samedi, 23 août 2008

Mais que fait la polis ?

Dans un " papier de position " aussi formellement calamiteux que fondamentalement douteux, un groupe de travail du Parti socialiste suisse propose au congrès du parti, en octobre prochain à Aarau, une politique sécuritaire reprenant au compte des socialistes la vision paranoïaque d'une Suisse ravagée par la violence criminelle et de villes mises en coupe réglée par des bandes de jeunes étrangers. Il peut survenir que des positions inacceptables soient camouflées par une rhétorique habile. On saluera donc la franchise des auteurs du texte proposé au congrès socialiste : la nullité de sa forme exprime ouvertement celle de son fond. Il y a des textes qui ne portent bonheur que quand on marche dessus.

Ce n'est qu'un débat, continuons le confus !
Le consternant " papier de position " sur la politique de sécurité publique que la direction du PSS propose au congrès du parti, rencontrera une opposition : les Femmes socialistes, la Jeunesse socialiste, la majorité des délégués romands et une bonne partie des grandes sections urbaines devraient le refuser, ou tenter de l'amender suffisamment pour qu'à l'arrivée, la position du parti ressemble le moins possible à celle qui lui était suggérée au départ. Et ensuite ? Le débat sécuritaire va se poursuivre, au sein de la gauche comme au sein de l'ensemble de la société, dans la même confusion qui le marque depuis des années. Confusion entre la réalité et sa perception, confusion entre la délinquance et la criminalité, confusion entre l'incivilité et la violence, confusion entre les causes et les effets, et confusion, surtout, entre la posture médiatique et la réponse politique, et entre les exigences d'une telle réponse et les calculs électoraux. Parce qu'enfin, il faudrait que l'on précise clairement si la fonction d'un programme politique est d'exprimer une politique ou de promouvoir des candidatures. Fût-ce au Conseil fédéral ou au Conseil d'Etat zurichois.

00:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ps, sécurité, police | |  Facebook | | | |

Commentaires

Vous prétendez qu'il y a confusion des genres, c'est fort possible mais les faits sont là et les citoyens sont pragmatiques. Ils veulent que les élus prennent des décisions, agissent et s'y tiennent. Votre éminent membre Laurent Moutinot, au Département de la Police est l'exemple type de la politique actuelle du PS en matière de sécurité : tout faire pour être élu, tout faire pour rester en place et tout faire pour ne rien faire. Voilà pourquoi le citoyen devient parano et confus car aucune ligne claire et aucun acte sont suivis d'effets sur le terrain. Le PS peut se triturer les méninges en Comité Central et refuser d'amender le texte, ce ne sont que des mots après tout. Les futurs électeurs choisiront en 2009 des candidats en phase avec leurs attentes.

Écrit par : sirène | samedi, 23 août 2008

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