mercredi, 29 octobre 2008

Ne plus acheter, pour ne plus se vendre

29 novembre : Journée sans achat

Le 29 novembre se tiendra la " Journée Sans Achat " . A l'ordre du jour : ne rien acheter pendant 24 heures (ne rien acheter, pas ne rien voler ou ne rien troquer…) Organisée dans au moins 55 pays, la Journée Sans Achat veut nous interroger sur la réalité de notre société mercantile et consumériste, dénoncer une publicité omniprésente et une incitation permanente à amasser, se libérer d'un rêve de croissance infinie qui se transforme en cauchemar pour la majorité de la population humaine de la planète. A Genève aussi, la Journée Sans Achat sera l'occasion d'une critique de la marchandise, de la consommation et de la croissance. Cesser d'acheter pour ne plus se vendre : ça tombe au bon moment, et si la crise du système financier mondial, en faisant planer le " spectre de la récession ", pouvait concourir à une remise en cause radicale de nos comportements ?

Ne plus consommer, mais consumer

Une " Journée Sans Achat " pourquoi ? Pour se défendre de la marchandise, et de la mercantilisation. Pour remettre en cause la réduction de toute valeur d'usage à une valeur d'échange, de tout lien social à la propriété d'un signe d'appartenance (une bagnole, un home cinema, une console de jeu, un portable...). Cette socialisation de la marchandise, rigoureusement conjointe à la réification du lien social, est la marque du capitalisme socialisé. Ne pas acheter pendant un jour ne suffit évidemment pas à une critique de la marchandise, mais du moins en manifeste l'urgence. Pour le reste, et pour la suite, il n'est qu'un moyen de se délivrer de la marchandise : la détruire en tant que marchandise, c'est-à-dire détruire sa valeur d'échange. Celui qui détruit la marchandise s'en rend maître. Le gaspillage, le vol, le pillage, détruisent en effet ce qui, dans la marchandise, contient la valeur de l'exploitation du temps de travail qui l'a produite. L'exploitation ainsi niée, reste à nier aussi l'aliénation. Et à passer de la critique de la consommation à l'exercice de la consumation. On rejoint ici l'objectif que nous pouvons assigner à la décroissance : être non seulement l'instrument de la défense de l'environnement naturel contre les agressions humaines, ou de la défense des plus vulnérables d'entre les humains contre les actes et les comportements des privilégiés, mais être surtout la charge d'explosif dynamitant un ordre social fondé sur l'impératif de produire toujours plus, de consommer toujours plus, et de n'être plus que producteurs et consommateurs -surtout pas citoyens.

02:44 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : économie, consommation | |  Facebook | | | |

Commentaires

Perdre sa vie, à la gagner.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | mercredi, 29 octobre 2008

On pourrait aussi arrêter de manger tout de suite, ce serait très zen et bon pour la ligne. Juste de la méditation. L'immobilisme parfait. La mort. Et puis voler, à part ça, c'est vachement citoyen comme acte, camarade...
Mais en méditant bien, parait qu'on arrive à voler par la pensée. Trop cool!

Écrit par : Philippe Souaille | mercredi, 29 octobre 2008

les partis de gauche pourrait commencer à arrêter de parler d'eux et ainsi réduire la publicité "consommatrice de sociale" qu'ils engendrent, à moins biensûr comme évidemment, la gauche dissuade les autres de faire ce qu'elle fait aussi (mais bon, c0est vrai que quand la gauche le fait, c'est pour le bien de l'humanité)

Écrit par : David Divorne | mercredi, 29 octobre 2008

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