mardi, 16 décembre 2008

Bernard Madoff : Ce type mérite le Prix Nobel d'économie

Une escroquerie à 50 milliards de dollars :
Bernard Madoff : Ce type mérite le Prix Nobel d'économie

Gouru de Wall Street (et collatéralement de la banque privée genevoise), star mondiale de la " gestion alternative " (les fameux " hedge funds " que David Hiler veut attirer à Genève), ancien président du Nasdaq (la bourse des nouvelles technologies), Bernard Madoff était en réalité un fidèle praticien du jeu de l'avion, de la " cavalerie " et du " schéma de Ponzi ", toutes méthodes qui consistent à pomper un maximum de pognon en promettant un maximum d'intérêts, et à payer les intérêts du pognon qu'on a pompé hier avec le pognon qu'on vient de pomper aujourd'hui -jusqu'à ce que le jeu s'arrête faute de nouveaux gogos à plumer. Bref, un remarquable résumé du fonctionnement de tout le système financier actuel : une machine qui ne tourne que sur la base de promesses aléatoires basées sur des ressources épuisables et des profits virtuels. Pour l'avoir mis en évidence, Madoff mérite le Prix Nobel d'économie. Et ses victimes, nos ricanements.

Merci, Bernard...
Il était tellement célèbre, et célébré, Madoff, que la banque privée genevoise a été séduite. L'Union Bancaire Privée serait exposée à hauteur de 800 millions de francs dans la chute de l'avion Madoff. Bénédict Hentsch en serait pour 56 millions, un vingtième de sa masse sous gestion. Mirabaud serait lui aussi exposé. Faut-il ajouter que ces brillants gestionnaires n'ont jamais été avares de leurs bons conseils ? Et qu'il ne fallait pas les titiller longtemps pour qu'ils lâchent tout le mépris en lequel ils pouvaient tenir les " politiques " osant critiquer, ou pire si mésentente, dénoncer les " lois de l'économie " ? Comme on fait les meilleures soupes dans les vieilles marmites, Madoff avait touillé la sienne dans la soupière de Carlo Ponzi, qui date des années vingt. Un brouet mitonné par l' " effet boule de neige ". Un truc intenable à long terme, mais juteux dans l'immédiat, et qui gonfle une jolie bulle spéculative jusqu'à la faire éclater à la figure des investisseurs. investisseurs sur lesquels on ne versera pas une goutte de larme de crocodile : ces vautours se sont seulement trompés de charogne. Quant à Madoff, il a le mérite d'avoir révélé, après d'autres, mais mieux que d'autres, sur quoi se fonde tout le système financier actuel : l'illusion, la rapacité, l'appât du gain rapide pour soi, au prix de la ruine des autres.


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02:44 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : madoff, wall street, nasdaq, nobel | |  Facebook | | | |

Commentaires

Quelle vexation pour ces banquiers privés genevois qui nous disaient, encore tout récemment, que eux travaillaient "sérieusement", que c'est la raison pour laquelle ils n'étaient pas touchés par la crise financière !
Alors, ont-ils été naïfs ou tout simplement âpres aux gains, comme les autres ?

Écrit par : gamine | mardi, 16 décembre 2008

Les soupçons existaient depuis des années, aucun organe de contrôle indépendant n'a osé mettre son nez dans ses comptes parce que Madoff était une figure de proue de Wall Street, on lui faisait confiance. Le système va devoir reconstruire la confiance et cela sera plus dur que les milliards perdus. Les banquiers privés suisses ont mis l'argent dans des fonds qui à leur tour ont investi chez Madoff. Il y a eu tromperie mais finalement les banquiers suisses devraient tracer (comme le fait UPS) ses investissements a lieu de les laisser filer dans la nature.

Écrit par : demain | mardi, 16 décembre 2008

"Quand un banquier te parle de son sérieux et une femme de sa vertu, évite le premier et cultive la seconde"
(David Ogilvy)

:o)

Écrit par : Blondesen | mardi, 16 décembre 2008

Madoff, Ospel, Bush,.... on tente de nous faire avaler que la crise est dûe à quelques individus. Mais c'est pourtant tout le système qui est à revoir.

