jeudi, 14 juillet 2016

14 juillet, 26 Messidor, jour du Père Ubu...

épithètes.jpgQue reste-t-il des révolutions passées ?
Nous sommes aujourd'hui, 14 juillet, le 26 Messidor, et nous devrions célébrer ce jour comme celui du Père Ubu, dans le calendrier pataphysique qui nous est aussi cher que le calendrier républicain. Le 14 juillet, devenu fête "nationale" (autrement dit : de la récupération de la Nation par l'Etat, défilé militaire à la clef) fut d'abord une fête révolutionnaire. Qu'elle célébrât la prise de la Bastille ou la Fête de la Fédération, peu importe : c'est la Révolution qu'elle célébrait -la révolution française, archétype de toutes les révolutions qui suivirent, ou la Révolution majuscule, la Révolution en soi et pour soi. Encore faut-il s'entendre sur ce mot, "révolution". Et sur ce qu'il signifie, politiquement, historiquement -et pas astronomiquement. Et sur ce qui reste de cette signification, et du vieux dur désir de révolution, pour la révolution elle-même, non pour sa victoire -ou ce que l'on crut être sa victoire.

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vendredi, 01 juillet 2016

Prendre une pause, se déprendre de nos poses

Provence.jpgDu temps libre, pas du temps vide

Voilà, nous sommes au mitan du beau mois de Messidor. On va donc se donner un peu du temps offert par le rituel vacancier estival.  Du temps non pour prendre des forces -il nous semble en avoir encore assez- mais pour prendre du recul, de la hauteur, de la distance, en n'étant plus tenu par un agenda rempli par d'autres. Réfléchir à ce qu'on va faire, et surtout aux raisons qu'on se donnera pour le faire. Prendre une pause, se déprendre de nos poses. C'est un mot idiot, que celui de "vacance", même mis au pluriel : il signifie le vide. Comme si on ne le rencontrait pas plus souvent, ce vide, dans les mois laborieux que dans les semaines de "vacances". Prenons donc du temps libre, non du temps vide. On a beaucoup parlé et écrit, depuis des mois, sur tout. Ou sur n'importe quoi, c'est comme vous voulez. On peut donc se taire pendant quelques semaines, quitte à rompre brièvement ce silence, non par devoir mais par envie.

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21:03 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vacances | |  Facebook | | | |

mercredi, 29 juin 2016

Châteaux électoraux en Espagne : Tous perdants

Espagne, gauche, Podemos, PSOETous perdants, à un titre ou un autre, même ceux qui se croient gagnants : tel est le résultat des élections espagnoles. La droite (le Parti "Populaire" du Premier ministre Rajoy), avec 137 sièges, reste loin de la majorité absolue (176 sièges), même si elle regagne cinq des sièges perdus lors des précédentes élections; le centre (Ciudadamos) n'obtient que 32 sièges et ne peut prendre part à une coalition majoritaire qu'avec la gauche, à condition que celle-ci accepte de se coaliser elle-même -or si le PSOE, avec 85 sièges, reste la première force de gauche, il  recule encore, alors que la coalition "Unidos Podemos" (71 sièges) des deux forces de "gauche de la gauche" (Podemos et Izquierda Unida) perd un million d'électeurs, le total des deux forces de gauche n'atteignant pas non plus la majorité absolue, et la division restant profonde entre le PSOE et "Unidos Podemos", alors même que leurs programmes sont plus convergents qu'eux-mêmes ne l'admettent. Bref, ces élections anticipées sont un coup pour rien. Et signent à la fois l'échec de la tentative de la "gauche de la gauche" de rééditer l'exploit grec de Syriza (renvoyer la social-démocratie dans les poubelles de l'histoire, mais en prenant sa place), l'échec du "centre" de se poser en interlocuteur indispensable de la droite, l'échec de la droite de gagner une majorité parlementaire absolue et l'échec du PSOE de sortir de sa propre crise...

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17:40 Publié dans élections, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : espagne, gauche, podemos, psoe | |  Facebook | | | |

lundi, 27 juin 2016

Commission municipale des naturalisations : Parasitaire... et illégale...


