mercredi, 01 août 2018

1er août : Qu'est-ce qu'on fête ?

Capture.JPGOuala, on est le jour de nôtre fête nationale, à nous autres, Suisses et Suissesses. Mais on y fête quoi ? Mauvaise question : ce n'est pas "quoi" l'on fête qui interroge, : mais qui fête, et qui fête qui. On ne fête pas la Confédération, la patrie, l'ethnie, la souche : on SE fête. Et cette fête suffit à la fête. On SE fête, et tant pis si on ne le mérite pas forcément. On SE fête parce qu'on est là. La Suisse ne fête pas sa naissance (il s'en faudra de cinq siècles depuis le pacte originel pour qu'un Etat suisse soit créé), ni son indépendance (les cantons "primitifs" sont tous des petits bouts du Saint Empire) : les Suisses (au sens large : celles et ceux qui habitent la Suisse) SE fêtent tels qu'ils sont aujourd'hui. Plus riches, plus libres, plus en paix que les autres. Et très contents de l'être. Et peu soucieux de savoir à quoi tiennent ces privilèges.

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samedi, 14 juillet 2018

14 juillet, fête de la révolution "en soi" et "pour soi"

Belledemai.jpgLe meilleur et le pire

Dans le calendrier pataphysique, le 14 juillet, c'est la Fête du Père Ubu. Dans le nôtre, c'est celle de la Révolution. Même pas de la révolution française, mais de la révolution"en soi et "pour soi". La Révolution majuscule, paradigmatique. En un temps où servi à toutes les sauces le mot même de « révolution » semble ne plus rien signifier qui importe, parce qu’il a été plus souvent utilisé pour désigner ce qui trahissait l’idée même de révolution que pour désigner la révolution elle-même, il faut bien commencer par rappeler ce qu’elle est, et en quoi nous sommes désormais si peu nombreux à croire encore : un bouleversement de la politique, des institutions et des rapports sociaux. Et un bouleversement pour le meilleur, non pour le pire.

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vendredi, 29 juin 2018

Pour en finir (provisoirement) avec Mai 68

Mai68 et après.JPG


Le moment d'une révolution

C'est promis : dès demain, on ne vous reparlera plus de Mai 1968. Plus avant la célébration de son centenaire. Dans cinquante ans. Après tout, on n'aura que 116 ans. Un bel âge pour ratiociner, comme les pépés des années cinquante "Moi, j'ai fait Verdun"... "Moi, j'ai fait Mai68"... même si en réalité on n'a rien fait du tout, qu'on n'a que vu passer un mouvement qu'on ne comprenait pas, qu'on investissait de significations qu'il n'avait pas et d'espoirs qu'il ne pouvait que décevoir... Parce que ce n'était pas une révolution, mais seulement le moment d'une révolution qui avait commencé plus de dix ans avant, prit fin dix ans après et n'était ni Petrograd en 1917, ni Barcelone en 1936, mais Paris, Rome, Mexico, San Francisco ou Prague en 1968. Ou Genève, Lausanne, Zurich, Lugano ? Oui, aussi. Et de tout ça, on conversera ce soir, dès 18 heures 30, au 8 Lissignol, à Genève.

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jeudi, 28 juin 2018

Le projet de nouveau Musée d'Art et d'Histoire de Genève : Tout est possible. Ou presque.

