mardi, 23 janvier 2018

Campagne électorale genevoise : Fisc fisc rage...

danger de tomber de haut.jpgPeut-on construire une campagne électorale sur des projets fiscaux ? C'est en tous cas ce que semblent ou veulent croire les radelibes genevois (le PLR), qui à trois mois des élections cantonales déposent trois projets de loi de baisse des impôts : le premier pour baisser de 5 % l'impôt direct sur les personnes physiques, le second et le troisième pour augmenter les déductions. Pertes totales de ressources pour les caisses publiques : plus de 100 millions de francs par an. Bon, les socialistes aussi ont leurs projets fiscaux (ils en ont déposé neuf, "pour une plus juste imposition"). -mais au moins n'y réduisent-ils pas leur credo programmatique. Et ne dénoncent-ils pas obsessionnellement le déficit budgétaire et la dette du canton, tout en déposant des projets qui vont accroître le premier et alourdit la seconde.

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lundi, 22 janvier 2018

De "No Billag" à "No ATS", ou le chemin de la désinformation

telex-machine.jpgCanal Moins

Le 8 janvier, l'ATS, notre bonne vieille Agence télégraphique suisse, annonçait une restructuration. D'envergure, la restructuration :
Dans une lettre ouverte aux autorités politiques fédérales et cantonales, la rédaction de l'agence écrit : "Si la restructuration annoncée le 8 janvier est mise en oeuvre, l'ATS ne pourra plus jouer son rôle actuel". Pas plus que la SSR si "No Billag" devait être acceptée par le peuple et le canton le 4 mars. D'ailleurs, dans les deux cas, on voit de grand groupes privés pointer leur muffle, les uns pour créer leur propre agence de presse, les autres pour créer leur propre télévision. Une différence notable doit toutefois être relevée, entre les deux mises à mort - la différence entre une exécution et un suicide : "No Billag" a été lancée contre la SSR par ses adversaires et ses concurrents de la SSR, et c'est le peuple qui décidera de son sort. Alors que "No ATS" est fomentée par l'ATS elle-même. Et que le peuple ne sera pas consulté. Pourtant, c'est bien lui, au bout du parcours de l'information que l'ATS produit, qui est le consommateur de cette information, qu'il reçoit par la presse écrite, mais aussi par la radio, la télévision et l'internet... tous destinataires de ce que l'ATS diffuse...

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vendredi, 19 janvier 2018

Exeunt les Faiseurs genevois de Suisses

commission des natus.jpg

Une bonne chose de faite

Une bonne chose de faite : le Conseil municipal de Genève a décidé de renoncer à sa commission des naturalisations. Pour tenter de la maintenir, si contestable que soit son utilité, la droite avait concocté un projet qui avait au moins le mérite d'une certaine cohérence : sa forme était aussi consternante que son fond. A ce projet, nous avons opposé le nôtre : supprimer la commission des naturalisations, déléguer au Conseil administratif la compétence des délivrer un préavis sur les dossiers de naturalisations qui sont transmis à la commune (c'est-à-dire ceux qui ont déjà obtenu un préavis favorable du secteur cantonal, les autres n'étant même pas transmis) et créer une commission de l'accueil et de l'intégration des nouveaux habitants de la Ville, cette commission n'étant pas impliquée dans la procédure de naturalisation. Cette proposition-là a été refusée par la majorité de droite du Conseil municipal -on y reviendra cependant, sous une autre forme, sans doute celle d'une commission de la solidarité internationale. Mais les deux autres propositions ont été acceptées. Exeunt donc, les "faiseurs de Suisses" à la la genevoise, retour à la tradition du lieu : c'est la République qui reconnaît ses nouveaux citoyens.

