mercredi, 15 octobre 2008

Le marché casse ? l'Etat casque…

Plus de 2000 milliards pour sauver une économie parasitaire

Le champagne est de retour dans les bourses. Pour combien de temps, on ne sait pas, mais ils s'y sont tous mis pour remplir les flûtes : le Fonds monétaire international, le G7, le G20, l'Eurogroupe (les Etats de la zone Euro)... Au final, l'Europe aura balancé deux fois plus de fonds que les Etats-Unis dans le trou que les Etats-Unis ont pourtant creusé. A elle seule, la Grande-Bretagne a prévu près de 100 milliards de francs pour entrer dans le capital des banques les plus touchées par la crise, et plus de 480 milliards pour garantir les prêts interbancaires. Et les dirigeants des pays " émergents " de s'interroger publiquement, face à ceux qui se posaient en modèles : nous avons suivi vos conseils, et maintenant vous nous plombez du poids de vos conneries ? Qu'ont fait vos agences de notations ? Qu'ont surveillé et régulé vos organismes supranationaux ?

La main invisible dans le sac

Ceux-là même qui nous chantaient depuis des lustres l'air du catalogue des vertus du marché saluent l'intervention massive des Etats pour boucher les trous du marché, et admettent que les Etats puissent prendre (temporairement, bien sûr -le temps de vider les caisses publiques pour garantir le retour des profits privés) le contrôle de banques privées. Eteints, les appels à l'équilibre budgétaire, rentrés les sanglots longs autour des déficits et de la dette : creusons les déficits, accroissons les dettes publiques, puisque c'est pour sauver les bourses. Ces deux mille (et plus) milliards de dollars ou d'euros puisés dans les réserves des banques centrales, sortis des planches à billet, obtenus par l'emprunt ou ponctionnés sur les budgets publics, vont manquer aux collectivités publiques locales et régionales, aux Etats, aux organisations internationales, pour financer l'accomplissement de leurs tâches essentielles. Le sauvetage du désordre financier international va, à terme, se compter non en dollars ou en euros, mais en destins individuels : celui de millions de travailleurs mis au chômage ou déplacés dans une économie aussi grise que leur avenir; celui de dizaines de millions de gens modestes repoussés dans la pauvreté, de dizaines de millions de pauvres basculant dans la misère et de dizaines de miséreux expulsés dans le néant. Que pèsent-elles, ces ombres, face au moral des bourses ? Et qu'est-ce qu'on peut bien en avoir à foutre, au G7, au FMI, dans l'Eurogroupe ou à l'Association suisse des banquiers, de gens qui vivent avec moins d'un dollar par jour, qui n'auront jamais de compte en banque, qui ne votent nulle part, n'ont rien à nous vendre et ne peuvent rien nous acheter ?

01:43 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : crise, finances, banques | |  Facebook | | | |

Commentaires

Bon... votre raisonnement n'est pas tout faux, surtout lorsque l'on considère la stupide cupidité des banquiers.

Mais quoi, que préférez-vous finalement? La prise de participation des Etats qui, un jour ou l'autre finiront par s'y retrouver, ou la soupe populaire?

Je serais intéréssé de vous lire sur cette alternative.

Écrit par : cndavid53 | mercredi, 15 octobre 2008

Je n'ai rien contre la soupe populaire, tout dépend qui nous la mitonne.
En ce qui co ncerne la prise de participations publiques dans le capital des banques, elle pourrait en effet être bénéfique, mais si ce bénéfice n'est qu'à court terme, et que cette participation disparaît quand les "choses iront mieux", l'exercice est extraordinairement dispendieux. En revanche, si cette prise de participation pouvait consister en une détermination par les collectivités publiques des grands choix de politique économique et financière des banques, et soumettre ces choix à des critères d'utilité publique (et soc iale), alors oui, les montants faramineux consacrés à sauver un système financier arasitaire auraient une utilité -précisément parce qu'ils auraient servi à autre chose qu'à sauver ce sytème : à le changer.

Écrit par : Pascal Holenweg | jeudi, 16 octobre 2008

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