vendredi, 23 septembre 2016

Aux urnes pour "AVS +"

Vous n'avez pas encore voté ?

Pour voter par correspondance en faveur de l'initiative "AVS+", c'est trop tard. Il va falloir vous rendre au local de vote dimanche avant midi pour déposer, à l'ancienne, comme nos parents et nos grande-parents, votre bulletin dans l'urne. Un exercice qui en vaut la peine : pour éviter ce que les défenseurs de l'AVS dénoncent comme son "saccage", il faut que l'initiative qui améliore les rentes de ce premier pilier de la retraite, fasse le meilleur résultat possible -le meilleur résultat étant évidemment son acceptation. Car ce n'est pas seulement l'initiative elle-même qui est l'enjeu du vote de dimanche : c'est le niveau des retraites dans ce pays, et la capacité du système des "trois "piliers" de la maintenir, quand seul le premier -l'AVS, précisément- est assez solide, assez durable et assez équitable pour remplir le mandat constitutionnel de rentes assurant, à la retraite, une vie digne. Vous avez oublié de voter par correspondance ? Aux urnes de votre local, citoyennes et citoyens !

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jeudi, 22 septembre 2016

1er Vendémiaire, jour du raisin. Et de l'Ethernité.

gauche, dugongd, gauche dugong Bonne et heureuse année !

Bonne et heureuse année ! Nous sommes en effet le premier Vendémiaire, premier jour de l'an nouveau dans le calendrier républicain, et premier jour, aussi, de la Première République française, proclamée au lendemain de la victoire de Valmy. Et en ce jour de Nouvel-An (qui est aussi, dans le calendrier pataphysique, le jour de l'Ethernité, 15ème jour du mois de l'absolu), nous avons accoutumé de vous balancer l'indispensable, l'incontournable, l'irréfragable Manifeste de la Gauche Dugong -ce que nous faisons donc ici, non sans rappeler toutefois la genèse de ce qui, à n'en point douter, marquera, comme Goethe le vit dans Valmy, un tournant de l'Histoire.

Or donc, il y a quelque temps, nous fûmes de ceux qui, « pour en finir avec la gauche caviar » qui commençait sérieusement à nous courir sur les blinis, lancèrent sur le marché déjà fort encombré de la critique de gauche de la gauche, la « Gauche Anchois », destinée à rester d'une confidentialité élitaire confinant à la conspiration aristocratique. Las ! Par maladresse, cette phalange reçut de quelques media une publicité malencontreuse, qui nous convint de procéder, sans regrets, à sa dissolution. Mais, orphelins d'un réseau de comploteurs ricanants, nous ne nous résolvions pas à son absence. Et c'est ainsi qu'après une fugace tentative de créer une « gauche pingouin », tôt condamnée par le réchauffement de la planète, nous procédâmes à la création de la « Gauche Dugong », dont le prestige depuis ne cesse de croître, certes souterrainement (ou plutôt subaquatiquement), mais en proportion de la crainte qu'elle suscite -à juste titre, car sous l'apparente vacuité de son manifeste fondateur se cachent d'abyssales profondeurs : que chacun en barbarouffe autour de lui, car l'état des choses politiques locales, régionales, nationales, continentales, mondiales et galactiques rend urgente l’émergence d'une pensée à la fois radicale et cohérente : la nôtre, forcément... et la seule... vous en voyez une autre, vous ?

