mardi, 14 octobre 2008

Tiens, fume, c'est du Genevois…

Tabagisme passif et juridisme actif

Un obscur avocat genevois s'est fait un nom il y a quinze jours -c'est la minute de célébrité qu'Andy Warhol promettait à tout un chacun (à condition que le " tout un chacun " en question vive à Greenwich Village ou à Saint-Germain-des-Prés, parce qu'au fin fond du Sahel, la promesse s'étiole). L'avocat, recourant contre le règlement provisoire interdisant depuis trois mois de fumer dans les lieux publics et ouverts au public, a fait annuler ledit règlement, faute de base légale, alors que 80 % des votantes et votants avaient approuvé le principe de l'interdiction en octobre dernier, et que le gouvernement croyait, comme le suggérait dans un avis de droit la direction des Affaires juridiques de la Chancellerie, que la Constitution suffisait comme base légale. Le pari était jouable -il est perdu. Il y a toujours un juriste pour dire le contraire d'un autre juriste -et quand l'un des deux est fédéral et l'autre cantonal, c'est le fédéral qui gagne.

La clope au bec (dans l'eau)

La guerre des clopes est rallumée, les cendriers reviennent sur les tables des bistrots (toujours libres pourtant d'appliquer l'interdiction de fumer), les Verts dégainent un projet de loi reprenant mot pour mot le règlement annulé, les initiants lancent une pétition plus restrictive, et le Conseil d'Etat dépose un projet de loi que les libéraux promettent de rendre le plus inopérant possible. Résultat : l'interdiction générale de fumer dans les lieux publics n'entrera pas en vigueur avant le printemps prochain, dans le meilleur des cas, ou la fin 2011 si on fait traîner les choses Les premières victimes de l'arrêt fédéral ne sont pas les consommateurs non-fumeurs, mais la serveuse ou le serveur, qui, eux, n'ont pas vraiment le choix. Fumeurs, nous avons parfaitement le droit, personnel, de nous enfumer; avons nous le droit d'imposer ce risque aux autres ? Oui, répond (et fait répondre le TF) l'industrie du tabac; non, avaient répondu les citoyennes et yens genevois ayant approuvé à 80 % le principe général de l'interdiction de fumer dans les lieux publics. On avait donc le choix : respecter la volonté populaire ou satisfaire les intérêts d'un secteur économique. On a choisi.
Cela étant, le texte que vous êtes en train de lire ayant été écrit dans un nuage de fumée (de tabac) issu de la pipe du rédacteur, vous êtes invités à désinfecter votre imprimante après l'avoir imprimé, ou votre écran d'ordinateur après l'avoir lu, on sait jamais. Faudrait quand même pas risquer de souffrir de tabagisme passif avant d'avoir eu le temps de claquer à cause de la pollution lâchée par (entre autres) les bagnoles des non-fumeurs (ou les avions amenant les spécialistes de la fumée passive à un congrès international).

03:55 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : tabac, tabagisme | |  Facebook | | | |

Commentaires

Y'a bon cacannannabibis ! Ah ... pas encore voté sur ça ? Ah bon ... c'est encore sur la fumée passive ... ah autant pour moi.
Obscur, obscur, comme une salle du cinéma que vous vous faite ?
Soli Pardo, avocat obscur ... c'est du "Star Wars", ça ...

Tant que la "guerre des clopes" dure, nous, les amateurs de cubain ... en se la coule douce ... c'est par soli - darité envers le peuple cubain, que nous fumons.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | mardi, 14 octobre 2008

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour M. Holenweg,

votre billet est une contre vérité sur différents points :

tout d'abord, l'obscur avocat n'est qu'un simple citoyen, non un porte parole de l'industrie du tabac, qui a fait remarquer au Tribunal Fédéral que la séparation du pouvoir n'a pas été respectée.

Le Tribunal Fédéral n'a pas autorisé la fumée en soi, il a déclaré l'illégalité du règlement entré en vigueur.

80% des votants ont certes voté pour l'interdiction mais malheureusement pour eux, les instances exécutives ont quelque peu débordé de leur prérogative.

Les Conseillers d'Etat sont là pour "exécuter" et faire appliquer les ordres du législatif et non l'inverse.

Votre billet démontrant au passage votre "j'm'en foutisme" pour nos institutions et de leur fonctionnement garantis par la Constitution...

Et dire que vous êtes candidat à la Constituante, ça fait réfléchir...

Bien à vous,

Stéphane (qui fume toujours dehors...)

