mercredi, 01 octobre 2008

La culture coûte cher ? Essayez l'inculture !

Quand la République de Rousseau n'a pas de politique culturelle…
La culture coûte cher ? Essayez l'inculture !


Vendredi et samedi prochain, le deuxième forum du RAAC aura forcément à aborder, entre autres questions qui fâchent, celle du financement de la politique culturelle genevoise -et on voudra bien ici, quand nous parlons de Genève, entendre non la Genève institutionnelle (la Ville, les communes, la République), mais la Genève physique, celle qui se voit lorsqu'on monte au sommet de la montagnette franco-genevoise : une Genève de plus de 600'000 habitants, dont la commune de Genève n'est que le centre, et dont la République n'occupe que le tiers de l'espace. C'est du financement d'une politique culturelle ignorant autant que faire se peut la frontière dont il devrait être question. Et au-delà même de son financement, de l'existence même d'une telle politique culturelle, et de la volonté de la construire et de la mener. Tant que la République (accessoirement canton) n'aura pas les compétences, la volonté et les moyens de mener une politique culturelle, tant qu'elle se reposera sur " les communes " en général, c'est-à-dire la Ville en particulier, pour la mener à sa place, il n'y aura à Genève, qu'une culture politique du chacun pour soi -autrement dit : une inculture politique, ou une politique de l'inculture.

Un pour mille

Genève est une place financière, une ville de congrès, de conférences, d'organisations internationales ; mais Genève est aussi, et devrait être surtout, une ville de culture. Parce qu'elle l'est historiquement, qu'elle s'est constituée comme une cité plus grande qu'elle même non par ses foires, ses banques et ses ateliers, mais par les idées qui y ont été apportées, qui y ont germé, et qui d'elle ont essaimé. Or la République de Rousseau n'a pas de politique culturelle, et le budget culturel du canton n'atteint que le tiers de celui de la seule commune de Genève. Une nouvelle répartition des compétences et des charges financières dans le champ de la culture, entre le canton, la Ville et les quarante-quatre autres communes, s'impose donc. Affirmer et ancrer dans la Constitution le rôle de coordination et d'incitation de la République & canton en matière culturelle, imposer au parlement de donner au canton les moyens d'une politique culturelle, créer un fonds de financement des grandes institutions culturelles existantes ou projetées, auquel toutes les communes seraient tenues de contribuer, créer une commission culturelle permanente, réunissant des représentants de toutes les collectivités publiques et de tous les acteurs culturels de la région (Vaud et France compris) sont autant de moyens de répondre à cette exigence. Il en sera certes débattu au sein de la Constituante, mais en attendant, méditons cet exemple : dans le financement public de la principale institution culturelle du canton (hors l'école), et donc de la région, le Grand Théâtre, la part du canton se situe glorieusement à un pour mille de celle de la Ville. Le cas est particulier ? Sans doute. Mais il reste exemplaire.

03:17 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : genève, politique, raac | |  Facebook | | | |

Commentaires

Nous sommes pour une fois entièrement d'accord cher Pascal. La culture doit être organisée et gérée au minimum sur un plan cantonal... Et mieux encore, par une assemblée transfrontalière qui pourrait être élue (idée radicale au demeurant).
Cela supprimera au passage bien des doublons (ou même des triplons...) inutiles. J'espère juste que vous comprenez qu'il s'agit forcément d'un transfert, et pas d'une augmentation arithmétique. Ce sera grosso modo la même quantité d'argent, qui ne sera plus gérée par les mêmes personnes, avec des rapports de force politique vraisemblablement différents :-)
L'avantage tout de même pour la culture, sera de pouvoir concentrer sur de gros projets, au besoin, et de pouvoir répartir plus aisément et plus équitablement les coûts, par exemple pou un centre de la danse ou un Musée d'ethno: à partit du moment où l'on a choisi un lieu, tout le monde contribue, ce qui rend ainsi la contribution de chacun plus aisément acceptable par le peuple.

Écrit par : Philippe Souaille | mercredi, 01 octobre 2008

C'est une question de conception du rôle de l'état. Si on considère l'aspect historique, je ne suis pas sûr que Rousseau ait été subvensionné.

AF

Écrit par : Alain Fernal | mercredi, 01 octobre 2008

Si je puis me permettre, M. Holenweg, Rousseau était plutôt opposé à la culture au sens urbain : il a dit qu'à ses yeux, le plus grand péché de Voltaire était d'avoir mis un théâtre dans Genève, sa propre ville natale. Pour Rousseau, le théâtre corrompait les moeurs, et il approuvait la politique traditionnelle des petites villes de notre région, alors : car Chambéry non plus n'avait pas de théâtre. La république de Rousseau exclut la culture dite bourgeoise : seules les chansons en patois célébrant les moissons avaient l'heur de lui plaire.

