mercredi, 18 janvier 2017

Convention de mise en oeuvre cantonale de la RIE III : Tais-toi et signe ?

RIE III

Un peu plus d'une centaine de socialistes réunis en assemblée générale ont décidé lundi soir de ne pas signer la "convention" entre partis gouvernementaux favorables au projet du Conseil d'Etat de mise en oeuvre cantonale de la RIE III (ouf, ça, c'est de la phrase !). Mais on a quand même mis trois bonnes heures pour savoir si on disait NON à la convention ou NON à la signature de la convention...  Finalement on a, péniblement, dit NON à la signature de la convention. Du moins pas maintenant. On aurait évidemment préféré dire carrément NON à la Convention elle-même (et donc au projet du Conseil d'Etat), voire même qu'une majorité lui dise OUI (être minoritaires ne nous déprime pas vraiment), et avoir une position claire à défendre ou à combattre (on se serait gênél, tiens...) mais on fera avec ce simple refus de signature : comme la Convention entre partis gouvernementaux n'était supposée être valide que si tous la signaient hier, et que ni le PS ni les Verts ne l'ont signée, il ne devrait plus y avoir de convention, sauf entre le PLR, le PDC et le MCG, ce qui ne changerait pas grand-chose aux front en présence. A moins que les entreprenants auteurs du papier que le PS n'a pas signé hier (pas plus que les Verts)  ne décident finalement de la mettre au frigo en attendant le résultat du vote de février prochain sur la réforme fédérale sur laquelle s'appuie la réforme cantonale.  C 'est clair ? Bon, d'accord, ça mérite peut-être une chtite clarification...

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mardi, 17 janvier 2017

La monnaie de singe de la droite genevoise

Carte de pauvre.jpg

Y'a bons


A Genève, l'Hospice Général a traité l'an dernier un nombre record de dossiers d'aide financière (ils étaient déjà 13'000 en 2015) et 13 % de la population  bénéfice d'une aide sociale (cette proportion étant stable dans une population en augmentation, cela signifie que plus de gens vivent dans la précarité) mais selon Caritas, un tiers des personnes ayant droit à une aide sociale ne la demandent pas. Cette pauvreté se concentre dans les villes, et particulièrement dans la Ville. Sur les 71 secteurs du canton de Genève qui présentent des signes importants de précarité, et donc de risques de pauvreté, 44 sont situés en Ville de Genève : ils sont tous caractérisés par un revenu annuel median faible, une proportion importante d'enfants scolarisés d'origine sociale modeste, une forte concentration de bas revenus et de chômeurs et un pourcentage élevé de bénéficiaires de subsides sociaux -du genre de celui que la droite municipale genevoise propose de verser désormais sous forme de bons, c'est-à-dire en monnaie de singe. Le président de Caritas, Dominique Froidevaux, constate qu'en Suisse, "mesurer la pauvreté n'a jamais été une priorité politique". En revanche, pour la droite municipale, dissuader les pauvres de faire valoir leurs droits en est une.

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lundi, 16 janvier 2017

RIE III : Affliction générale

Vignette RIE III.jpgLe Parti socialiste doit tenir à Genève (en en Suisse) une forme olympique en ce moment, à rendre jaloux nos camarades français : il afflige tout le monde. Le président du PLR est affligé parce que le PS risque fort (comment pourrait-il raisonnablement faire autrement ?) de refuser de signer la convention qui l'engagerait à soutenir la réforme cantonale de l'imposition des entreprises avant même de savoir si elle pourra se faire, Pagani est affligé parce que le PS ne prend pas au sérieux les ultimatums de ce qui reste d'"Ensemble à Gauche", l'USAM est tellement affligée de l'opposition socialiste à la réforme fédérale qu'elle bidouille des déclarations de socialistes pour fait croire qu'ils soutiennent cette réforme alors qu'ils combattent... Bref, l’affliction est générale, et on en est nous-même tout affligés, d'affliger tous ces affligés. Mais on surmontera notre propre affliction. Et ce soir, en assemblée générale du PS genevois, on espère bien être une majorité confortable à refuser de poser la signature socialiste au bas d'un texte (la fameuse convention) auquel on ne peut guère comparer que l'adhésion à Exit. Encore qu'Exit ne promeuve au moins la mort que dans la dignité, quand ce texte ne nous la propose aux partis politiques que sous la forme d'une capitulation.