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15:09 Publié dans Genève, naturalisation, nationalité, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

mercredi, 17 janvier 2018

Traversée du petit-lac de Genève : tunnel-pont-tunnel ad libitum

La Pêche miraculeuse.jpgCrédulité, foi et résignation

Le Conseil d'Etat genevois a annoncé qu'il avait « missionné » le Conseil consultatif de la traversée du lac sur deux nouvelles thématiques retenues suite aux recommandations énoncées dans le rapport du Conseil du 25 septembre 2017. Le gouvernement de la Parvulissime République s'était déjà prononcé, sous la forme d'une recommandation, en faveur de l'option "tunnel-pont-tunnel" consistant en des accrochages souterrains sur les berges, puis en un pont émergeant à une distance des rives supposée permettre "le respect des normes de bruit". Les communes friquées de la rive droite du lac auraient préféré un tunnel, mais se rallient à cette option "tunnel-pont-tunnel" en voulant croire qu'elle éloignera les nuisances. On ne sait si cette crédulité relève de la foi ou de la résignation. Après tout, dans sa "pêche miraculeuse" Conrad Witz fait bien marcher Jesus sur les eaux du petit-lac... mais là où il a encore pied, quand même...

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20:30 Publié dans Environnement, Genève, Transports | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : traversée du lac | |  Facebook | | | |

mardi, 16 janvier 2018

Commission municipale des naturalisations : Appendicectomie bienvenue

natus2.jpgCes derniers mois se sont succédés, un peu partout en Suisse, les épisodes les plus navrants de l'activité des commissions municipales de naturalisation : des candidates et candidats refusés parce qu'il ne fréquentaient pas l'épicerie du coin mais la Migros de la commune d'à côté, ou parce qu'ils n'aimaient pas le bruit des cloches des vaches, ou parce qu'ils ne connaissaient pas les noms des trois suisses du mythe grutléen, ce genre d'âneries... A Genève, même si on arrive aussi d'y entendre des énormités, les commissions municipales des naturalisations sont évidemment moins nuisibles qu'ailleurs : la faute, ou plutôt la grâce, à la cantonalisation plus poussée qu'ailleurs de la procédure de naturalisation. Est-ce une raison suffisante pour maintenir à toute force, et sous n'importe quel prétexte, une instance inutile, qui ne décide de rien, n'enquête sur rien (sauf à sortir de ses compétences légales), ralentit et renchérit la procédure ? Le Conseil municipal de la Ville de Genève devrait en décider aujourd'hui ou demain, pour sa commune. Une décision qui n'aura de toute façon, quelle qu'elle soit rien de définitif. Il n'aura pas fallu moins de sept séances, avec ou sans auditions, à la commission du réglement  pour accoucher des propositions de sa majorité (maintien de la commission) et de sa minorité (substitution d'une commission de l'intégration à la commission des naturalisations) alors que sur le fond du débat, les positions des unes, des uns et des autres étaient connues et affirmées du début à la fin des discussions en commission du règlement. On ne préjugera pas le sort que réservera le Conseil municipal à sa commission des naturalisations, on notera seulement qu'après tout, vu son utilité dans le processus de naturalisation, la supprimer ne serait pas plus une amputation que ne l'est une appendicectomie.

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15:05 Publié dans Genève, naturalisation, nationalité, Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

lundi, 15 janvier 2018

L'Assurance-maladie la plus chère d'Europe ? c'est en Suisse...

Assurance-maladie.jpgPrimes plombées et plombantes

Les primes de l’assurance-maladie de base vont augmenter en moyenne de 4 % en 2018. Elles avaient déjà augmenté de 4,8% en 2017. En vingt ans, elles auront augmenté de 150 %. Selon l’indice des primes d’assurance-maladie (IPAM) de l’Office fédéral de la statistique (OFS), qui reflète l’évolution des primes d’assurance-maladie obligatoire et des primes d’assurance-maladie complémentaire et qui permet de chiffrer les répercussions de l’évolution des primes sur la croissance du revenu disponible, la hausse des primes enregistrée en 2017 a ralenti la croissance du revenu disponible moyen de 0,3 point. Si les primes étaient restées stables, les ménages auraient disposé de moyens supplémentaires pour des dépenses de consommation ou pour de l’épargne. Autrement dit : non seulement le système actuel d'assurance-maladie plombe les revenus des habitants de ce pays, mais il plombe aussi l'économie nationale, en réduisant la consommation et l'épargne, et donc l'investissement. Et ça ne va pas s'arranger en 2018...