Vous aimez les audits ? Vous voulez des audits ? Eh bien, en voilà un, qui n'a rien coûté à la Ville -mais qui pourrait lui permettre de faire quelque centaines de milliers de francs d'économies, si elle en suit les conclusions explicites et implicites : le rapport de la Cour des Comptes sur le processus genevois de naturalisation. Le rapport révèle ou confirme moult insuffisances, contradictions réglementaires, incohérences et lacunes dans ce processus, mais la seule illégalité qu'il relève est à mettre au passif de la Commission des naturalisations du Conseil municipal de la Ville de Genève. Ses conclusions (des recommandations) seront-elles prises en compte ?  Le Conseil administratif de la Ville les a acceptées -mais c'est le Conseil municipal qui va devoir se prononcer. Et on ne se fait évidemment pas trop d'illusions sur la cohérence de celles et ceux qui, à longueur d'années, prônent les serrages de ceintures, les réductions de voilures et les restrictions de dépenses, mais maintiennent depuis des lustres une commission parasitaire -mais rémunérée, et dont la seule justification n'est plus désormais que le plaisir, tarifé, que prennent à y siéger ceux qui en défendent l'existence.

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14:58 Publié dans Genève, Immigration | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : naturalisations, commission des naturalisations | |  Facebook | | | |

samedi, 25 juin 2016

Brexit : ils sortent. Sans jamais vraiment être entrés.

brexit,grande bretagne,angleterre,ecosse,union européenneBrexcitation

-Alors comme ça, ils partent...
- qui c'est qui part, et d'où ?
- ben les Anglais, de l'Europe, tu suis l'actu ou quoi ? parait que c'est un séisme...
- ah, parce qu'ils étaient en Europe, les Anglais ?
- ben faut croire, puisqu'ils en partent......
- et ils vont où ?
- chais pas... en Amérique, peut-être...
- et ils partent tout seuls ?
- non, avec les Gallois...
- ah. Et les Ecossais et les Irlandais ?
- eux, ils veulent rester...
- ah bon, Alors les Anglais et les Gallois partent, les Ecossais et les Irlandais restent... c'est comment le nom officiel de l'Etat, déjà ? ah oui, "Royaume Uni"...

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jeudi, 23 juin 2016

Musée d'Art et d'Histoire de Genève : Da capo..

  On est toujours plus intelligent après une défaite qu'avant, c'est bien connu depuis Marignan. Ou alors, quand on se rengorge d'avoir été déjà vachement plus intelligent que les autres avant la défaite, en l'annonçant et en prédisant ses causes, on se la joue modeste.  On va donc à Genève, pour la rénovation et l'extension (ou non, ou l'éclatement) du Musée d'Art et d'Histoire, faire les choses, poser les actes, entamer les réflexion, dans le bon ordre logique -commencer par le commencement, en somme. Commencer par se poser la question à laquelle sera donnée une réponse qui va déterminer la suite : quel musée voulons-nous ? Pour faire quoi, dire quoi, raconter quoi ? assumer quel rôle, assurer quelles missions ? Déterminer le contenu d'abord, et lui adapter un contenant. Le contenant existant (le bâtiment actuel) ou un autre, sans en préjuger. Le débat, là, est un débat de fond -et les oppositions qui vont le structurer, des oppositions de fond, non sur l'architecture, le patrimoine, le coût, mais sur la nature et le projet culturel du musée. Les oppositions plus spécifiques (les mêmes que celles qui, en s’additionnant, ont coulé le projet Nouvel il y a six mois), viendront après, forcément, mais on aura au moins, à défaut d'avoir fait du passé table rase, entamé un nouveau processus sans le bâcler, et  en sachant où l'on veut qu'il nous mène...

