vendredi, 07 décembre 2018

Réformes de l'imposition des entreprises : rien de bien neuf

évasion fiscale.jpgRéformes suisse et genevoise de l'imposition des entreprises :
Rien de bien neuf

Le Conseil d'Etat genevois a présenté à la mi-octobre son projet de réforme de l'imposition des entreprises : il cale le taux d'imposition de leur bénéfice sur le taux vaudois (13,79 %), soit un alourdissement de celui des multinationales sous statut spécial (imposées actuellement à 11,6 %) et un allègement de celui de toutes les autres (imposées actuellement à 24 %).  Gains de l'opération cantonale pour les entreprises autres que les multinationales : nuls pour les plus petites, celles qui ne font quasiment pas, voire pas du tout, de bénéfices imposables, mais de plusieurs centaines de milliers de francs par an pour les plus grandes, sans que l'on puisse assurer qu'elles investiront ces gains dans leurs capacités de production (équipements, personnel) ou les répartiront dans les poches de leurs actionnaires. Coût minimal de l'opération pour les collectivités publiques genevoises (le canton et les communes) : 434 millions de francs par an (dont 84,5 millions pour les communes), selon les estimations cantonales -à peine moins que dans le premier projet (RIE III), 65 millions de moins que dans celui, refusé, de la PF17.  Mais les estimations de ce genre sont nimbées d'incertitudes : la RIE II ne devait coûter que 80 millions de francs aux collectivités publiques, elle leur en aura coûté plus de 2 milliards... Et ce qu'elles perdent doit être compensé. Par des réductions de prestations, ou des hausses de taxes, ou au plan suisse une hausse de la TVA -l'impôt le plus injuste, qui touche tout le monde au même taux, multi-millionnaires et sdf indistinctement. Pour faire passer la pilule, le Conseil d'Etat propose certes quelques mesures d'accompagnement, comme des places d'accueil pour la petite enfance (financées par un prélèvement sur la masse salariale), des rétrocessions aux communes ou la suspension (mais pas la suppression) du "bouclier fiscal" protégeant les hauts revenus et les grosses fortunes, mais renonce à celles qui étaient prévues pour nous faire avaler la RIE III : soutien aux transports publics, à la formation et à l'emploi des "seniors". Rien de bien neuf, donc. Et aucune raison de soutenir aujourd'hui ce qu'on refusait hier.

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15:40 Publié dans Economie, Fiscalité, Genève, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rffa, pf17 | |  Facebook | | | |

mercredi, 05 décembre 2018

Ville de Genève : La droite s'attaque au statut du personnel

Ubu.jpgPrise d'otage

Prenant les 4000 employée de la Ville en otage de l'animosité qu'elle cultive à l'égard du Conseil administratif, la droite municipale veut imposer, sans négociation, sans discussion même au Conseil Municipal, une modification du statut de ce personnel, et s'autoriser elle, et elle seule, à ne pas accorder aux salariés de la fonction publique l'indexation de leurs salaires. Et cela sans concertation, sans discussion, sans débat, sans négociation avec le personnel, sa commission et ses syndicats. Rien, strictement rien, ni financièrement, ni règlementairement, ne justifie qu'on modifie ainsi un statut résultant d'une négociation, en méprisant totalement le "partenariat social" pourtant rituellement invoqué à chaque grève (pour la condamner). Rien ne le justifie, mais une pulsion l'explique : le besoin désespéré (et désespérant) de la droite municipale genevoise d'exister face à un Exécutif de gauche.

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14:48 Publié dans fonction publique, Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

mardi, 04 décembre 2018

Quand la traversée du lac continue de s'envaser

ECHANGEUR.jpgContourner le contournement ?

