Unies pour les établissements humains, qui met l'accent sur l'accroissement des inégalités à l'intérieur des villes, et en particulier de celles des pays "émergents" ou "en développement", où coexistent des quartiers riches et bien alimentés en services et des bidonvilles privés des services de base. Les perspectives sont meilleures que jamais

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  • Logement comme des arracheurs de dent

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    Une pénurie qui s'aggrave

    C'était promis, juré, on allait construire du logement. Le Conseil d'Etat en général, Mark Muller en particulier, les milieux immobiliers et l'ASLOCA main dans la main, allaient se mettre au boulot, on allait voir ce qu'on allait voir. Et bien, on voit : alors qu'il faudrait au moins 1600 logements nouveaux par année, et que le Conseil d'Etat annonçait vouloir en construire 2500 par année, on n'en a " mis sur le marché " que 750 dans les neuf premiers mois de 2008. Et sur ces 750, une bonne partie ne seront pas loués, mais vendus (en 2007, la moitié des logements nouveaux étaient des villas ou des appartements en propriété par étage).

    Des logements ou des prisons ?

    L'année 2008 risque fort d'être celle au cours de laquelle le nombre de nouveaux logements aura été le plus bas depuis des lustres : si la tendance des neuf premiers mois se poursuit, ce nombre devrait être inférieur à mille. Alors que la population du canton a crû de 3500 personnes en neuf mois, et le nombre d'emplois de 5400 dans la même période. Et que rien, pas même la récession, ne permet d'attendre un relâchement de la pression démographique sur la ville, le canton et la région. La Communauté genevoise d'action syndicale, une année après la signature de l'accord " historique " supposé sortir Genève de la crise du logement, avait accusé le Conseil d'Etat (ou du moins sa majorité) de bloquer sciemment le développement de nouveaux projets en s'accrochant à la préservation de la zone agricole et à la priorité donnée au développement du site de la Praille-Acacias-Vernets, où seuls 6000 à 9000 nouveaux logements sont prévus dans un délai minimum de dix ans, soit un nombre insuffisant de logements, dans un délai trop long, et dans le cadre d'un projet urbanistique contestable. Enfin, Mark Muller n'a aucune intention de faire quoi que ce soit pour que les 410 logements vides dénombrés dans le canton (dont 272 en Ville) cessent de l'être. Et surtout aucune intention de faire usage du droit que lui donne la loi de les réquisitionner pour y loger des gens qui ne trouvent pas de logement, ce que précisément le Conseil municipal de la Ville lui demandait de faire. Mais bon, vous savez ce que c'est, appliquer toutes les lois, c'est dur. Alors on choisit. Et c'est quand même plus facile de déloger des squatters que des propriétaires. Comme il est apparemment plus facile d'agrandir la prison, et d'en construire de nouvelles, que de construire des logements sociaux. Ou d'utilité publique, comme on voudra.

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  • Jeux Olympitres divers

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    Et une baudruche de moins, une…

    Genève va donc vraisemblablement renoncer à se porter candidate pour l'organisation des Jeux olympiques d'hiver de 2018. En fait, ce projet stupide n'avait jamais été porté que par quelques allumés jobinesques (plus Mark Muller, probablement soucieux de faire oublier le piètre bilan de sa politique du logement), mais il avait été annoncé à grande coups de trompettes médiatiques par le quotidien local d'Edipresse (qui s'était déjà illustré dans son rôle de partenaire de l'Eurofoot, et précédemment de thuriféraire du Stade de la Praille). Mais voilà : faute de soutien populaire, de soutien politique (MediaMark mis à part) et même du soutien de Swiss Olympic, le soufflé retombe et la baudruche se dégonfle. Pas de JO d'hiver 2018 à Genève, donc. Mais peut-être à Annecy. Il est vrai que la République a pris l'habitude d'exporter ses nuisances en France voisine... On construit la région comme on peut.


    Ouf…

    Deux visionnaires, le directeur de l'Hôtel de Rhône, Marco Torriani, et le président de Genève Tourisme, Jean-Pierre Jobin, avaient eu une idée de génie, reprise (c'est dire si c'est une idée de génie) par Mark Muller et la " Tribune de Genève " : faire organiser les Jeux Olympiques d'hiver 2018 à Genève. C'est vrai que ça manquait à notre station de sports d'hiver. Torriani et Jobin ont donc monté un comité exploratoire, pompé 200'000 balles au Sport Toto, et sont allés quémander des soutiens moraux divers et variés. Ils n'en ont guère obtenu, sinon celui de Mark Muller, toujours partant pour soutenir ce genre de foutaises (invariablement présentées comme autant de projets ambitieux et enthousiasmant). Dans la Tribune du 27 juin, le rédac'chef nous avait carrément éjaculé un édito orgasmique : Non seulement " l'Euro2008 est un succès total que même le fiasco du Bout-du-Monde ne peut entamer " (faudra qu'on nous explique comment un succès contenant un fiasco peut être total...), et l'image de la baudruche à Jobin sur le jet d'eau fut " parfaite ", mais " dans la griserie de l'instant " (raaaah lovely) " un seul projet semble désormais capable de satisfaire l'appétit des nouveaux rois de l'événement " et de leurs porte-plumes : les JO 2018, qui auraient ramené " l'Euro aux dimensions d'une belle fête foraine " (c'était donc autre chose ?), et auraient permis en prime aux fétichistes de la bagnole et aux drogués du béton de nous coller une traversée routière de la rade, une troisième voie autoroutière et un nouvel aéroport. Et pourquoi pas une " fan zone " de curling au Bout-du-Monde ? Bref, on l'a échappé belle. Et on s'est économisé un référendum.