Donc, la culture, à Genève, est plutôt issue de Voltaire.

Pour les rencontres avec la culture de la France voisine, il y a encore bien quelques manifestations culturelles qui eussent été du goût de Rousseau, par exemple en Vallée verte, et plus généralement dans le Chablais. Sinon, à Annemasse, il y a un théâtre tout à fait honorable, également issu de Voltaire, sans doute.

En novembre, au château de Ripaille, il y aura un salon du livre assez fréquenté.

Pour le fond, il faut certainement aider la culture, mais sans l'instrumentaliser politiquement, à mon avis : c'est le problème de l'art subventionné, souvent. Il faut aussi encourager les fondations privées, pour équilibrer l'ensemble. Je crois que Genève partage avec la France la tendance à s'appuyer sur l'Etat, pour la culture.

Écrit par : R.M. | mercredi, 01 octobre 2008

Nuançons, cher Philippe Souaille, notre beau consensus
Certes, la politique culturelle doit être "organisée et gérée au minimum sur un plan cantonal", mais ça ne signifie pas que les communes en général, et la Ville en particulier, doivent s'en désintéresser -au contraire, il faudrait que toutes les communes y prennent leur part, et pas seulement celles du canton (au passage, je signale que l'idée d'une assemblée transfrontalière élue est défendue par le PS depuis dix ans...) ... Donc jusque là, nous sommes d'accord.
En revanche, notre beau consensus s'effrite sur les ressources : le transfert d'une partie des compétences culturelles de la Ville au canton (et non l'inverse, comme il fut tenté il y a deux ans) n'implique aucune réduction de l'effort financier de la Ville pour la culture, mais un redéploiement de cet effort. Concrètement, si on fait passer les 15 millions de subvention d'exploitation annuelle du Grand Théâtre de la Ville vers le canton, ce n'est pas pour permettre à la Ville d'économiser 15 millions, mais pour lui permettre de les affecter à d'autres champs culturels. En clair, non seulement les collectivités publiques n'économiseraient pas un fifrelin, mais le charge supplémentaire pour le canton s'ajouterait à la charge existante pour les communes...

Et puis, à Alain Fernal et à R.M. : vous avez parfaitement raison : Rousseau n'était pas le meilleur exemple que j'aurais du donner de "grand genevois emblématique d'une politique culturelle". Et donc l'expression "République de Rousseau" appliquée à la nécessité d^'une politique culturelle tient plus de la rhétorique que de la précision historique.
Celà étant, la République de Genève, avant et pendant Rousseau, avait une politique culturelle. Elle était dictée par l'Eglise, mais elle existait. Elle existait même tellement que la Réforme a été une véritable révolution culturelle, puisque Genève a sauf erreur de ma part été le premier Etat souverain (ce qu'elle était à l'épopque) à imposer l'instruction publique obligatoire. Pas tout à fait gratuite, et pas vraiment laïque, mais obligatoire. D'où des écoles, un collège, une Université, mais aussi, et nensuite, des bibliothèques, des collections scientifiques, et tout ce dont les institutions culturelles actuelles sont les héritières...Rousseau est aussi le "produit" de cela, y compris dans son exécration de la culture de divertissement...

Écrit par : Pascal Holenweg | jeudi, 02 octobre 2008

Vous oubliez l'importance fondamentale du Mécénat et des collectionneurs privés dans la constitution de ce beau patrimoine.

Écrit par : Philippe Souaille | jeudi, 02 octobre 2008

"Elle existait même tellement que la Réforme a été une véritable révolution culturelle, puisque Genève a sauf erreur de ma part été le premier Etat souverain (ce qu'elle était à l'épopque) à imposer l'instruction publique obligatoire. "

Oui, mais du coup elle a aussi tué toute manifestation artistique dans les rues, interdit musique et danse etc.. La réforme a tué la Culture alors qu'en même temps, en Espagne, l'Eglise catholique la finançait allègrement...

