jeudi, 11 décembre 2008

A la recherche d'un UDC fréquentable...

Election du successeur de Samuel Schmid
C'est donc hier10 décembre, jour de célébration du 60 ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, qu'on a élu l'ancien président de l'UDC suisse au Conseil fédéral. Le paradoxe est amusant, si on goûte l'ironie de l'histoire et qu'on se souvient que le Grand Leader Bien Aimé de l'UDC, alors encore Conseiller fédéral, était aller dégueuler à Ankara le " mal de ventre " que provoquait chez lui les lois suisses réprimant l'expression du racisme et du négationnisme, et que l'élu du 10 décembre est le fidèle second du lourdé de l'an passé; Maurer, qui n'a finalement fait qu'échanger sa vêture de chef de parti pour un costard de ministre… Le miracle de l'Avent n'a pas eu lieu. Il est vrai qu'il était improbable : que le PDC ait du courage deux fois de suite...

Concordance des canards

Il n'est guère de parti représenté au parlement, ni de commentateur des jeux politique, qui n'ait eu constamment à la bouche et à la plume le mot de " concordance " : il faut (version centriste) " sauvegarder la concordance ", ou (version UDC) la " restaurer ", ou encore (version PS) la " rénover " Mais de quelle " concordance " parle-t-on ? De celle qui consiste à aligner sept représentants de partis comme autant de noix sur un bâton, pour former un gouvernement comme on constitue un échantillon de sondage, avec pour seul critère celui, arithmétique, du dernier résultat électoral fédéral ? Cette " concordance "-là avait déjà été brandie comme argument suprême pour justifier l'élection du Pithécanthrope au Conseil fédéral… on connaît la suite. Aucun parti n'a " droit " à sièger au Conseil fédéral. Pas plus l'UDC que le PS, les radicaux ou le PDC. Ou les Verts. L'exemple du PS est d'ailleurs éloquent : il a été le premier parti du pays sans être au Conseil fédéral, il n'est entré au Conseil fédéral, en 1943, que parce que le choix politique en avait été fait par la majorité de droite, qui s'était rendu compte que l'Allemagne nazie allait perdre la guerre, que l'Union Soviétique allait la gagner, et qu'il fallait dissoudre l'image détestable de germanophilie que la Suisse donnait depuis 1940; et le PS, qui avait quitté le Conseil fédéral, en claquant la porte, en 1956, n'y est revenu, avec un siège de plus, en 1959, que parce que le choix politique a été fait de réintégrer la social-démocratie au gouvernement -pour la désarmer. C'est le même type de choix, politique et non arithmétique, qui se pose à propos de l'UDC : Est-elle si dangereuse dans l'opposition qui faille l'en faire sortir ? a-t-on besoin d'elle au gouvernement ? Et pour mener quelle politique ? La sienne, celle de la droite libérale, celle du " centre " ? certainement pas celle du PS, en tout cas...

02:17 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : udc, maurer | |  Facebook | | | |

Commentaires

"Et pour mener quelle politique ? La sienne, celle de la droite libérale, celle du " centre " ? certainement pas celle du PS, en tout cas..."

Je suis vraiment content d'apprendre que le PS a une politique propre (Par là, je veux dire "à elle" et non pas "clean". Il ne faut pas rêver!), mais je serais encore plus content d'apprendre laquelle !

Écrit par : Père Siffleur | jeudi, 11 décembre 2008

Le jour où l'UDC sera fréquentable pour les Holenweg et consorts, la mort de la Suisse, en tant que pays singulier, sera programmée, puisque c'est ce qu'ils veulent au plus profond d'eux-mêmes.

Je ne saurais dire s'ils comptent aussi la dissoudre dans l'U.E., mais quoi qu'il en soit, ils transformeraient très vite la Confédération en succursale du tiers monde, par l'accueil massif de faillis d'Etats faillis qui, sous nos latitudes, comme par miracle ou par l'effet du climat, seraient censés devenir ingénieux, entreprenants, inventifs, dynamiques, c'est-à-dire porteurs de ces qualités "développantes" qui font si cruellement défaut dans leurs pays d'origine.

On nous dira qu'il suffit de leur dispenser la même éducation que la nôtre pour qu'ils parviennent à nos niveaux. Mais c'est une ânerie de plus à l'actif de notre temps, qui, sous l’emprise terroriste de l’existentialisme, mélange tout : l’éducation n’est pas la cause de la civilisation, elle en est la conséquence !

Écrit par : Scipion | jeudi, 11 décembre 2008

Ce que je constate c'est que grâce au ventre mou de la politique suisse, celui qui doit se bourrer d'orange pour nous faire croire qu'il est capable de la vitaminer, nous assistons à toutes les cochonneries de coulisses que je croyais, naïvement, réservées au clan libéral genevois. Celui qui a joué au bowling avec les têtes présidentielles qui ne lui convenaient pas et qui, aujourd'hui veut nousfaire croire qu'il est blanc, comme la blanche neige.