nouveau-mah-a-ville-geneve.jpgLa commission d'experts chargée par le Conseil administratif de Genève de présenter un projet culturel pour le futur "nouveau Musée d'Art et d'Histoire" (et qui assumera toujours un rôle de "suivi du projet") a rendu son rapport final. Le projet qu'elle propose ("un campus muséal au coeur de la cité") a été avalisé par le Conseil administratif, et c'est donc sur cette base que les propositions précises (et les demandes de crédits) seront présentées au Conseil municipal (un proposition de crédit de "pré-étude" lui sera présentée à la rentrée).  Créer un "campus muséal au coeur de la cité" à partir du bâtiment historique (Charles Galland), rénové et augmenté du bâtiment de l'HEAD et d'excavations sous la butte de l'Observatoire, sous le MAH et sous les Casemates, rassembler toutes les activités du muséle dans le même périmètre, renforcer le rôle scientifique du musée, le doter de crédits d'acquisition suffisants, inventer "un usage novateur des collections" : le projet, tel qu'il nous a été présenté, n'est certes pas révolutionnaire (on ne l'attendait pas, et on ne l'avait pas demandé, de la commission d'experts), mais il est séduisant. Pour la raison qu'il n'exclut rien et permet tout. Et accessoirement qu'il nous donne raison de nous nêtre opposés au précédent projet, contenant sans contenu.Il faudra cependant, pour le réaliser sans le réduire a posteriori à un bel exercice intellectuel, tenir compte de deux données d'évidence, et d'un impératif non moins évident. Les deux données sont d'abord que si le MAH est un musée municipal, la Ville de Genève n'est pas tout Genève à elle seule, et ensuite que si le MAH est le musée central (et dont le projet de la commission d'expert veut renforcer la centralité) de Genève, il n'en est ni le seul musée, ni le seul musée public. Et l'impératif est de ne rien faire sans, et surtout contre, le personnel.

Le rapport est téléchargeable sur http://www.ville-geneve.ch/fileadmin/public/Departement_3/Rapports/rapport-mah-180621-ville-geneve.pdf

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16:33 Publié dans Culture, Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : mah, musées | |  Facebook | | | |

mardi, 26 juin 2018

Réelection d'Erdogan par la moitié de la Turquie : D'un "Atatürk" à l'autre ?

Atatürk Erdogan.jpg

Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis quinze ans, a donc été réélu dès le premier tour pour cinq ans à la présidence de la Turquie  avec 52,5 % des suffrages exprimés. Le social-démocrate Muharrem Ince, qui portait les couleurs du Parti républicain du peuple (CHP, kémaliste), a obtenu 30,64 % des voix, et le candidat (emprisonné) du HDP (gauche kurde) 8 %. Il ne faisait guère de doute que le Sultan serait resultanisé, la seule question étant de savoir si ce serait au premier tour ou au second. Ce fut donc au premier tour, mais sans triomphe : pour obtenir 52,5 % des suffrages, il a quand même fallu bourrer un peu les urnes, écarter des observateurs, dissuader des électeurs (notamment au Kurdistan) et accessoirement, maintenir en prison un des candidats à la présidence...
Aux législatives qui se tenaient en même temps que la présidentielle, la coalition formée par l’AKP, le parti de M. Erdogan, et le parti ultranationaliste MHP a récolté quelque 53,6 % des voix (le MHP faisant un score de 11 %) et la majorité absolue des sièges (mais pas la majorité qualifiée pour pouvoir modifier la constitution). L’alliance hétéroclite de plusieurs partis d’opposition (social-démocrate kémaliste, nationaliste de droite, islamiste) récolte 34 %. Le parti de gauche HDP (Parti démocratique des peuples), favorable à la cause kurde, obtient 11 % des suffrages, et siégera donc, avec 68 sièges, à l'Assemblée nationale -un parlement dépouillé de l'essentiel de ses pouvoirs (même budgétaires) par la présidentialisation du régime imposée par Erdogan. Dans cinq ans, le nouveau Sultan pourra célébrer en tant que président le centenaire de l'instauration de la République de Turquie. Par Mustapha Kemal. D'un "Père des Turcs" ("Atatürk") à un autre ?

