mercredi, 10 décembre 2008

A qui le droit acquis ?

Statut du personnel municipal Nos copains de l'Alternative, tous partis et groupes confondus, ont bien bossé : La Ville de Genève a un budget (" prudent, mais qui préserve la solidarité active " selon Sandrine Salerno) : dans un vote final bloc contre bloc (avec quelques variantes ponctuelles, et après moult tractations), l'Alternative a fait passer, en l'amendant un peu, le projet de budget présenté par le Conseil administratif. Les sourires des uns (des unes, en particulier) et la grise mine des autres (au masculin implicite, surtout) faisaient, ensemble, plaisir à voir et dessinaient une jolie carte de vœux. Reste un gros chantier : la réforme du statut du personnel, sur laquelle la majorité de gauche s'était divisée (avant que de se reformer). Avec en arrière-fond la vieille question : que faire des " droits acquis ", si ces droits n'ont été accordés par l'employeur (la Ville) que pour pouvoir éviter d'en accorder d'autres, plus importants, et si ces acquis empêchent d'aller plus loin dans une véritable politique salariale de gauche, intégrant les primes dans le salaire et écrasant les inégalités salariales ? Statut statique ? Le Conseil administratif de la Ville propose un nouveau statut du personnel, facilitant d'une main (la droite) les licenciements et supprimant de la même main la participation aux cotisations maladie, la semaine de vacance supplémentaire pour les employés de plus de 57 ans, l'automaticité de l'indexation et la prime d'ancienneté (des " droits acquis " qui privilégient mécaniquement la capacité de durer des " anciens "), et instaurant de l'autre main (la gauche) un congé parental et un congé paternité, ainsi une allocation familiale municipale, prolongeant le congé maternité (mais de la durée de l'actuel congé d'allaitement dont bénéficient la plupart -mais pas toutes- les employées de la Ville). L'actuel statut du personnel municipal date, pour ce qui est de sa structure, des années 30 du siècle passé. Son obsolescence est reconnue à la fois par la Ville et par les syndicats, sa réforme est donc acceptée. Mais quelle réforme, avec quel contenu, et à quel rythme ? Le Conseil administratif veut négocier globalement, les syndicats veulent procéder article par article, pour pouvoir en référer régulièrement à leur base. Quelle que soit la méthode, le travail est considérable : le statut contient avec les règlements annexes, plusieurs centaines de textes à modifier (400 selon les syndicats). Par exemple pour intégrer au salaire les primes qu'on a préférer créer au fil des législatures plutôt que de réduire les écarts entre classes de traitement, en supprimant les classes de traitement les plus basses... Une municipalité de gauche, appuyée sur une majorité de gauche au Conseil municipal, ça devrait pouvoir définir une politique salariale de gauche, et s'extirper d'un héritage qui n'est après tout que celui d'une succession de majorités de droite -celles qui ont " gouverné " la Ville pendant des décennies.

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Commentaires

Avec un jour de retard, c'est l'Aïd el-Kebir des moutons noirs !!! :o)

Écrit par : Scipion | mercredi, 10 décembre 2008

Vous avez pose icic une superbe quesion: Que faire des " droits acquis ", si ces droits n'ont été accordés par l'employeur ( que pour pouvoir éviter d'en accorder d'autres, plus importants, et si ces acquis empêchent d'aller plus loin dans une véritable politique salariale de gauche, intégrant les primes dans le salaire et écrasant les inégalités salariales. Je suis absolument d'accord avec vous.

Écrit par : Amber | vendredi, 20 février 2009

Je souhaite que votre rêve devienne réalité et que l'UMP se scinde en deux pour se mettre enfin en conformité avec sa réalité. Nous nous retrouverons alors, je l'espère, au sein du même mouvement politique pour défendre des valeurs et une éthique auxquelles nous sommes très nombreux à être resté attachés.

Écrit par : Taylor - Fishing Shop | mardi, 24 mars 2009

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