Écrit par : Carlitos de Unamuno | jeudi, 02 octobre 2008

La tradition académique genevoise a donné de beaux et grands esprits, et même de grands écrivains, comme Charles Bonnet, Horace-Bénédict de Saussure, Amiel. Remarquez qu'il s'agissait surtout de philosophes et de savants. La poésie subit plus ou moins le sort de la danse et de la musique. Mais on pourrait dire aussi que chez les écrivains genevois, elle était précisément présente au sein même de la philosophie ou de la science, et c'est ce qui est beau, et a tant surpris chez Rousseau, ou Amiel, ou même Mme de Staël. Il n'en demeure pas moins que la culture au sens français du terme, fondée sur le théâtre et la fiction, par exemple, est plutôt venue de Voltaire. Cela dit, Töpffer imitait plutôt les Anglais, ou Xavier de Maistre. Et il a bien fait quelques pièces de théâtre.

Enfin, bonne chance aux acteurs culturels genevois. Peut-être que des actes culturels davantage centrés sur la tradition spécifiquement genevoise auraient plus l'heur de plaire à tous les partis, y compris les moins subventionneurs.

Écrit par : R.M. | jeudi, 02 octobre 2008

Tout d'abord, une duplique à Carlitos de Uñamuno qui écrit que "La réforme a tué la Culture alors qu'en même temps, en Espagne, l'Eglise catholique la finançait allègrement.." La Réforme à Genève et la Contre-réforme en Espagne ont en effet pris deux conte nus rigoureusement contradictoires, et donc eu des effets rigoureusement antagoniques : en deux générations, le taux d'analphabétisme est tombé à Genève à 15 %, soit le plus bas niveau d'Europe; en deux siècles, en Espagne, il s'est maintenu à 85 %, soit le taux le plus élevé d'Europe continentale. Or l'alphabétisation est depuis Gutemberg la conditition du développement culturel. On ajoutera à cela qu'avant-même la Contre-réforme, l'Espagne a pratiqué l'épuration culturelle, en liquidant l'Andalous judéo-islamo-chrétien. Résultat : à la fin du XVIIe siècle, elle était le pays culturellement le plus arriéré d'Europe. Malgré ses grands écrivains, ses grands peintres et ses grands musiciens.

Ensuite, à R.M. : Je suis d'accord avec vous quand vous écrivez que "Peut-être que des actes culturels davantage centrés sur la tradition spécifiquement genevoise auraient plus l'heur de plaire à tous les partis, y compris les moins subventionneurs". Sans doute. Mais il faudrait s'entendre sur ce qu'est, culturellement, la "tradition spécifique genevoise" : c'est, fondamentalement, une tradition du livre (et du Livre), une tradition de l'écrit. La difficulté sera de s'abstraire des modes et du "tout à l'image" (pour ne pas écrire : à l'esbrouffe) qui est la tendance actuelle des politiques culturelles...

Écrit par : Pascal Holenweg | vendredi, 03 octobre 2008

Pour être à la fois de l'écrit et de l'image, je me dois de
1) saluer les remarques de RM et de PH qui me semblent fort judicieuses et constructives.
2) oser penser qu'il existe des pistes pour lier les deux. Maintenir une exigence dans le domaine de l'écrit, sans abandonner pour autant l'image qui est aujourd'hui "le" vecteur essentiel par lequel passe la culture au sens large.
Pas seulement les culture "internationale" des gens cultivés, à laquelle je suis très attaché, mais aussi la culture locale populaire, celle qui fait que les gens ont tel ou tel accent, mangent de telle ou telle façon et s'identifient à leur coin de terre, que je considère tout aussi fondamentale à préserver, même si elle ne doit pas rester figée. Et doit aussi, d'une certaine manière s'ouvrir au monde, sans être laminée.
Or seul l'audio-visuel et la production d'oeuvres locales enracinées peuvent avoir la force de préserver cette authenticité. Elles sont vitales et nécessaires. Le moyen de les réconcilier avec la tradition culturelle genevoise, c'est simplement d'exiger qu'elles soient bien écrites et d'y mettre les moyens, ce qui pour l'heure n'est pas le cas. Les responsables de la fiction, tant à la TSR que parmi les accordeurs de subvention, n'ont pas vraiment les compétences permettant de juger de la qualité d'un scénario, et ça se sent...
Mais il y a moyen d'y remédier et l'investissement privé pourrait être un début de piste, si l'on sait créer le cadre légal nécessaire.
3) confirmer qu'il serait pertinent de s'occuper davantage de culture que de se substituer aux institutions d'assistance sociale ou psychologique aux artistes incompris et copains (respectivement copine) en détresse. Remarque qui vise des personnes clairement identifiables que je considère par ailleurs être de mes amies, mais aussi par exemple la TSR, où de mon temps les placardés passant leur journée à s'imbiber à la cafétéria étaient assez nombreux.
Le permanent syndical m'avait alors expliqué qu'il préférait qu'ils soient là que pris en charge par les services sociaux au dehors... Sauf qu'ils occupaient des postes qui auraient permis à des personnes dynamiques et créatives de s'exprimer, qui faute de débouchés, ont du se réorienter vers d'autres moyens de gagner leur vie.