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lundi, 25 juin 2018

Politique culturelle genevoise : Heureux frémissements

culture.jpgLes Maires, conseillères administratives et conseillers administratifs chargés de la culture de 12 villes et communes genevoises, de gauche et de droite*, rassemblant ensemble une grande majorité de la population genevoise,  ont adressé au Conseil d'Etat une "Déclaration en faveur d'un nouvel esprit de concertation et de partenariat en matière culturelle" : rappelant les "défis majeurs concernant un certain nombre de grandes institutions culturelles existantes ou planifiées", exprimant "la nécessité d'effectuer un bilan concerté de la pertinence du dispositif culturel issu de la Loi sur la répartition des tâches" (ce qui nous suggère qu'elles et ils nourrissent quelques doutes sur cette pertinence)  et, prenant acte de l'aboutissement de l'initiative "pour une politique culturelle cohérente à Genève", elles et ils demandent au nouveau gouvernement genevois de s'engager dans la "mise en place d'un véritable partenariat entre collectivités publiques autour des enjeux culturels", la "reprise des négociations autour des grandes institutions culturelles", l'"adaptation planifiée du dispositif d'application de la LRT (répartition des tâches) au domaine culturel" et à "contribuer de manière concrète" au soutien aux institutions et manifestations" culturelles d'importance régionale. Que de bonnes et justes demandes, qu'on soutient pleinement, d'autant qu'elles émanent des principaux acteurs de la politique culturelle genevoise : les villes, les communes...  et qu'elles font comme un écho à l'initiative populaire "pour une politique culturelle cohérente", qui a non seulement abouti, mais que le Conseil d'Etat soutient et propose au Grand Conseil de soutenir...
On trouvera le texte de la lettre des villes et des communes sur :
https://www.fichier-pdf.fr/2018/06/07/declaration-des-com...

* Carouge, Cologny, Confignon, Genève, Grand-Saconnex, Lancy, Meyrin, Onex, Plan-les-Ouates, Satigny, Vernier, Versoix

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17:25 Publié dans Culture, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : répartition des tâches | |  Facebook | | | |

vendredi, 22 juin 2018

La loi genevoise sur la laïcité sera soumise au peuple : Quel débat possible ?

signes religieux ostentatoires.jpgLes référendums contre la loi cantonale genevoise sur la laïcité ont abouti, et largement : lancés par quatre comités distincts, soutenus par les syndicats, la Jeunesse socialiste et les Verts (mais pas par le PS, opposé à la loi mais divisé sur l'opportunité des référendums) ils ont recueilli (au total) plus de 8300 signatures alors qu'il leur en fallait 3000 de moins. On votera donc, probablement en 2019, contre une loi si médiocre, bureaucratique et péremptoire qu'on se permettra de douter qu'elle méritait l'honneur d'être soumise au peuple -les recours annoncés par les Verts et les évangéliques suffisaient, mais ils ne seront pas traités avant la votation, qui portera donc sur une loi dont on ne saura même pas au moment de voter si son contenu ne sera pas partiellement invalidé.  Pour le comité référendaire de gauche, qui défend une laïcité démocratique dans laquelle l’État s’interdit d’intervenir dans les affaires religieuses, c’est la liberté la plus étendue d’opinion, d’expression, d’association, de manifestation, soit les libertés publiques et droits « ordinaires » qui sont à appliquer dans ce domaine, comme dans les autres". Certes. Mais que restera-t-il de ces protestations de principe dans le débat d'avant votation ? "un débat est possible autour de la laïcité", assure Pierre Vanek. Sans doute, mais quel genre de débat ? Le genre de débat pourri où la laïcité est transformée en croisade contre l'islam  et les libertés religieuse à de la complaisance envers l'islamisme ?

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22:10 Publié dans Genève, religion, laïcité, églises, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : laïcité | |  Facebook | | | |

jeudi, 21 juin 2018

Selahattin Demirtas : « Je continuerai à lutter »

Demirtas.jpg

Election présidentielle turque :
Selahattin Demirtas : « Je continuerai à lutter »


Incarcéré depuis le 4 novembre 2016 au Centre pénitentiaire de haute sécurité d’Edirne en Turquie, Selahattin Demirtas a écrit ce texte mardi 12 juin et l’a transmis au « Monde ». En attente d’un procès, il risque une peine de prison de cent quarante-deux ans, selon le code pénal turc. Turc d’origine kurde, il préside le Parti démocratique des peuples et a depuis sa prison présenté sa candidature à l’élection présidentielle turque du 24 juin.