Écrit par : Stéphane | mardi, 14 octobre 2008

Ah, Stéphane Valente,

Soli Pardo est un obscur avocat, fumeur, et qui a voulu jouer une manoeuvre dilatoire visant à retarder le plus possible l'interdiction de fumer dans les lieux publics. Il se fiche de la séparation des pouvoirs comme de sa première clope.

Son but est clair. Faire traîner les choses, dans l'espoir qu'une loi fédérale sera moins restrictive et/ou qu'un référendum lancé contre la loi genevoise aboutisse et remette tout à plat.

Cherchez maintenant l'erreur, colportée par les Blondesen et autres agités du mégot: lorsque les non-fumeurs sont intoxiqués dans un lieu public, cela relève de la liberté des fumeurs (entre 25 et 28% de la population, selon l'OMS). Lorsque les fumeurs sont contraints de respecter la santé des non fumeurs (la majorité), cela relève d'une atteinte à leurs "libertés". Voici un raisonnement pour le moins fumeux.

Soli Pardo est nuisible à la démocratie. Et le droit, il n'en n'a rien à faire. Il l'utilise pour créer un écran de fumée. Cela est d'une grande vacuité et inutilité.

Écrit par : cndavid53 | mardi, 14 octobre 2008

Sont fort l'UDC surfant sur les peurs et l'inculture de certains citoyens ... jusqu'où s'arrêteront-ils ?

Écrit par : Djinius | mardi, 14 octobre 2008

1. Qu'est-ce que Soli Pardo vient faire dans cette discussion ? l'avocat qui s'en est allé pleurnicher auprès des baillis fédéraux, ça n'est pas lui. C'est pas son genre, d'aller pleurnicher.

2. Je me contrefous en effet des institutions fédérales.

Écrit par : Pascal Holenweg | mercredi, 15 octobre 2008

Soli Pardo avait formé un des deux recours admis par le Tribunal fédéral.

Écrit par : armand poulain | samedi, 18 octobre 2008

"2. Je me contrefous en effet des institutions fédérales."

Ah ben là, tout est plus clair !
Comme - si j'ai bien compris - vous voulez aussi "subvertir" et dissoudre la Constituante dès qu'elle sera née, la voie est toute tracée pour une "vraie" Démocratie.

Le "Peuple souverain", c'est en somme une élite de "Happy few" dont vous faites manifestement partie alors que tous les autres sont des imbéciles ?

:o)

Écrit par : Blondesen | samedi, 18 octobre 2008

"Je me contrefous en effet des institutions fédérales"
Je dis et je répète que Genève et les Genevois doivent être jetés à coups de pieds au cul de la Confédération suisse. Leur place est à côté des cités-voyous du genre Monaco, Vaduz ou Andorre.

Écrit par : Géo | samedi, 18 octobre 2008

Ah ?
Votre programme, c'est en quelque sorte "Post Tenebras Libertas" ?

:o)

Écrit par : Blondesen | samedi, 18 octobre 2008

"Le "Peuple souverain", c'est en somme une élite de "Happy few" dont vous faites manifestement partie alors que tous les autres sont des imbéciles"


Ah, on est 80 % d'happy fews alors?

Écrit par : salut | samedi, 18 octobre 2008

80% de 40%, si vous reprenez votre mignonne petite calculette.
Mais happy few, assurément.

:o)

Écrit par : Blondesen | samedi, 18 octobre 2008

Deux remarques :
1. Je n'ai jamais appelé à la dissolution de la Constituante, mais à sa subversion. On trouvera dans n'importe quel dictionnaire la définition de ces deux termes, et on comprendra peut-être qu'ils sont antagoniques : on ne peut guère subvertir ce qui a été dissout.
2. Les "happy few", dans le processus d'élection de la Constituante, ce sont c eux qui auront voté lors de son élection : la majorité des habitants de la République n'ayant pas eu le droit de voter, la majorité de ceux qui avaient ce droit de l'ayant pas utilisé, et une bonne partie de ceux qui l'auront utilisé l'auront fait pour rien du fait du quorum,on peut sans grand risque prévoir pour tout-à-l'heure (j'écris ceci à trois heures du matin) une participation réelle et effective équivalant à 15 % de la population.
3. Et un souhait : que ceux qui veulent "bouter Genève hors de la Confédération" lancent une initiative fédérale : ceux qui veulent, à Genève, se dépêtrer de la Suisse se feront un plaisir de la soutenir. Et j'aime beaucoup la devise "Post Tenebras Libertas".

Écrit par : Pascal Holenweg | dimanche, 19 octobre 2008

Noctambule !

;o)

03:05

A tout à l'heure à Uni-Mail.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | dimanche, 19 octobre 2008

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