Début mars, à Meinier, à l'appel du collectif "Les Changeurs" créé pour inciter le Conseil d'Etat et le parlement à revoir le projet de traversée routière du Petit-Lac, un débat avait permis à des habitants et à des élus municipaux des communes de la rive droite "non urbaine" de dire tout le mal qu'ils pensaient, non du principe d'une traversée routière du Petit-Lac, mais de la forme qu'elle risque de prendre (si le peuple ne la renvoie pas à ses auteurs). Le Maire de Meinier s'inquiètait de devoir accueillir un échangeur autouroutier sur le territoire communal -et qui plus est à proximité d'un site archéologique, celui de Roelbeau. Le Maire de Puplinge reprochait au projet de n'alléger le centre urbain qu'en chargeant sa périphérie. Pour finir tout de même par charger le centre urbain, puisqu'en engendrant plus de circulation à la périphérie, on aboutit toujours à en engendrer au centre. Le Maire de Saint-Cergue, sur France, estimait que ce n'est pas la ville de Genève qu'il faut contourner mais le "Grand Genève", et qu'il faut prioriser les transports en commun. Car sinon, le processus est sans fin : on crée un contournement routier, ce contournement est saturé, donc on crée un contournement du contournement. Et les milliards pleuvent. Ou plutôt, se noient. Or Genève serait seule à payer la note. Salée, la note : rien que les études coûteraient 100 millions de francs, et le projet lui-même des milliards.

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14:55 Publié dans Genève, Transports | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : traversée du lac | |  Facebook | | | |

lundi, 03 décembre 2018

Ouverture dominicale des magasins : on votera

Na!.JPGPas de convention ? Pas de loi...

Bonne nouvelle : le référendum lancé par les syndicats et la gauche politique contre la loi imposée dans la précipitation par la droite, autorisant, sans respecter la condition pourtant votée par le peuple d'une convention collective de travail, l'ouverture des magasins trois dimanches de fin d'année, a abouti avec 7800 signatures (2500 de plus que requis). Son aboutissement suspend l'application de la loi jusqu'à la date du vote (peut-être en mai 2019) -et on espère bien que ce vote renverra la loi dans les poubelles de l'histoire locale. Les fêtes de fin d'année 2018 ne verront donc pas le personnel de la vente trimer trois dimanches sans convention collective. Y'a des limites, quand même, qu'il faut rappeler : le référendum vient de le faire -reste au peuple à le confirmer. Comme il l'a confirmé il y a une semaine à Bâle-Ville.

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12:01 Publié dans Commerce, Genève, votations | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ouverture dominicale des commerces | |  Facebook | | | |

samedi, 01 décembre 2018

Loi genevoise sur la laïcité : les socialistes disent "non"

passoire-à-thé-ancienne-en-métal-argenté-avec.jpgIte missa non est

Le PS genevois a décidé d'appeler au refus de la loi sur la laïcité bricolée par le Grand Conseil et soumise au peuple en février prochain, puisqu'un référendum, lancé par une coalition aussi contradictoire que celle qui soutiendra la loi, a abouti. Le PS rejoint ainsi les Verts et Ensemble à Gauche dans l'opposition à la conception qu'une majorité du Grand Conseil se fait de l'application du prédicat constitutionnel : pour la gauche genevoise, mieux vaut en effet le statu quo qu'une loi qui "divise et exclut". Alors, que faire de cette loi (qui sera sans doute acceptée nonobstant l'opposition de la plus grande partie de la gauche : toute la droite est pour) ? Eh bien on hésite. Pas entre voter "oui" ou voter "non", mais entre voter blanc ou voter nul. Parce qu'il nous semble que cette loi ne mérite ni l'honneur d'être soutenue, ni l'indignité d'être combattue. Pas l'honneur d'être soutenue, tant elle ressemble à un collage de dispositions dont les unes relèvent de l'enfonçage de portes ouvertes et les autres de douteuses références -ainsi de celle à des "communautés religieuses" avec quoi l'Etat doit "entretenir des relations" (incestueuses ?), et même d'assez calamiteuses confusions -ainsi de celle entre des parlementaires et des fonctionnaires d'Etat. Et puis, on persiste à se demander pourquoi diable (ou dieu) on tient tant à pondre une loi qui érige les religions au dessus des autres faits et facteurs de culture. Après tout, une religion n'est rien d'autre qu'une philosophie farcie de divinité, et il n'y aucune raison (mais bien des déraisons) à la traiter autrement qu'une philosophie. Et il y a aussi bien des dangers à donner à l'Etat le pouvoir de trier entre les religions, celles qu'il va reconnaître et celles qu'il ignorera. Mieux vaut les ignorer toutes (ce qui évidemment ne signifie pas les combattre), faute de pouvoir les reconnaître toutes, tant il y en a. Pourquoi alors ne pas la combattre ? D'abord, parce qu'elle n'est pas assez cohérente pour être dangereuse et pas assez intelligente pour être perverse. Et puis, parce que quelque effort d'explication que l'on fasse, quelque discours que l'on tienne, quelque recours  que l'on propose à un examen rationnel du texte, appeler à voter contre une loi sur la laïcité sera pris comme un appel à voter contre la laïcité -ce que la présence dans l'opposition à la loi d'opposants religieux au principe même de laïcité semblera confirmer. Il est vrai qu'en face, dans les soutiens à la loi, on trouvera ceux, à l'extrême-droite, pour qui elle n'a de légitimité que dans la mesure où ils peuvent y trouver trace de leurs obsessions islamoxénophobes (oui, c'est un néologisme...). En vérité, en vérité, on vous le dit : il y a assez de confusion comme cela dans le débat autour de la laïcité pour qu'on évite d'en ajouter encore une louche. Ite missa non est, mais allez en paix quand même.