Écrit par : Riro | mardi, 16 décembre 2008

La presse et les autres media ne parlent le plus souvent que des "pauvres banques suisses" victimes de Madoff. On oublie le plus souvent de parler des véritables victimes, qui sont les petits épargnants, ce dernier maillon de la chaîne et aussi celui qui paie les pots cassés en fin de compte.

Il y a quelques années, j'ai recouru aux services d'un gestionnaire de fortune bien connu sur la place de Lausanne, pour qu'il m'aide à constituer un capital de troisième pilier avec mes quelques économies résultant de quarante années de dur labeur.

Suite à la perte de mon travail, je me suis retrouvé à la retraîte forcée à 61 ans au début de cette année. Or, ce lundi 15 décembre, mon gestionnaire m'annonce qu'une bonne partie de mes économies viennent d'être réduites en cendres... en effet, par ses soins et en lui faisant confiance, je m'étais retrouvé propriétaire, depuis quelques mois, d'un produit "hedge fund" dont j'ignorais aussi bien le contenu que l'origine, mais dont on me vantait l'excellence de sa rentabilité.

Aujourd'hui, il ne me reste que les yeux pour pleurer ! Quant à mon gestionaire de fortune, ce dernier me console en me disant que je ne suis pas le seul dans cette situation...que je peux être heureux de n'avoir perdu qu'une partie de mes économies... tout en m'exprimant ses sincères regrets !

Est-il normal qu'un épargnant se retrouve ainsi grugé, sans pouvoir se retourner contre quiconque ? Les banques, gestionnaires de fortune et autres intermédiaires ne sont ils pas aussi coupables que le malfrat au départ de l'escoquerie ? Le gestionnaire-vendeur, n'a-t-il donc aucune responsabilité, ni devoir de réparation vis-àvis de son client qui lui a fait confiance et qui paie cher ses conseils et services ?

P.S.

Écrit par : PS | mardi, 16 décembre 2008

De plus, il faut savoir que le Monsieur en question aurait pu se nommer MADAUFFE! A-t-il américanisé son patronyme?

Lorsqu'on sait qu'en argot "DAUFFE" veut dire "Pince de voleur, dont l'extrémité est en queue de dauphin", le doute s'installe définitivement!

Écrit par : Père Siffleur | mardi, 16 décembre 2008

Il n'existe pas de prix Nobel d'économie, pour la simple raison que M. Nobel ne considérait pas ce domaine comme une science. Il existe un prix d'un banque suédoise qui "imite" le prix Nobel.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_de_la_Banque_de_Su%C3%A8de_en_sciences_%C3%A9conomiques_en_m%C3%A9moire_d%27Alfred_Nobel

Sinon, je suis parfaitement d'accord avec l'auteur de ce billet.

Écrit par : salut | mardi, 16 décembre 2008

Merci pour cette note banquaire! cela a vrais dire est tres interessant. est c'est triste qu'il n y a pas de prix Nobel d'économie, c'est pas juste!

Écrit par : Sebastian - Familienrecht Rechtsanwalt Stuttgart | mercredi, 14 janvier 2009

J'aime bien la maniere de votre description de ce cas. Et vous savez que je partage completement votre avis un peu humoristique. Oui, on parle beaucoup de cette crise economique et vous savez que nous sommes bien fatigue de toute cette gravite.

Écrit par : Aiden - Colorado Lemon Law | mercredi, 14 janvier 2009

Il me semble qu'on peut pas parler aujourd'hui du systeme financier parce que c'est pas un exemple pour l'anzlyse surtout dans les conditions de la crise. Quant au prix Nobel, non, ce sont des mots ronflants.

Écrit par : Muhammad | vendredi, 23 janvier 2009

Et moi j'ai entendu dire que Bernard Madoff, accusé d'une gigantesque fraude, de "psychopathe" doit être placé à l'isolement. La Fondation Elie Wiesel avait donné en gestion la quasi-totalité de ses avoirs à la société de Bernard Madoff, soit plus de 15 millions de dollars.
Merci pour clarifier tout cela.

Écrit par : Riley - Pass Drug Test | samedi, 14 mars 2009

Madoff a déjà payé: le suicide de son fils.

Écrit par : cinema lausanne | dimanche, 27 février 2011

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