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13:35 Publié dans Assurances sociales, sécurité sociale, Suisse | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : assurance maladie | |  Facebook | | | |

vendredi, 12 janvier 2018

Le PS français prépare son congrès. Comme si de rien n'était

roses fanées..jpgLe PS français s'est pris, l'année, une succession des baffes dont on aurait pu espérer qu'elle le réveille : le renoncement du président issu de ses rangs à se présenter, tant il était impopulaire, puis une lourde défaite à l'élection présidentielle, puis une lourde défaite aux législatives. Le parti ne tient plus debout que grâce à son ancrage local, il a vendu son siège pour payer ses factures, il ne représente pour personne une alternative ni à Macron, ni à Mélenchon, il n'a plus de base cohérente, et pas de projet mobilisateur.Pourtant, comme si de rien n'était, les socialistes français préparent leur congrès, début avril prochain, et se préparent à choisir, entre quatre candidats (un ex-vallsiste repenti de son vallsisme, un ancien ministre de l'agriculture de François Hollande, le président du petit groupe socialiste à l'Assemblée nationale et un sénateur) leur nouveau Premier secrétaire. Comme si c'était de cela dont ils avaient besoin.

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15:45 Publié dans France, Politique, PS | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

jeudi, 11 janvier 2018

"Charlie" et le Djihad, trois ans après

Je suis et je vous emmerde.jpgRésilience ou résignation ?

Il y a trois ans, le 7 janvier 2015, la rédaction de "Charlie Hendo" était massacrée par un commando de djihadistes. Des millions de personnes, dans le monde entier, avaient proclamé alors "Je suis Charlie". Qu'en reste-t-il ? On aura l'occasion de revenir sur la question de la liberté d'expression, et sur celle du droit au "blasphème", liberté et droit que, comme Charlie", nous posons comme sans limite ni exception. Reste la question du terrorisme djihadiste, qui n'a pas cessé, et de ses effets : "Les djihadistes ont clairement échoué dans leur projet de mobiliser les musulmans derrière eux", constatait, optimiste, en novembre 2016 l'islamologue Gilles Kepel, après de nouveaux attentats commis en France, "réussis du point de vue de Daech" (un couple de policiers poignardés en juin, 86 personnes écrasées par un camion à Nice et juillet, et le même mois un prêtre catholique égorgé) : économie de moyens, énorme effet médiatique. Malgré tout, poursuivait Kepel, "la société française s'est montrée extraordinairement résiliente", malgré les efforts de l'extrême-droite islamophobe et identitaire, façon "Riposte Laïque". Résiliente, ou résignée ? L'antisémitisme reprend du poil de la bête en même temps que l'avers de la même fausse monnaie, l'islamophobie, le complotisme fleurit et le directeur de "Charlie", Riss, demande s'il est "normal pour un journal d'un pays démocratique que plus d'un exemplaire sur deux vendus en kiosque finance la sécurité des locaux et des journalistes qui y travaillent"...

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18:58 Publié dans terrorisme | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : charlie hebdo, djihadisme | |  Facebook | | | |

mercredi, 10 janvier 2018

Age de la retraite des femmes : le Conseil fédéral s'obstine ? Alors nous aussi...

pas de victoire sans lutte.jpgTenir bon...

Tirant ce qu'il considère, lui (mais pas nous), comme les leçons de son échec avec sa défunte réforme (PV2020) de l'assurance-vieillesse, le Conseil fédéral, qui avec Alain Berset voulait une réforme conjointe de l'AVS (1er pilier) et de la Prévoyance professionnelle (2e Pilier) propose désormais de les disjoindre et de privilégier l'"assainissement" de l'AVS. La capacité du gouvernement de tirer les leçons du vote de septembre dernier a toutefois ses limites : il semble n'avoir pas compris, ou du moins pas admis, que cet échec tenait pour beaucoup, du moins en Romandie, au report à 65 ans de l'âge de la retraite des femmes, refusé par la majorité d'entre elles, et qu'il remet sur le tapis. Ce qui lui vaut déjà les félicitations du PLR, mais lui vaudra aussi, et vaudra au parlement s'il suit le gouvernement sur cette voie, un nouveau référendum de gauche. Qui, cette fois, pourrait -disons : devrait être soutenu par le PS et par l'Union syndicale suisses, et plus seulement par la Jeunesse socialiste, le PS genevois et les cartels syndicaux genevois et vaudois.