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mercredi, 21 septembre 2016

Après nous, le déluge ?

nord-sud2.jpgMon confort, ma planète

De tous les textes soumis au vote populaire dimanche prochain, l'initiative des Verts pour une "économie verte" est sans conteste le plus ambitieux. Mais ce n'est pourtant pas lui qui fait le plus débat : l'initiative syndicale "AVS+", sa défense, sa contestation, prend plus de place dans les media, suscite une controverse plus mobilisatrice. Il est vrai qu'elle repose sur une perception plus aigüe de l'urgence sociale -mais un débat largement relayé n'est pas forcément voué à en éclipser un autre, ni une urgence sociale à reléguer une urgence environnementale. Comme toute la gauche, nous soutenons les deux initiatives en lice : celle pour une assurance vieillesse qui respecte le mandat constitutionnel d'assurer un revenu suffisant pour vivre dignement sans aide sociale, et celle pour une économie qui ne salope et ne bousille pas l'environnement planétaire sur lequel, forcément, elle repose puisqu il n'y a pas d'autre à sa disposition -et à la nôtre. Face à cette initiative-là, celle des Verts, le discours des tenants du statu quo (plus ou moins fardé de bonnes intentions) est simple : on fait déjà tout ce qu'on peut, l'initiative menace notre confort, elle est donc à refuser. Parce que notre confort passe avant notre planète. Après nous (nos consommations, nos modes de vie, nos privilèges), le déluge. Pour les autres. Les pauvres, et les générations futures.

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15:33 Publié dans Développement durable, Environnement, Monde, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : economie verte, écologie | |  Facebook | | | |

mardi, 20 septembre 2016

Nouvelle loi sur le renseignement : Les illusions dangereuses

Dimanche soir, selon toute vraisemblance (et selon tous les sondages), la nouvelle loi sur le renseignement, qui renforce les pouvoirs et les moyens du service de renseignement de la Confédération, sera adoubée (et peut-être même plébiscitée) par le peuple. Ses partisans, tel Pierre Maudet dans la "Tribune de Genève" du 15 septembre, voient dans cette loi une simple adaptation aux menaces nouvelles (qui ne sont d'ailleurs pas si nouvelles que cela, si les moyens sur quoi elles reposent sont aussi nouveaux que les technologies qu'ils emploient), et une dotation à la Suisse d'un " Service de Renseignement digne de ce nom". Les adversaires de la loi, dont nous sommes, y voient à la fois une menace et une illusion dangereuse : une menace sur la liberté individuelle, une illusion de sécurité, fauteuse d'insécurité réelle. La peur étant mauvaise conseillère, l'illusion fera certainement accepter largement la menace. Sans plus de sécurité, avec seulement plus de surveillance.

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15:41 Publié dans Sécurité, insécurité, Suisse, terrorisme, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : surveillance, police, antiterrorisme | |  Facebook | | | |

lundi, 19 septembre 2016

Trahis après avoir été utilisés : Les Kurdes dans l'étau


Sur le front des combats contre l'"Etat islamique", en Irak et en Syrie, sur le terrain et non dans les airs, les meilleurs combattants sont depuis deux ans les Kurdes. Des combattants qui sont souvent des combattantes. Ils étaient les premiers alliés des Etats-Unis contre Daech. Ils ne le sont plus : les USA ont passé alliance avec la Russie pour sauver le régime de Bachar El Assad, et la Turquie a passé alliance avec la Russie pour que celle-ci la laisse régler à sa manière, toujours la même, la "question kurde". Entre Obama, Poutine et Erdogan, un accord s'est fait sur le dos des Kurdes. Et dans le dos de leurs combattants et de leurs combattantes. Et les voilà, les Kurdes, une fois de plus trahis après avoir été instrumentalisés. On s'allie pour un temps avec eux contre un ennemi commun, puis on les abandonne : vieille histoire : En 1920, lors du partage de l'Empire Ottoman, on leur avait promis une région autonome réunissant ceux de Syrie, d'Irak, d'Iran et de Turquie. Trois ans plus tard, à Lausanne, on pactisait avec la Turquie d'Atatürk. Et on trahissait la promesse fait aux Kurdes. Ils sont aujourd'hui 30 millions, toujours entre Irak, Iran, Syrie et Turquie : cela fait d'eux sans doute le plus nombreux des peuples sans Etat. Un peuple trahi après avoir été utilisé comme chair à canon.

