vendredi, 12 septembre 2008

Initiative syndicale pour une retraite " flexible " : L'Opéra de quat' sous

La gauche et les syndicats se préparent à défendre leur initiative pour une " retraite fleexible ", soumise au vote populaire en novembre prochain, contre une furieuse offensive de la droite et du patronat. Pourtant, l'initiative n'a rien de révolutionnaire, ni même de radicalement réformiste ; elle ne remet pas en cause le modèle injuste des " trois piliers " (une cotisation sociale, une épargne forcée et une épargne volontaire) sur lesquels repose, en équilibre instable, le système suisse de retraite. Non : elle propose seulement un aménagement du moment de la prise de retraite, pour répondre à la diversité des situations de vie. Et elle propose un financement n'équivalant qu'à une hausse de cotisation de 20 centimes par jour. Qu'une proposition aussi " raisonnable " et prudente puisse susciter une opposition aussi féroce en dit long sur l'état du débat politique et de la prise en compte des enjeux sociaux dans ce pays.

Inflexibilité

En Suisse, en 2008, on en est donc encore à se demander si l'âge donnant droit à une retraite pleine et entière doit être fixé à 62, 64, ou 65 ans, ou 70 ans, en attendant que quelqu'un nous propose de le faire coïncider l'entrée en EMS, ce qui serait assez bien résumer l'idée que la droite se fait de la " flexibilité ". Dans ce pays où la majorité des salariés arrivent à l'âge de la retraite en étant au chômage, à l'invalidité, à l'aide sociale, en arrêt-maladie ou en pré-retraite (un salarié sur deux est exclu du " marché du travail " à 64 ans, un sur quatre l'est déjà à 60 ans), prévoir une retraite à 62 ans semble relever de la provocation, imaginer un droit à le retraite tenant compte des situations et des besoins des personnes, de l'irresponsabilité et proposer des rentes suffisantes pour vivre dignement, de l'aliénation mentale. Une commission du Conseil national a avalisé une révision de l'AVS qui ressemble comme une sœur à celle que le peuple avait rejetée en 2004 : augmentation de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans, refus de toute mesure permettant de faciliter un départ avant l'âge pour les personnes à bas revenus… Au non-projet de la droite de la droite, les syndicats opposent, avec le soutien du PS, leur initiative pour une retraite " à la carte " dès 62 ans sans diminution de rente, pour les actifs ne disposant que de bas et moyens revenus. Cette réforme, modeste, pourrait être financée par une hausse non moins modeste des cotisations, équivalant à vingt centimes par jour.... Trop cher, clame la droite et le patronat, Couchepin en tête. C'est bien connu, tout progrès social, même minime coûte toujours trop cher. Quatre sous par jour pour la justice et le respect, c'est hors de prix. Alors, un revenu minimum qui remplacerait la retraite et pourrait être perçu à tout âge, vous pensez...

02:06 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : avs | |  Facebook | | | |

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