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15:24 Publié dans Retraites, AVS, AI, Suisse, syndicats | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

mardi, 09 janvier 2018

Initiative populaire «Pour une politique culturelle cohérente à Genève» : En revenir à la loi

culture.jpgInitiative populaire «Pour une politique culturelle cohérente à Genève» : En revenir à la loi

Le 2 janvier, le comité d’initiative «Pour une politique culturelle cohérente à Genève» a déposé 14’205 signatures (il en fallait 10'263 valables) au service des votations et élections. Sa démarche, soutenue par les milieux culturels (notamment l'Action intermittents, Aropa, La Culture Lutte, Fonction:Cinéma, Les Rencontres Professionnelles de Danses) et le SIT – Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs est présentée par le comité d'initiative comme une "remise en question des options récemment prises en matière de gouvernance culturelle". Son texte propose d’instaurer une collaboration active entre les communes, les villes et le canton pour élaborer et mettre en œuvre une politique culturelle publique cohérente. Il demande en outre un engagement renforcé du canton en matière de cofinancement de la création artistique et des institutions culturelles. Au fond, l’initiative demande d'inscrire dans la constitution le principe du "faire ensemble"que la loi sur la culture prévoyait déjà, et que le processus de répartition des tâches culturelles entre le canton et les communes, particulièrement la Ville, avait faussé, dérouté et réduit à un marchandage. l'initiative, si elle est acceptée par le peuple, devrait permettre de hausser le canton à la hauteur des responsabilités que la loi lui donne, et que sa majorité parlementaire refuse d'assumer. Les deux magistrats en charge de la culture pour la Ville et pour le canton, Sami Kanaan et Anne Emery Torracinta, ont d'ailleurs salué son aboutissement : elle et lui sont confrontés à des parlements où la droite et l'extrême-droite majoritaires n'ont, ni au Grand Conseil ni au Conseil municipal le moindre début d'amorce de projet culturel.

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lundi, 08 janvier 2018

Media : Les 150 ans du Courrier, la dernière année de la SSR ?

Vignette No Billag.JPGLe dur désir de durer

"Le Courrier" fête son 150e anniversaire : le premier numéro de ce qui est aujourd'hui le dernier, le seul, quotidien de gauche de Suisse romande, est paru le 5 janvier 1868 comme une "feuille religieuse et nationale", alors hebdomadaire, vouée à défendre les droits des catholiques dans une Genève encore dominée par les protestants et leur église elle aussi "nationale". Intéressante collision de cet anniversaire avec la campagne sur l'initiative "No Billag" : un quotidien papier fête ses 150 ans, avec le dur désir de durer encore longtemps, au moment où on se demande si le medium audiovisuel public survivra à l'offensive de ses adversaires.
On se permet de vous recommander le dernier numéro, exceptionnellement quadrilingue (vu l'enjeu) du magazine « Culture enjeu », qui porte sur l'initiative « No Billag » ... En français, en allemand, en italien et en romanche, on vous dit en quoi il importe que cette initiative purement mercantiliste soit refusée. http://www.cultureenjeu.ch/

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vendredi, 22 décembre 2017

Election de la Generalitat de Catalogne : Bones festes, Rajoy !

