lundi, 22 décembre 2008

Culture genevoise : après l'épuration, la concentration ?

Signez * le référendum contre la disparition du Centre pour l'image contemporaine

* feuilles de signatures téléchargeables sur www.sauvons-le-cic.ch. Dernier délai de renvoi : jeudi 22 janvier

Le 6 décembre dernier, le Conseil municipal de la Ville a accepté, à une " très grande majorité ", le transfert au Centre d'art contemporain (CAC) et au Fonds municipal d'art contemporain (FMAC) de la subvention de 1,1 million accordée au Centre pour l'image contemporaine (CIC), ainsi que le transfert de la collection du CIC au FMAC. Cette décision signerait l'arrêt de mort du CIC, à moins que le peuple s'y oppose. Encore faut-il qu'il puisse s'exprimer. D'où le lancement d'un référendum populaire contre une décision prise pour des motifs en lesquels les choix de politique culturelle semblent avoir pris une place pour le moins ténue. Une décision par ailleurs voulue, curieusement, par la " très grande majorité " du Conseil de fondation de la fondation de Saint-Gervais, apparemment adepte de l'application au tissu culturel genevois des méthodes de la médecine moyenâgeuse : la purge, la saignée et l'amputation.

La marge et la page

On s'est d'abord attaqué aux marges, on s'attaque désormais aux pages. Après l'offensive contre les squats, et les espaces culturels créés par les squats, après l'évacuation d'Artamis, après la scénarisation médiatique des attaques contre l'Usine, on passe aux attaques contre des acteurs culturels labellisés comme tels, officialisés, installés dans des institutions publiques (et peu importe que Saint-Gervais soit une fondation privée, quand elle dépend essentiellement des subventions publiques, est dirigée par un Conseil de fondation peuplé de représentants de collectivités publiques... et que sa disparition est ratifiée par une municipalité). Le Centre pour l'image contemporaine a été fondé il y a 23 ans. Il faisait partie intégrante du " tissu culturel " genevois, et avait acquis une renommée internationale incontestable. Il n'en est pas moins devenu la première institution culturelle genevoise à se retrouver dans la même situation, ou peu s'en faut, que les espaces culturels alternatifs. Après l'épuration, la concentration. Ce saut qualitatif n'est pas moins inquiétant que les trépignements populistes et épurateurs qui l'ont précédé. Après le CIC, à qui le tour ? Après l'auto-amputation à laquelle s'est livrée (qu'on l'y ait ou non incitée) la Fondation de Saint-Gervais, quel charcutage, quelle " fusion ", quel appauvrissement ?

02:13 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : culture, cic, référendum | |  Facebook | | | |

Commentaires

N'est-ce pas la gauche qui est majoritaire au Conseil Municipal (comme à l'administratif) de la ville de Genève ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | lundi, 22 décembre 2008

La même gauche qui a voulu éliminer la Compagnie 1602 en la qualifiant de 'petit folklore local et inutile' ?

Écrit par : Eastwood | lundi, 22 décembre 2008

Non, pas la même gauche. Mais la Cie1602 est effectivement un petit folklore local...

Écrit par : Pascal Holenweg | lundi, 22 décembre 2008

Alors que l'association XY pour le soutien du tamtam Africain merite toutes les subvensions.

On vous a bien compris Pascal.

CE

Écrit par : Eastwood | lundi, 22 décembre 2008

Le fauit que la Cie1602 relève du petit folklore locale n'implique ni qu'elle n'ait pas droit à une subvention, ni que d'autres n'y aient pas droit. Après tout, un tambour savoyard ou un tamtam burkinabé se valent.

Écrit par : Pascal Holenweg | lundi, 22 décembre 2008

Totalement en accord avec vous M Holenweg.

Écrit par : sarah | lundi, 22 décembre 2008

Tout a fait d'accord: un tambourd savoyard en savoie et un tamtam burkinabé au burkina se valent.

Et a Geneve de permettre a sa memoire et ses traditions de vivre.

Pourquoi avez vous tellement honte d'être Suisse et Genevois Mr Holenweg ?