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14:40 Publié dans Solidarité, terrorisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : kurdes, kurdistan, pkk, pyd, turquie, syrie, daech | |  Facebook | | | |

vendredi, 16 septembre 2016

"TOUCHEZ PAS AU PLAZA" : le projet culturel

 
Vignette Plaza.jpgDu Plaza au Barrio (del Cine)


On a déjà à plusieurs reprises soutenu ici le mouvement ("Touchez pas au Plaza" : https://www.facebook.com/groups/1447065642251760/)  qui s'est créé pour sauver la salle de cinéma "Le Plaza" de la démolition projetée par son propriétaire. Il y a à cette volonté de maintenir cette salle, la plus belle de Genève, des motivations patrimoniales. Mais il y a aussi une volonté culturelle. Le choix de maintenir ou non la salle du Plaza renvoie en effet à un critère d'utilité publique : l'utilité publique du projet des propriétaires l'emporte-t-elle sur celle du projet des défenseurs de la salle, comme lieu culturel ouvert au public ? la motivation du propriétaire est financière, et son critère est celui de la rentabilité : il considère que la salle n'est pas rentable, que la rentabilité des autres éléments de l'ensemble "Mont-Blanc Centre" ne doit pas être prise en compte pour compenser la non rentabilité de la salle de cinéma, seul élément déclassé (pour des motifs financiers) de l'ensemble créé par l'architecte Saugey, et qu'il a donc lui, le propriétaire, un droit fondamental à se débarrasser de la salle, alors que nous considérons, nous, qu'il y a une utilité publique évidente à la maintenir en tant que lieu culturel plutôt qu'en un centre commercial de plus.

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14:17 Publié dans Culture, Genève | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : plaza, patrimoine, cinéma, saugey | |  Facebook | | | |

Initiative pour une "économie verte" : Mettre la "COP 21" en oeuvre...

stationservice.jpgLancée par les Verts et déposée en 2012, soumise au vote dans dix jours, l'initiative pour une "économie verte" (de son vrai titre : "pour une économie durable et fondée sur une gestion efficiente des ressources") propose de réduire l'impact écologique de l'économie à un niveau supportable pour la nature, en inscrivant dans la constitution fédérale l'objectif d'une économie "durable" d'ici 2050, par une production écologique, la réutilisation, la réparation, le recyclage et l'élimination sans dommage environnemental des biens produits. Par économie "durable", on entend une économie et des modes de vie ne laissant pas une empreinte écologique supérieure, en un an, à celle que l'écosystème planétaire est capable d'absorber. Or il faudrait trois planètes Terre pour absorber l'activité humaine si tous les habitants du globe utilisaient (et gaspillaient) autant de ressources naturelles que les Suisses. L'initiative demande donc que d'ici 2050, l'empreinte écologique de la Suisse soit réduite des deux tiers. Et c'est possible, en conjuguant protection climatique, utilisation efficace des ressources (lutte contre le gaspillage), production et importations "propres". Tous engagements qui permettraient d'atteindre celui pris à la COP 21, en novembre 2015, pour réduire le réchauffement climatique. En somme, l'initiative des Verts est une sorte d'initiative de "mise en oeuvre" des engagements pris alors par la Suisse.

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00:14 Publié dans Environnement, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : economie verte, cop 21 | |  Facebook | | | |

mercredi, 14 septembre 2016

Système de retraites : le premier pilier doit rester le premier

La solidarité ou la thésaurisation

AVS. Retraites


Dimanche 25 septembre, dans le menu des votations fédérales, on a l'initiative syndicale "AVSplus", soutenue par toute la gauche, combattue par toute la droite (et le Conseil fédéral) et par le patronat. Un bon gros clivage politique basique. L'initiative propose une hausse de 10 % des rentes AVS. L'enjeu, c'est le choix du pilier du système de retraite à privilégier, et à soutenir, d'entre les trois qui constituent aujourd'hui ce système,  l'AVS, assurance sociale fondée sur la solidarité, plutôt que la prévoyance professionnelle (le "2ème pilier"), épargne forcée fondée sur la capitalisation individuelle, ou le "troisième pilier", c'est-à-dire l'épargne volontaire. Les syndicats et la gauche privilégient l'AVS, le patronat, la droite et le gouvernement privilégient le "deuxième pilier, et font tout ce qu'ils peuvent pour le renflouer. Un combat de principe autant qu'un combat de classe : la solidarité sociale contre la thésaurisation individuelle. Le premier pilier doit le rester : premier, et pilier. AVS+ y concourrait efficacement, à un coût tout à fait supportable pour les conributeurs (les salariés et les entreprises).