elections catalanes.jpgUne majorité de sièges pour les indépendantistes, mais pas une majorité de suffrages pour l'indépendance : les Catalans ont le sens de la contradiction et de la dialectique; leurs élections régionales, convoquées par le Premier ministre Rajoy (dont le parti subit une véritable déculottée) font apparaître trois "blocs" (qui n'en sont d'ailleurs pas vraiment) : les indépendantistes (de gauche et de droite) autour de 45 % des suffrages et une majorité absolue de sièges, les unionistes (de droite) non seulement opposés à l'indépendance mais également à plus d'autonomie, à 30 % des suffrages et un petit tiers des sièges, et les fédéralistes (de gauche), partisans d'une plus grande autonomie et de la fin du centralisme, mais opposés à l'indépendance, autour de 25 % des suffrages et d'un cinquième des sièges. Mais on retrouve aussi, et toujours, une gauche et une droite, certes traversées l'une et l'autre par le clivage sur l'indépendance, mais dont la distinction n'a pas pour autant disparu : la gauche (indépendantistes et fédéralistes additionnés) est à un peu plus de 50 %, la droite (unioniste et indépendantistes additionnés) à un peu moins. Quelle que soit la clef de décryptage utilisée pour tenter de tirer quelque conclusion que ce soit de ces résultats, deux choses semblent claires : aucune majorité "unioniste" n'est possible, et le chef du gouvernement espagnol s'est pris une double baffe : d'abord, son camp "unioniste" de droite est largement dépassé par le camp "indépendantiste". Ensuite, son parti à lui, Rajoy (le PP) plonge dans le tréfond des urnes, et n'aura même pas assez d'élus pour pouvoir former un groupe...

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jeudi, 21 décembre 2017

Les socialistes français déménagent

PS Solférino.jpgSouvenirs de Solférino

Le PS français vient de vendre, pour quelques dizaines de millions d'euros, son siège de la rue de Solférino. Un siège somptueux, un hôtel particulier dans un quartier aristobourge. Il y était depuis 1981, dans son manoir, le PS français. Il le quitte, Gros Jean comme devant, après sa lourde défaite aux élections de cette année, la présidentielle et les législatives. La culture de gauche est "imprégnée de mélancolie comme un buvard est imbibé d'encre", nous dit l'historien italien Enzo Traverso, qui rappelle la scansion de grands "moments jubilatoires d'émancipation, d'action collective" et de "défaites, parfois de défaites tragiques". Les socialistes français déménagent, au sens le plus commun du terme (au sens figuré, ils ne déménagent plus guère), mais leur départ de la rue de Solférino ne nous porte à aucune mélancolie, et nos souvenirs de Solférino sont moins tragiques que ceux d'Henry Dunant. On pourra même trouver finalement l'épisode parisien assez moral...

 

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mercredi, 20 décembre 2017

Fêtes de Genève : "Genève Tourisme" soutient l'initiative populaire

Jetdeautordu.jpgDes artifices sans feux...

Les commerçants et les forains s'étaient dits satisfaits de la nouvelle formule des Fêtes de Genève, imposée par le Conseil administratif à "Genève-Tourisme". On est bien contents pour les commerçants et les forains, mais le bilan financier de l'édition 2017 affiche un déficit de 3,2 millions de francs (sur un budget de quatre millions et demi, ça doit tenir du record...), s'ajoutant au déficit de l'édition 2016 : 6 millions (sur un budget de 7,5 millions).  La participation populaire a certes été importante (1,2 million de présences cumulées sur 10 jours), mais elle tient surtout (300'000 à 350'000 personnes, sans cumul) au grand feu d'artifice. Les millions des déficits successifs, et la grogne populaire face à ce que sont devenues ces Fêtes, brièvement rebaptisées "Geneva Lake Festival", viennent de coûter leur poste à deux fusibles : le directeur général de "Genève Tourisme", Philippe Vignon, viré sans délai, et l'organisateur des Fêtes, Christian Kupferschmid, dont le mandat prendra fin dans six mois. Cet artifice (sans feu) donne le ton d'un débat : le 4 mars prochain, les habitants de la Ville voteront sur une initiative populaire qui recalibre les festivités et les recentre, et permettrait de les confier non plus à "Genève Tourisme", qui d'ailleurs n'en veut plus vraiment, mais à la Ville. En somme, "Genève Tourisme" vient d'appeler à voter pour l'initiative. Et sur ce point, on est d'accord avec elle.