MAH, musée, musée d'art et d'histoire

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mercredi, 22 juin 2016

Services publics : l'initiative balayée, les vrais enjeux restent

Service_Public.jpgOn a voté, reste à clarifier

Mal foutue, ambiguë sur certains de ses aspects, dangereuse sur d'autres, et d'origine douteuse (les magazines consuméristes), l'initiative "Pro Services Publics" a été très nettement refusée par le peuple des consommateurs, des usagers et des citoyens. Une bonne chose de faite : ce texte, même soutenu par quelques militants de gauche (comme Olivier Cottagnoud, Denis de la Reussille ou Michel Zimmermann) plombait le débat sur le service public. Il eut pourtant le mérite de le relancer, même de manière contestable, et de porter dans un débat politique national le constat des insuffisances du service public, et les contradictions de sa gestion : comment, en effet, admettre (sauf à se résigner à ce que les critères des entreprises privées s'appliquent aux entreprises publiques)  que la directrice de la poste puisse toucher 300'000 francs de bonus en 2015 alors que des centaines d'offices postaux ont été purement et simplement fermés ?  Pour l'en féliciter ? Le vote du 5 juin n'a rien clos, il a seulement déblayé le terrain du débat. Et révélé l'urgence d'en clarifier les enjeux.

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17:06 Publié dans Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

mardi, 21 juin 2016

L'extrême-droite aux portes du pouvoir ?

Groupes-folkloriques.jpg Prélude autrichien

Il s'en est fallu de peu, d'un souffle, il y a quelques semaines, pour que les Autrichiennes et les Autrichiens élisent à leur présidence le candidat d'un parti d'extrême-droite, qui aurait été le premier chef d'Etat européen à être issu de cette soue depuis la fin de la Guerre Mondiale. Mais avec presque 50 % des suffrages (tout étant dans ce "presque"), Norbert Hofer, le candidat du fort mal nommé "Parti autrichien de la liberté" (FPOe), qui a d'ailleurs fait recours contre le résultat,  et demandé l'annulation du scrutin, se retrouve porteur d'une symbolique plus menaçante que la réalité du pouvoir qu'il aurait pu avoir en tant que président de l'Autriche : la symbolique d'une possible accession de l'extrême-droite à la tête d'un Etat européen. Car il y a, en Europe, aujourd'hui, une réelle dynamique de l'extrême-droite (ou de la "droite radicale, si on préfère cet euphémisme), qu'aucune "grande coalition" à l'autrichienne (alliant sociaux-démocrates du SPOe et chrétiens conservateurs du OevP), ni aucun "front républicain" à la française, n'arrive à entraver. Au contraire : ces coalitions et ces fronts permettent à l'extrême-droite, du moins quand elle n'a jamais réussi à se faire démocratiquement confier le pouvoir, de se présenter comme une alternative, quand elle n'est qu'une résurgence.

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14:50 Publié dans Europe, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

lundi, 20 juin 2016

Brexit ? dhol air adhart !

Brexit, Union Européenne, UE, EcosseComment sortir de l'Union Européenne sans jamais y être vraiment entré ?
  

Il paraît (c'est en tout cas ce que tous les media du continent s'acharnent à nous en convaincre) que le 23 juin, jour du vote des britanniques (et des nord-irlandais) sur la "sortie" ou non de l'Union Européenne, est un rendez-vous avec l'Histoire. Pas moins. En Grande-Bretagne, en tout cas, on y croit. Ou on feint d'y croire. Au point qu'une députée travailliste, partisane du statu-quo (le maintien du Royaume-Uni dans l'Union Européenne, pour autant que l'on considère qu'il y soit), vient d'être assassinée par un trépané d'extrême-droite. Mais que changerait, fondamentalement, le "Brexit" ? Ses partisans (essentiellement anglais, essentiellement de droite, voire d'extrême-droite, et dont le discours "souverainiste" s'alimente plus à la source de la xénophobie qu'à celle de l'autodétermination nationale) affirment qu'il faut quitter l'Union Européenne pour restaurer la souveraineté du Royaume-Uni. Mais quelle souveraineté, quand depuis septante ans, le Royaume est sous la coupe des Etats-Unis, et que ce qui le fait en différer tient désormais plus du folklore que de l'indépendance ? Et puis,  que signifie vouloir quitter un ensemble (l'Union Européenne) dont on n'est concrètement qu'à moitié membre (la Grande-Bretagne n'est membre ni de la zone euro, ni de l'espace Schengen) ? Brexit ? Chiche...