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lundi, 12 septembre 2016

Budget 2017 de la Ville de Genève : La droite retrouve le sens du ridicule

société secrète.JPG

Le projet de budget 2017 de la Ville de Genève a été présenté par le Conseil administratif fin août. Il est équilibré (avec un boni de deux millions), les investissements (130 millions) sont autofinancés aux deux tiers.  La Conseillère administrative Sandrine Salerno, qui avait réuni les représentants des groupes au Conseil municipal afin de tenter un dialogue préalable plutôt qu'un recours systématique aux urnes pour réparer les conneries de la droite, n'en avait pas moins précisé que le projet de budget était préparé, conformément à la procédure habituelle (et à la loi) par le Conseil administratif et non "en amont" avec les groupes, fussent-ils majoritaires en s'étant agglutinés. L'année dernière, on s'en souvient, la droite dilatée (du PDC au MCG) s'était coagulée pour refuser d'entrer en matière sur le projet du Conseil administratif, ce qui avait rendu impossible son examen sérieux en commission, avait abouti à des coupes linéaires dans les subventions sociales et culturelles et dans les lignes finançant le fonctionnement même de l'administration municipale et des services publics, et assurant le respect du statut du personnel.  Et tout cela s'était terminé par un vote référendaire lors duquel les citoyens-contribuables avaient refusé ces coupes et adopté le projet de budget du Conseil administratif. La procédure était originale (faire adopter par le peuple un budget devant l'être par le Conseil municipal), mais on y avait perdu six mois. Cette année, à défaut de sens des responsabilités, la droite municipale genevoise genevoise semble avoir au moins retrouvé celui du ridicule : elle semble résignée à faire son travail et à étudier le projet de budget. Le budget de la Ville ne servira donc pas à rémunérer le refus de 42 conseiller-e-s municipaux et pales d'étudier le budget de la Ville. On risque donc de faire notre boulot ? Hosanna  !

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19:00 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : budgets publics, ville de genève | |  Facebook | | | |

samedi, 03 septembre 2016

L'indigence à la une

burkini.jpgLe tube de l'été : burqa, burkinis et ramdam
 
L'été, le ridicule ne tue pas. Ni sur les plages, ni dans les media. Depuis les années soixante, les "tubes de l'été" se caractérisent par leur totale indigence. Celui de cette année en nos contrées ne faillit pas à la règle. Or donc, on votera en Suisse sur une initiative populaire lancée depuis l'extrême-droite par un comité (le même qui avait fait aboutir l'initiative interdisant les minarets) où se mélangent harmonieusement udécistes, intégristes catholiques et fondamentalistes protestants, unis pour proposer d'inscrire dans la constitution fédérale une norme relevant de règlements municipaux : l'interdiction de se masquer le visage dans l'espace public. Une interdiction de principe, qui permet de rendre conforme à la légalité ce qui est l'intention initiale des auteurs de l'initiative :  l'interdiction de l'empaquetage à prétexte religieux (la burqa ou le niqab) des femmes musulmanes. La récolte de signatures pour cet texte n'est pas terminée, mais vu l'ambiance générale, il ne fait aucun doute qu'il obtiendra facilement et largement les 100'000 signatures valides nécessaires et que dans deux ans, on pourra se lancer dans un débat de derrière les fagots des bûchers pour hérétiques et infidèles. Ajoutez-y la polémique délirante lancée en France par quelques municipalité (de droite de la droite, pour ne pas dire pire) sur la présence de femmes en "burkini" sur les plages publiques ("d'un fait divers, on a fait une affaire d'Etat", résume la sénatrice écolo Esther Benbassa), et vous aurez le tableau presque achevé (pour la touche finale, voyez la question fondamentale du porc dans les menus des cantines scolaires) de nos ramdams (de l'arabe "Ramadan") estivaux.

