mercredi, 26 novembre 2008

Objection de croissance

Samedi 29 novembre : " Journée sans achat "

C'est le moment : la crise financière, la récession qu'elle pourrait provoquer, et même les milliers de milliards balancés dans les banques privées pour les sauver du naufrage, et sauver avec elles l'ensemble du système parasitaire (mais qu'on se refuse à réformer réellement, et donc profondément) pourraient, et devraient, susciter un changement des comportements individuels et collectifs de consommation. " Pourraient ", en réduisant les ressources consacrées à la consommation; " devraient ", en modifiant les modes et les critères de celle-ci. La " Journée sans achat " du 29 novembre est l'occasion, à quelques semaines des frénésies mercantiles de la fin d'année grégorienne, de s'interroger non seulement sur le sens de ces rites, mais aussi sur nos comportements le reste de l'année. Et sur ce qui provoque ces comportements : ni des besoins, ni même des désirs -mais des réflexes. De toute façon, rien ne ressemble plus à un chien de Pavlov que le consommateur occidental moyen.

Cresco quia absurdum…

Il faudrait aujourd'hui, déjà, trois planètes supplémentaires pour produire les ressources naturelles et stocker les déchets de la généralisation du niveau et du mode de vie moyens des Suisses à l'ensemble de la population du globe. Et si c'était le niveau et le mode de vie moyens des habitants des USA que l'on généralisait, ce seraient six planètes supplémentaires qu'il nous faudrait. Il se trouve en effet que si la " croissance " se voudrait continue à l'infini, le monde, lui, est contenu et fini. Or toute l'organisation économique et sociale de ce monde tourne autour du mythe de la croissance continue, et de l'objectif d'une croissance quantitative du produit intérieur brut, c'est-à-dire de la production, de la consommation et du gaspillage. Or, qu'est-ce que la " croissance " telle que la mesure le produit intérieur brut ? C'est, au sens littéral de l'expression, " n'importe quoi " : une amélioration du niveau de vie provoquant une dégradation de la qualité de vie; une augmentation des dépenses utiles autant que le coût d'une catastrophe naturelle ou humaine (une bonne guerre, ça peut vous relancer le PIB). Comme le rappelait Spinoza, on ne peut concevoir quoi que ce soit d'illimité (la " croissance ", par exemple…) dans un monde limité. Et notre monde est limité. Limité, et inégalitaire : un cinquième de la population mondiale consomme et gaspille plus des quatre cinquièmes des ressources du monde. Nous sommes de ce cinquième du monde, gras à lard érigeant autour de nos sociétés transformées en centres commerciaux de dérisoires barrières contre les quatre autres cinquièmes en priant qu'elles les retiendront, alors qu'elles ne font que nous y enfermer. Mais avec le Père Noël.

01:48 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : croissance, décroissance, consommation | |  Facebook | | | |

Commentaires

Tavailler moins pour consommer moins ! Enfin libres.
Comment subsister sans travail ou comment devenir des chômeurs heureux ?

A Berlin, un groupe de chômeurs nommé “Die Glücklichen Arbeitslosen” a osé désigner le travail comme l’ennemi no 1. Attention, Danger , travail ! En France, 3’000 personnes par jour ont un accident de travail, en Italie 1’100 ouvriers meurent par an sans compter le cas de tous les accidents non déclarés de travailleurs au noir et clandestins immigrants.
. Certains de ces chômeurs heureux ont été soit virés soit ont déserté le travail comme on déserterait l’armée qui tuerait ses soldats. On quitte le travail pour échapper à la boucherie.

Les exclus du travail se sont organisés, ils se retrouvent en ateliers, en entreprises virtuelles, sont soit bénévoles. Ils oeuvrent pour la société, proches du terrain humain, engagés dans le social, non pas en terme de rapport d’interdépendance au social. Dans ce compassionnel hypocrite qui retient l’autre en ôtage. Mais engagé par l’autre et pour l’autre dans un projet de société à forte valeur identitaire.

Travailler moins pour le système, davantage pour la société, se garder des temps pour les loisirs, la lecture, penser, écrire et ne rien faire parfois, souvent.