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vendredi, 17 juin 2016

Réforme de la fiscalité des entreprises ( RIE III) : D'un référendum, l'autre

Après quatre ans de souk législatif, le parlement fédéral a adopté le cadre général de la troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE III). Les cantons étant laissés par la Confédération libres de fixer le taux unique d'imposition, ils se sont livrés entre eux à un petit exercice de sous-enchère : Neuchâtel a fixé ce taux à 15,6 % ? Vaud l'a fixé à 13,8 %, et le Conseil d'Etat genevois propose 13 % (la limite inférieure des taux pratiqués dans l'Union Européenne).  Qui dit moins ? Au plan suisse, le PS a annoncé le lancement d'un référendum -il ne sera pas seul : la "gauche de la gauche" en fera autant, et sans doute aussi les syndicats. Au plan genevois, le PS cantonal a posé de telles conditions à son ralliement à un projet "consensuel", et ces conditions sont à ce point inacceptables pour la droite, que, logiquement, et cohérent comme on le (comme on nous) connaît, il ne devrait faire aucun doute qu'il lancera aussi, avec les mêmes alliés, un référendum contre le volet cantonal de la RIE III (et si d'aventure il ne le faisait pas, on le fera pour lui), un volet cantonal qui devrait ressembler comme un petit frère, ou au moins un cousin germain, aux propositions du Conseil d'Etat, du patronat, des multinationales et de la droite (on n'a oublié personne dans cette énumération ?). Des propositions qui vont coûter au moins un demi-milliard aux caisses publiques. On a donc deux référendum sur le feu : un référendum national, et, dans la foulée, un référendum cantonal.

droite-gauche.jpg

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14:01 Publié dans Fiscalité, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rie iii | |  Facebook | | | |

jeudi, 16 juin 2016

Il y a 200 ans naissaient à Genève Frankenstein et sa créature

créature de Frankenstein-statue.jpg Immortels...

Le 16 juin 1816, quatre Anglais s'emmerdaient ferme à Genève, dans la villa Diodati, juste-au-dessus du lac. Il faisait un temps de chien. Un volcan, le Tambora, avait fait des siennes en Indonésie, un an avant, et avait chargé l'atmosphère de soufre et de cendres, à détraquer le temps jusqu'en Europe. A cinq jours du début de l'été, il faisait 14 ° à Genève. Comme maintenant, deux siècles plus tard ? Ouais, il faut se méfier des étés pourris à Genève : il peut en sortir des monstres. Bref, Mary Godwin (future Mary Shelley), Georges Byron, Percy Shelley et John Polidori s'emmerdent. Byron a une idée : "chacun d'entre nous va inventer une histoire de fantôme". Shelley et lui évoquent la réanimation d'un cadavre. Mary Godwin en écrira un chef d'oeuvre : "Frankenstein, ou le Prométhée moderne". Un homme y crée la vie en assemblant des morceaux de mort. La Créature et son Créateur ont aujourd'hui 200 ans (mais le livre ne paraîtra que deux ans plus tard, en 1818, et d'abord en français). Elle comme lui sont immortels. Et genevois -ceci n'expliquant en rien cela, puisque, selon Mary Shelley,"à Genève, on ne trouve rien qui vaille la peine que l'on prend à marcher sur ses rudes pavés".
Jusqu'au 9 octobre, à la Fondation Bodmer, à Cologny, à deux pas du lieu de naissance du docteur Frankenstein (la villa Diodati est toujours là), une exposition, des conférences, des événements, retraceront la genèse du roman de Mary Shelley, son contexte, sa signification aujourd'hui... 

 

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mardi, 14 juin 2016

Alors quoi, encore une journée des femmes ?

feminisme2.jpgVingt ans après...

Il y a trente-cinq ans, le 14 juin 1981, la Constitution fédérale accueillait avec l'onction populaire l'expression du principe d'égalité entre femmes et hommes. Il y a vingt-cinq ans, le 14 juin 1991, 500'000 femmes se mettaient en grève ("les femmes bras croisés, le pays  perd pied") et manifestaient dans la rue contre la mauvaise volonté du législateur, rechignant à traduire en actes concrets le beau principe voté dix ans plus tôt. Il y a vingt ans, en 1996, une loi sur l'égalité était adoptée. Ce sont les vingt ans de cette loi que l'on va célébrer en Suisse aujourd'hui, 14 juin. Les vingt ans de la loi, pas les vingt ans de l'égalité. Parce que de la célébration d'un texte au constat de sa traduction dans la réalité, il y a encore toute la distance des luttes à mener. Sur tous les fronts, dans tous les domaines. Alors quoi, encore une journée des femmes ? Non, aujourd'hui, c'est une journée des luttes des femmes. Et ce n'est pas vraiment, et même pas du tout, la même chose.