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vendredi, 13 janvier 2017

Naturalisation facilitée de la troisième génération d'étrangers : L'évidence contre les miasmes

vignette natu.jpgDans un mois, le 12 février, le peuple suisse et ses cantons diront "oui" ou "non" à une simplification du processus de naturalisation des étrangères et des étrangers de la troisième génération (c'est-à-dire nés et scolarisés en Suisse, enfants d'étrangers eux-mêmes nés en Suisse (ou y ayant séjourné au moins 10 ans, dont au moins cinq ans de scolarité) de parents ayant aussi entretenu des liens étroits avec la Suisse. La démarche est prudente, conditionnelle, restrictive -mais elle n'en sera pas moins difficile à faire admettre en Suisse alémanique, hors des grandes villes, et en particulier en Suisse centrale. Tous les partis (sauf évidemment l'UDC) la soutiennent pourtant, mais le précédent de 2004 (une naturalisation facilitée pour les jeunes étrangers de la 3e génération) inquiète : seuls les Romands (sauf le Valais) et les Bâlois de la Ville avaient soutenu le proposition, rejetée à 51,6 % du vote populaire. C'était la troisième fois qu'une proposition de naturalisation facilitée pour une toute petite proportion des étrangers (celles et ceux qui sont le mieux intégrés, et depuis le plus longtemps) échouait dans les urnes. Or depuis 2004, on ne peut pas dire que le climat se soit amélioré en Suisse (ni ailleurs) en ce qui concerne l'accueil et l'intégration des immigrants. Le projet soumis au vote ne concerne finalement que de jeunes hommes et de jeunes femmes déjà suisses de fait, sinon de droit ? C'est une évidence -mais une évidence peut-elle dissiper des miasmes ? Réponse dans un mois...

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jeudi, 12 janvier 2017

Partis socialistes français et suisse : Y'en a presque point comme nous.

socialisme, social-démocratieCe soir, à la télé française, sept socialistes feindront de débattre dans le cadre d'une "primaire de gauche" -qui ne concerne d'ailleurs plus qu'une partie de la gauche- au terme de laquelle sera désigné le candidat du PS à l'élection présidentielle de la fin du printemps prochain. Sept candidats, dont quatre anciens ministres (et même un ancien Premier ministre) de François Hollande, qui vont sans doute faire ce qu'ils peuvent pour se distancer du bilan d'un quinquennat jugé par une écrasante majorité de Françaises de Français comme assez calamiteux, mais dont ils ont été, pour un temps au moins (mais jusqu'au bout pour Manuel Valls) des acteurs. Autant dire que le vainqueur de la "primaire" du PS et de ses satellites ne sera pas désigné pour succéder à François Hollande, ni même, sans doute, pour se retrouver au deuxième tour de la présidentielle, mais pour tenter de maintenir au sein de la gauche française le primat d'un parti coincé entre le social-libéralisme à la Macron et la social-démocratie de gauche de Mélanchon. Certes, le PS français survivra à sa crise (il a survécu à toutes, et même à ses propres errements, depuis sa fondation par Jaurès et Guesde, il y a un siècle), et ses deux concurrences sur ses deux flans sont plus des mouvements que des partis, mais à voir l'état dans lequel le quinquennat de Hollande l'a laissé, on se sent tout de même mieux en ce moment au PS suisse qu'on se sentirait au PS français. C'est notre "y'en a point comme nous"... "Point", ou presque : n'oublions pas le Labour de Corbyn, et même le courant socialiste de Sanders.