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14:41 Publié dans Femmes | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : burqa, niqab, burkini, islam, islamophobie, laïcité | |  Facebook | | | |

jeudi, 01 septembre 2016

RIE III : On passe aux choses sérieuses

danger de tomber de haut.jpgRéformes fédérale et cantonale de l'imposition des entreprises :
On passe aux choses sérieuses...

"La mère de toutes les batailles" : reprenant l'expression utilisée par Saddam Hussein pour qualifier sa guerre (perdue) contre les Etats-Unis et leurs alliés, le président du Conseil d'Etat genevois l'a utilisée pour qualifier l'enjeu du projet gouvernemental de réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), c'est-à-dire du volet genevois de la réforme fédérale. Un projet gouvernemental qui sera d'abord soumis au Grand Conseil, puis au peuple, référendum oblige (et s'agissant essentiellement de lois fiscales, il suffit de 500 signatures pour ce référendum). Le projet genevois est d'imposer toutes les entreprises au taux unique de 13,49 %, soit 0,3 % de moins que le taux adopté par les Vaudois -quoi que s'en récrie le Conseil d'Etat, on est bien dans la concurrence fiscale entre cantons. Pur les caisses publiques cantonale et municipales genevoises, ce taux correspond à une perte brute de ressources de 570 millions de francs (dont 111 millions pour les communes), ramenée à une perte nette de 440 millions grâce à une compensation fédérale et à diverses mesures cantonales. Genève a-t-elle les moyens de se priver de 440 millions de recettes fiscales ? Son gouvernement, incapable de maintenir le financement nécessaires aux services publics, s'en dit persuadé. La "mère de toutes les batailles" commence comme toutes les batailles, par faire une première victime : la vérité...

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13:18 Publié dans Economie, Fiscalité, Genève, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rie iii, imposition des entreprises | |  Facebook | | | |

mercredi, 31 août 2016

Police fouineuse, le retour ?

Un "non" de témoignage et de prudence

Le 25 septembre, on se prononcera sur la nouvelle loi fédérale sur le renseignement, attaquée en référendum par une coalition dont font partie le PS, les Verts, la "gauche de la gauche" et le Parti pirate, mais également Amnesty International. En revanche, on ne votera pas sur la loi renforçant les moyens de surveillance des communications : le référendum lancé par un comité assez hétéroclite (les Jeunes PLR, UDC et Verts libéraux, le Parti Pirate, Operation Libero et, initialement, la Jeunesse Socialiste -qui a finalement abandonné ce combat) a échoué au stade de la récolte de signatures, mais de peu. Le 25 septembre on dira "non" à la loi sur le renseignement. Par réflexe, avouons-le, mais aussi par raison : parce que cette nouvelle loi est inutile, et dangereuse. Portée par l'ambiance générale, après les attentats djhadistes de ces deux dernières années, elle ne risque guère d'être refusée : selon un premier sondage Tamedia, elle recueille 55 % d'avis favorables en moyenne suisse, grâce à son succès massif auprès de l'électorat de droite. Notre opposition tient donc du témoignage, et du principe de précaution.

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14:25 Publié dans Sécurité, insécurité, Suisse, terrorisme, votations | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : police, surveillance | |  Facebook | | | |

mardi, 30 août 2016

Après le "Brexit", quoi ?

chapeau-cerveau.jpgBoucher les trous de la construction européenne...
  