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mardi, 19 juin 2018

Soutien du Solifonds aux mouvements sociaux brésilien

Brésil, Solifonds

SOLIDARIEDADE

Il y a trois mois se tenait à Bahia le Forum social mondial (et, parallèlement, le Forum, alternatiF de l'eau). Les mouvements sociaux brésiliens y étaient, évidemment, particulièrement présents, pour appeler à la solidarité avec les luttes qu'ils mènent depuis la très discutable destitution de la présidente Dilma Rousseff il y a deux ans. Après cette destitution, c'est à une véritable offensive de démantèlement des droits conquis pendant la présidence de Lula (emprisonné, mais candidat à la présidence et favori des sondages...) qu'ils doivent résister. Cibles de cette offensive de la droite brésilienne : les ouvriers, les femmes, les indiens, les noirs, les sans-terre, les petits paysans. Une vague de protestation a déferlé sur le pays, pour la défense des droits conquis, pour la réforme agraire, pour le droit au logement, pour le droit à l'eau, contre la violence. Cette résistance doit être soutenue, comme doivent être soutenus les mouvements qui la mènent. Le SOLIFONDS* appelle à ce soutien : répondons à cet appel.

* SOLIFONDS, mail@solifonds.ch, www.solifonds.ch, PC 80-7761-7

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15:19 Publié dans Droits de l'Homme, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : brésil, solifonds | |  Facebook | | | |

lundi, 18 juin 2018

Initiative pour des "multinationales responsables" et contre-projet : Parer le vote populaire ?

L'initiative populaire "pour des multinationales responsables", portée par 80 ONG et soutenue par la gauche, demande que les multinationales basées en Suisse assument devant des tribunaux suisses leurs responsabilités dans le respect des droits humains et de l'environnement, et répondent de leur violation, même copmmise à l'étranger par des filiales à l'étranger. Elle pourrait, si elle est maintenue par ses auteurs, être soumise au peuple en 2019. Discutée une première fois au sein des Commissions des affaires juridiques du Conseil national et du Conseil des Etats, elle sera traitée par le Parlement l'année prochaine. En attendant, le Conseil national lui a accolé (malgré l'UDC) un contre-projet indirect (qui ne lui serait donc pas opposé) qui intègre, en les affadissant, quelques unes de ses exigences dans le Code des Obligations, ce qui suffit à ses auteurs pour envisager de la retirer. Les syndicats patronaux ("Economie suisse" en tête) ont combattu de toutes leurs forces la proposition d'en lancer un, mais le Groupement des Entreprises Multinationales (rassemblant 93 firmes) et de grandes entreprises comme Migros ou Ikea le soutenaient, en échange d'un retrait de l'initiative, dont les partisans du contre-projet craignent qu'elle soit acceptée par le peuple (en novembre, un sondage lui accordait 77 % d'opinions favorables) : elle pourrait bien en effet lui être soumise juste avant ou juste après une réforme de l'imposition des entreprises qui contiendra forcément une proposition de baisser leur charge fiscale. Il ne serait alors pas facile d'expliquer aux citoyens pourquoi on se refuse à demander, poliment, aux multinationales de respecter un peu les droits fondamentaux, tout en leur faisant un beau cadeau fiscal... Dans ces conditions, le contre-projet tient du pare-feu... ou plutôt : du pare-vote populaire.

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16:50 Publié dans Droits de l'Homme, Economie, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : multinationales | |  Facebook | | | |

vendredi, 15 juin 2018

Une couche de réforme fiscale, une couche de soutien à l'AVS : Poker ou bonneteau ?

