vendredi, 31 octobre 2008

Retraite flexible et parachutes dorés

La droite manque de pot, mais pas d'air

La campagne pour l'initiative syndicale (soumise au vote le 30 novembre) en faveur d'une AVS flexible n'avait pas commencé que s'abattaient déjà sur le bon peuple des prédictions affabulatrices et abracadabrantesques sur son coût. La droite politique et patronale s'apprêtait à faire feu de tout bois pour démolir, à grands coups de chiffres invérifiables, une revendication minimale : pouvoir prendre sa retraite dès 62 ans… Manque de pot : la crise financière, le sauvetage de l'UBS à coup de dizaine de milliards, les parachutes dorés des dirigeants de l'économie et la confirmation des subventions accordées aux partis politiques (de droite) par les banques, ont sérieusement entamé la crédibilité des adversaires de l'initiative et des experts autoproclamés convoqués en hâte pour expliquer à la fois que la retraite flexible coûterait trop cher et que les 68 milliards du sauvetage de l'UBS sont un bon investissement…

Premier pas

Sitôt annoncée la mise en votation de l'initiative syndicale pour " l'âge de l'AVS flexible ", les partis de droite et les organisations patronales s'étaient mis en campagne, à grands coups d'estimations invérifiables, en mobilisant moult experts et en faisant monter au front tout ce qui pouvait se mobiliser, du président de la Confédération au directeur de l'Office fédéral des assurances sociales. Las ! La crise financière a rattrapé ces hérauts de l'austérité sociale, et le bon peuple s'est mis à douter : si on peut trouver 68 milliards pour sauver une banque privée, ne pourrait-on trouver cent fois moins pour accorder à des travailleurs de 62 ans le droit de prendre leur retraite pendant qu'ils sont encore en état d'en profiter ? On entend moins prôner l'élévation de l'âge de la retraite à 70 ans depuis que de joyeux quinquagénaires ou de sémillants sexagénaires ont pu prendre la leur avec quelques dizaines de millions de primes, gratifications, indemnités et autres honoraires somptuaires, quels qu'aient été les résultats concrets de l'exercice de leur pouvoir sur les grandes entreprises qu'ils dirigeaient. Les crises sont révélatrices de réalités que les apparences de prospérité voilent. Et d'entre ces réalités, celle-ci : Aujourd'hui, la retraite anticipée est un privilège de nantis qui disposent de très solides deuxième, troisième, quatrième et Xèmes piliers. L'initiative syndicale pour la retraite flexible ne bouleverse rien (c'est d'ailleurs son défaut), et son adoption ne serait qu'un premier pas -qui ne coûterait pas grand chose. Mais on n'entame pas une longue marche sans ce premier pas, comme disait le Grand Timonier. Pas Couchepin, l'autre.

02:51 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : avs | |  Facebook | | | |

Commentaires

Vous dénoncez en effet une attitude scandaleuse qu'aucun raffinement de discours antagoniste ne peut atténuer.

Écrit par : Mère | vendredi, 31 octobre 2008

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