Un peu de temps passé depuis le vote populaire sur la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union Européenne permet d'y voir un peu plus clair sur les raisons de ce vote, mais pas vraiment sur ses conséquences. Sinon qu'il n'y aura pas de nouveau vote pour éventuellement annuler celui d'il y a deux mois : ainsi a a décidé la nouvelle cheffe du gouvernement, Theresa May, qui s'opposait au Brexit mais a déclaré qu'il fallait en assumer les conséquences : "Brexit signifie Brexit", et pas sortie à moitié et maintien à moitié : vous avez voulu sortir, nous sortirons. Quand, comment, à quel prix ? Nul n'en sait rien : ni ceux qui voulaient sortir, ni ceux qui voulaient rester, ni l'Union Européenne elle-même. Alors, après le Brexit, quoi ?  "Il faut arrêter de pleurer" plaide Daniel Cohn-Bendit, qui considère qu'il faut utiliser l'opportunité du départ du Royaume-Uni pour relancer la construction européenne sur des bases démocratiques, avec un contenu et des ambitions plus larges que celui d'un marché et celle de son extension. Bel enjeu, car l'UE telle qu'elle est n'est pas défendable (d'où le vote "europhobe" d'une partie importante des classes populaires), mais elle ne prend pas le chemin de sa réforme : 27 gouvernements, dont chacun dispose d'un droit de veto, vont négocier entre eux et avec le Royaume-Uni les modalités du Brexit. Le résultat de ces négociations sera forcément un compromis, plus ou moins solide ou boîteux, mais faisant l'impasse sur les questions de fond. On va donc assister à une gigantesque distribution de rustines pour boucher les trous de la construction européenne, sur fond de montée des populismes europhobes.

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lundi, 29 août 2016

L'impensé et le non-dit de la rentrée : L'apolitique de l'asile

 Elle n'est pas au menu des votations fédérales du mois prochain, elle ne fait plus les gros titres des journaux, recouverte qu'elle est fort opportunément (mais pas entièrement, tant la polémique sur ces vêtures d'emballage fleure la xénophobie la plus ordinaire) par une burqa ou un burkini. Elle est devenue l'impensé, le non-dit, de la rentrée. Pourtant, elle est toujours l'un des enjeux, ou même l'enjeu continental le plus lourd, le plus décisif pour les décennies à venir, et donc celui qu'il serait le plus urgent de relever, en même temps que celui qu'on s'acharne à ne pas vouloir relever : c'est de la politique d'asile qu'on parle ici. Des politiques nationales d'asile, de la politique européenne, de la politique internationale d'asile : "Le déplacement forcé atteint un niveau sans précédent", constate le rapport annuel du Haut Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR), qui a recensé plus de 65 millions de personnes déplacées en 2015 (cinq millions de plus en un an), dont 3,2 millions en attente d'asile dans nos pays industrialisés, 21,3 millions de réfugiés dans le monde (dont la moitié viennent de Syrie, d'Afghanistan et de Somalie) 40,8 millions de déplacés forcés à l'intérieur de leur pays (dont 13,5 millions en Colombie, en Irak et au Yemen). Les réfugiés constituent 18,3 % de la population du Liban.  Un humain sur 113 est aujourd'hui un humain déplacé : demandeur d'asile, réfugié ou déplacé interne, et leur nombre total dépasse la population totale de la France (ou de la Grande-Bretagne ou de l'Italie).   A ce nombre s'ajoutent chaque minute 24 personnes, alors que, constate le HCR, "le rythme auquel des solutions sont trouvées pour les réfugiés et les déplacés internes est en baisse depuis la guerre froide", époque du triomphe (en "Occident") du droit d'asile de masse pour les victimes des régimes du camp adverse.

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lundi, 01 août 2016

Koikonchante, keskonfête aujourd'hui ?

drapeau-suisse rupestre.jpgSur nos monts quand le soleil...