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mardi, 19 décembre 2017

Assurance-maladie : floraison d'initiative

lobotomie.jpgSoignons, Signons !

Sur le front de la lutte pour une véritable sécurité sociale, et donc une réforme du système d'assurance-maladie, les initiatives désormais s'additionnent, à Genève. La gauche genevoise vient de lancer la sienne, "pour des primes d'assurance-maladie plafonnées à 10 % du revenu du ménage", qui exige que le canton adapte les subsides d'assurance-maladie afin de ramener la charge de la prime au maximum à 10% du revenu. Pour les initiants, cette mesure bénéficiera avant tout aux personnes (retraité-e-s seul-e-s ou en couple) et aux familles (couples sans enfants, familles de la "classe moyenne") qui ne sont pas ou peu aidées par le système actuel des subsides à l'assurance-maladie, versés principalement aux personnes et aux familles les plus modestes.
On signe ici : http://www.ps-ge.ch/in-10pourcent/
Même le nouveau parti du fondateur du MCG, Eric Stauffer, s'y est mis (le thème, il est vrai, est porteur, en proportion du poids des primes versées aux caisses) : il annonce le lancement d'une initiative pour une caisse cantonale publique... et sans primes, mais financées par l'impôt.
Enfin, le Parti du Travail a déposé à la mi-juillet 14'400 signatures au bas de son initiative populaire cantonale pour une "caisse d'assurance maladie et accidents genevoise à but social". Le projet de l'initiative est celui d'une caisse garantissant à toute personne domiciliée dans le canton une complète couverture des soins.

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lundi, 18 décembre 2017

Commissions municipales de naturalisations : Pas de Roestigraben pour l'arbitraire.

natus.jpgLa commission municipale des naturalisations de la Ville de Nyon a refusé la nationalité suisse (en la refusant en même temps à son épouse et à ses trois enfants) à un Italien de passeport né en Suisse il y a 45 ans, qui maîtrisait parfaitement le français (sans doute même mieux que nombre de ses "examinateurs") et était parfaitement intégré dans sa commune et son canton... mais avait confondu deux conseillères d'Etat vaudoises lors de son interrogatoire par la commission.  Une semaine avant lui, une jeune Française avait aussi été recalée, parce qu'elle n'avait pas pu dire si le poisson du blason de la commune nageait vers la gauche ou vers la droite. Même le président de la Confédération, Alain Berset, en est resté pantois, au point d'adresser un message de solidarité personnelle à Salvatore Scanio : "J'ai été touché par la situation que vous vivez face à votre procédure de naturalisation". Et si le président de la Confédération ne peut, en tant que tel, rien faire pour effacer les âneries des "faiseurs de Suisses" nyonnais, Alain Berset a pu, en tant qu'Alain Berset, exprimer son espoir que le déjà Suisse de fait voulant le devenir aussi de droit ait "le courage et la force (...) de dépasser cette épreuve et de continuer". On avait pris l'habitude, de ce côté de la limite entre la tribu et la société, de considérer qu'il n'y avait guère que dans la Suisse alémanique profonde qu'on pouvait refuser à un habitant ou une habitante de ce pays, né-e dans ce pays, éduqué-e dans ce pays, ayant fondé une famille dans ce pays, travaillant dans ce pays, le droit d'avoir la nationalité de ce pays parce qu'elle ou il ne faisait pas ses courses à la Migros du coin mais à la Coop de la commune d'à côté, ou n'aime pas le bruit des cloches de vaches, ou ne cite pas l'Inn au nombre des fleuves qui prennent leur source en Suisse, ou considère que le ski est un sport national suisse, ou ne connaît pas Arnold von Melchtal... il faut se résoudre à admettre qu'en Romandie aussi, on peut faire usage de critères aussi imbéciles pour prendre une décision aussi navrante. Et qu'il n'y a pas de Roestigraben pour l'arbitraire. Hélas