En Allemagne, ces chômeurs très engagés dans leur exclusion - non désirée- ont fini par conclure que puisque c’est ainsi, puisque ça leur est imposé, ils deviendront des chômeurs heureux et on étendu un réseau sur tout l’Europe qui regroupe 20 millions de personnes.
Cela signifie le système D, aller manger chez des potes qui ouvrent des resto à bon marché, troc à gogo, connaître les bons tuyaux. Organiser des réseaux solides, se passer l’information rapidement. Faire appel au pote électricien au chômage depuis 10 ans et qui finit par se mettre à son compte.


Solidarité, échanges de bons procédés, une société parallèle au travail classique se forme, transforme la société en profondeur. On consommera certainement moins, le revenu universel garanti permettra de survivre. Les entreprises viendront bientôt se mettre à genoux pour les trouver les esclaves . Le rapport sera inversé.

Plus de temps libre, moins d’esclavage. Moins de dépenses inutiles. Eloge de la paresse bien vécue, éloge de la lenteur assumée.

Les mouvement écologiques ont déjà amorcé la longue remontée. Moins de voiture, consommer intelligent, acheter des fruits et légumes locaux pour éviter des transports inutiles qui engendrent augmentation du prix et pollution. Non seulement le non-travailleur ne nourrit plus le système mais le réfléchit. Il a le pouvoir d’influer sur celui-ci.

Les exclus du travail deviennent les non-productifs de demain ou des travailleurs très très partiels et le reste du temps, “ils ne font pas rien”, ils vivent leur vie et pas celle de la machine du Léviathan. Ils courent après le bonheur qui donne envie de vivre et non pas le travail qui tue et qui enlève cette envie de vivre.

A quand un nouveau Manifeste, une Internationale des non –travailleurs avec ses statuts. Des rapports d’inactivité Un réseau clairement établi de tous les non-productifs pour créer un tissu social solide. Le chômeur ne souffre pas tant du manque de travail que du manque de réseau social délétère. Le système ne lui a pas donné de travail et de surcroît le culpabilise de n’avoir pas travaillé, l’isole, l’humilie, le pointe du doigt. Le chômeur frôle les murs, coupent les ponts avec son entourage, se planque, se cache, se maudit. Pervers le système !

Dans quelques années les travailleurs plein temps seront pointés du doigt. Regardez-les les pauvres ! On les verra dans la “bling-bling society”- ils courent d’un avion à l’autre, d’un train à l’autre, décalages horaires, leur salaire ils ont à peine le temps de le dépenser. Accrochés au téléphone portable, telle la laisse du chien, dépendants de leur ordinateur. Mercenaires –nomades qui vont courir le monde à fusionner, défusionner, mettre des villes entières sur les genoux après recrutement à la baisse, puis restructuration, mettant des milliers de gens au chômage forcé et qui dans certains pays n’ont pas de couverture sociale. Les grandes multinationales qui sont en perte d’image. Ces multinationales prêtes à trafique le lait des bébés qui finissent par en mourir. Qu’importe les morts, pourvu que ça remporte à quelques uns. La richesse mondiale est répartie entre 300 familles.

Ces mercenaires-nomades même dans les pays pauvres ne trouveront plus de la chair à broyer, c’est la société civile qui prendra le relais des non-productifs pour en faire un homme et une femme nouvelle.

On l’a bien compris, les salariés sont sacrifiés sur l’autel du capital. Le travail des hommes n’a plus d’intérêt, c’est le jeu des actions, la virtualité de cet effort qui le réduit à néant. Alors ! Vous chercher des travailleurs à détruire , allez voir ailleurs si j’y suis.
Le capital est entrain de signer la mort du travail, du moins comme elle le concevait dans sa définition classique.

Allons-nous plutôt vers la fin du travail et la fin de la surconsommation?

Écrit par : duda | mercredi, 26 novembre 2008

Il faut quand même ne pas être bien malin pour décréter "journée sans achat", le samedi qui suit le versement du salaire sur le compte courant, et à plus forte raison quand ce samedi sera celui des premiers gros achats de Noël : l'argent est arrivé, il ne devrait pas encore y avoir trop de monde dans les magasins et le choix devrait plus large que dans quinze jours.

Cela illustre encore une fois à quel point la gauche dogmatique vit hors du vrai monde et de ses terre à terre réalités. Il est vrai aussi que sa survivance même est hors du vrai monde et de ses terre à terre réalités.