CE

Écrit par : Eastwood | mardi, 23 décembre 2008

Je ne savais pas que le tambour était spécifique à la Savoie. D'après mes connaissances en folklore, il me semblait, par exemple, que le tambour était un instrument bien plus typique au Pays basque. En Savoie, l'instrument local est plutôt ce qu'on nomme la kinkerne, et qui est un instrument à cordes.

Mais ce n'est pas le problème. Je pense, personnellement, que les fonctionnaires, quand ils subventionnent la culture, attendent trop des acteurs culturels qu'ils servent l'Etat à leur tour, et que cela crée les difficultés lors des changements de majorités. Il faudrait avoir une vision de la culture davantage fondée sur la liberté des acteurs culturels que sur des principes politiques préétablis. Et si l'Etat ne peut pas s'empêcher de tout contrôler, il n'a qu'à laisser les associations et les fondations faire des donations sans passer par lui. Car l'argent existe de toute façon, n'est-ce pas. Mais en théorie, l'Etat finance les acteurs culturels pour les protéger du besoin, et non pour leur donner des directives. Quand j'en vois qui, dans certains partis, déclarent d'emblée le folklore local passéiste, je vois tout de suite qu'ils veulent contrôler la production cuèlturelle à la place des acteurs culturels : car ce n'est pas aux politiques de juger ce qui est bon sur le plan culturel ou pas.

Écrit par : Rémi Mogenet | mardi, 23 décembre 2008

"Pourquoi avez vous tellement honte d'être Suisse et Genevois Mr Holenweg ?"... question absurde : on n'a pas plus à avoir honte qu'à être fier d'être ce qu'on n'a pas choisi d'être. Avoir honte ou être fier d'être Suisse (ou Genevois, et j'aime bien le "ou")n'a de sens que pour ceux qui ont choisi de l'être. Comme tel n'est pas le cas et qu'il faut que je remonte au XVe siècle pour me trouver un ancêtre qui ait choisi d'être Suisse, je ne vois pas pourquoi je devrais me faire une gloire ou une opprobre de ce que je suis sans l'avoir voulu...

Écrit par : Pascal Holenweg | mardi, 23 décembre 2008

Une mousse que Eastwood va lire 4 fois ta réponse avant de se dire "'tain, je comprend rien".

Écrit par : Djinius | mardi, 23 décembre 2008

Pourquoi s'attaquer à la Compagnie de 1602 ? Parce que c'est une société militaire et que la gauche est contre toute forme de défense ! La gauche est simplement prête à livrer notre pays à n'importe quel pays socialiste et particulièrement aux anciennes républiques totalitaires de l'Est !

Écrit par : Octave Vairgebel | mardi, 23 décembre 2008

Octave,
Oui, la gauche c'est rien que des salauds, ils veulent livrer la suisse aux anciens pays de l'Est (qui accessoirement sont maintenant des Etat limite extrême droite.)

Écrit par : Djinius | mardi, 23 décembre 2008

Joyeux Noël Djinius ! Tu ne marches pas, tu cours !
La Compagnie de 1602, les Vieux Artilleurs et les Vieux Grenadiers sont les seule sociétés patriotiques genevoises et, pour cette raison, elle sont combattues par la gauche !

Écrit par : Octave Vairgebel | mardi, 23 décembre 2008

Octave, je ne cours, ni ne marche, je note juste que ta phrase "[...]n'importe quel pays socialiste et particulièrement aux anciennes républiques totalitaires de l'Est ", sachant que les dits pays sont maintenant tout sauf socialiste, est totalement incohérente.

Ou alors, tu t'essaye à l'humour Carambaro-brice-de-nice, l'humour qu'il est subversif (tm) (c).

Écrit par : Djinius | mardi, 23 décembre 2008

"Oui, la gauche c'est rien que des salauds..."

Vous vous vantez outrageusement, sur ce coup-là.

La gauche ce sont principalement des jobards qui ont déserté la vraie vie pour vivre dans le monde tel qu'ils voudraient qu'il soit...