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  • Crise de la social-démocratie : Un théâtre d'ombres

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    Contemplons ce qui constitue aujourd'hui (et depuis au moins deux décennies) la base sociale des partis socialistes et sociaux-démocrates : les jeunes et les salariés du secteur privé y sont sous-représentés, les personnes en situation précaire en sont absentes et les exclus, exclus. Reste une base sociale de rentiers et de fonctionnaires, de cadres moyens et d'universitaires, d'hommes et de femmes aux niveaux de revenu, de fortune et de salaire supérieurs à la moyenne nationale. Qu'attendre d'une telle base sociale, progressiste in pectore et conservatrice (quand elle n'est pas réactionnaire) in facto, trop soucieuse de paraître ce qu'elle voudrait être et qu'elle n'est pas pour risquer de perdre même la possibilité de sa propre schizophrénie ? Qu'elle redéfinisse le contrat social ? Mais pourquoi diable le ferait-elle ? le contrat actuel est le sien, et sa redéfinition dans un sens socialiste ne pourrait se faire qu'au détriment de ses intérêts et de ses acquis... 

    Le petit bourgeois en son miroir

    La petite bourgeoise consacre une énergie et des ressources considérables à dresser entre sa réalité et ses illusions un rideau de scène la voilant à son propre regard : tournés vers eux-mêmes, le petit bourgeois et la petite bourgeoise n'ont qu'une crainte fondamentale : se donner à voir, et, pire, se voir tels qu'ils sont. La classe moyenne se joue comme au théâtre, au cinéma ou à la télévision, et, se jouant, elle surjoue pour remplir cet espace indistinct qu'elle occupe, entre un prolétariat dont elle nie l'existence (jusqu'à réussir, parfois, et pour un temps, à ce qu'il se nie lui-même), pour nier le risque qui constamment pèse sur elle de " retomber "  dans la " classe inférieure ", et une classe dominante dont elle singe les comportements (ou ce qu'elle en perçoit) sans disposer des ressources de ces comportements. Ne se voulant pas dominée, mais l'étant tout de même, et ne pouvant être dominante, mais se rêvant telle (et affirmant l'être par le nombre, quitte à tordre les statistiques), la classe moyenne pète toujours plus haut que son cul. Adhérant totalement au primat du signe social d'intégration, elle ne craint rien tant que perdre les signes extérieurs d'une richesse dont elle ne dispose pas et d'un pouvoir qu'elle ne détient pas. Le grand projet du petit bourgeois n'est pas de changer la société, mais de changer de place dans la société, ou à tout le moins de sauvegarder la place qu'il y occupe.  Et c'est faute de pouvoir le convaincre qu'ils sont capables de réaliser ce projet, et de sauvegarder cet acquis, que les partis socialistes et sociaux-démocrates voient leurs bases sociales et électorales petite-bourgeoises s'effriter, après que leur ancienne assise populaire se soit réduite à une survivance.

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  • Brun bonnet, bonnet brun

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    Succession de Samuel Schmid : Blocher ou Maurer ?

    L'UDC a donc décidé de ne pas tuer le père mais de laisser le parlement fédéral le faire à sa place : à la succession de Samuel Schmid, elle présente un " ticket " formé de Blocher et de Maurer. Blocher n'a en principe aucune chance (mais la procédure d'élection d'un membre est pleine de surprise) et continue de se considérer comme le " Numéro un " de l'UDC (la majorité de l'UDC le soutenant d'ailleurs dans cette prétention). Autant dire que si Maurer (ou un autre que Blocher) est élu au Conseil fédéral, il aura toujours Blocher sur le dos, la faiblesse de la présidence du parti par Toni Brunner laissant toute la place au vice-président Blocher. l'UDC " qualité suisse " tient ainsi plus de la Corée du Nord que de la mythologie waldstätten : quand on tient un Grand Leader Bien-Aimé, on ne le lâche pas. Même si les positions politiques du Grand Leader Bien Aimé et celles du Fils Spirituel du Grand Leader Bien Aimé sont les mêmes...

    Kim Il Blocher ou Kim Jong Maurer ?

    Blocher ou Maurer, quelle différence ? Ueli Maurer, présenté comme " acceptable " par les partis gouvernementaux (y compris, avec réticences, par le PS), n'a jamais dit autre chose que ce que Blocher disait et a été le maître d'œuvre des campagnes ordurières de l'UDC depuis une dizaine d'années. Il est candidat à un gouvernement favorable aux bilatérales et à leur élargissement alors qu'il y est opposé, et il est favorable à l'interdiction de la construction de minarets alors que le gouvernement y est opposé... Et puis, la question ne se pose pas seulement de savoir quel UDC sera élu pour reprendre le siège initialement UDC de Samuel Schmid, mais aussi de savoir à quel ministère cet UDC sera attribué. Logiquement, ce devrait être celui de la Défense. Mais l'UDC rejette la quasi-totalité du programme gouvernemental dans ce domaine : elle est contre la réduction des effectifs, contre les engagements à l'étranger, contre la coopération internationale... le seul point sur lequel elle soutient le Conseil fédéral, c'est l'achat de nouveaux avions de combat. Du coup, plutôt que de coller à la tête d'un ministère quelqu'un qui serait opposé à ce qu'on veut faire faire à ce ministère, on se demande si on pourrait pas déplacer les maroquins et confier la Défense à Pascal Couchepin pour laisser l'UDC de service gérer (à droite toute) le dossier de l'AVS, ou confier celui-ci à la PDC Leuthard pour laisser alors le nouvel élu gérer le démantèlement des protections agricoles... Dans tout ce mic-mac, où se situent et de quel poids pèsent les grands choix politiques ? Nulle part, et pas un gramme. L'insoutenable légèreté des combinaisons gouvernementales se conjugue parfaitement à l'insoutenable pesanteur de l'absence de débat politique.

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