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17:03 Publié dans Genève, religion, laïcité, églises, votations | Lien permanent | Commentaires (16) | |  Facebook | | | |

jeudi, 29 novembre 2018

De plus en plus de musées, de plus en plus de visiteurs -mais de quoi ?

musee-imaginaire-malraux.jpgLe Musée pas imaginaire

Il y a de plus en plus de musées en Suisse, qui attirent de plus en plus de visiteurs : en 2016, les 1108 musées (publics et privés) du pays ont attiré plus de 13 millions de visiteurs, soit plus d'un million de plus en un an, grâce à de populaires expositions temporaires (et à l'ouverture de nouveaux musées (comme celui d'Ethnographie à Genève). C'est dans ce contexte que le Musée d'Art et d'Histoire de Genève entame sa propre mue, celle de son contenu autant que celle de son contenant. Ce musée est, pas seulement par son architecture, le témoin d'une époque : celle de la construction dans toutes les villes importantes d'une institution "encyclopédique" exposant un patrimoine artistique et culturel avec une ambition à la fois totalisante et paternaliste. Cette conception muséale n'est plus celle de notre temps. Elle ne sera, qu'il le veuille ou non, plus, en tout cas plus la seule celle du futur Musée d'Art et d'Histoire genevois : de cette confrontation d'un ancien musée rénové, physiquement et culturellement, avec son propre temps, dépendra le succès du projet qui sera bientôt soumis au Conseil municipal de la Ville.

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16:52 Publié dans Culture, Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : mah | |  Facebook | | | |

mercredi, 28 novembre 2018

Des gilets jaunes

gilet jaune.jpgGrand Jacques ou Poujade ?

Dimanche, les "gilets jaunes" français ont pris les Champs Elysées que le gouvernement leur avait interdit. Ils étaient une dizaine de milliers. Dans l'ensemble du pays, un peu plus de 100'000. Une mobilisation en baisse, et une stratégie gouvernementale (et présidentielle) d'attente du pourrissement du mouvement. En quoi il aura été aidé à Paris par quelques centaines de militants d'extrême-droite. Mais le mouvement lui-même peut toujours compter sur la sympathie passive d'une majorité des Français sondés, même si la majorité de ces sympathisants doutent qu'il puisse aboutir à des concessions (sinon marginales) du pouvoir. Mais c'est quoi, ce mouvement qui semble surgir de nulle part (comme si un mouvement pouvait surgir de nulle part) ? Un épiphénomène ? un mouvement de colère passagère ? la renaissance du poujadisme ? La dernière jacquerie ? Une francisation tardive du "qualunquisme" italien ?