Ce pré carré s'enferme seul derrière ses propres "files de faire darbellay" pour mieux se joindre à la chorale des pastèques, genre Leueneberger dinosaure de la garde marxiste des marchands salades et reprendre en choeur "il est né le divin enfant".

Ce que nous constatons surtout c'est que lorsque la gauche crache son venin et traite ses adversaires de fascistes, les insulte copieusement, personne ne bouge le petit doigt, à commencer par la presse-papier. Toute est normal cette gauche-là peut tout s'offrir dans le domaine alors qu'aucun cadeau n'est fait à la droite patriote.

Cette dérive finira par avoir raison du système que les pères fondateurs de la Suisse ont patiemment construit.

Il est temps d'entreprendre une opération de sauvetage et de lancer une initiative populaire pour que le Conseil fédéral soit élu par le Peuple et que cesse cette infâme mascarade qui permet à quelques Yorkshires de faire croire, le temps d'une nuit, qu'ils sont des molosses et qui ne sont, en fait, que des molasses.

Quant aux socialistes, côté magouilles je crois que nous n'avons qu'à nous asseoir, les contempler à l'action (Ville de Genève/ SIG & Co), et prendre la leçon car dans le domaine du trafic d'influence, ils largement les maîtres incontestés.

Écrit par : jules | jeudi, 11 décembre 2008

"...personne ne bouge le petit doigt, à commencer par la presse-papier..."

Par les temps qui courent, ce serait plutôt la presse-purée :o)

Écrit par : Scipion | jeudi, 11 décembre 2008

voilà maintenant qu'on a le valet à la place du roi... Ça promet

Écrit par : méchante madame | jeudi, 11 décembre 2008

Et si nous cherchions difficilement un socialiste fréquentable ? J'en connais un ! J.-P. Metral qui était très copain avec Nicolae Ceaucescu, Honecker et tous les autres dictateurs de l'Est !

Écrit par : Octave Vairgebel | jeudi, 11 décembre 2008

@octave:
A Genève ce qui est plus proche de nous, il y a eu M. Nicole qui trouvait le "socialisme viril de M. Hitler" très intéressant et le fuhrer quelqu'un de très bien!

Pui snous avons eu et nous avons toujours le marathonien de la politique locale, l'inusable Grobet qui a réussi avec des minorités à totalement bloquer le logement à Genève et qui s'apprrête grâce à un vieux vote, pour ne pas dire un vote de vieux, à faire maintenir Genève dans le rayon des curiosités, plutôt malsaines, avouons-le.

Cramer ne vaut pas mieux et le slience des agneaux bourgeois sur le démentèlement de la libre cirucaltion sur notre territoire, qu'il met en place tel une termite, est encore plus déplorable.

Ils nous confortent dans la justesse de la prémonition de Lénine qui daisait que les bourgeois lui donneraient la corde pour les pendre.

Il ne faut jamais oublier que les bourgeois ont toujours laissé le lit chaud de leurs innovations aux socialistes (l'ASLOCA a été fondée par les radicaux genevois) et n'ayant pas réalisé que le coucou avait investi leur nid, ils continuent à les soutenir!

Décidément nous devons bien avoir la droite la plus stupide du monde, et peut-être même de l'Univers!

Écrit par : jules | jeudi, 11 décembre 2008

Jules, vous pouvez aussi mettre dans le même panier de crabes, L'Avivo qui est un repère de cocos et gauchos de premier ordre. Cette association n'est-elle pas entre les mains de Souhail Mouhanna, ancien député dépité de l'AdG qui continue à râcler les fonds de tiroirs au détriment des "p'tits vieux "? Le vol, à gauche, est institutionnel !

Écrit par : Octave Vairgebel | jeudi, 11 décembre 2008

@P.Hollenweg, dans le film "Maïs in BundesHaus", si vous l'avez vu, qui donc (et c'est le seul) s'associe à la "verte/alternative" zurichoise (?) pour combattre le maïs transgénique? Un paysan... de l'UDC! éh, oui! on est donc loin de ce phantasme obnubilant du "parti fasciste", qui semble être l'appat, le "lièvre" qui fait courrir sus les canidés farcis à la pensée médiatique.
Que de temps perdus pour d'autres luttes plus importantes!

Écrit par : Y.Diot | vendredi, 12 décembre 2008

ai-je parlé de l'UDC comme "parti fasciste" ?
D'ailleurs, il m'est arrivé de siéger en une instance locale, en tant que représentant du PS, avec des représentants de l'UDC, en m'entendant suffisamment bien avec eux (et bien mieux avec eux qu'avec des représentants d'autres partis, Y compris de gauche) pour que nous ayons fait "front commun" contre une majorité aplaventriste... je sais donc non seulement faire la différence entre le fascisme et le populisme de droite, mais aussi entre l'idéologie d'un parti et le comportement de certains de ses membres.

Écrit par : Pascal Holenweg | vendredi, 12 décembre 2008

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