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mercredi, 11 janvier 2017

Exode mondial et accueil (?) helvétique

harragas.jpgAsile : Tenir les promesses

Il y a actuellement au moins 65 millions de personnes déplacées et réfugiées dans le monde : un record depuis la Guerre Mondiale. Et ce sont les pays les plus pauvres qui accueillent la plus grande part de ces migrants forcés et de ces réfugiés -les pays les plus riches, eux, manifestent une absence totale de volonté de résoudre cette crise, tout en fignant de croire qu'elle les frappe principalement, alors qu'elle ne les frappe que subsidiairement, voire, comme la Suisse, que marginalement (la Suisse ne reçoit que 3 % de l'ensemble des réfugiés arrivant en Europe, et des milliers d'entre eux n'y restent pas : entre janvier et fin novembre de l'année dernière, 8166 requérants d'asile enregistrés à leur arrivée en Suisse ont disparu dans la nature sans annoncer leur départ* (c'est presque deux fois plus que les années précédentes).
Une dizaine de pays totalisant ensemble moins de 2,5 du PIB mondial accueillent, parce qu'ils sont voisins de pays en crise ou en guerre, la majorité de tous les réfugiés de la planète. Ils n'ont pas les moyens de cet accueil, pas les forces de cette responsabilité -mais on la leur laisse, parce que les pays les plus riches y trouvent le moyen de ne pas assumer, eux qui en ont les moyens, cette responsabilité. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, 1,20 million de réfugiés et de réfugiées particulièrement vulnérables (des femmes, des enfants, des vieillards, des malades, des handicapés et des blessés) devront être relocalisés dans un autre pays que celui dans lequel ils ont trouvé un asile précaire, dans des conditions souvent indignes. Moins d'un dixième des places d'accueil nécessaires ont été accordées par une trentaine d'autres pays que ceux de ce premier accueil, qui tient le plus souvent de l'entassement. Même en Europe, des milliers de réfugiés sont bloqués en Grèce et en Italie par la fermeture des frontières des autres pays, au mépris de leurs engagements internationaux.
En Suisse, Amnesty International a adressé au Conseil fédéral une pétition lui demandant d'accueillir en Suisse plus de réfugiés, en respectant au moins deux promesses faites en 2015 : soulager la Grèce et l'Italie de 1500 requérants d'asile, et accueillir 1500 réfugiés syriens particulièrement vulnérables. Promesses non encore tenues.

* Le Secrétariat d'Etat aux Migrations estime que la plupart d'entre eux (dont une grande partie sont des ressortissants africains) ont quitté la Suisse (le nombre de sans-papiers vivant en Suisse n'aurait donc pas augmenté) après avoir abandonné la procédure d'asile sans l'en informer, parce qu'ils ne lui donnent aucune chance d'aboutir, ou qu'ils veulent rejoindre des proches dans un autre pays, notamment en Allemagne.

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mardi, 10 janvier 2017

Salauds de pauvres ! (suite)

exclusion.jpgInterdire la mendicité ? "injuste et inutile"

Alors que le Grand Conseil vaudois, s'appuyant sur l'"exemple genevois", a décidé d'interdire la mendicité (et que le référendum lancé et soutenu par seulement une partie de la gauche a échoué au stade de la récolte de signature), la gauche genevoise propose au Grand Conseil d'abroger précisément l'article de la loi pénale cantonale qui interdit la mendicité. Une disposition "injuste et inutile", qui "s'attaque aux plus faibles" sans même réduire la mendicité, résume l'initiatrice de la démarche de l'abolir, la députée d'Ensemble à Gauche Jocelyne Haller. Les amendes (d'une centaine de francs en moyenne) imposées aux mendiants sont passées de 2000 en 2008 à 5739 en 2015, et les mendiants se mettent à les payer (ou à les faire payer par des proches) pour éviter de se retrouver en prison (les amendes étant convertibles en jours de détention), mais ils recommencent ensuite à mendier pour récupérer les sommes payées, et pour survivre. Il y a donc toujours autant de mendiants, et les coûts de procédure du système sont considérables. Certes,  Quant à l'existence de "réseaux" de mendiants professionnels organisés par "une sorte de mafia", hypothèse évoquée (et affirmée) par l'UDC, non seulement elle n'est pas avérée, mais même la police, qui n'a recensé en 2016 qu'une seule personne contrainte de mendier, la dément. Mais qu'importe la réalité des faits ? L'essentiel n'est-il pas de bien montrer aux mendiants ce que nous pensons d'eux ?

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lundi, 09 janvier 2017

Réforme de l'imposition des entreprises : Bonne rentrée, camarades !