Les révolutionnaires d’antan se sont assurés la passivité bienveillante des peuples, parce que lesdits peuples avaient le sentiment que ce serait peut-être mieux après qu’avant.

Or, maintenant, nous avons une nouvelle génération de partageux, dont le camarade Holenweg est l’illustration, qui veulent bouleverser nos sociétés en annonçant que ce sera beaucoup moins bien après.

Ils nous serinent donc que nous devons, a priori, accepter volontairement que ce soit moins bien après, pour éviter que ça ne soit pire !

Mais on conviendra que c’est vraiment léger-léger-léger, pour jeter les « masses laborieuses » à l’assaut des Bastille, des City et des Banhofstrasse du XXIe siècle…

Écrit par : Scipion | mercredi, 26 novembre 2008

Curieusement le Mur de Berlin avait été construit pour empêcher les Allemands de l'Ouest d'entrer au Paradis socialiste, mais après son effondrement...
"crâââc! boum! plonk!" plus de Paradis socialiste.
Comment se fait-ce ?
"Camaradesses ! Camarades ! Du ciment pour reconstruire le paradis !"

:o)

Écrit par : Blondesen | mercredi, 26 novembre 2008

"Il faudrait aujourd'hui, déjà, trois planètes supplémentaires pour produire les ressources naturelles et stocker les déchets de la généralisation du niveau et du mode de vie moyens des Suisses à l'ensemble de la population du globe."

J'aimerai savoir sur quoi se base ce genre d'affirmation,vu que les réserves de matières premières disponibles ne sont que suppositions.Quand à l'agriculture,il est possible d'obtenir des rendement suffisant pour nourrire tout le monde,faut-il encore que les gouvernements des pays assujéttis à la famine ménent des politiques responsables.

D.J

Écrit par : D.J | mercredi, 26 novembre 2008

DJ a totalement raison, comme toujours, les gauchistes purs et durs prennent pour la vérité absolue un chiffre ou une information entendue ici ou là et en s'y référant émettent une hypothèse qu'ils présentent comme LA solution!

Écrit par : salegueule | mercredi, 26 novembre 2008

On critique du gauchiste, mais on est incapable de développer un argumentaire intelligent.

Manque plus que Victor débarque ...

Écrit par : Djinius | mercredi, 26 novembre 2008

Argumenter avec des gens d'extrême gauche est du temps perdu!
Ils n'écoutent pas ce qu'on leur dit, ils n'entendent que leur argutie!
Et si par le plus grand des hasards un gauchiste écoute ce qu'on lui dit, il ne le comprend pas.......

Écrit par : salegueule | jeudi, 27 novembre 2008

Croître sans nuire, décroître pour baisser le niveau de souffrance, hors du cercle des privilèges me semblent la seule voix humaine.... J'aime beaucoup cette article....

Écrit par : saladerouge | samedi, 29 novembre 2008

Le capital tue le travail forçant à la déconsommation qui est la bienvenue !
Analysons cette culture du plaisir qui crée davantage la culture du manque et qui s’assure de produire et de créer des besoins superflus, entraînant l’aliénation du consommateur en perpétuelle quête de quelque chose d’inacessible, éternellement insatisfait et qui accumule pour combler le vide généré par l’illusion du besoin superflu. Cercle vicieux, perversité du système de surconsommation qui aboutit à engendrer des boulimiques qui achètent aveuglément et accumulent sans fin pour finalement jeter par kilos chaque année le surplus inutile.

(extrait de ma prochaine brochure en cours d'impression Trous dans le CV et vues sur mer !)

Écrit par : duda | samedi, 29 novembre 2008

"Ils n'écoutent pas ce qu'on leur dit, ils n'entendent que leur argutie!"

Ouais, et vous, vous dites quoi? Pas grand'chose en somme.