bonneteau.jpgLe Conseil des Etats a massivement (par 34 voix contre 5) approuvé le projet d'une "loi fédérale relative à la réforme fiscale et au financement de l'AVS", mais on attend un acronyme) -un projet double-couche : une couche de réforme de l'imposition des entreprises pour plaire à la droite (on baisse cette imposition), une couche de soutien à l'AVS (chaque franc perdu par les caisses publiques à cause de la couche fiscale sera versé à l'AVS) pour plaire à la gauche. Le peuple avait refusé la précédente réforme de l'imposition des entreprise dite RIE III et refusé ensuite celle de l'AVS. Les sénateurs ont donc additionné une réforme fiscale et un financement social, le tout devant être acceptable par une majorité. On ne lui demande même pas de susciter l'enthousiasme, à ce projet, on ne lui demande que d'être accceptable à la fois par les syndicats et le patronat, par le PLR et le PDC et par le PS. L'UDC ? on fait une croix dessus. le PBD, les Verts libéraux et la gauche de la gauche ? on s'en fout. Les Verts ? on les oublie. Et on promet aux uns, à gauche, que le paquet AVS/PF17 est un remède contre le report de l'âge de la retraite des femmes (sauf que l'UDC a tout de même annoncé qu'elle allait le reproposer, et que le PLR s'est contenté d'annoncer qu'il ne reproposera pas tout de suite), et aux autres, à droite, qu'il est un calmant des velléités référendaires de la gauche. Bref, on additionne deux couches, deux manœuvres, deux promesses. Coup de poker ou coup de bonneteau ?

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16:28 Publié dans Fiscalité, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : avs, pf17 | |  Facebook | | | |

jeudi, 14 juin 2018

Les socialistes genevois et le cumul des mandats : Genferei hors-délai

quidautre.jpgLe Parti socialiste genevois a, comme d'autre (en fait, la plupart des partis politiques de la République) adopté comme règle celle du non-cumul des mandats politiques électifs : on ne peut, en principe, être à la fois député, conseiller ou magistrat municipal ou parlementaire fédéral. Une règle simple -qui a frappé mardi soir deux élues (le féminin n'est pas sans importance...) socialistes, et non des moindres : la présidente du parti et Conseillère administrative d'Onex Carole-Anne Kast et la Conseillère administrative de Genève Sandrine Salerno. La règle socialiste en effet contient en elle-même la possibilité d'y déroger, mais à une condition draconienne : qu'une assemblée générale du parti accepte cette dérogation à la majorité des deux tiers des membres présents. A trois voix près, les deux députées et magistrates, qui avaient lié leur sort, ont raté cette majorité qualifiée, tout en obtenant une large majorité simple (74 voix sur 115). Une catastrophe ? Non. Mais une connerie, certainement. Commise trop tard pour permettre au PS de concourir à la Genferei 2018, mais qui doit fort réjouir la droite parlementaire, débarrassée par les socialistes eux-mêmes de deux fortes têtes socialistes.

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15:20 Publié dans Genève, Politique, PS | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cumul des mandats | |  Facebook | | | |

mercredi, 13 juin 2018

Dernières nouvelles de la presse écrite en Suisse

carcan.jpgL'argent roi

"Le Matin" va cesser de paraître en édition imprimée, le "Giornale del Popolo" a déja cessé de paraître, Blocher ne mettra pas la main sur GHI et LausanneCités : en quelques jours, d'assez contrastées nouvelles nous sont venues du front des media. Un hebdo gratuit maintient son indépendance, un quotidien disparaît, un autre va disparaître, des rédactions sont siphonnées, l'agence nationale de presse est fragilisée par sa propre direction... qu'est ce que cela nous dit de l'état, non seulement du "paysaqge médiatique" suisse, mais surtout de la liberté de la presse et de l'information ? Essentiellement ceci : que cette liberté, essentielle à la démocratie, se heurte à un pouvoir qui n'est pas, ici, celui de l'Etat ou du parti, mais qui, pour cette liberté-là, ne vaut guère mieux : celui de l'argent.

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mardi, 12 juin 2018

Pas de JO d'hiver 2026 en Suisse : Impair, passe et matze !