On ne peut pas à la fois se serrer la ceinture et baisser son froc.jpgDonc, le gouvernement genevois (puisque c'est lui qui, quoi qu'il s'en défende, est à l'origine de cette intéressante démarche) propose aux partis gouvernementaux (du MCG au PS en passant par le PLR, le PDC et les Verts) de n'être précisément plus que des partis gouvernementaux, sans autre autonomie de décision que celle consistant à décider de ne pas s'en servir pendant cinq ans. Le projet de convention soumis à ces partis (on peut le télécharger sur https://www.fichier-pdf.fr/2016/12/20/convention-version-def/) les lierait non seulement au projet du Conseil d'Etat de mise en oeuvre cantonale de la réforme fédérale de l'imposition des entreprises, à qui il s'agirait d'assurer "un soutien le plus large possible", mais également à un engagement de ne toucher ni à la taxe professionnelle communale, ni à l'imposition sur le lieu de travail, ni au bouclier fiscal, ni à l'évaluation fiscale de la valeur du patrimoine immobilier, ni à la déduction de la fortune investie dans une entreprise personnelle. Les partis invités à signer cet acte de désarmement politique sont partagés selon qu'ils sont à gauche ou à droite : à gauche, le comité directeur du PS propose à l'Assemblée générale du parti de refuser, ne serait-ce que parce que le projet de RIE III présenté par le Conseil d'Etat ne compense que très imparfaitement les pertes fiscales qu'il entraîne pour le canton et les communes. Les Verts ne semblent pas prêts non plus à signer. Certes, les trois partis de droite (PLR, PDC et MCG) y semblent, eux, disposés (encore qu'on nourrisse quelque doute sur leur capacité à respecter leur signature), leur réforme fiscale leur important plus que leur autonomie de décision, mais comme la validité de la convention  suppose l'accord de tous les partis gouvernementaux, il suffit qu'un seul  (disons, au hasard, le PS...) se refuse à se réduire au statut d'appendice du gouvernement, et de réduire ses députés au rôle que le "Canard Enchaîné" avait une fois pour toutes résumé par le terme de "godillots", pour que la convention finisse là d'où elle n'aurait jamais dû sortir. On le saura lundi 16 janvier, date de l'assemblée générale socialiste. D'ici là, et pendant encore le mois qui suivra, il s'agira de tout faire pour renvoyer à son expéditeur le projet fédéral de réforme (les sondage suggèrent un vote encore incertain, et même une majorité d'opposants en Suisse alémanique), et ses petits cadeaux à ceux qui n'en ont pas besoin. Bonne rentrée, camarades...

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dimanche, 01 janvier 2017

Fin (enfin) d'une année de merde


De Profundis

On ne regrettera pas l'an de disgrâce 2016. Et on ne changera pas non plus de calendrier pour l'extirper de nos mémoires embuées par le champagne et embourbées dans le foie gras des libations de fin d'année. 2016, année de Trump, de Poutine, du Brexit, de la Syrie exsangue... Dies Irae ? Dies, on a comme un doute, mais irae, certainement. De Profundis, en tout cas. Et puis quoi ? Cette année morte n'est ni la première ni la dernièr, que scandent nos défaites. Nous avons survécu aux autres, nous survivrons à celle-là. Nous ne sommes pas résignés, nous sommes patients. Et nous avons de la mémoire.

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19:09 Publié dans De tout un peu, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : révolution, socialisme | |  Facebook | | | |

jeudi, 22 décembre 2016

Budgets de la Ville et du canton : Genève et Genève sont dans un bateau...

Jetdeautordu.jpgChouette ! une nouvelle séance du Conseil Municipal de la Ville de Genève, aujourd'hui, pour adopter (ou refuser) le budget 2017 qu'on n'a pas été foutus d'adopter (ou de refuser) il y a deux semaines. A deux jours de noël (la séance peut durer toute la nuit : quand on aime, on ne compte pas son temps), nous préparera-t-on au moins une crèche dans la salle des séances ? Parce qu'on a tout ce qu'il faut : Pour l'âne et le bœuf, on a même l'embarras du choix. Pour Joseph, on devrait pas avoir de difficulté à trouver un cocu consentant. Pour Marie, c'est plus problématique : même au Conseil Municipal de la Ville, une vierge en cloque, ça se trouve pas facilement. Pour les rois mages, on verra sur place.  Et pour le chti Jesus, on suggère le chti MCG qui roupille déjà pendant toutes les séances... Ouala, on est au complet. On peut chanter "il est né le divin budget". Né, ou mort-né. Mais va falloir chanter fort pour couvrir les pleurnicheries du PLR brimé par la méchante Sandrine qui fait rien qu'à pas vouloir faire ce que le PLR voudrait qu'elle fasse, qu'elle n'a pas été élue pour faire, qu'elle ne fait donc pas et que le PLR qui trépigne d'impuissance électorale devant la porte du Palais Eynard depuis le départ de Pierre Maudet pour la Tour Baudet, ne peut pas faire.