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lundi, 13 juin 2016

La loi, et après ?

Bandeau asile.jpg

ça n'a pas traîné : le lendemain du vote largement favorable à la nouvelle loi sur l'asile (à plus de deux contre un, aucun canton ne manquant à l'appel du "oui"), la droite démocratique se vautrait sur les plate-bandes de l'UDC pour exiger une application la plus stricte (pour ne pas écrire : la plus aveugle) possible des dispositions les plus restrictives de la loi, la mise en oeuvre la plus rapide et la plus effective possible des renvois, et l'application la plus prudente (pour ne pas écrire : la plus insignifiante) possible des avancées contenues dans la loi. Sur quoi, le jour suivant, la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga rappelait à l'ordre le canton de Vaud, coupable de ne pas exécuter assez promptement les décisions fédérales de renvoi... Alors bien sûr que la situation serait pire encore (pas pour nous : pour les réfugiés) si la loi avait été refusée, puisque même en ne menant pas vraiment campagne, c'était le parti xénophobe et tribal qui constituait le coeur de l'opposition à la loi soumise au peuple... et qui geint en attribuant sa défaite à la "machine de propagande" créée par le Conseil fédéral pour "duper le peuple"...  A l'inverse, la socialiste Cesla Amarelle se félicite que le peuple ait "saisi les réels enjeux  cette votation" et de ce que l'on puisse désormais aborder la question de l'asile "plus sereinement". Bel optimisme. Démenti toutefois par l'offensive de la droite sitôt le vote acquis. Le "front commun" des partis gouvernementaux en faveur de la loi n'était pas un "front républicain" contre la xénophobie -seulement une alliance contre l'UDC. Une alliance de circonstance, ne présageant rien dont on puisse se réjouir. Et ne répondant pas à la question : la loi a été approuvée, qu'en faire ?

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15:28 Publié dans Immigration, Solidarité, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : asile, réfugiés | |  Facebook | | | |

jeudi, 09 juin 2016

Il n'y aura pas de retour des "congés-vente" à Genève

pas de victoire sans lutte.jpgOn ne gagne pas par hasard...

Par 51,82 %, les Genevois et voises ont refusé un projet de loi des milieux immobiliers incarnés par le député MCG Ronald Zacharias, soutenu par toute la droite, du PDC au MCG en passant par le PLR et l'UDC, visant à "faciliter le rachat de leur appartement par les locataires" -doux euphémisme pour un retour possible des fameux "congés-vente", cette pratique relevant du chantage et qui se résumait en l'injonction "achetez ou partez" adressée par les propriétaire d'un logement à des locataires le plus souvent dans l'incapacité financière d'assumer le premier terme de cette fausse alternative. Un premier enseignement, en forme d'enfoncement d'une porte ouverte, peut être tiré de ce vote contre le projet de la droite : on ne gagne pas par hasard, même à l'arraché : on gagne quand on fait ce qu'il faut pour. Il convient de s'en souvenir, parce que d'autres combats du même genre contre d'autres projets de lois issus du même tonneau, ou pour des projets issus de notre propre barrique, se profilent, contre ou pour lesquels une même mobilisation va devoir se faire, et un même "front commun" se constituer, que ceux qui se sont imposés dimanche, pour au moins préserver le parc locatif, dans une période de pénurie déjà longue, et qui promet de ne pas s'achever à court terme. Pas plus que le conflit politique sur le logement.