Matze.jpgOn se demandait la semaine dernière si le Valais avait changé. On a reçu la réponse dimanche : le Valais a changé, et le vote d'avant-hier eut sans doute fort réjoui le vieux Maurice Chappaz. Mais à quoi le Valais a-t-il dit "non " ? son vote ne fut sans doute pas un vote contre le sport, ni contre les sports d'hiver. Même pas un vote contre les Jeux Olympiques, mais certainement un vote contre le CIO, ce qu'il représente et ce qu'il couvre, et surtout contre la Nomenklatura politico-économique du canton. Les Valaisans devaient se prononcer sur un soutien financier de 100 millions de francs à l'organisation des JO d'hiver 2026. 100 million pour des JO, quand le canton coupe dans les budgets de l'éducation et les bourses d'étude, et dans la politique sociale ? De toute évidence, la population avait d'autres priorités que les notables : "nous avons tourné la page du Valais des promoteurs" se réjouit le Conseiller national PS Mathias Reynard. C'est peut être un peu vite dit, mais le vote de dimanche en est en tout cas un bon signe.

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lundi, 11 juin 2018

Et PAV (dans la gueule) !

doigt pointillé.jpg

"62 % de logements sociaux, c'est trop", qu'ils disaient, les arracheurs de dents. Et 62 % de "oui" au PAV, alors, vous les avez aimés ?
A force de prétendre que le projet d'aménagement du PAV comportait "62 % de logements sociaux", les milieux immobiliers et les partis de droite ont réussi à mobiliser presque 62 % de votants en désir ou en besoin (insatisfait), et en tout cas en (longue) attente, de logements sociaux. Sauf que ces fameux "62 % de logements sociaux" brandis comme un épouvantail par la droite, c'était du flan, de l'enfumage. En revanche, les 61,4 % de votes en faveur du projet que la droite combattait sont bien réels, eux... Et ils n'aurait sans doute pas été atteints si la droite la plus bête de Suisse (pas du monde, quand même...) n'avait pas agité comme une menace ("trop de logements sociaux") ce qui est une revendication de la majorité de la population ("plus de logements sociaux". Amusant, non ? Réjouissant, même.

Quelque chose comme la sanction morale d'un mensonge

Il y aura donc, si tout va bien, Les 62 % de logements d'utilité publique sur les terrains du PAV en mains de l'Etat. 62 % de logements d'utilité publique, pas 62 % de logements sociaux. Les LUP, ce sont soit des HBM (habitations bon marché), c'est-à-dire de vrais logements sociaux, soit des HM (habitations mixtes), c'est-à-dire des logements destinés à la classe moyenne. Le projet soumis au vote permet 24 % de ces logements sociaux. C'est presque trois fois moins que ce que la droite proclamait sur ses affiches, dans ses tracts et ses annonces publicitaires. Et la limite supérieure pour pouvoir obtenir un HBM, c'est 102'500 francs par an pour une famille de quatre personnes, dans un cinq pièces (la règle, c'est une pièce de plus que le nombre de personnes), qu'elle devra quitter si son revenu dépasse ensuite 174'000 francs par an. Autrement dit, si elle rentre dans la classe moyenne, à qui les HBM ne sont en effet pas destinés, mais à qui sont destinés les HM, soit 38 % des logements prévus, avec une limite de revenu de 248'000 francs pour une famille de quatre personnes dans un cinq pièces. Qui pourra rester dans son logement (avec une augmentation de loyer) si son revenu dépasse cette limite. Et la classe moyenne aura en outre accès à deux autres types de logements prévus au PAV : ceux en loyer libre (26 % de tous les logements prévus sur les terrains en mains de l'Etat, plus ceux prévus sur les terrain s en mains privées) et les logements en propriété par étage en droit de superficie (12 % du total sur le périmètre public, plus ceux sur le périmètre privé). Ces chiffres, ces proportions, étaient évidemment connues des milieux immobiliers. En faisant campagne contre "trop de logements sociaux", ils ne se sont donc pas trompés, ils ont trompé. En clair, ils ont menti. Sciemment, forcément, puisqu'on ment toujours sciemment. De ce point de vue, et quelque critique qu'on puisse faire au projet soumis au vote par Antonio Hodgers (qui n'y était pas obligé), à la réduction de la proportion de logements d'utilité publique dans le total des logements réalisables, à l'intégration de la propriété par étage (fût-elle en droit de superficie) dans le périmètre en mains publiques, son approbation à presque deux contre un par le corps électoral a quelque chose d'une sanction morale d'un mensonge.