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mercredi, 21 décembre 2016

Projet de convention entre partis "gouvernementaux" sur la RIE III : Silence dans les rangs !

libertepresse.jpgComment museler des partis politiques en leur faisant signer une "convention" par laquelle ils s'engagent à ne plus bouger pendant de années ? ça s'appelle un Projet de Convention relatif aux modalités de mise en œuvre de la troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), et c'est proposé par le Conseil d'Etat genevois aux partis dont des membres siègent en son sein, c'est-à-dire le PLR, le PDC, le PS, les Verts et le MCG (on trouvera le texte de la chose sur internet à l'adresse http://www.fichier-pdf.fr/2016/12/20/convention-version-def/). Le PS se prononcera le 16 janvier en assemblée générale sur cette sorte de capitulation en rase campagne référendaire. Le Comité directeur propose de dire "non". C'est bon d'être accord avec le comité directeur de son parti. D'accord, faut pas en abuser, mais c'est bon...  D'autant que même si, par accident, inadvertance ou gueule de bois prolongée après les fêtes de fin d'année, une assemblée générale des socialistes genevois avalisait la proposition gouvernementale d'"Union Sacrée pour la RIE III", cet aval (ou cet avachissement) ne vaudrait que le temps qu'une autre assemblée générale l'envoie promener. Cela s'appelle un fonctionnement démocratique. Et ça exclut le port de la muselière. Même accepté dans un moment d'égarement.

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vendredi, 16 décembre 2016

Quand le patronat nous explique la RIE III

Bandeau RIE III.jpg


Encore des questions ? Euh... non...

« RIE 3 : c'est quoi ? », fait semblant de se demander, en édito, le journal patronal « Entreprise romande » qui vient, gentiment, au secours de celles et ceux, comme centre « entrepreneuse de talent, ayant à son actif la création de plusieurs entreprises et auteure de plusieurs ouvrages », qui se posent LA question : « RIE 3, c'est quoi ? ». Donc « Entreprise romande » va lui expliquer, « parce qu'il ne suffit pas de dire les choses. Encore faut-il s'assurer qu'elles ont été entendues et comprises ». Par les malentendants et les malcomprenants. De toute façon, poursuit l'édito, « comprendre l'essentiel » de RIE 3, « c'est relativement simple ». Surtout quand c'est « Entreprise Romande » qui explique à ses lecteurs et lectrices du patronat local, au cas où il aurait des doutes. Donc, il s'agit d'établir un taux unique d'imposition des entreprises (à 13,49 %), en haussant un peu celui des multinationales (actuellement à 11 %) et en baissant beaucoup celui des entreprises locales (actuellement à 24 %) pour leur apporter « un bol d'air non négligeable » sans « faire fuir » les multinationale, parce que c'est fugace, ces grosses bêtes. Bref, conclut l'édito qui explique simplement l'essentiel, « la RIE 3, c'est le futur de notre économie et de notre société ». Ouala. Et ceux qui sont contre, ils sont partisans du passé, de la mort de l'économie et de la société. Et « une fois qu'on a compris ces principes, le reste n'est que querelles de spécialistes ou de démagogues ». "Le reste", c'est quoi ? C'est le trou creusé dans les caisses publiques par la RIE 3, la menace d'une baisse des prestations sociales, des engagements culturels et des investissements indispensables de la Confédération, des cantons, et des communes. Rien d'important. Des futilités pour « spécialistes » ou pour « démagogues ». C'est extraordinaire, comme tout est simple, quand le patronat nous l'explique simplement. La dernière phrase de l'édito d'« Entreprise Romande » est interrogative : « encore des questions ? ». Euh, non, là, comme ça, ça va, on a eu notre dose...