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mardi, 07 juin 2016

Comique de répétition : Genève (re)vote la traversée de sa gouille

pont de lianes.jpgUne étape vers une impasse

Un peu moins de 63 % des votant-e-s genevois ont accepté d'inscrire dans la Constitution de la République le principe d'une traversée routière du Petit Lac. C'est la deuxième fois que les Genevois et voises acceptent le "principe" d'une traversée routière de leur gouille : la première fois, en 1988, c'était la rade qu'il fallait traverser, en pont ou en tunnel. Le principe avait été accepté (à une plus forte majorité que celle obtenue dimanche pour la traversée du Petit Lac) en vote populaire, sa concrétisation en avait été coulée en vote populaire huit ans plus tard. Bis repetita ? C'est vraisemblable : on n'a voté ni sur un tracé, ni sur un projet, on n'a pas choisi entre un pont ou un tunnel, on ne sait pas combien de milliards ce machin va coûter (au moins trois et demi, alors que les projets refusés par le peuple en 1988 "ne" coûtaient "que" moins de 500 millions...)  et on ne sait pas où les trouver, mais on en a voté le principe. C'est une "victoire d'étape", chantent les partisans de la traversée. Peut-être. Mais dans une (longue) marche vers une impasse.

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15:27 Publié dans Genève, Transports, urbanisme, votations | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : traversée du lac | |  Facebook | | | |

lundi, 06 juin 2016

La droite genevoise perd sur le budget de la Ville

Dugong contre les coupes.JPGDroite dilatée, droite coagulée, droite diluée

Par plus de 60 % des suffrages, et avec une participation record pour une votation municipale, les Genevois et voises (de la Ville) ont donc poubellisé les coupes budgétaires opérées en décembre dernier, dans la culture, l'action sociale et les fournitures à la commune, par la droite élargie, dilatée, coagulée et depuis hier, un peu diluée, du PDC au MCG.  Sachant qu'elle allait le perdre, la droite avait tenté de faire annuler le scrutin au prétexte que l'information dispensée dans la brochure de votation était déséquilibrée, et que la Conseillère administrative socialiste Sandrine Salerno s'était exprimée dans la "Tribune de Genève" pour défendre la position du Conseil administratif (en même temps d'ailleurs que s'exprimait, sur la même page, une conseillère municipale PLR pour défendre la position du Conseil municipal). On ne s'offusquera pas de cette quérulence infantile -tout au plus en ricanerons-nous : à gauche aussi, on a parfois cédé à la tentation de compenser nos faiblesses politiques par le recours à un appareil judiciaire comme on recourt à une prothèse. On se contentera donc de savourer notre victoire (la victoire des acteurs de la culture et de la solidarité sociale, la victoire de la gauche municipale, mais surtout la victoire de la population de cette ville). Et de nous préparer à devoir peut-être rééditer l'exercice : on n'est pas convaincus que le coup de pied au cul reçu hier par la droite municipale lui ait appris grand chose. Son aigre communiqué commun d'après-défaite suggère d'ailleurs clairement que non.
Pas même qu'à trop se dilater, on finit par se diluer ? Pas même.

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vendredi, 03 juin 2016

Le cinéma "Le Plaza" n'est pas encore mort : N'y touchez pas, c'est un bijou !

Vignette Plaza.jpgComme on sait (et comme on regrette), l'autorisation de démolir le cinéma "Le Plaza", bijou de salle sertie dans un complexe architectural classé mais dont on a absurdement retiré la salle de cinéma pour la déclasser, le propriétaire plaidant l'impossibilité de la rentabiliser, a été accordée par le Conseil d'Etat, la démolition du "Plaza" étant cependant subordonnée à l'octroi d'une autorisation de construire autre chose (un centre commercial surplombé de "logements étudiants" pas plus rentables que la salle qu'on veut démolir parce qu'elle n'est pas rentable...), autorisation qui n'a pas encore même été formellement demandée. Les recours contre l'autorisation de démolir ont tous été rejetés (par la même juge) sans argument sur le fond, et sous le seul prétexte de défaut de "qualité pour agir", le dernier en date étant celui de la section genevoise de la société suisse des architectes -laquelle a cependant fait recours contre le refus de son recours. Le combat continue donc -il reprendra de plus belle lorsque l'autorisation de construire sera déposée -et nous avons quelques armes en réserve, dont on vous dira des nouvelles...
En attendant, SAMEDI 4 JUIN, GENEVE, la Fédération des Architectes Suisses organise une visite guidée de l'extérieur de l'ensemble dans lequel est serti le "Plaza" : Rendez-vous 15h sur l'Ile Rousseau. De là, on se dirigera sur la rue du Cendrier. C'est-à-dire sur le Plaza. Dont on ne pourra cependant qu'admirer la façade, le proprio défendant jalousement l'entrée de ce qu'il veut détruire...