Et maintenant, ce projet, adopté après que la droite immobilière ait réussi à faire croire qu'il comportait 62 % de ces logements sociaux dont les Genevois ont besoin, il va bien falloir avancer dans sa réalisation, sans cultiver l'illusion qu'à lui seul, il pourra résoudre la crise du logement à Genève.  Le président du Conseil d'Etat sortant, François Longchamp, était d'ailleurs inquiet : les Genevois qui se sont installés côté français de la frontière faute de pouvoir se loger correctement côté genevois, pourraient revenir, chassés de Gaule par divers changements légaux (assurance-maladie, droits de succession, imposition des plus-value). Et ils sont 20'000, ces exilés. Ce qui correspond grosso-modo à 10'000 logements. Un peu moins que le nombre de logements prévus au PAV -qui pourraient, si l'hypothèse se confirmait du retour massif des Genevois exilés côté français de la Grande Genève, n'être qu'un rattrapage de tout le retard accumulé dans la construction de logements accessibles à la majorité de la population. Il va donc y avoir d'autres projets d'aménagement à défendre parce qu'ils créent de tels logements, et qu'ils les créent en zone urbaine ou péri-urbaine, sans attenter ni aux espaces naturels, ni aux espaces agricoles.
Mais là encore, il va falloir les imposer à la droite immobilière (et aux propriétaires de villas...), ces projets. Et nul doute qu'elle nous le resservira, le mythe de "trop de logements sociaux", et qu'elle nous en regratifiera, de l'invocation à la "classe moyenne".
Parce qu'on ne change pas un discours qui perd.

 

16:40 Publié dans Genève, Logement, urbanisme, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : pav | |  Facebook | | | |

samedi, 09 juin 2018

Vote sur la candidature à l'organisation des JO d'hiver 2026 : Le Valais a-t-il changé ?

Sion2026.jpgFormellement, les Valaisans se prononceront en votation, dimanche, sur un soutien financier de 100 millions de francs à la candidature de Sion et du Valais à l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver 2026. Formellement. Mais plus profondément, c'est sur lui-même que le Valais se prononcera. Est-il toujours le canton des "maquereaux des cimes blanches" qu'en son temps dénonçait Maurice Chappaz ? Le canton qui hurle à la mort quand qui que ce soit, d'où que ce soit, conteste ses féodalités immobilières et ses obsessions touristiques ? Quelques indices laissent supposer que, s'agissant d'autres critères que ceux là, le Valais a changé, qu'il n'est plus ce Vieux Pays dévot et aux ordres d'un parti quasi unique dont il donnait encore il y a peu l'image (ou la caricature) : l'élection, puis le limogeage, d'Oskar Freysinger, la décision populaire de réviser la constitution, le lent recul du PDC, la perte de poids de l'Eglise catholique. Si dimanche le Valais votait, comme le dernier sondage publié le laisse supposer, NON au financement de sa candidature aux JO d'hiver 2026, ce vote aurait valeur de constat : le Valais a changé. d'identité et de priorités.

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jeudi, 07 juin 2018

Votation cantonale genevoise du 10 juin : Relancer le PAV, ou l'ensabler ?

ville-fantome.jpgOn saura dimanche à midi et des poussières ce que les Genevois et voises auront décidé quant au destin du projet d'aménagement du périmètre Praille-Acacias-Vernets (le PAV) : le statu quo, c'est-à-dire la loi issue en 2010 d'un accord entre tous les partis, les milieux immobiliers et ceux de défense des locataires, ou le projet de la modifier, en augmentant la proportion de logements, en diminuant celle de logements subventionnés (dits d'"utilité publique", dont un petite part de logements sociaux, et en introduisant la propriété par étage sur des terrains en mains de l'Etat. Si on reste au statu quo, tous les risques sont réunis d'un ensablement du projet. Si on accepte la proposition soumise au peuple, on pourra le relancer. Avec 2000 logements de plus que les milliers déjà prévus. Ce projet, le plus important projet d'aménagement urbain et de création de logements à Genève depuis cinquante ans, est stratégique, essentiel quantitativement et qualitativement. Quantitativement, par le nombre de logements nouveaux qu'il propose, qualitativement, parce qu'il construit réellement la ville en ville, dans un périmètre déjà urbain.