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15:06 Publié dans France, Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

mardi, 27 novembre 2018

Flicage des assurés : Drôle de priorités

espion.jpgA presque deux contre un, les Suissesses et les Suisses ont accepté de modifier la loi sur les assurances sociales pour leur donner la base légale nécessaire à renforcer la surveillance des assurés. Seuls deux cantons l'ont refusée : Genève et le Jura. On ne regrettera pas le référendum, ni de l'avoir soutenu. Ni même sa défaite nationale. On regrettera en revanche le manque d'engagement du PS suisse dans le soutien, tardif, qu'il lui a apporté, contrastant avec le soutien acritique qu'a apporté à la loi le président socialiste de la Confédération. Là où le PS a réellement mené campagne contre la nouvelle loi, comme à Genève, elle a été refusée. Bref, les assurances, même privées, recevront pour la surveillance des assurés plus de droits que la police pour celle de possibles terroristes. Drôle de priorités.

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18:50 Publié dans Assurances sociales, sécurité sociale, Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

lundi, 26 novembre 2018

L'UDC perd sa "mère des batailles"

poubelle.jpgLe combat continue

L'initiative de l'UDC contre les supposés "juges étrangers" a été massivement repoussée, à deux contre un au plan suisse, trois contre un dans plusieurs cantons romands. Elle n'a d'ailleurs été acceptée dans aucun canton. C'est sans doute la plus lourde défaite de l'UDC en votation populaire à laquelle on a assisté hier -non pas tant du fait du score du refus de ce texte absurde, mais du fait que l'UDC elle-même en avait fait sa "mère des batailles". Ainsi, la progression de la droite populiste et nationaliste, qu'on constate dans de nombreux pays européens, n'est pas une fatalité. Et la prétention de l'UDC d'être "le parti du peuple suisse" se réduit à celle de n'en être que le tiers -ce qui est déjà beaucoup plus que ce que peuvent revendiquer les partis équivalents dans les pays voisins. Il est vrai que pour balancer le texte udéciste à la poubelle, il aura fallu former une coalition aussi vaste que contradictoire, où l'on retrouvait le PS et le PLR, les syndicats et le patronat, les ONG et les entreprises exportatrices... L'UDC a perdu sa "mère des batailles" ? peut-être. Mais le combat continue : en ce dimanche de votations, cette bête à corne ne les a pas perdues.

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15:32 Publié dans Droits de l'Homme, Politique, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : droit international, cedh | |  Facebook | | | |

samedi, 24 novembre 2018

Vous avez plus de 7000 francs disponibles chaque mois, vous ?

exclusion.jpgLe voile pudique de la moyenne

On en a de la chance, quand même, d'être si prospères dans ce pays : selon l'Office fédéral de la statistique, en 2016, les ménages de Suisse pouvaient compter en moyenne sur un revenu disponible (le revenu brut moins les impôts, les assurances sociales et l'assurance-maladie) de 7124 francs par mois et pouvoir dépenser 5310 francs pour la consommation de biens et de services... et épargner 1551 francs  Qui dit mieux ? Beautés de la statistique et de la moyenne  qui voilent pudiquement une réalité moins glorieuse : la majorité des ménages (59 %) avaient un revenu disponible inférieur à cette moyenne tirée vers le haut par une petite minorité de ménages très, très prospères... et les ménages ne disposant que de moins de 5000 francs de revenu brut ne pouvaient rien épargner du tout, et devaient en consacrer la totalité aux dépenses obligatoires. Et 7,5 % de la population suisse vivaient en dessous du seuil de pauvreté. Et un cinquième des ménages de la Ville de Genève ont besoin d'une prestation sociale pour l'entretien de leur enfant en âge de scolarité.  Vous avez plus de 7000 francs disponibles chaque mois, vous ? vous avez de la chance... Si c'était vrai pour tout le monde...