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mercredi, 14 décembre 2016

Prestations en baisse, tarifs en hausse, personnel à bout : Les TPG dans la nasse

transports publics.jpgLe nouvel horaire des Transports publics genevois vient d'entrer en vigueur. Et après une réduction de 4 % de leurs prestations depuis deux ans, c'est une nouvelle réduction de 0,5 % qui leur a été imposée par leur direction (et leur ministère de tutelle, le département des Transports), alors qu'elle annonçait en octobre qu'elle opérait une "relance" après ces deux ans de "baisse contrainte". Contrainte par qui ? Ben, par la direction, avec l'aval du Conseil d'administration de la Régie et du département de tutelle (celui de Lulu). Et c'est la même méthode, éminemment politique (politicienne, plutôt) qu'il y a deux ans qui est utilisée : à l'époque, il s'agissait de punir les ingrats citoyens qui avaient voté une baisse des tarifs. Aujourd'hui, il s'agit de les convaincre d'en accepter la hausse, décidée par le Grand Conseil, mais combattue par un référendum. La rancune, c'est pas beau. Le chantage, non plus. Et surtout, ni la réduction des prestations ni la hausse des tarifs ne donneront aux TPG les moyens d'assumer à la fois à leur mission de service public, et leur responsabilité d'employeur. Les TPG sont dans la nasse :  pendant que la direction dirige, que le Conseil d'administration conseille, que le ministre de tutelle enfume et que la majorité de droite du Grand Conseil refuse d'augmenter la subvention à la Régie, le personnel (les conducteurs, les mécaniciens) trinque. Et menace d'une nouvelle grève. Et cette menace là est légitime.

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mardi, 13 décembre 2016

Pannes informatiques, intellectuelles et politiques : Genève en panne de budget

ARAIGNEE.jpgLa majorité de droite dilatée du Conseil Municipal de la Ville de Genève a une ligne. Une ligne de quoi, on ne sait pas, mais une ligne. Pour la deuxième année consécutive (et cette fois avec l'apport d'Ensemble à Gauche et de cinq Verts pour compenser la défection du PDC), elle empêche la Ville d'avoir un budget à temps pour éviter les « douzièmes provisionnels » (le budget de l'année précédente découpé en tranches mensuelles tant qu'un budget annuel n'a pas été adopté). On en vient d'ailleurs à se demander pourquoi ces « douzièmes provisionnels » ne deviennent pas la procédure budgétaire par défaut. Et on se réjouit déjà des (d)ébats budgétaires de l'année prochaine et des deux années suivantes (puisque la « législature » est désormais quinquennale), et de ce que la droite dilatée et ses alliés d'occasion nous inventeront pour ne pas avoir à faire leur boulot... Donc samedi, une panne informatique perturbant les votes s'étant ajoutée à une panne intellectuelle les rendant sans objet, il s'ensuivit une panne politique privant la Ville de budget pour l'année prochaine. Du moins jusqu'à ce que la majorité de son  Conseil municipal, même dilatée jusqu'à feue l'"extrême-gauche", condescende, même difficilement, à faire le travail pour lequel elle a été élue. Mais restons optimistes : peut-être que d'ici janvier... ou en février... ou en mars... ou le 1er avril, un sursaut de conscience politique dotera la Ville d'un budget. Peut-être.  Mesuré est notre optimisme.

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lundi, 12 décembre 2016

Et s'il fallait Trump pour nous réveiller ?

coupdepied.jpgDe la coup-de-pied-au-cul-thérapie

Et s'il fallait Trump pour réveiller la gauche, quitte à la réveiller par un grand coup de pied au cul ? Comme Prince Charmant éveillant la Belle au Bois Dormant, on aurait évidemment pu trouver mieux que Trump -il est vrai que comme Belle au Bois Dormant, on pourrait aussi trouver mieux que la gauche américaine (ou européenne) dans son état présent, mais on fait avec ce qu'on a. Ce qui n'empêche pas, mais au contraire enjoint, de vouloir mieux, et de faire ce qu'on peut, là où "l'histoire nous surprend", pour faire advenir ce mieux. A fragmenter son discours et ses programmes en autant de composantes sociales qu'elle en reconnaît à la société dans laquelle elle agit (et au risque, patent, d'en oublier toujours : après tout, le "blanc chrétien de la classe moyenne" qui a voté Donald pour faire chier Minnie pourrait se revendiquer lui aussi être d'une "communauté" disposant de son droit fondamental à être reconnue au nom de la "diversité"...), et à cultiver la "diversité" d'identité fragmentées, distinctes et qui finissent toujours, forcément, par devenir concurrentes, la gauche en a oublié ce qui, depuis un petit quart de millénaire qu'elle existe, la structurait et la légitimait : le principe et le projet de l'égalité.