Écrit par : Philippe Souaille | vendredi, 03 octobre 2008

@ Pascal

"en deux générations, le taux d'analphabétisme est tombé à Genève à 15 %, soit le plus bas niveau d'Europe; en deux siècles, en Espagne, il s'est maintenu à 85 %, soit le taux le plus élevé d'Europe continentale"

Oui, je ne contesterai pas ces chiffres, même si j'apprécierait d'avoir une source fiable. Mais votre remarque est tout à fait juste. Cependant ici il est question de Théâtre et de Culture au sens artistique, il ne me semble pas qu'il soit question d'école. Or pour votre gouverne le Théâtre dans l'Espagne des XVIème et le XVIIème siècles était très populaire et accessible à tous, et les troupes, auteurs et comédiens profitaient chaque année de la manne des Eglises. Car non seulement la contre réforme n'est pas tombé dans la théologie simpliste basée sur la prédestination, mais elle a utilisé le Théâtre pour enseigner au peuple les principes de la théologie catholique. C'est aisni que des auteurs come Pedro Calderón de la Barca ont crée des oeuvres aussi fondamentales que "La vie n'est qu'un songe" ou "Le grand théâtre du monde".

Et si je suis d'accord sur l'état lamentable de l'alphabétisation à cette époque, le XVIIème est la culmination du siècle d'Or, et la naissance du premier roman de l'histoire humaine: Don Quixote de la Manche. En terme de rayonnement culturel aujourd'hui, l'Espagne a encore quelques longueurs d'avance sur la Suisse. Et le rayonnement de Genève est plus dû aux institutions internationales qu'à son rayonnement culturel propre, à sa littérature et à ses arts... Tués par Calvin. car son soucis d'alphabétisation tenait surtout au souhait de diffuser la Bible, pas de promouvoir une culture authentique, fusse t'elle inspirée par des concpets théologiques. Barcelone et Madrid en revanche sont d'autentique capitales culturelles...

"On ajoutera à cela qu'avant-même la Contre-réforme, l'Espagne a pratiqué l'épuration culturelle, en liquidant l'Andalous judéo-islamo-chrétien. Résultat : à la fin du XVIIe siècle, elle était le pays culturellement le plus arriéré d'Europe. Malgré ses grands écrivains, ses grands peintres et ses grands musiciens."

Quelle visions simpliste de la Reconquista! Surtout quand on considère l'essort culturel du siècle d'Or avec son cortège de Zurbarán, Velásquez, etc. Avec le rayonnement de l'empire espagnole jusqu'en Amérique! Avec une grande figure de la musique baroque comme Tomas Luis de Victoria, un des compositeurs baroques les plus joués aujourd'hui! Et je ne vois pas comment vous pouvez considérer le siècle de Don Quixote comme témoin d'un pays culturellement ariéré! Il y avait plus de théâtres à Madrid à l'époque qu'il n'y en aura jamais à Genève!

Écrit par : Carlitos de Unmauno | vendredi, 03 octobre 2008

Il n'était pas question de théâtre et de culture au sens restrictif des beaux-arts, mais de culture en son sens le plus large -et ce sens a été donné dès la fin du XVe siècle, et jusqu'à l'apparition du cinéma comme art "de masse", par l'écrit. C'est en cela que l'Espagne, malgré Cervates ou Calderon, ou le Portugal, malgré Camoëns, ont pris du fait de l'église cathoplique un retar considérable (l'Italie, cependant, non moins catholique, a échappé à ce destin : pourquoi ? je n'en sait trop rien...).
Quant à Genève, c'est une idée fausse, mais reçue, de croire que le calvinisme y a interdit les spectacles. Il les a cependant réduit à une fonction pédagogique et prédicatrice (l'exemple, c'est le "Abraham Sacrifiant" de Bèze...). Ce que le calvinisme déteste, c'est moins le spectacle que la fête...