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15:59 Publié dans pauvreté, exclusion, Suisse | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

jeudi, 22 novembre 2018

Bilan de santé du socialisme européen -et suisse

labyrose.jpgLes naufragés et le rescapé

Hier soir, l'Assemblée Générale du PS genevois a désigné ses six candidates et candidats (trois et trois) à l'élection l'année prochaine de la députation genevoise au Conseil national, et son candidat (Carlo Sommaruga) à celle au Conseil des Etats. Dix candidates et candidats se présentaient au suffrage des militants, et ont, en trois minutes, dit pourquoi, pour faire quoi et au nom de quoi ils se présentaient. On retiendra ici les interventions de deux d'entre eux (pour lesquels on a voté mais qui n'ont pas été désignés). Pour Thomas Bruchez, porte-parole de la JS genevoise, "la politique ne s'arrête pas aux portes du parlement et aux rapports de force qui y règnent", il y a le mouvement social, il y a la rue. Il a raison, et nous ne disons jamais dans cette feuille autre chose. Ni, comme Thomas Bruchez l'a dit aussi, autre chose que les socialistes ne sont pas seulement là pour résister, mais aussi pour changer la société. Et que cela suppose autre chose que des compromis dictés précisément par les rapports de force parlementaires. Et comme Michel Zimmermann, nous sommes convaincus que "le PS a tout à perdre lorsqu'emporté dans la spirale d'un équivoque pragmatisme parlementaire (...) il tourne le dos aux principes qui constituent sa singularité et font sa force". Ni Thomas, ni Michel ne seront candidats du PS genevois au Conseil national. C'est dommage. Mais ce que nous partageons de leurs positions reste : il faut bien que les misères du socialisme européen nous soient de quelque enseignement, même si le PS suisse y échappe, précisément parce qu'il n'a pas sombré dans le conformisme "social-libéral" qui a naufragé les PS voisins, et dont nous nous sommes, et nous voulons encore, garder.

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20:55 Publié dans Politique, PS | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : gauche, social-démocratie | |  Facebook | | | |

mercredi, 21 novembre 2018

Donner aux assureurs le droit de nous fliquer ?

bandeau assurances.jpg

Les mouchards de trop

Dimanche, on vote en Suisse sur le respect de la vie privée. Plus précisément, on vote sur une modification de la loi fédérale sur la partie générale du droit des assurances sociales, modification attaquée par un référendum populaire*. En 2016, la Cour européenne des droits de l'homme a donné raison à une Suissesse invalide qui avait perdu une partie de sa rente AI après avoir été placée sous surveillance par des détectives privés au service de son assureur. La Cour avait estimé que cette surveillance manquait d'une base légale et était contraire au droit de la plaignante au respect de sa vie privée La modification de la loi soumise au vote dimanche est le fruit, amer, de cette défaite, de la Suisse des assureurs. Ainsi, nous allons voter sur la volonté d'une majorité parlementaire de donner aux assureurs (privés et publics) les moyens légaux de fliquer les assurés. Le lobby parlementaire des assurances a bien joué son rôle : à nous de jouer le nôtre. En refusant aux assureurs le droit de nous fliquer et de nous considérer toutes et tous comme de présumés fraudeurs. Arrêtons leurs mouchards !

*http://www.non-surveillance-assurances.ch/fr

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16:29 Publié dans Assurances sociales, sécurité sociale, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : vie privée | |  Facebook | | | |

mardi, 20 novembre 2018

Droit international : L'initiative udéciste donnée battue ?


justice.jpgMéfiance est mère de sûreté

Les sondages donnent l'initiative udéciste pour le droit de la Suisse à s'asseoir sur le droit international largement battue dimanche prochain ? Méfiance... elle est tendance, l'initiative : un peu partout, les droits humains sont relégués au second plan de la raison du Pouvoir, quand ce n'est pas la raison de la tribu. Et puis, on a quand même un peu de mémoire : l'initiative contre l'"immigration de masse" aussi était donnée perdante devant le peuple. Qui le 9 février 2014 l'a acceptée. Le comité romand d'opposition à l'initiative udéciste "le droit suisse au lieu des juges étrangers" (un titre qui renvoie au bas moyen-âge...) y voit justement une initiative contre les droits humains. Et plus précisément, contre le texte européen (du Conseil de l'Europe) qui sur notre continent les garantit, et contre l'instance à laquelle celles et ceux qui estiment que leurs droits ont été violés par une décision de justice nationale peuvent faire appel. Ne nous démobilisons donc pas face à un nouveau texte udéciste encore plus pervers que les précédents. Méfiance est mère de sûreté, et mobilisation mère de confiance.

