jeudi, 18 septembre 2008

La Finance contre l'économie

Krach du siècle, de l'année, du mois, de la semaine ?

Des cinq grandes banques d'affaires qui trônaient à Wall Street il y a un an, il ne reste que deux, après le rachat de deux d'entre elles et la faillite de la troisième; 510 milliards de dollars ont été perdus par les banques en deux ans ; Citygroup a perdu 55 milliards de dollars sur le marché des " subprimes ", l'UBS 43 milliards (et son action les deux tiers de sa valeur). La réserve fédérale américaine balance 50 milliards sur le marché pour sauver les meubles, la Banque centrale européenne en rajoute encore un peu plus, les banques centrales anglaise, suisse, japonaises suivnt, sous les applaudissements des habituels chantres du " moins d'Etat ". Bref, une crise de plus. Et toujours pour les mêmes raisons : la déconnexion totale de la finance et de l'économie -ou, pour le dire avec de vieux mots bien poussiéreux, bien archaïques : la déconnexion du capitalisme financier et du capitalisme entrepreneurial. Une belle leçon de marxisme à usage des commentateurs boursiers.


Faites sauter la banque !

La dernière en date des crises traversées par le système financier mondial aura peut-être mis fin à la domination des banques d'affaires américaines sur ce système : la première, la troisième et la sixième banque mondiale (selon la valeur boursière) sont désormais chinoises, et les Chinois se mettent à racheter des fonds de capital-investissement américains et des banques américaines. On ne pleurera pas sur les banques (américaines ou suisses, peu importe), ni sur les compagnies d'assurances, ni sur les investisseurs ratissés par cette dernière crise : elles et ils n'ont que ce qu'ils méritent. Mais qui va faire les frais de leur rapacité, de leur incompétence et de leur irresponsabilité ? Les 100 plus gros contribuables vaudois réunis au Musée Olympique (une belle idée, soit dit en passant, que de se pleurer dans le gilet sur l'autel du sport-pognon) en présence de Pascal Couchepin ? Certainement pas. Plutôt leurs employés, les consommateurs, les groupes sociaux les plus précarisés -et les caisses publiques. Avec, accompagnant les baisses de rentrées fiscales, les inévitables appels à l' " austérité " -entendez : la réduction des dépenses sociales, des subventions culturelles et des investissements utiles à toute la population, et pas seulement aux grosses entreprises en mal de commandes.

04:36 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : bourse, krach, banques | |  Facebook | | | |

Commentaires

Le capitalisme financier et le capitalisme "entrepreneurial" (comme vous dites) ne sont que les deux faces de la même médaille. La finance est le développement logique de l'autre et l'entreprise, à partir d'une certaine taille, ne peut plus exister sans la finance débridée.

Il est impossible de contester le délire boursier actuel sans contester les fondements même de ce qui fait le capitalisme : l'accumulation de biens et d'argent, la quête effrénée de profit, l'égoïsme et la cupidité faits systèmes et l'épuration éthique de toute morale publique, le seul dénominateur commun entre les hommes devant être leur soif de fric.

Nous sommes à un tournant.

Écrit par : Sandro Minimo | jeudi, 18 septembre 2008

"Il est impossible de contester le délire boursier actuel sans contester les fondements même de ce qui fait le capitalisme : l'accumulation de biens et d'argent, la quête effrénée de profit, l'égoïsme et la cupidité faits systèmes et l'épuration éthique de toute morale publique, le seul dénominateur commun entre les hommes devant être leur soif de fric. Nous sommes à un tournant."

Tout à fait d'accord. Mais être à tournant ne signifie pas encore que nous soyons capable de le prendre. Ni même que la plupart des gens qui sont victimes du capitalisme aient la moindre envie de s'en débarrasser.

Écrit par : Pascal Holenweg | vendredi, 19 septembre 2008

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