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mardi, 05 juin 2018

"Discours de Saint-Pierre" du président du gouvernement genevois : Fumeux"contrat de législature"

fumée.jpg"Débattons sereinement, avançons conjointement, agissons résolument", a prêché le Maire de Champignac... euh... non, le président du Conseil d'Etat genevois, en un lieu idéal pour un prêche : non un désert mais un temple (celui de Saint-Pierre). Et ce fut prédication de consensus : "Le peuple nous demande de chercher l'entente et le dialogue. Il est fatigué des luttes stériles. Les illusionnistes ne font plus recettes" (ce qui explique sans doute l'absence totale de la fumeuse traversée routière du lac dans le discours du président du gouvernement). Et Maudet d'appeler les partis à passer entre eux (entre eux tous ? du MCG à Ensemble à Gauche) un contrat de législature pour permettre à l'Exécutif de concrétiser ses projets, notamment de réforme de l'imposition des entreprises. Alors, sur quoi le passer, ce "contrat de législature" ? et entre qui ? et avec quel contenu ? Disons que pour le moment, et sans doute pour un assez long moment, les réponses à ces questions sont.... comment dire... assez fumeuses...

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lundi, 04 juin 2018

Chute du gouvernement de droite espagnol

Rajoy.jpgSegur que tomba, tomba, tomba...

La gauche italienne a de quoi être un peu envieuse de la gauche espagnole : à un jour près, l'extrême-droite italienne alliée aux populistes arrivait au pouvoir et son chef s'installait au ministère de l'Intérieur en promettant de faire la vie dure aux immigrants (réfugiés compris), et la gauche espagnole, alliée aux indépendantistes catalans et basques, renversait le gouvernement de droite. Les vents soufflent contraires, au sud de l'Europe. L'Espagne tourne une page lamentable, mais sans que la page suivante ait été écrite. C'est peut être une chance : rien n'étant donné, tout peut être inventé. A commencer par une nouvelle constitution, tirant un trait sur celle d'une "transition" qui n'a plus de raison d'être, plus de 40 ans après la mort de Franco... et sur une monarchie déconsidérée par les monarques eux-mêmes.

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14:03 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : espagne, rajoy, sanchez, psoe | |  Facebook | | | |

vendredi, 01 juin 2018

Opération "Papyrus", bilan d'étape

Papyrus.jpgSorties de l'ombre

Entre octobre 2015 et décembre 2017, 1093 personnes, travailleurs et (surtout) travailleuses à Genève sans statut légal, mais aussi 412 de leurs enfants eux aussi sans statut légal, ont été régularisées dans le cadre de l'opération "Papyrus", lancée par les syndicats (principalement le SIT), le Centre social protestant, le centre de contact Suisses-immigrés et le Conseil d'Etat -à la sourde colère de l'extrême-droite locale. 42 % des personnes régularisées à fin décembre dernier sont sud-américaines (surtout boliviennes et colombiennes). Pour pouvoir obtenir un permis B (renouvelable), les candidates et candidats à la régularisation doivent avoir séjourné sans interruption à Genève pendant au moins cinq ans s'ils ont des enfants scolarisés ou dix ans s'ils n'en ont pas, être financièrement indépendants, maîtriser le français oral (sur 790 tests passés, 88 % ont été réussis) et n'avoir jamais été condamnés. Les associations et les syndicats ayant pris garde de ne pas déposer de dossiers fragiles, seuls quatre dossiers ont été refusés par les autorités cantonales ou fédérales ("cela veut dire l'expulsion", a déclaré le Conseiller d'Etat Pierre Maudet).

 

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14:36 Publié dans Genève, Immigration | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : papyrus, sans-papiers, clandestins | |  Facebook | | | |