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14:22 Publié dans Droits de l'Homme, Suisse, votations | Lien permanent | Commentaires (70) | Tags : cedh | |  Facebook | | | |

lundi, 19 novembre 2018

Brexit or not Brexit ?

vote Brexit.jpgD'un divorce l'autre

Titre de l'édito de la "Tribune de Genève" de vendredi, à propos du Brexit : "A Londres, la droite la plus bête du bête du monde". C'est un peu injuste pour la droite française. Et genevoise. Toujours est-il que quatre ministres conservateurs ont claqué la porte du gouvernement de Theresa May en proclamant leur opposition à l'accord conclu avec l'Europe sur le Brexit : les secrétaires d'Etat à l'Irlande du Nord et au Brexit, les ministres au Brexit et au Travail. Theresa May ayant hautement proclamé qu'il n'y avait pas d'autre alternative au projet d'accord qu'elle a conclu (le "meilleur accord possible") que l'absence de tout accord, c'est-à-dire pas de Brexit du tout, ni dur, ni doux, ou une rupture brutale sans aucune mesure d'accompagnement, les partisans d'un second référendum pouvant révoquer celui de juin 2016 prennent espoir : si le parlement rejette le texte proposé par la Première Ministre et que dans la foulée, une majorité du parlement refuse de lui accorder sa confiance, un nouveau gouvernement issu d'élections anticipées pourrait redemander l'avis du peuple. Or la majorité de May est fragile et l'accord qu'elle soutient n'est pas seulement attaqué par l'opposition de gauche (le Labour, les nationalistes écossais et gallois) qui espère des élections anticipées, parce qu'elle peut les gagner, et les europhiles, qui espèrent un nouveau référendum abrogatoire du précédent, mais également par une partie de sa propre majorité (les conservateurs europhobes, les unionistes nord-irlandais) qui dénoncent la "vassalisation"du Royaume-Uni par l'Union Européenne et agitent le spectre de la dislocation de la Grande-Bretagne. Le Brexit aura sans doute bien lieu le 29 mars 2019, mais on ne sait pas quel Brexit. Mais ce qu'on sait déjà, c'est que le divorce de la Grande-Bretagne et de l'Europe en contient un autre : celui d'une moitié des Britanniques d'avec l'autre moitié... Et que l'accord trouvé est de mauvaise augure pour la Suisse : si l'Union Européenne a pu imposer ses conditions à la Grande-Bretagne, la Suisse ne peut guère espérer se sortir plus avantageusement des négociations qu'elle mène de son côté avec l'UE.

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15:06 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : brexit, grande-bretagne, angleterre, irlande du nord | |  Facebook | | | |

samedi, 17 novembre 2018

"Rapport aux bêtes"...

