samedi, 01 novembre 2008

Frambois, station terminus

Des mesures de contrainte à la contrainte sans mesure

Deux hommes incarcérés à Frambois en attente de leur expulsion ont tenté, fin septembre, de se suicider -l'un en s'immolant par le feu, l'autre en se pendant. Le premier avait été débouté de l'asile, la demande d'asile du second avait été frappée d'une non-entrée en matière. Les deux hommes ont été reconduits en prison, apès un bref séjour en hôpital psychiatrique. La Ligue suisse des droits de l'Homme voit dans ces deux tentatives de suicide la marque de la détérioration constante des conditions de détention dans la " prison pour étrangers " de Frambois. On y verra aussi la conséquence directe d'une détérioration non moins constante : celle de la politique d'asile de la Suisse. Station terminus du processus de refus d'asile, Frambois en est le dépotoir, et le symbole.


Autodestruction

La Ligue des droits de l'Homme exhorte les autorités à renforcer l'encadrement médical, et en particulier l'encadrement psychiatrique à Frambois. La Ligue demande en outre que les mesures de contrainte ne soient pas utilisées contre des personnes souffrant de troubles mentaux ou d'un état de santé particulièrement dégradé. Ça devrait en effet être le minimum exigible d'un Etat de droit -mais les déboutés de l'asile ont-il encore des droits ? A Frambois sont stockés avant expulsion des gens qui sont le plus souvent dans la plus grande incertitude sur à leur sort. Quelques trafiquants, certes, mais surtout des immigrants clandestins et des travailleurs au noir, punis avec bien plus de sévérité que ceux qui les exploitaient. Ces hommes vont être expulsés, lorsque des accords de réadmission ont été conclus, vers des pays qu'ils s'empresseront de fuir à nouveau. Certains ont déjà été expulsés trois fois de Suisse. Ceux-là sont prêts à tenter autant de fois leur chance, ou leur malchance, qu'il faudra. Aucune mesure de " dissuasion " ne les dissuadera, aucune prison ne les retiendra, aucune interdiction d'entrée ne les empêchera d'entrer. Ils sont le signe même de la profonde imbécillité des politiques d'immigration restrictives -qui ne réduisent l'immigration légale qu'en multipliant l'immigration illégale, et de la gestion policière et bureaucratique du droit d'asile. De tout cela, Frambois est le concentré, et les suicides à Frambois, le prix. Après la destruction du droit d'asile en Suisse par les majorités gouvernementale, parlementaire et populaire de ce pays, il ne restait plus, pour parfaire une politique nauséabonde, qu'à attendre l'autodestruction des requérants d'asile. On y est.

01:16 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : frambois, asile, réfugiés, prison, xénophobie | |  Facebook | | | |

Commentaires

Nous n'avons pas la capacité d'accueil des Etats-Unis donc nous devons être sélectifs. De plus les requérants d'asile qui débarquent sont majoritairement là pour des raisons économiques et non plus pour des raisons politiques. Quand aux clandestins, ils arrivent pour engraisser des mafias locales qui se sont installées petit à petit sur le territoire, les utilisant dans leur trafic de drogue ou de prostitution car devant rembourser leurs dettes de passage vers l'Europe. Ces flux migratoires ont largement l'aval des pays comme la libye, le Maroc ou l'Algérie qui ne sont pas en mesure de donner du travail à leurs populations alors que leur richesse en hydrocarbures et minerais est énorme. La corruption de leur gouvernement, de leur élite, de leur administration, finalement à tous les échelons de leur société en est la raison. De plus, ces pays ferment les yeux sur la culture de hashih qui fait vivre des milliers de paysans et sur le trafic de drogues,d'armes qui occupe bon nombre de personnes. Finalement, ces pays déversent leur trop plein de population en Europe en toute illégalité et nous retrouvons une frange de cette population dans les genres de trafics possibles qui se greffent aux autres mafias européennes : Croates, italiennes, kosovardes, etc...

Écrit par : demain | samedi, 01 novembre 2008

Hélas, comme je l'écris souvent (trop souvent), nos sociétés occidentales n'ont jamais trouvé le moyen (et les moyens) de se défendre du désordre, de la violence, des criminalités de toutes sortes sans avoir recours soit à la la vengeance et la violence, soit à une sorte de laisser faire accompagné de bonnes paroles et de bons sentiments. Dans une société fermée et peu nombreuse, comme l'était celle des diverses tribus d'Iroquois, celui qui enfreignait gravement les lois voyait toutes ses possessions détruites et devait ensuite les reconstituer en retrouvant les bonnes grâces des membres de sa communauté. C'était une punition suivi de réintégration.
Aujourd'hui tout semble plus compliqué, surtout dans le cas des délinquants venus d'ailleurs et des délinquants multi-récidivistes. Mais nous ne savons toujours pas nous mettre à l'abri de leurs méfaits sans les traiter de manière inhumaine à bien des égards, ni organiser un système de rattrapage (comme on dit en milieu scolaire) qui permette à ceux qui le veulent et le peuvent de se racheter en passant par une série d'étapes comprenant disciplines physiques, hygiène de vie, éducation et enfin travail de réinsertion, tout cela soumis à une contrainte qui irait en diminuant avec les progrès accomplis. Ceux qui se révéleraient définitivement incapables de profiter d'un tel système, s'il en étaient, ne devraient pas être abandonnés ou traités comme des déchets, mais pris en charge de manière humaine dans des programmes d'occupations adaptés et permanents.
Cette manière de faire (décrite dans ses principes et non dans les détails de son application) susciterait nécessairement des réactions négatives, non seulement des organisations criminelles qui en feraient les frais, mais aussi de ceux qui (étant plus clairvoyants et expérementés que moi, peut-être) qui y verraient une forme de fascisme ou la résurgence des goulags. Il est possible, en effet, que ces dérives soient inévitables et alors nous sommes condamnés à condamner ceux dont il est question à un traitement exempt de ces soupçons, mais générateur en même temps de cruauté, de négligence et de gaspillage humain scandaleux et douloureux.

Écrit par : Mère | samedi, 01 novembre 2008

Les commentaires sont fermés.