La vice-présidente de l'UDC, Céline Amaudruz, et le vice-président du PDC, Yannick Buttet, ont sonné la charge contre les paroles, pourtant assez insignifiantes, proposée par la société suisse d'utilité publique (la SSUP) pour être celles, nouvelles, de l'hymne national suisse. Qu'est-ce qu'elle disent, ces paroles pleines de bons sentiments (à chanter sur la musique de l'hymne actuel) : "Sur fond rouge la croix blanche, symbole de notre alliance, signe de paix et d'indépendance, ouvrons notre coeur à l'équité et respectons nos diversités, à chacun la liberté, dans la solidarité, chantons d'une même voix sur fond rouge la blanche croix". Ouala. Et qu'est-ce qu'elle a entendu, Amaudruz ? "une nouvelle attaque contre notre passé, contre ce que nous sommes, menée une fois de plus par les tenants du cosmopolitisme triomphant". Et "le programme politique de la gauche". Un hymne socialiste, rien que ça. Et Buttet, alors, il a entendu quoi, lui ? Une volonté d'extirper Dieu de l'hymne national. Et d'accuser la Société suisse d'utilité publique de "nuire à la Suisse" et de "nier l'existence de la patrie". Des traîtres gauchistes, quoi. Et déicides. Bref, la SSUP est pleine, y'a un complot  et on va faire chanter aujourd'hui cette chose antipatriotique à Meinier (du coup le MCG a appelé à boycotter la fête) et même sur le Grütli (par le "choeur suisse des jeunes chanteurs", en quatre langues). Le PDC Butter et l'UDC Keller ont donc appelé en rétorsion à ce que la gestion du Grütli soit retiré à la SSUP.  Pour la confier en partenariat à l'ASIN et au Séminaire d'Ecône ?)...

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14:49 Publié dans Histoire, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 1er août, hymne national | |  Facebook | | | |

jeudi, 14 juillet 2016

14 juillet, 26 Messidor, jour du Père Ubu...

épithètes.jpgQue reste-t-il des révolutions passées ?
Nous sommes aujourd'hui, 14 juillet, le 26 Messidor, et nous devrions célébrer ce jour comme celui du Père Ubu, dans le calendrier pataphysique qui nous est aussi cher que le calendrier républicain. Le 14 juillet, devenu fête "nationale" (autrement dit : de la récupération de la Nation par l'Etat, défilé militaire à la clef) fut d'abord une fête révolutionnaire. Qu'elle célébrât la prise de la Bastille ou la Fête de la Fédération, peu importe : c'est la Révolution qu'elle célébrait -la révolution française, archétype de toutes les révolutions qui suivirent, ou la Révolution majuscule, la Révolution en soi et pour soi. Encore faut-il s'entendre sur ce mot, "révolution". Et sur ce qu'il signifie, politiquement, historiquement -et pas astronomiquement. Et sur ce qui reste de cette signification, et du vieux dur désir de révolution, pour la révolution elle-même, non pour sa victoire -ou ce que l'on crut être sa victoire.

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vendredi, 01 juillet 2016

Prendre une pause, se déprendre de nos poses

Provence.jpgDu temps libre, pas du temps vide

Voilà, nous sommes au mitan du beau mois de Messidor. On va donc se donner un peu du temps offert par le rituel vacancier estival.  Du temps non pour prendre des forces -il nous semble en avoir encore assez- mais pour prendre du recul, de la hauteur, de la distance, en n'étant plus tenu par un agenda rempli par d'autres. Réfléchir à ce qu'on va faire, et surtout aux raisons qu'on se donnera pour le faire. Prendre une pause, se déprendre de nos poses. C'est un mot idiot, que celui de "vacance", même mis au pluriel : il signifie le vide. Comme si on ne le rencontrait pas plus souvent, ce vide, dans les mois laborieux que dans les semaines de "vacances". Prenons donc du temps libre, non du temps vide. On a beaucoup parlé et écrit, depuis des mois, sur tout. Ou sur n'importe quoi, c'est comme vous voulez. On peut donc se taire pendant quelques semaines, quitte à rompre brièvement ce silence, non par devoir mais par envie.