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16:57 Publié dans Culture, Genève, urbanisme | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

jeudi, 02 juin 2016

Coupes budgétaires en Ville de Genève : Un hors d'oeuvre ?

Il vous reste la journée d'aujourd'hui pour envoyer votre bulletin de vote par la poste (sinon, c'est dimanche matin de 10 heures à midi au bureau de vote) si vous ne vous résignez pas à l'opération de ratiboisage de quasiment toutes les subventions sociales et culturelles accordées par la Ville de Genève, opération montée par la droite municipale en décembre dernier et contre laquelle la gauche, les milieux culturelles et les associations et mouvements d'action sociale ont lancé un référendum. Des coupes aveugles, par ukase, sans concertation, sans évaluation ni des situations, ni des besoins. Qui va trinquer ? Tout le monde, ou presque (voir sous http://causetoujours.blog.tdg.ch/archive/2016/01/23/coupe...)... Et ce n'est qu'un hors d'oeuvre : le plat de résistance, c'est une coupe de 50 millions dans le budget, pour absorber une perte de 50 millions préparée par les mêmes forces politiques qui annoncent la coupe. Au four et au moulin, la droite ? Alors aux votes, la gauche !

Ville de Genève, budget

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15:21 Publié dans austérité, syndicats, gauche, Genève, Politique, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ville de genève, budget | |  Facebook | | | |

mercredi, 01 juin 2016

Traversée routière du Petit-Lac : un rite raté, un mythe mité

traversée du lac"Pas de panique, on ne vote que sur un principe, la concrétisation, le financement, on verra plus tard", rassurent les partisans de la traversée routière du Petit Lac, pour convaincre les hésitants et rassurés les inquiets, avant le vote de dimanche. On est vachement rassurés. Ah bon, on ne vote que sur un principe, c'est sans engagement ? C'est comme la référence à "Dieu tout puissant" en tête de la Constitution fédérale, alors ? Une sorte de truc propitiatoire ? Un rite, un mythe ? On peut dire "amen" et aller se coucher ? Que non pas : si cette invocation est acceptée par le bon peuple genevois dimanche, gageons qu'on nous la resservira régulièrement, comme prétexte à ne rien faire d'autre pendant cinquante ans que tenter de lui donner réalité. En oubliant tout le reste. Et surtout en oubliant ce qui, rapidement, efficacement, sans saloper le lac et le paysage, sans ajouter du trafic aux bouchons et des bouchons au trafic, pourrait réellement "débloquer la mobilité à Genève" : le développement des transports publics, des réseaux continus et sécurisés de pistes cyclables et de parcours piétonniers. Le rite est raté et le mythe mité.

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mardi, 31 mai 2016

Diagnostic préimplantatoire : mettre fin à une hypocrisie

DPI.jpgEn 2015, le peuple avait accepté (avec 62 % de "oui") l'inscription dans la constitution du principe de l'accès au diagnostic préimplantatoire (DPI, c'est-à-dire de l'analyse génétique et de la sélection, avant leur implantation dans l'utérus de la mère, des embryons provenant d'une fécondation in vitro). Mais ce principe constitutionnel en restait précisément au stade du principe, sans précision sur qui pouvait y avoir accès, et à quelles conditions. Ce sont ces précisions que la loi soumise au vote le 5 juin propose -le principe, lui, est acquis, quel que soit le résultat du vote populaire. Si ce résultat devait être négatif (les sondages prévoient le contraire), le parlement reprendra la main -et les couples qui souhaitent avoir accès à ces tests devront continuer à se rendre à l'étranger, où ils sont, en Europe, presque partout autorisés. Comme les femmes désireuses de mettre fin à leur grossesse devaient, si elles résidaient dans les Etats qui criminalisaient l'avortement, se rendre à l'étranger pour y recourir. Si elles en avaient les moyens.  C'est à ce genre d'hypocrisie qu'il convient de mettre fin, s'agissant du DPI comme il s'était agi de l'IVG.

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13:46 Publié dans Famille, Femmes, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dpi, diagnostic préimplantatoire. avortement | |  Facebook | | | |