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16:14 Publié dans Genève, Immigration, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : naturalisations, nationalité, citoyenneté | |  Facebook | | | |

samedi, 16 décembre 2017

Le Jeu des Chaises Musicales, discipline olympique

luge.jpgLe président du comité de candidature du Valais (et de quelques autres cantons) pour l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver 2026 ("Sion 2026"), l'avocat d'affaire lausannois Jean-Philippe Rochat, figurait, par son cabinet d'avocat, dans les "Panama Papers" (des documents puisée dans les archives du cabinet Mossack Fonseca, sur plus de 200'000 structures "offshore" administrées par l'officine panaméenne, et décrivant une vaste entreprise de fraude, de soustraction et d'"optimisation" fiscales). Il se défendait dans un communiqué d'avoir fait quoi que ce soit d'illégal (la fraude et la soustraction sont illégales, pas l'"optimisation", qui consiste à trouver le moyen de payer le moins d'impôt possible tout en restant dans les clous), mais comme l'écrivait la "Tribune de Genève", "à l'heure où le projet olympique vient d'obtenir un milliard de francs de soutien de la Confédération, de telles pratiques tombent mal". Encore plus mal que le poing de Christian Constantin (ancien vice-président du comité de candidature) dans la gueule d'un type qui lui déplaisait -Constantin, lui aussi, avait été poussé vers la sortie après avoir balancé son gnon. Et n'avait pas manqué l'occasion, une fois rendue publique la présence de Rochat dans les "Panama Papers", de lui adresser cette flèche du Parthe : "demander de l'argent public alors qu'on défend l'optimisation de fonds privés, ce n'est pas compatible. En termes d'images, c'est dévastateur". Résultat : Jean-Philippe Rochat, lui aussi poussé vers la sortie, s'est retiré de la présidence du comité de candidature "Sion 2026" et y a été remplacé par l'UDC zurichois Jürg Stahl, certes président de "Swiss Olympic", mais dont le parti est plutôt opposé à l'organisation de JO d'hiver en Suisse. "Swiss Olympic" annonce que "la candidature suisse aux jeux olympiques d'hiver 2026 entre dans une nouvelle phase". Comme la lune quand elle décroît ? Si les promoteurs de l'importation en Suisse des JO d'hiver se mettent eux-mêmes à décrédibiliser leur projet, la Suisse a peut-être une chance d'y échapper.

 

 

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15:32 Publié dans Sports, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jeux olympiques, sion 2026 | |  Facebook | | | |

jeudi, 14 décembre 2017

Recyclage de la réforme de l'imposition des entreprises : Bis Repetita

On ne peut pas à la fois se serrer la ceinture et baisser son froc.jpgLa Communauté genevoise d'action syndicale, qui réunit tous les syndicats genevois, jusqu'à celui de la police, est très claire : que le projet fédéral ou cantonal de réforme de l'imposition des entreprise ait changé de nom, passant de "RIE III" à "PF17", importe peu : si son contenu ne change pas profondément, la CGAS lancera les référendums contre le recyclage du projet fédéral et contre son volet cantonal, tant qu'ils entraîneront des pertes fiscales pour les collectivités publiques et une détérioration des prestations à la population. C'était déjà la raison pour laquelle les syndicats avaient été, avec le PS suisse, en première ligne du combat, victorieux, contre la RIE III fédérale le 12 février dernier. Le nouveau projet fédéral et son volet cantonal risquent donc fort de se retrouver face à une opposition tout aussi déterminée que celle qui mit à bas leurs premières moutures, d'autant que s'il a été revu sur certains points (il renonce par exemple à la "déduction des intérêts notionnels", le projet fédéral contient toujours des éléments (la "patent box", les déductions fiscales pour la recherche et le développement, par exemple) contestables, et que le volet cantonal proposé par le Conseil d'Etat fixe le nouveau taux d'imposition des entreprises à un niveau "vaudois" trop bas (13,8 %). Les syndicats ne contestent nullement l'objectif avoué de la réforme, c'est-à-dire l'établissement d'un taux d'imposition unique pour toutes les entreprises, et donc la fin du privilège jusqu'alors accordé aux multinationales. Mais ils contestent fermement l'usage de cet objectif comme un prétexte pour faire de nouveaux cadeaux à toutes les entreprises, pouvant aller jusqu'à 70 % d'allègements fiscaux, au détriment des finances et des prestations publiques -et donc de l'ensemble de la population, mais surtout de sa part économiquement la plus modeste.