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jeudi, 08 décembre 2016

Week-end prolongé du Conseil Municipal de Genève

droite-gauche.jpgAffres budgétaires rituelles

Samedi, dès 8 heures du matin et peut-être jusqu'à minuit, et si on y a pris goût (quand on aime on ne compte pas), encore lundi soir et jusqu'à mardi matin, le Conseil municipal de la Ville de Genève va s'attaquer à son exercice rituel favori : l'examen du projet de budget présenté par le Conseil administratif (et que la majorité de droite dilatée -MCG, UDC, PLR, PDC) a fait refuser (à une voix de majorité) par la Commission des Finances. On ne préjugera pas du résultat de cette nuit des petit couteaux suisses (avec tire-bouchon), et on ne sait pas si on en sortira avec un budget 2017 ou avec la reproduction du budget 2016 (il était bon, c'était le nôtre) découpé en tranches mensuelles. Ce qu'on sait déjà, c'est qu'incapable de proposer un budget alternatif à celui proposé par le Conseil administratif, la droite dilatée va essayer, en coupant n'importe quoi n'importe où dans le budget, de se donner au moins l'apparence d'exister, face à un Conseil administratif à 80 % de gauche, où elle ne réussit pas à faire élire un ou une deuxième représentant-e de ses partis, et où le seul représentant (PDC) de droite ne doit peut-être d'y être qu'au renoncement de la gauche à présenter cinq candidatures.

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mercredi, 07 décembre 2016

Ouverture des commerces genevois : L'année des quatre dimanches

consommation

Le 27 novembre dernier, à Genève, l'initiative syndicale s'opposant à l'élargissement des possibilités d'ouverture dominicale des commerces, a été refusée par les citoyens et yennes. L'initiative n'était soutenue que par la gauche, en sus des syndicats. Elle n'en a pas moins obtenu plus de 47 % des suffrages, en étant acceptée en Ville et dans les villes de la ceinture. Et si elle a été refusée, c'est que lui était opposé un contre-projet (qui, lui, a été accepté) limitant les possibilités d'ouverture dominicale des commerces à trois dimanches par an jusqu'à 17 heures (plus le 31 décembre, jour férié dans une République qui commémore ce jour là, non la fin de l'année, mais la Restauration de son Ancien Régime, en oubliant au passage de quoi il était fait et comment il fut restauré). Le contre-projet et l'initiative étaient tous deux une réponse à une  décision du Conseil fédéral, prise par ordonnance (et donc impossible à contrecarrer par un référendum) d'autoriser l'ouverture des commerces tous les dimanches de l'année dans les zones touristiques se situant à moins de 15 kilomètres à vol d'oiseau d'une frontière nationale -ce qui englobe tout le territoire genevois. Mais l'ordonnance fédérale laissant aux cantons la capacité de légiférer de manière plus restrictive qu'elle, c'est ce que Genève a fait, en posant comme condition à l'autorisation d'ouverture dominicale (ou fériée) quatre fois par an, l'application (et l'élargissement à tout le secteur) d'une convention collective de travail. L'année des quatre dimanches, en échange d'une  meilleure protection des travailleurs : le PLR et l'UDC s'y sont vainement opposés alors que le patronat du secteur l'acceptait. Les "partis de l'économie" ne sont pas tels qu'ils voudraient qu'on les considère

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mardi, 06 décembre 2016

Du djihadisme comme providence

i-want-you-for-djihad1.jpgLe bel ennemi que voilà...