Écrit par : Pascal Holenweg | samedi, 04 octobre 2008

"Il n'était pas question de théâtre et de culture au sens restrictif des beaux-arts, mais de culture en son sens le plus large -et ce sens a été donné dès la fin du XVe siècle, et jusqu'à l'apparition du cinéma comme art "de masse", par l'écrit. C'est en cela que l'Espagne, malgré Cervates ou Calderon, ou le Portugal, malgré Camoëns, ont pris du fait de l'église cathoplique un retar considérable"

L'Espagne a été très mal gérée par une noblesse oisive qui considérait que travailler était dégradant, Madrid était la ville la plus sale d'Europe, la pauvreté était endémique. Mais je ne sais pas si on vivait mieux dans les campagnes italiennes. Et si vous voulez vraiment citer un siècle qui a signifié le vrai retour en arrière de l'Espagne, c'est le XVIIIème et la résistance à la philosophie des lumières, un siècle pratiquement sans un écrivain d'importance... Vous parlez de "cinéma de masse", dans l'Espagne du XVème-XVIIème sièle, c'est ce que le théâtre était: Un théâtre de masse. Alors je veux bien que celà ne compense pas un taux d'analphabétisme puissant, mais ce sont les deux siècles de la tragi-comédie espagnole et plus généralement d'une explosion culturelle, au sens où vous l'entendez. Sauf que c'est des méscènes de la noblesse, et l'église qui jouaient le rôle de sponsor que l'Etat joue aujourd'hui.

"Quant à Genève, c'est une idée fausse, mais reçue, de croire que le calvinisme y a interdit les spectacles. Il les a cependant réduit à une fonction pédagogique et prédicatrice (l'exemple, c'est le "Abraham Sacrifiant" de Bèze...). "

Les petites scènes religieuses mises en scène dans le églises, les petits "mystères", ça a existé tout au long du Moyen-Age et au-delà, ce n'est pas le témoin du renouveau de l'art théâtrale à Genève sous Calvin! En Espagne je vous parle véritablement de la naissnace d'un genre théâtral propre à l'Espagne: LA TRAGI-COMEDIE. Je vous parle d'une poésie mystique unique au monde, du premier roman qui introduise une réflexion sur els conditions de sa propre existence (Qixote), d'un des plus grands peintres universels, etc.

Moi qui suit un fou de culture, que je lise Cervantes, Fernando Rojas (auteur de "La Célestine"), le Lazare de Tormes (et plus généarlement la picaresque espagnole), Saint-Jean de la Croix, ou le génialissime Francisco de Quevedo, quand j'écoute Tomas Luis de victoria ou que je contemple une toile de Vélasquez, je ne peux que penser à un pays, qui certes laisse la majorité du peuple vivre dans la misère et la privation (et l'analphabétisme), mais un pays peuplé des artistes parmi les plus importants de l'histoire de l'Art universel! Jusqu'à Picasso et Miró! Ouvrez les yeux et les oreilles bon Dieu!

Donc quand j'entends le mot "culture" je sors mon Quixote! Capici?... C'est la base! @:-)

"l'Italie, cependant, non moins catholique, a échappé à ce destin : pourquoi ? je n'en sait trop rien..."

Vous avez les chiffres d'alphabétisation pour l'Italie au XVIIème siècle?

Pour le reste c'est le berceau de la littérature et des arts espagnols. Pétrarque and CO.

Et c'est aussi un essor des Sciences, ce que l'Espagne n'a jamais connu... Très peu de scientifiques d'importance dans l'histoire de l'Espagne.

Écrit par : Carlitos de Unamuno | samedi, 04 octobre 2008

Peut-être faudrait-il faire des films ou des pièces sur des événements intéressants de l'histoire genevoise. Par exemple, Henry Dunant à Solférino, Horace-Bénédict de Saussure au mont Blanc, etc. Comme à l'époque romantique. Ou simplement mettre en valeur les dramaturges genevois.

Écrit par : R.M. | samedi, 04 octobre 2008

"Ou simplement mettre en valeur les dramaturges genevois."

Celà n'interessera guère que les genevois eux-même...

Écrit par : Carlitos de Unmauno | lundi, 06 octobre 2008

Les théâtres genevois ont un public non genevois ? Peut-être qu'il faudrait plutôt dire qu'il y a une partie du public genevois qui ne s'intéresse qu'à ce qui fait écho aux théâtres étrangers de renom. Mais c'est justement ce théâtre d'imitation de la mode parisienne, par exemple, que les partis de droite ne veulent pas subventionner. Cependant, pour des dramaturges genevois représentés à Genève, si cela intéresse les Genevois, c'est déjà bien. En fait, cela peut même suffire. Il ne faut pas forcément rechercher l'approbation internationale. Cela dit, il y a bien quelques dramaturges genevois reconnus à l'étranger, et notamment à Paris, à commencer par Valère Novarina.

Écrit par : R.M. | lundi, 06 octobre 2008

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