Petit moment de zoophilie

Au moment où notre démocratie-modèle s'apprête à voter sur le sort à réserver aux cornes des vaches, on peut s'autoriser à s'interroger sur notre "rapport aux bêtes" -aux autres bêtes que nous-mêmes, animaux humains, "animaux dénaturés", comme disait Vercors. Tout se passe comme s'il n'y avait plus de figures possibles de l'animal que celle de la victime, de la nourriture et celle du compagnon. Mais victime de l'homme, nourriture de l'homme, compagnon de l'homme. La majorité des gens, dans nos pays en tout cas, acceptent comme une banalité le fait de manger des animaux, sans s'interroger ni sur les conditions de production de la viande qu'ils mangent, ni sur le traitement réservé à l'animal qu'ils consomment pour qu'ils puissent le consommer  : la proportion de végétariens dans la population française n'atteint pas 3 %. Et combien d''entre eux ont des chiens ou des chats qu'ils nourrissent (forcément) de ce que chiens et chats mangent, c'est-à-dire de viande ? Pour la plupart de nos contemporains, la souffrance animale est un "mal nécessaire" à la survie, voire seulement au bien-être, de l'animal humain. Quand ce n'est pas purement et simplement à son amusement ou à son désir de paraître : porter un manteau de fourrure n'est plus nécessaire depuis la derrière glaciation. Les tests effectués sur des animaux pour pouvoir produire un rouge à lèvre ne relèvent d'aucune nécessité -pas plus que le rouge à lèvres lui-même d'ailleurs.

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jeudi, 15 novembre 2018

Haroun El Poussah et Iznogoud sont dans un bateau...

Iznogoud.jpgScandale (planétaire) des notes de frais des magistrats de la Ville de Genève : Haroun El Poussah et Iznogoud sont dans un bateau...

On a passé, entre postures de virginité politique et gesticulations d'exemplarité, dix heures de séances de Conseil Municipal genevois à prêcher, gloser, vitupérer, dénoncer à propos du rapport de la Cour des Comptes sur les notes de frais des magistrats de la Ville, avec au bout du compte quasiment rien de décisif au chapitre des réponses à ce scandale planétaire. De ces magistrats, il y en a un de droite et quatre de gauche. Ils sont de quatre partis (le PS, les Verts, Ensemble à Gauche et le PDC). Il y a donc trois partis (l'UDC, le MCG, le PLR) et une des deux composantes d'"Ensemble à Gauche" (le Parti du Travail) qui ne sont pas représentés à l'Exécutif de la capitale mondiale du monde mondial. Et donc l'assaut est donné par ces trois partis et cette composante contre les quatre autres partis et l'autre composante. Les heures passent. Les discours aussi.  La morale à deux balles s'abat sur le parlement municipal comme la vérole sur le bas-clergé breton. Une petite manif bat le perron à l'appel d'un petit parti en mal d'existence. On regarde sa montre. On bouquine un peu (on avait pris les "Mille et une Nuits" avec soi). On attend la fin. Elle vient. On a décidé quoi ? Rien, ou presque : on a renvoyé toutes les propositions qui supposaient une décision à l'examen en commission des Finances. Mais on a été nourris et payés. Par la Ville. Et donc ses contribuables. Au nom de l'exemplarité et de la transparence.

 

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mercredi, 14 novembre 2018

Allègement de la pression migratoire, pas de la chasse aux migrants

Manif identitaire.jpgUn ventre encore fécond...

La pression migratoire sur l'Europe (y compris la Suisse) s'est considérablement allégée : un nombre record de migrants débarquent en Espagne plutôt qu'en Italie (en bloquant une route, on ne fait qu'en ouvrir une autre, a constaté le ministre espagnol des Affaires Etrangères, Josep Borrell) : l'Italie ferme ses ports, les migrants passent par l'Espagne (qui, elle, ne les refuse pas -elle a accepté l'accostage du navire de sauvetage "Aquarius" et le débarquement de ses 630 passagers, à qui l'Italie avait fermé ses ports) et la route de l'Espagne vers les pays où ils veulent aller (l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la Scandinavie) ne passe pas vers la Suisse.En 2017 déjà, le nombre de demandes d'asile déposées en Europe avait chuté de 44 % par rapport à 2016, et le recul se poursuit : à fin juillet, et depuis le début de l'année, le nombre de migrants arrivés par la mer (55'000) avait diminué de moitié par rapport à 2017 et des trois quarts par rapport à 2016, et les débarquements ont triplé en Espagne pendant qu'ils baissaient de 80 % en Italie. Cette année la Suisse a enregistré au premier semestre le nombre le plus bas de demande d'asile (7820) depuis 2010, et les garde-frontières ont enregistré un tiers de moins de séjours illégaux en Suisse. Et notre paradis sur terre n'est qu'en 11ème position dans le classement des pays destinataires de demandes d'asile. On se dit que ça devrait calmer nos xénophobes (et ceux des autres pays) ? Mais non, c'est trop d'optimisme : Pourquoi le feraient-ils, d'ailleurs ? Ceux qui les écoutent se foutent de la réalité...