Des gugusses quoi, alors des salauds, on est vraiment très loin de compte :o)

Écrit par : Scipion | mardi, 23 décembre 2008

@Scipion

La gauche à la mérite de vouloir changer les choses. Elle vise une évolution de la société. Et vous pendant ce temps?

Écrit par : Riro | mardi, 23 décembre 2008

"La gauche à la mérite de vouloir changer les choses."

Chez elle, ce n'est pas un mérite, c'est une manie. Un tic consistant à vouloir changer pour changer, ce qui est l'une des abrutisseries majeures de notre temps.

" Et vous pendant ce temps?"

Je freine pour tenter d'éviter le mur où ces hruluberlus nous conduisent.

Écrit par : Scipion | mercredi, 24 décembre 2008

ça n'est pas un mur, c'est une nappe d'huile. Freinez donc...

Écrit par : Pascal Holenweg | mercredi, 24 décembre 2008

C'est sûr que critiquer la Compagnie 1602, c'est un peu absurde, car la culture n'a pas pour objet d'illustrer tel sentiment ou tel concept, mais ceux que les acteurs culturels ont, et qu'ils ont le droit d'avoir. Or, le sentiment patriotique existe, qu'on le veuille ou non. La vraie question, lors d'une manifestation culturelle, n'est pas l'idée qu'on illustre, mais la façon dont on l'illustre.

Je ne sais pas, peut-être que les socialistes peuvent créer une Compagnie illustrant leurs idées universalistes par un cortège plus enthousiasmant que celui de la Cie 1602.

Écrit par : Rémi Mogenet | mercredi, 24 décembre 2008

"question absurde : on n'a pas plus à avoir honte qu'à être fier d'être ce qu'on n'a pas choisi d'être."

C'est marrant parce que quand ton pote Ziegler nous explique que nous devrions avoir honte d'être occidentaux, tu ne lui repliques pas du tout les mêmes considerations.

Maintenant la question n'a rien d'absurde si on la considère en tant qu'individu ayant des choix a faire au sein d'une realisation collective qu'on nomme 'nation'. Ca n'a rien d'absurde non plus d'approuver ou d'avoir honte des choix de ses ancêtre.

Bien sûr il y aura toujours des theoriciens degenerés, ou des punks, pour dire qu'ils n'ont pas choisi de naitre.

CE

Écrit par : Eastwood | jeudi, 25 décembre 2008

1. Je réponde exactement la même chose à Ziegler. Et sur le même ton que celui de Debray "L'histoire nous surprend là où nous sommes nés".
2. "Approuver" ou "avoir honte" ne sont pas des attitudes antagoniques : l'approbation est rationnelle, la honte est sentimentale.
3. Personne n'a choisi de naître, ni ne peut éviter de mourir. Ce qu'on fait de soi et ce qu'on fait avec les autres se situent forcément entre ce qu'on n'a pas choisi et ce qu'on ne peut éviter.

Écrit par : Pascal Holenweg | jeudi, 25 décembre 2008

1) Tant mieux. Parce que j'ai l'impression que Ziegler voudrait que JE m'excuse pour les actes des conteporains de mon arriere-grand-père.

2) Alors disons approuver avec fierté ou desapprouver dans la honte, qu'est ce que ça change.

3) Ca ne laisserait donc pas beaucoup de place au libre arbitre, on croirait entendre un fanatique d'Econe....

Écrit par : Eastwood | vendredi, 26 décembre 2008

Un fanatique d'Ecône évoquera la volonté de Dieu et la nécessité de la reconnaître. N'ayant ni Dieu ni maître, je me contenterai de ma propre volonté. Quant au libre arbitre, entre l'absurdité de la naissance et la nécessité de la mort, il est total.

Écrit par : Pascal Holenweg | vendredi, 26 décembre 2008

Si la gauche n'est pas contre toute forme de patriotisme, je l'encourage à soutenir l'idée d'un grand défilé militaire à Genève le 1er août 2009 ! Pourquoi pas car, après tout, la France dont la majorité des grandes villes est détenue par le PS, soutient à tout crin le défilé du 14 juillet ! On peut rêver !

Écrit par : Octave Vairgebel | vendredi, 26 décembre 2008

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