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15:22 Publié dans budgets publics, Fiscalité, Genève, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : rie iii, pf 17 | |  Facebook | | | |

mercredi, 13 décembre 2017

"Le Plaza ne doit pas être démoli et doit rester un cinéma" : D'une pétition à une initiative

Vignette Plaza.jpgOn a failli oublier de vous le dire : le Conseil Municipal de la Ville de Genève a accepté samedi matin la pétition "LE PLAZA NE DOIT PAS ETRE DEMOLI ET DOIT RESTER UN CINEMA", lancée en avril 2015 et signée par 1700 personnes, qui demandent à l'exécutif de la Ville de tout faire pour empêcher la démolition du cinéma. Et donc, le Conseil municipal a décidé sans même en débattre (elle lui paraissait sans doute d'une telle évidence qu'un débat eût été superfétatoire) de la soutenir... Comme s'il ne s'agissait plus que d'une formalité... Le Plaza n'est pourtant pas encore sauvé -il s'en faut même de beaucoup, et la pétition tombait un peu comme la grêle après les vendanges, en demandant une intervention que la Ville ne peut plus faire (l'opposition à l'autorisation de démolition et à l'autorisation de construire), et en demandant d'entreprendre des démarches que l'aboutissement  de l'initiative populaire qui propose l'expropriation par l'Etat, pour la Ville, de la société propriétaire de l'immeuble semblait rendre inutiles. Pourtant, le soutien du Conseil municipal à la pétition a une utilité : celle d'exprimer l'avis du parlement de la Ville, celle de prendre une position d'opposition à la démolition de la plus belle salle de cinéma de Genève, celle de donner un signal de disponibilité à la réanimer, à en refaire un cinéma, cette position, publique, pesant tout de même dans le débat que la pétition voulait ouvrir, qui s'est ouvert sans elle, et qui va s'élargir autour de l'initiative populaire. En somme, le renvoi de la pétition au Conseil Administratif de la Ville la transforme en une résolution, disant simplement, et demandant simplement au Conseil administratif de dire ce que plus de 11'300 personnes ont dit en ayant signé l'initiative populaire cantonale, après la pétition municipale : "Le Plaza ne doit pas être démoli", la Ville doit prendre sa part de sa sauvegarde et de sa renaissance.

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14:40 Publié dans Culture, Genève, Patrimoine, urbanisme, votations | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : plaza, cinéma | |  Facebook | | | |

mardi, 12 décembre 2017

De la Corse à la Catalogne

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Les autonomistes et les nationalistes corses, unis sur la liste "Pè a Corsica" ("Pour la Corse") ont obtenu une victoire historique dimanche, au deuxième tour de l'élection de la nouvelle assemblée territoriale : Avec 56,5 % des suffrages (40 points devant la liste de droite et la liste macroniste, le Front National et les "Insoumis" ayant été éliminés au premier tour avec moins de 10 % des suffrages) et une participation de 52,6 %, ils raflent la majorité des sièges du parlement corse, et sans doute la totalité des sièges du gouvernement régional (le Conseil exécutif), et seront en position de force pour obtenir de Paris davantage (le plus possible...) d'autonomie pour la Corse, dans le cadre français -les nationaliste eux-mêmes n'évoquant plus l'indépendance qu'au terme d'un processus bien plus long qu'une rupture. De quoi donner des idées, à supposer qu'ils en manquent, aux nationalistes et aux autonomistes catalans, qui éliront le 21 décembre leur parlement, lequel élira leur gouvernement ? Peut-être, l'idée principale des autonomistes et des indépendantistes corses étant de constituer démocratiquement un rapport de force qui rende inévitable une véritable négociation, ce à quoi Madrid se refuse avec obstination en Catalogne.

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15:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : corse, catalogne, espagne, nations | |  Facebook | | | |