Écrit par : salut | samedi, 29 novembre 2008

"En Allemagne, ces chômeurs très engagés dans leur exclusion - non désirée- ont fini par conclure que puisque c’est ainsi, puisque ça leur est imposé, ils deviendront des chômeurs heureux et on étendu un réseau sur tout l’Europe qui regroupe 20 millions de personnes.
Cela signifie le système D, aller manger chez des potes qui ouvrent des resto à bon marché, troc à gogo, connaître les bons tuyaux. Organiser des réseaux solides, se passer l’information rapidement. Faire appel au pote électricien au chômage depuis 10 ans et qui finit par se mettre à son compte."
Peut-on dire que ces 20 millions de personnes européennes, "chômeurs heureux", vivent aux frais et dépens de ceux qui ont choisi de se battre et de vivre dans le monde réel? De se prendre en charge, de ne pas être des assistés. Des gens surement sans grands moyens, mais libres. Le pote restaurateur bon marché doit aussi vivre et payer ses charges, il doit aussi respecter les conditions d'hygiène de son restaurant. L'électricien qui se met à son compte après 10 ans d'inactivité peut-il se dire qu'il a perdu ces 10 années? Il aura 10 ans de moins pour gagner sa retraite donc il devra facturer plus cher...

Écrit par : salegueule | samedi, 29 novembre 2008

Croyez-vous que d'un côté il y a ceux qui travaillent et qui sont dans la réalité et que les non-travailleurs ne seraient eux aussi pas dans cette même réalité. Vous les mettez où , sur une autre planète ? Ce sont des extra-terrestres ? - Le chômage est notre réalité d'aujourd'hui, les chiffres sortiront certainement en janvier ou février après Noël lorsqu'on nous annoncera les wagons de sans-emploi. La nouvelle donne est la solidarité et une économie qui reviendra à dimension humaine. Oui, nous sommes repartis pour relancer de vrais réseaux de solidarité comme on les voit ailleurs et cela signifie beaucoup de coups de pouce et beaucoup de générosité. Après la guerre, les populations civiles se réorganisaient pour s'entr'aider et la floppée de chômeurs prêts à débarquer est presque une situation d'urgence économique équivalente à un grand fléau et à laquelle il faudra y répondre des façons les plus créatives et les plus originales qui soient. Les politiciens qui ne sont ni créatifs, ni originaux, ni n'anticipent , ouvrent la brèche à une organisation civile qui peut-être d'une plus grande efficacité.

Écrit par : duda | samedi, 29 novembre 2008

Duda aurait peut être raison dans un monde parfait, mais notre monde ne l'est pas!
Dans votre première réaction, lorsque vous présentez ce groupe nommé “Die Glücklichen Arbeitslosen” vous précisez clairement que les membres de ce groupe veulent un réseau pour vivre autrement. Mais autrement que qui? Sans TV, sans Internet? Sans téléphone portables? Sans tous ces moyens de communications, ceux qui permettent à ces réseaux d'exister? De communique rapidement? Qui va leur produire l'énergie pour les faire fonctionner? Des potes? Qui va leur fournit l'équipement nécessaire? Des potes? Quand ils seront malades, qui va les soigner? Des potes?

Écrit par : salegueule | samedi, 29 novembre 2008

La décroissance c'est l'apauvrissement de la société.Comment être solodaire quand on a plus rien à partager?

D.J

Écrit par : D.J | samedi, 29 novembre 2008

La décroissance est inéluctable, la terre étant finie et le système actuel ne fonctionnant que dans une phase de croissance.. C'est un peu comme lorsque les bactérie touchent les bords de la boîte de Petri si tu vois ce que je veux dire..

Écrit par : salut | samedi, 29 novembre 2008

La décroissance n'est inéluctable que jusqu'à la prochaine guerre.
Cette dernière, inévitable, fera tellement de victimes qu'il y aura de nouveau de la place pour la croissance pour ceux qui resteront...
La seule décroissance qui pourrait, peut-être, nous sauver, c'est celle des transports. (Re)commencer à produire sur place en fonction des besoins locaux au lieu de produire beaucoup ici pour vendre aussi ailleurs à des prix empêchant aux locaux de produire. Mais elle implique une sorte de protectionnisme qui n'est pas en odeur de sainteté. Car ce protectionnisme là entraine aussi forcément la lutte contre l'immigration.

Écrit par : salegueule | samedi, 29 novembre 2008

@salegueule
Duda aurait peut être raison dans un monde parfait, mais notre monde ne l'est pas!

"Sans utopie, aucune activité véritablement féconde n'est possible"

Écrit par : duda | samedi, 29 novembre 2008

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