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lundi, 12 novembre 2018

Frais professionnels des magistrats de la Ville de Genève : "Tous pourris (sauf moi)" ?

avuedenezilestcinqheures.jpgDernière nouvelle du front (on va faire semblant de croire que c'en est un) de la polémique sur les notes de frais des conseillers administratifs de la Ville de Genève : une procédure pénale est ouverte contre inconnu pour "gestion déloyale des intérêts publics" (cette procédure pénale suspend toute procédure disciplinaire), les bureaux de quatre Conseillers administratifs ont été perquisitionnés, le Conseil administratif a publié les notes de frais de tous ses membres depuis dix ans (y compris Manuel Tornare, Patrice Mugny et Pierre Maudet...) et le Conseil d'Etat annonce qu'il "sera transparent sur ses notes de frais". "Sera"... il ne l'était donc pas ? Enfin, ne boudons pas notre plaisir de constater que tout le petit monde politique genevois réclame désormais la transparence du financement des activités politiques. Même la droite ? même. On ne doute donc pas qu'elle finira par soutenir l'initiative populaire pour "plus de transparence dans la vie politique", que, comme le Conseil fédéral, elle rejette actuellement totalement...

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vendredi, 09 novembre 2018

L'ennemie publique N° 1

culture.jpgQue signifie une "politique culturelle" ?

"Culture et savoir diminuent en tout homme qui les possèdent la possibilité d'être dupe des mots, d'être crédule aux mensonges. Culture et savoir augmentent en tout homme le pouvoir de comprendre la réalité où il vit. (...) La conscience de cette réalité a une valeur explosive : elle ne peut qu'entraîner à la volonté de la transformer. (...) La bourgeoisie doit donc abaisser la culture, la conscience des gens qu'elle domine". (Paul Nizan, "L'ennemi public n° 1", 1935). Bien sûr, Nizan écrit ainsi il y a presque 90 ans. Mais le temps est-il passé, de cet abaissement de la culture et de la conscience par "la bourgeoisie", de quelque manière qu'on la définisse ? Disons, pour parler d'autre chose que des notes de restaurant, de taxi ou de téléphone des magistrats municipaux genevois, qu'à entendre les représentants des partis de droite exposer ce qui leur tient lieu de programme culturel, nous avons la lourde impression que le temps stagne...

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15:28 Publié dans Culture, Politique | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : politique culturelle | |  Facebook | | | |

jeudi, 08 novembre 2018

Restructuration de la radio-télé publique suisse : "Idée Suisse" et idées à la con ?

RTS, SSR"Idée Suisse" et idées à la con ?

La Société suisse de radiodiffusion envisage de supprimer 200 postes de travail d'ici 2022, dont 41 en Suisse romande. Outre les "mouvements naturels" (départs à la retraite, réductions du temps de travail), des licenciements sont envisagés. But de l'opération : "faire des économies" de 5 millions de francs sur 13 millions à économiser (la redevance radio-TV a baissé, les revenus publicitaires reculent). Et la SSR choisit donc la méthode la plus simple -et la plus stupide : tailler dans la masse salariale. Et donc les postes de travail. En 2016 déjà, la SSR avait supprimé 250 postes de travail. Et en Romandie, elle envisage de transférer 200 salariés de Genève à Ecublens, sur le site de l'Ecole Polytechnique. Le studio radio de Berne (avec ses 170 collaborateurs) devrait quant à lui être déménagé à Zurich. Dans la dénomination officielle de la SSR, il y avait les mots "Idée Suisse". Faut-il les remplacer par "Idées à la con" ?

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14:43 Publié dans Médias, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rts, ssr | |  Facebook | | | |