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21:03 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vacances | |  Facebook | | | |

mercredi, 29 juin 2016

Châteaux électoraux en Espagne : Tous perdants

Espagne, gauche, Podemos, PSOETous perdants, à un titre ou un autre, même ceux qui se croient gagnants : tel est le résultat des élections espagnoles. La droite (le Parti "Populaire" du Premier ministre Rajoy), avec 137 sièges, reste loin de la majorité absolue (176 sièges), même si elle regagne cinq des sièges perdus lors des précédentes élections; le centre (Ciudadamos) n'obtient que 32 sièges et ne peut prendre part à une coalition majoritaire qu'avec la gauche, à condition que celle-ci accepte de se coaliser elle-même -or si le PSOE, avec 85 sièges, reste la première force de gauche, il  recule encore, alors que la coalition "Unidos Podemos" (71 sièges) des deux forces de "gauche de la gauche" (Podemos et Izquierda Unida) perd un million d'électeurs, le total des deux forces de gauche n'atteignant pas non plus la majorité absolue, et la division restant profonde entre le PSOE et "Unidos Podemos", alors même que leurs programmes sont plus convergents qu'eux-mêmes ne l'admettent. Bref, ces élections anticipées sont un coup pour rien. Et signent à la fois l'échec de la tentative de la "gauche de la gauche" de rééditer l'exploit grec de Syriza (renvoyer la social-démocratie dans les poubelles de l'histoire, mais en prenant sa place), l'échec du "centre" de se poser en interlocuteur indispensable de la droite, l'échec de la droite de gagner une majorité parlementaire absolue et l'échec du PSOE de sortir de sa propre crise...

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17:40 Publié dans élections, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : espagne, gauche, podemos, psoe | |  Facebook | | | |

lundi, 27 juin 2016

Commission municipale des naturalisations : Parasitaire... et illégale...


Vous aimez les audits ? Vous voulez des audits ? Eh bien, en voilà un, qui n'a rien coûté à la Ville -mais qui pourrait lui permettre de faire quelque centaines de milliers de francs d'économies, si elle en suit les conclusions explicites et implicites : le rapport de la Cour des Comptes sur le processus genevois de naturalisation. Le rapport révèle ou confirme moult insuffisances, contradictions réglementaires, incohérences et lacunes dans ce processus, mais la seule illégalité qu'il relève est à mettre au passif de la Commission des naturalisations du Conseil municipal de la Ville de Genève. Ses conclusions (des recommandations) seront-elles prises en compte ?  Le Conseil administratif de la Ville les a acceptées -mais c'est le Conseil municipal qui va devoir se prononcer. Et on ne se fait évidemment pas trop d'illusions sur la cohérence de celles et ceux qui, à longueur d'années, prônent les serrages de ceintures, les réductions de voilures et les restrictions de dépenses, mais maintiennent depuis des lustres une commission parasitaire -mais rémunérée, et dont la seule justification n'est plus désormais que le plaisir, tarifé, que prennent à y siéger ceux qui en défendent l'existence.

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samedi, 25 juin 2016

Brexit : ils sortent. Sans jamais vraiment être entrés.

brexit,grande bretagne,angleterre,ecosse,union européenneBrexcitation

-Alors comme ça, ils partent...
- qui c'est qui part, et d'où ?
- ben les Anglais, de l'Europe, tu suis l'actu ou quoi ? parait que c'est un séisme...
- ah, parce qu'ils étaient en Europe, les Anglais ?
- ben faut croire, puisqu'ils en partent......
- et ils vont où ?
- chais pas... en Amérique, peut-être...
- et ils partent tout seuls ?
- non, avec les Gallois...
- ah. Et les Ecossais et les Irlandais ?
- eux, ils veulent rester...
- ah bon, Alors les Anglais et les Gallois partent, les Ecossais et les Irlandais restent... c'est comment le nom officiel de l'Etat, déjà ? ah oui, "Royaume Uni"...

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14:08 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : brexit, grande bretagne, angleterre, ecosse, union européenne | |  Facebook | | | |