"Expliquer, c'est déjà vouloir un peu excuser", avait déclaré Manuel Valls, à propos des auteurs des attentats djihadistes de Paris. Sonore ânerie : expliquer, c'est permettre de comprendre -et comprendre, c'est pouvoir combattre. Nous revoilà donc, au détour d'une "guerre contre le terrorisme" dont le concept même tient de l'absurdité (le terrorisme est une méthode, et on ne fait pas une guerre contre une méthode, on la fait contre un adversaire), convoqués à une resucée de "guerre de religion" par ceux qui tiennent à en mener une, ou une "guerre de civilisation" par ceux qui veulent nous faire perdre mémoire du passé (barbare, dans tous les sens du terme) de celle dont ils se réclament. L'ennemi ? L'islam. Ou plutôt que l'islam, les musulmans, parce qu'une idéologie -une religion n'est rien d'autre-, c'est pas commode, comme ennemi : l'ennemi doit avoir un corps, un visage. L'ennemi, ça doit être des gens. On en manquait ? On s'en est trouvés, qu'on pourra proclamer nous être étrangers (forcément, sinon comment pourraient-ils être nos ennemis s'il étaient, même pour une part, des nôtres ?). Un ennemi que ceux-là même qui affirment agir en son nom constituent avec tout ce qu'il faut pour le rendre à la fois haïssable et méprisable. Un bel et providentiel ennemi, pour ceux de nos maîtres qui en manquaient...

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15:17 Publié dans religion, terrorisme | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

lundi, 05 décembre 2016

Naturalisation un peu facilitée pour les petits-enfants d'immigrants : Naturalisation un peu facilitée pour les petits-enfants d'immigrants

nationalité, naturalisationSavez-vous qu'on obtenait plus vite l'équivalent de la nationalité (la « bourgeoisie ») au XVIIe siècle qu'on l'obtient aujourd'hui ? Parole de descendant d'immigrants installés à Berne au XVIe siècle et «embourgeoisés» bernois après deux générations quand il en faut, 500 ans plus tard, souvent trois pour, peut-être, éventuellement, être suissisé... Trois générations de séjour en Suisse : c'est ce qu'une proposition de la socialiste vaudoise Ada Marra, acceptée par le parlement (après avoir toutefois été revue à la baisse), suggère comme condition pour bénéficier d'une "naturalisation facilitée". La proposition de ce tout petit pas, qui ne pourrait concerner que 5000 personnes qui sont déjà Suisses de fait, est soumise au vote populaire en février prochain. Tous les partis politiques représentés au parlement fédéral soutiennent cette proposition -tous, sauf un, et on ne vous fera pas l'injure de vous demander de deviner celui pour lequel la suissitude doit continuer à ne se transmettre que par le sperme, et pour qui vous aurez beau être né en Suisse de parents nés en Suisse de parents arrivés en Suisse il y a plus d'un demi-siècle, vous devriez continuer à être considéré comme un métèque définitif.

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18:08 Publié dans Immigration, Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nationalité, naturalisation | |  Facebook | | | |

vendredi, 02 décembre 2016

Tarifs des transports publics genevois : on va voter ("non")

tram2.jpgLe 23 septembre dernier, le Grand Conseil genevois avait voté une hausse des tarifs des transports publics genevois, faisant assumer par les usagers huit millions supplémentaires par an pour développer une offre que la même majorité, la direction des TPG et le Conseil d'Etat avaient préalablement réduite par refus d'augmenter la subvention cantonale à la régie publique.  Bref, le "développement de l'offre" qui est supposé justifier la hausse est en grande partie un simple rattrapage de sa réduction punitive passée. Le PS et Ensemble à Gauche avaient présenté au parlement cantonal une proposition de compromis, consistant à alléger la charge pour les usagers (sans la supprimer, mais en la faisant passer de huit à trois millions de francs par an), en échange d'une augmentation de cinq millions de francs de la subvention cantonale. Même le MCG avait soutenu cette proposition... mais pas les Verts... Et dans quelques années, une nouvelle hausse des tarifs sera proposée, justifiée par la mise en service du CEVA, mais consistant toujours à faire payer par les usagers la mise de l'offre au niveau de besoins croissants. Pendant quoi, les partisans de ces hausses continueront sans doute à se gargariser de beaux discours sur le développement des transports publics et de la mobilité douce. En attendant, un référendum a été lancé contre la dernière hausse décidée par le parlement, il a abouti, avec plus de 10'000 signatures. On votera donc, sans doute en mai 2017, pour dire ce qu'on pense d'un refus de donner aux TPG les moyens de leur développement en le finançant par le budget cantonal (voire les budgets municipaux) plutôt qu'en taxant les usagers, tout en invitant celles et ceux qui n'en usent pas encore à user des transports publics pour se déplacer en zone urbaine et péri-urbaine... comme si une augmentation des tarifs des transports publics allait les y inciter...

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20:39 Publié dans Genève, Transports, votations | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : tpg | |  Facebook | | | |